Chapitre 544
Comme pour honorer une promesse, les compagnons suivirent chacun leur propre chemin pour trouver leur raison d'être.
Certains montèrent une agence de sécurité, tandis que d'autres rejoignirent le gouvernement.
Han Sooyoung ne rejoignit personne. À la place, elle devint quelqu'un qui transmettait son savoir.
⸢⸢Lire la philosophie moderne à travers s⸥⸥
Han Sooyoung donnait ses conférences sous ce titre, au centre.
Après la fin du dernier scénario, la réalité et la fiction furent à nouveau séparées.
« Et donc, si vous appliquez le "Journal de deuil" de Roland Barthes à ce roman... »
La plupart des auditeurs affichaient un air perplexe, se demandant quel genre de foutaise du type « tremper un croissant dans de la sauce ssamjang » c'était, mais quelques étudiants semblaient plutôt intéressés par l'idée.
L'un d'eux leva la main et lui demanda : « Votre point de vue est assez intrigant, Professeure. Mais j'ai quelques objections. »
Han Sooyoung hocha la tête pour l'inviter à poursuivre. L'étudiant continua avec un air triomphant. « L'auteur avait-il vraiment l'intention de susciter une telle réaction ? Appliquer une théorie aussi grandiose à un ouvrage à la grammaire pauvre et aux phrases contradictoires est-il une manière correcte de le lire ? Pour être honnête, je ne pense pas que ce soit ce que l'auteur visait. Rien qu'en regardant la surabondance d'onomatopées et de mots mimétiques, ça... »
Han Sooyoung jeta un coup d'œil au roman qu'elle avait apporté comme support de cours. C'était effectivement une œuvre remplie de bien trop d'erreurs. L'étudiant arborait un sourire satisfait, comme s'il venait de lui porter un coup décisif.
Elle réfléchit un instant. Elle aurait pu expliquer à cet étudiant, étape par étape, pourquoi il avait tort. Cependant, elle choisit de ne pas le faire. Elle prononça plutôt les mots suivants :
« Vous avez raison. Seul l'auteur connaît la vérité. »
« Mais, si vous dites ça, n'est-ce pas un peu irresponsable... »
« Que se passerait-il si quelqu'un commençait à vous juger ? »
« Pardon ? »
« Cette personne pourrait remarquer que votre visage n'est pas très bien lavé, ce qui pourrait être le résultat de votre précipitation pour arriver à l'heure au cours. Ou peut-être qu'elle remarquerait d'abord vos ongles d'orteils dépassant de vos chaussons. Et alors, elle commencerait à penser ceci : "Ah, ce type, vu son allure, il doit être sacrément paresseux. Et il est impossible qu'une personne paresseuse soit intelligente. Donc, pas besoin d'écouter l'avis de quelqu'un comme ça." »
« Q-qu'est-ce que vous... »
« Ou peut-être que cet étudiant a étudié le contenu du cours d'aujourd'hui toute la nuit dernière. On peut le deviner en voyant avec quel enthousiasme il interroge le professeur. Certes, son apparence extérieure est un peu négligée, mais il se pourrait qu'il ne se soucie pas de ce genre de choses, pour commencer. Oui, ils pourraient potentiellement penser de cette façon. »
Han Sooyoung plongea son regard dans les yeux tremblants de l'étudiant et poursuivit.
« Tout comme vous l'avez dit plus tôt, l'auteur du roman n'a probablement pas pensé à ce genre de choses. Cependant, c'est à vous de décider ce que vous retirerez de la lecture de ce roman. Si vous n'y trouvez que des ordures, alors cela finira simplement comme des ordures. Mais si cela peut vous apporter ne serait-ce qu'un tout petit peu de sens profond, alors cela seul améliorera cette œuvre à vos yeux. Encore une fois, c'est à vous de décider ce qu'il en sera. Mais j'aimerais vraiment que vous choisissiez l'option où vous apprenez à "apprécier" un peu mieux votre temps. Si vous ne le faites pas, supporter mes cours deviendra une corvée assez ardue pour vous. »
L'étudiant ferma la bouche et regarda Han Sooyoung. On ignorait s'il l'avait comprise ou non – cependant, elle se dit qu'il n'y avait rien à faire même s'il n'y parvenait pas.
