Chapitre 746
Traductions WeTried
Traducteur : Hydrogen B
Éditeur : Hydrogen B
Discord : <a href="https://dsc.gg/wetried" rel="noopener noreferrer nofollow">https://dsc.gg/wetried</a>
Chapitre 746 : Histoire du passé, rétrospective d’une régresseuse - 0
──────
Aussi agréable soit une chose, à force de la répéter, on finit par s’en lasser.
Combien de fois leur faudrait-il encore se retrouver avant que cette rencontre ne devienne lassante, elle aussi ?
Shei essaya de compter, puis renonça. Cette rencontre avait déjà eu lieu plus de trente fois. Pourtant, elle était toujours aussi heureuse de le revoir que la première fois — non, que la deuxième. Et ses sentiments ne faisaient que grandir. Ils n’avaient jamais diminué, pas une seule fois.
Shei ne pensait pas pouvoir se lasser de ces retrouvailles, même si elle les répétait encore et encore.
Bien qu’elle fût entrée dans une prison sombre comme la nuit, son cœur battait comme celui d’une enfant au parc d’attractions.
Quelle expression aurait-il en la voyant ? Serait-il décontenancé ? Méfiant ? Ou tenterait-il d’arranger les choses avec des mensonges éhontés, comme la première fois ?
Il réagissait différemment à chaque fois. Tout dépendait du moment où elle l’abordait, de l’expression qu’elle affichait et de ce qu’elle disait. Impossible de prévoir sa réaction ; cela ne faisait qu’accroître son impatience.
Shei compta mentalement.
Un, deux, puis trois.
Au moment dont se souvenait la Frontière d’inversion céleste, il tomba du ciel comme un cadeau.
« Aaaaaaah ! »
Bam. Suspendu à un parachute, il se débattit en atterrissant à Tartare. Après avoir heurté le sol assez rudement, il se releva en se tenant la nuque.
C’était une prison, et pour lui, Shei n’était qu’une inconnue. Si elle apparaissait soudainement pour l’aborder, il serait désorienté et mal à l’aise.
Mais Shei n’avait pas le temps d’y penser. Dès qu’elle le vit, une nostalgie infinie, une joie immense et un chagrin accablant lui envahirent le cœur. Elle le serrait déjà dans ses bras.
« Hughes ! »
Elle enfouit le visage contre son torse et se frotta à lui comme un chat. Son col portait cette odeur familière de terre qui lui avait tant manqué. Sans se soucier de la poussière qui lui salissait le visage, Shei savourait sa présence à satiété.
« Bienvenue ! Tu m’as manqué. »
« Je suis de retour. Toi aussi, ça fait un moment. »
Hughes lui caressa calmement la tête. C’était censé être la première fois qu’il la voyait dans ce cycle, et pourtant, il se comportait avec un aplomb incroyable. Après avoir laissé les choses suivre leur cours, il prit un air sérieux et demanda :
« Mais qui es-tu ? »
« Hughes. C’est moi, Shei. »
« Ah, oui. Enchanté, Shei. Ce n’est pas tout à fait la réponse que j’espérais, cela dit. »
Hughes promena autour de lui un regard gêné.
« Nous sommes à Tartare, la pire prison de l’État militaire. Je ne sais pas si tu es détenue ou gardienne, mais, quand tu me souhaites la bienvenue, on dirait que tu as envie de me passer à tabac. C’est effrayant. »
« Je te connais. Cette fois, je suis venue pour te voir. »
« Une fan obsessionnelle qui suit quelqu’un jusque dans sa prison ? Effrayant, mais d’une autre façon… »
Mais Shei le savait. Cette attitude désinvolte était une faille qu’il exposait volontairement. Un appât pour découvrir à qui il avait affaire.
Hughes était méthodique et froid. Même après sa première régression, Shei ignorait qu’il était le Roi de l’Humanité. Elle n’en avait appris les circonstances qu’au cours de sa troisième régression. Ce n’est qu’après avoir découvert toute la vérité qu’elle avait commencé, à grand-peine, à faire confiance à Hughes.
Bien sûr, même cela n’avait été que la partie émergée de l’iceberg. Il lui avait fallu presque dix répétitions supplémentaires pour découvrir ses véritables sentiments.
N’y tenant plus, Shei se hâta de lui dire la vérité.
« Je suis une régresseuse. J’ai déjà vécu plusieurs régressions avant d’arriver jusqu’ici. Et je t’ai rencontré à chacune d’elles. »
« Ré… gression… ? »
L’air idiot de Hughes semblait si authentique que Shei prenait plaisir à le voir à chaque fois. Elle ne le verrait pas afficher cette expression dans d’autres circonstances.
Shei lui expliqua tout. Son récit était long et décousu, les événements s’y entremêlaient sans cesse, si bien que Hughes lui demanda plusieurs fois de préciser.
« Je sais même que tu es le Roi de l’Humanité ! »
« Tss. »
Hughes continua à douter d’elle, mais finit par admettre que Shei était une régresseuse qui avait déjà vécu cette rencontre plusieurs fois.