Les yeux de l'étudiant balayèrent la salle, puis il dit soudain quelque chose d'inattendu : « ...Au fait, Professeure ? Allez-vous écrire un nouveau roman ? »
« Mm ? »
« Vous avez déjà dit ça, n'est-ce pas ? Vous êtes une auteure parce que vous écrivez. Si vous n'écrivez pas, alors vous n'êtes pas une auteure. »
Il y avait une nuance subtile dans ses mots qui signifiait : « Je n'ai pas à écouter quelqu'un comme vous qui n'est plus une auteure ». Han Sooyoung ne répondit pas pendant une seconde ou deux ; ses yeux troubles semblaient scruter un espace lointain.
Elle finit par marmonner avec désintérêt : « C'est vrai. Je ne suis plus une auteure. »
« Pardon ? »
« Je n'ai pas de lecteur qui lira mon travail, voyez-vous. »
Avant qu'elle ne puisse terminer sa phrase, la sonnerie retentit. Han Sooyoung sourit et haussa les épaules. « Très bien, alors. Le roman que vous devez lire pour le prochain cours est... »
Elle resta sur l'estrade et fit ses adieux aux étudiants qui quittaient l'amphithéâtre. Ses yeux furent attirés par un fichier texte visible sur l'écran de l'ordinateur portable ouvert. C'était un roman qu'elle avait commencé à écrire il n'y a pas si longtemps, comme une sorte de test. Elle ouvrit le fichier et fixa silencieusement les phrases qu'elle avait écrites jusqu'à présent.
⸢C'est alors qu'elle sentit une présence derrière elle.⸥
« C'était une conférence intéressante. Ça aurait été bien que cette personne y assiste aussi, cependant. »
Han Sooyoung éteignit rapidement l'écran et se retourna pour découvrir un visage familier. L'« intrus » utilisait ses doigts élégants et fins pour feuilleter soigneusement le matériel de cours éparpillé sur le bureau.
« Ah, ce cours a l'air amusant aussi. Lire la littérature fantastique moderne en commençant par Pierre Bourdieu, dissection des romances fantastiques avec Butler... »
« Tu es venue ici pour rabaisser une auteure ? »
Yoo Sangah, penchant légèrement la tête, sourit brillamment. Son sourire ne semblait pas avoir changé d'un iota en deux ans. Elle fixa intensément Han Sooyoung avant de poser une question : « Pourquoi portes-tu des lunettes tout à coup ? Ta vue a baissé ? »
« Ça ne te regarde pas. »
« Aha, je crois que je comprends. Tu avais l'air trop jeune et tes étudiants t'ignoraient, c'est ça ? »
Han Sooyoung fronça les sourcils et arracha avec colère ses lunettes à monture noire. Yoo Sangah enchaîna avec une pointe de taquinerie.
« On y va ? Laisse-moi t'offrir un verre. »
*
Toutes deux marchaient dans la rue, l'une sirotant un Americano glacé, tandis que l'autre suçait un smoothie à la pêche. Elles maintenaient cette distance gênée et se concentraient uniquement sur leur marche.
Han Sooyoung demanda au passage : « Comment se passe ton travail avec le gouvernement ? C'est amusant ? »
« Je ne fais pas ça pour m'amuser, tu sais. »
« Qui a promis de venir aujourd'hui ? »
« Lee Hyunsung est actuellement aux États-Unis donc ça pourrait être difficile pour lui, mais il semble que Jung Heewon sera là. Et comme tu le sais, Seolhwa est... »
« Et les enfants ? »
« Ils viennent. Ils n'ont jamais manqué ça, après tout. »
Peu de temps après, la rue familière de Gwanghwamun les accueillit. Elles s'engagèrent dans une rue adjacente, marchèrent encore un peu et finirent par trouver le restaurant qu'elles cherchaient. Il s'appelait <<Mark & Selena>>. Han Sooyoung poussa la porte sans hésiter.
« Bienvenue à... Wow, regardez qui voilà ! »
Celle qui les accueillit dans un coréen courant était Selena Kim. Mark, en train de faire tourner habilement de la pâte à pizza en cuisine, siffla bruyamment. Elle parla tout en les guidant à l'intérieur : « Veuillez patienter un petit instant. Votre commande arrivera très bientôt. »
« Qu'en est-il des autres qui sont arrivés avant nous ? »
Selena Kim pointa le coin du bar comme pour dire : allez voir par vous-mêmes.
Trois têtes familières étaient réunies là. Han Sooyoung fit de son mieux pour réprimer une certaine impatience et se glissa prudemment derrière le trio. Une fois juste derrière eux, elle abattit rapidement ses mains sur les trois têtes à la suite.
« Aïe ?! Quel abruti... ?! »
« Hé, mes petits chéris, vous avez bien grandi, n'est-ce pas ? »
« Ah, Sooyoung-unnie ! Sangah-unnie ! »
Comme c'était leurs premières retrouvailles depuis près d'un an, elles partagèrent de brèves impressions sur l'apparence de chacune. Et il ne fallut pas longtemps avant que leur nourriture n'arrive.
« Qu'est-ce que vous avez commandé, exactement ? Quel est le nom de ce plat ? »
« Sauté d'intestins démoniaques de la cabane désolée. »
Mark, en apportant le plat, eut un sourire en coin. Han Sooyoung afficha une expression suspicieuse avant de piquer avec sa fourchette le plat qui ressemblait à une saucisse de calamar coréenne.
« C'est quoi ce délire ? C'est délicieux. »
Comme son nom l'indiquait, le plat était incroyable. Ses autres compagnons se détendirent et commencèrent à savourer le repas. Combien de temps s'était-il écoulé depuis la dernière fois qu'ils avaient pu s'asseoir et profiter de leur repas en toute tranquillité ? Bien que deux ans se soient écoulés depuis qu'ils avaient traversé la ligne du monde pour rentrer chez eux, tout semblait encore être un mensonge pour Han Sooyoung.
– Oh, ohhh. Wuh-woo wuh-woo, wuh....!
Un écran de télévision installé au-dessus du bar diffusait des images d'un concert en direct. Un groupe d'idoles assez populaire était en train de se produire. L'un d'eux était un singe, l'autre un dragon, et le dernier était un Archange. Le Grand Sage, tenant le micro, poussa un rugissement passionné rempli de vibrato, qui fut immédiatement suivi par une pluie de projecteurs colorés se concentrant sur l'arrière de la scène alors qu'Uriel faisait son entrée.
Yoo Sangah, mâchant élégamment les intestins, marmonna : « Ils sont vraiment populaires ces derniers temps. »
« J'ai rejoint leur fan-club hier. La Force Uriel est sérieusement... ! »
Quand Lee Jihye intervint, Lee Gilyoung lança une pique rapide.
« Je ne peux plus supporter de regarder leurs performances après avoir vu celle de Dionysos, tu sais ? Surtout le mec là-bas... »
« Tu veux dire, le Dragon Noir des Abysses ? Qu'est-ce qu'il y a ? Il n'est pas mignon ? »
Shin Yoosung demanda, et Lee Gilyoung plissa les yeux avant de répondre en mâchant sa fourchette.
« C'est mignon pour toi ?? »
L'écran diffusait maintenant le nouveau titre des Constellations. Le Dragon Noir des Abysses, arborant un cache-œil, exécuta une routine de breakdance avant d'exploser dans un monologue de rap enflammé et rapide.
– Ceci est la plus ancienne Fable ! Mythe chanté par le scénario ! L'évolution d'un homme, s'effaçant avec le temps !
« ...De quoi diable est-ce qu'il chante ? »
Tandis que les mesures de rap rapide du Dragon Noir des Abysses continuaient de s'enchaîner, quelques personnes supplémentaires ouvrirent la porte du restaurant et entrèrent. Leurs visages semblaient un peu rouges, comme s'ils avaient déjà bu quelques verres bien frais ailleurs. C'étaient Jang Hayoung et Jung Heewon.
« Qu'est-ce que c'est que ça ? Tout le monde était déjà là ? »
Jang Hayoung se précipita rapidement et attrapa Han Sooyoung dans une prise de tête.
« Comment vas-tu ? »
Jung Heewon tapa légèrement dans la main tendue de Yoo Sangah avant de détourner son regard vers l'écran pour dire quelque chose : « Argh, ce rap me tape vraiment sur les nerfs. »
« Ça fait du bien de voir tout le monde après si longtemps. »
« C'est tout le monde pour aujourd'hui ? »
« On dirait bien. »
Jung Heewon commença à se vanter de la nouvelle maison dans laquelle elle avait récemment emménagé. Son histoire expliquait généralement à quel point le nouvel endroit pouvait parfois être peu pratique car il n'était pas à proximité des stations de métro, et aussi à quel point il était facile de faire de l'exercice puisqu'un parc était à proximité, etc.
Elle ne vivait plus à Gwanghwamun. Elle ne vivait même plus nulle part près de la troisième ligne de métro.