« D’accord, d’accord. J’ai compris. Le monde va prendre fin dans moins de dix ans, et Shei doit l’en empêcher. »
« Nous devons l’en empêcher. »
« Pourquoi moi, entre tous… ? »
« Parce que tu es le Roi de l’Humanité. »
Même si Hughes n’avait pas été le Roi de l’Humanité, Shei aurait été à ses côtés à chaque fois. Elle avait peut-être eu de la chance qu’il le soit. Cela lui donnait une raison de revenir le voir, encore et encore.
« On ne pourrait pas rassembler toutes nos forces restantes et attaquer l’Arbre de la Corruption ? »
« Tu demandes toujours ça. J’ai essayé. Je me suis servie de l’Empire et de la Fédération arcanique pour faire de Nevida l’ennemi public de tout le continent. Mais juste avant la déclaration de la guerre sainte, le Roi du Péché est apparu. »
« Nevida est donc devenu le Roi du Péché lui-même parce qu’on en a fait l’ennemi public du continent ? Même une poudrière sur le point d’exploser ne serait pas aussi susceptible. »
C’était amusant de discuter de la marche à suivre cette fois aussi. Ils avaient échoué souvent, et parfois sombré dans le désespoir, mais Hughes trouvait toujours une autre approche.
« Et si on changeait complètement de camp pour soutenir Nevida ? On pourrait tout bouleverser et faire de Nevida et de ce Roi de l’Humanité les nouveaux maîtres du monde. Peut-être qu’on éviterait ainsi sa destruction. »
« Je te l’ai déjà dit. Ça ne marchera pas. Si le Roi de l’Humanité revient complètement à la vie, il faudra que tu sois sacrifiée. »
« Quoi ? Quand m’as-tu dit ça ? C’est la première fois que j’en entends parler. »
« Je ne t’ai pas dit que j’avais infiltré le camp de Nevida ? »
« C’est ça, infiltrer ? Je croyais que tu t’étais juste glissée à l’intérieur. Je me demandais ce que tu voulais dire quand tu m’as dit être morte en essayant de fuir, mais voilà donc pourquoi. »
Si Shei avait été seule, les idées qu’elle aurait pu trouver auraient été limitées. Pourtant, chaque fois qu’elle était avec Hughes, des méthodes qu’elle n’avait jamais essayées lui venaient les unes après les autres. Elles différaient légèrement de celles qui avaient échoué auparavant.
« Ah. Non, je ne t’ai pas dit ça cette fois. »
Puis, soudain.
Par pur instinct.
Elle n’avait aucune raison de le penser. Aucune logique. Avant même que la cause et l’effet aient pu se rejoindre, un éclair soudain d’instinct et de sensation lui fit comprendre.
« Hughes. Tu peux lire dans les pensées ? »
« … Quoi ? »
N’importe qui finirait par s’y perdre après près de trente régressions, pas seulement Shei.
Mais, contrairement à Shei, on ne dirait pas quelque chose de faux avant de se rétracter avec assurance. À l’instant où elle avait parlé, elle était sincère. Elle avait voulu le dire. Elle pensait l’avoir déjà dit.
En y repensant, cela ne s’était simplement pas produit dans ce cycle.
Cette situation s’était déjà présentée près de vingt fois. Shei n’avait pas le temps de se rappeler ce qu’elle avait dit ou non à chaque cycle. Les circonstances qu’elle avait expliquées au vingt et unième cycle différaient de celles du vingt-quatrième. Le début et la fin s’emmêlaient, et ses descriptions changeaient à chaque fois.
Mais Hughes, lui, ne s’était jamais trompé.
Shei ne s’en était pas rendu compte sur le moment. Rien ne lui avait même semblé étrange. Mais, en y repensant…
« Je ne crois pas te l’avoir dit dans ce cycle. Oui, je ne te l’ai pas dit. J’en suis sûre à cinquante pour cent. »
« Shei, tu sais ce que veut dire “probabilité” ? »
« Je… je n’y peux rien. Les régressions, ça embrouille. Mais cette fois, j’ai vraiment raison. »
Les expériences se ressemblaient tellement que Shei s’y perdait et en mélangeait quelques-unes en parlant. Pourtant, Hughes les distinguait parfaitement.
Parce qu’il était intelligent ? Sans doute. Mais, au fond, sa compréhension atteignait quelque chose de bien plus profond.
« Tu savais des choses que je ne t’avais pas dites. Maintenant, comme avant. »
Quelque chose que Shei avait ressenti après avoir vécu à ses côtés pendant des dizaines de cycles. Quelque chose qu’elle avait compris parce qu’elle l’avait observé de plus près que quiconque, avec plus d’affection que quiconque.
Le plus grand secret qu’elle avait enfin découvert parce qu’ils étaient devenus capables de se comprendre par les sentiments et l’instinct, plutôt que par les paroles et les actes.