Han Sooyoung lui demanda : « Ok, donc. Vous deux, toujours ensemble ? »
Ces mots attirèrent l'attention des compagnons. Jung Heewon sourit amèrement et fit tournoyer son verre d'alcool. « Non, plus maintenant. »
« Comment ça ? »
« Si on est ensemble, ça nous rappelle des choses. »
« ...Quelles choses ? »
Lee Jihye et ses yeux pétillants pressaient Jung Heewon de répondre. Cependant, cette dernière ne semblait pas être d'humeur très joyeuse. Elle se contenta de remuer son verre en silence. Lee Jihye finit par fermer sa bouche grande ouverte.
L'écran commença à jouer le prélude de la chanson suivante.
– Le Salut sans nom (feat. Général chauve de la justice) – JUS
Han Sooyoung écouta la chanson venant de l'écran et marmonna quelque chose un peu plus tard : « Je vois. Je suppose que tu as raison. »
Sur ce, ils cessèrent complètement de discuter. Le silence s'enroula autour de leurs chevilles comme un bourbier.
C'était la raison pour laquelle ils ne se voyaient pas souvent.
– C'était l'histoire dont personne ne se souvenait. Cependant, cette histoire a bel et bien existé.
Deux ans étaient-ils suffisants pour que cette « période » devienne une histoire ?
Han Sooyoung voulait savoir.
« Toujours pas de nouvelles de Biyu ? »
« J'ai demandé à Mlle Anna, mais elle dit qu'il n'y a eu aucune communication jusqu'à présent. »
Avant que les compagnons ne rentrent, Biyu était partie s'entraîner dans la [Strate Sombre]. À cause de cela, ils n'avaient eu aucune nouvelle concernant sa localisation au cours des deux dernières années.
« Et Gong Pildu ? »
« Probablement en train de boire seul à Chungmuro. Encore. Je pense que le choc de la séparation avec sa famille était trop grand. »
« Ce type, je lui avais pourtant dit de rester dans le 1865e tour, alors pourquoi est-il obstinément revenu avec nous... »
« Et Myeong-Oh ahjussi ? Il vit dans le Complexe, donc tu dois être au courant de ses nouvelles, non ? Han Sooyoung ? »
« Ce type ? Il est le même que d'habitude. »
« Et qu'en est-il du bâtard couvert de suie, par contre ? J'ai entendu dire qu'il avait essayé de revenir dans la scène du jeu pro avant d'arrêter récemment. »
Personne ne répondit.
Jang Hayoung leva brusquement son verre de cocktail. « Eiii, je ne sais plus. Allons juste nous soûler ! »
« Mais, tu as déjà l'air assez ivre ? »
« Ne m'arrête pas ! Je vais tout donner aujourd'hui ! »
« Moi aussi. S'il te plaît, donne-moi un shot aussi. »
« Yoosung-ah, tu es encore mineure. »
« Si tu comptes mon âge d'avant la régression, je suis définitivement une adulte maintenant, tu sais ? »
Tandis que Shin Yoosung, faisant la moue, commençait à harceler les adultes, Lee Jihye se versa un shot de soju bien tassé et, sans aucun accompagnement, le vida d'un trait.
« Sooyoung-unnie, tu peux écrire mon rapport pour moi ? S'il te plaît ? » demanda-t-elle alors désespérément.
« Si tu me redemandes ça, je te tue. »
Deux ans. Environ 730 jours, si on divise par jour.
Leurs conversations actuelles ne pouvaient avoir lieu que parce qu'ils avaient désespérément vécu leur vie au cours de ces 730 derniers jours. Ils allaient à l'école, ils allaient travailler, ils déménageaient ; pour s'éloigner de ce jour, un pas à la fois, les compagnons essayaient de vivre leur vie au maximum.
Cependant, quelqu'un s'était en fait rapproché de ce jour, afin de s'en éloigner.
⸢Kim Dokja a survécu grâce à une histoire appelée "Ways of Survival". Dans ce cas, quelle histoire nous a permis de survivre ?⸥
Jung Heewon observa Han Sooyoung noter quelque chose sur son bloc-notes, avant de lui demander : « Qu'est-ce que tu es occupée à noter là ? »
« Juste une vieille habitude. »
« Tu écris toujours ces jours-ci ? »
Ses doigts qui écrivaient sur le bloc-notes s'arrêtèrent. Yoo Sangah répondit à sa place.
« Je pensais que tu le faisais ? À en juger par ce que j'ai vu plus tôt. »
« Vraiment ? Qu'est-ce que tu écris ? C'est un roman ? »
Lee Jihye, mâchant une bouchée de snacks fraîchement apportés, demanda rapidement.
« ...Non, j'écris juste pour reprendre le rythme. »
« Vraiment ? Tu prévois de publier un nouveau roman ? »
Juste au moment où Han Sooyoung commençait à réfléchir à la façon dont elle devrait répondre, elle entendit un bruit de froissement venant de son côté.
« Peut-être que c'est là-dedans ? »
Lee Gilyoung avait quitté le repas en disant qu'il devait aller aux toilettes, mais avant même que quiconque ne l'ait remarqué, il était déjà de retour et tenait l'ordinateur portable de Han Sooyoung tout en gloussant. Il avait l'habitude de jouer à des jeux informatiques sur son appareil sans permission, donc il connaissait naturellement le mot de passe et pouvait se connecter sans aucun problème. Shin Yoosung lui lança un regard noir, lui disant d'arrêter cet acte impoli immédiatement.
« Lee Gilyoung. »
« Argh, quoi encore ? »
Ses joues étaient rouges, comme s'il avait bu quelques gorgées d'alcool en douce. Shin Yoosung devint nerveuse et étudia prudemment l'humeur de Han Sooyoung, mais que se passait-il ici ? Normalement, cette dernière aurait déjà explosé et aurait giflé l'arrière de la tête de Lee Gilyoung. Mais là, elle sirotait silencieusement son cocktail. Comme si elle se fichait qu'il le lise ou non.
Lee Gilyoung prit cela comme un signe de consentement, alors il ouvrit rapidement le fichier. Peu de temps après, Han Sooyoung posa son verre et lui demanda :
« Hé, gamin. »
« ... »
« Tu es sûr d'avoir le courage de le lire ? »
Le teint de Lee Gilyoung devint de plus en plus pâle. Même alors, il ne détacha pas ses yeux de l'écran. Il continua à lire, comme s'il allait être aspiré par l'écran à tout moment maintenant. Malgré le fait qu'il fronçait les sourcils dans un tourment évident, il continua à lire et à lire. Et quelques minutes plus tard, il leva la tête, des larmes prêtes à inonder ses yeux.
« ...Combien de chapitres as-tu écrits jusqu'à présent, noona ? »
« Pas tant que ça. C'est à peu près, disons, moins de deux livres. »
« Est-ce que je peux... lire un peu plus ? »
« Bien sûr. »
Réalisant que l'état de Lee Gilyoung était quelque peu étrange, les compagnons se levèrent de leurs chaises.
« Qu'est-ce qui se passe ? Quel est son contenu pour te faire réagir comme ça ? »
« Je suis aussi un peu curieux, puisque c'est le dernier travail de Sooyoung-ssi... »
« Je passe. Je vais attendre que ça sorte en livre. »
À l'exception de Lee Jihye qui disait cela tout en se versant un autre verre, tout le monde se rassembla derrière Lee Gilyoung.
Han Sooyoung les fixa silencieusement.
Un par un, leurs regards étaient aspirés par l'écran de l'ordinateur portable.
Ce ne devrait pas être simplement parce que l'histoire était trop divertissante. Non, c'était ce genre d'histoire, pour commencer. Parce que, cette histoire était...
« Han Sooyoung, tu... »
Tout en écoutant la voix tremblante de Jung Heewon, Han Sooyoung se remémora les phrases qu'elle avait déjà enregistrées.
⸢"Rien ne peut être changé par la régression. Il m'a fallu très longtemps pour réaliser cela."⸥
C'est exact. Pas une seule chose ne pouvait être changée par l'acte de régresser. Tout comme c'était le cas avec eux ce jour-là.
« Mais, pourquoi, une telle histoire... »
Même si c'était vrai, cependant – cela ne signifiait pas non plus que leur régression n'avait rien laissé derrière elle.
⸢Kim Dokja a survécu grâce à une histoire appelée "Ways of Survival". Dans ce cas, quelle histoire nous a permis de survivre ?⸥
En fait, Han Sooyoung connaissait déjà la réponse à cette question.
« C'est une histoire que je voulais montrer à cet idiot. »
Une histoire restait pour eux.
L'histoire d'une personne qu'ils aimaient tous.
<Épilogue 4. Le point de vue du lecteur omniscient (8)> Fin.