« N’est-ce pas, Hughes ? Tu peux lire dans les pensées, pas vrai ? »
La vérité était irréversible. Une fois qu’on l’avait comprise, impossible de revenir en arrière.
« Le Roi de l’Humanité ne possède pas non plus le pouvoir de voler les magies uniques, n’est-ce pas ? Tu lis leurs images mentales, tu fais tes calculs dans ta tête, puis tu t’en sers. »
C’était la vérité que Shei avait découverte après plus de trente régressions. Inutile de la nier. Ce n’était pas un soupçon, mais une certitude, et elle accueillit cette vérité avec joie plutôt qu’avec le sentiment d’avoir été trahie.
Hughes ne parvint donc pas à la nier.
« … Beuh. Moi, dans les cycles précédents, j’aurais dû mieux le cacher. Tu es la personne la plus facile à berner au monde, et pourtant je t’ai donné tous les indices possibles. Tu as fini par le découvrir. »
Pris sur le fait dans ce cycle, il marmonna sans vergogne au sujet de ses anciens lui. C’était pratiquement un aveu. Shei s’approcha vivement de Hughes et lui demanda :
« Alors tu sais tout, n’est-ce pas ? Tout ce que j’ai fait et vécu pendant mes régressions. Tu sais tout, pas vrai ? »
« Dans ton cas, Shei, je ne peux pas lire les souvenirs des cycles précédents. Si je pouvais vraiment tout lire, je ne me serais pas embrouillé non plus. »
Il lui révéla la vérité sans détour.
« Ça ne te met pas mal à l’aise ? »
« Mal à l’aise ? J’adore ça ! »
« Tu adores ça ? »
« Oui ! Je ne suis plus la seule à savoir ! Il me suffit de venir ici à chaque fois ! »
Lire dans les pensées, c’était aussi voir les désirs les plus privés et les plus sordides. Une personne ordinaire aurait trouvé cela déplaisant.
Mais pour Shei, c’était une lueur d’espoir.
« Il me suffit de venir ici et de te transmettre mes souvenirs. Je n’ai qu’à me rappeler ce que j’ai vécu dans les cycles précédents pour que tu puisses les lire ! Toi, tu t’occupes du reste ! »
Elle n’avait aucun désir privé ou sordide. Elle n’avait pas le temps de penser à ce genre de choses.
Tout le bonheur que connaissait Shei, c’était de descendre dans l’Abîme, de passer un peu de temps avec lui et d’apaiser son corps et son esprit épuisés.
Ces brefs instants passés avec lui étaient le pilier qui soutenait ses régressions.
« Une fois que ce sera fini… »
Le karma des régressions : détruire des dizaines de mondes pour n’en sauver qu’un seul. Qui aurait pu supporter ça ?
C’était un fardeau bien trop lourd pour une seule personne. Il était naturel de faiblir, de vouloir le confier à quelqu’un d’autre.
Tout comme une personne âgée qui avait vécu une vie bien remplie n’avait pas peur de la mort, Shei accueillait sa propre fin.
Le devoir étouffant, les vies qui reposaient sur ses épaules, le souvenir des mourants et la solitude qui persistait lorsqu’elle revenait seule, après avoir gravé tout cela dans son cœur.
Même si c’était impulsif, elle n’y pouvait rien : elle voulait mettre fin à cette boucle et dormir.
« Je… ne suis plus nécessaire… »
Les larmes limpides et douces coulant sur son visage, Shei confia tout, son devoir et jusqu’à sa volonté, au lecteur de pensées qui se tenait devant elle…
— Frontière d’inversion céleste. Ça ne va pas.
Une voix tremblante se fit alors entendre.
— Ne t’en souviens pas. Enfouis tout ça. C’est ma faiblesse, ma lâcheté. C’est une prophétie qui dit que je serai faible et incapable, et que je finirai par abandonner.
Des centaines d’ondulations se superposèrent, puis se dispersèrent. Le bruit envahit des souvenirs qui avaient été limpides.
Le Dieu Enfant.
Le Péché originel de l’incertitude.
Si les souvenirs étaient eux aussi des informations, alors ils possédaient également le Péché originel de l’incertitude.
Dans ce monde, rien ne pouvait surmonter certaines erreurs inévitables. Si l’on rétrécissait la fente pour déterminer la position d’un objet, celui-ci se dispersait dans toutes les directions. Si on l’élargissait, c’était sa position qu’on ne parvenait plus à déterminer.
Même un dieu ne pouvait connaître avec exactitude la position et l’état d’un objet.
Tel était le Péché originel de l’incertitude.
Il amplifiait artificiellement ces erreurs inévitables. Il enfouissait les informations sous le vague et l’ambiguïté.
Le Dieu démoniaque que Shei avait découvert au ???e cycle. Une autre singularité atteinte par l’humanité, après avoir survécu un peu plus longtemps. C’est là que Shei avait rencontré un Dieu démoniaque.
Shei ne parvenait pas à le comprendre. Pas simplement parce qu’elle était stupide. Si ne pas comprendre un Dieu démoniaque rendait stupide, il faudrait alors condamner 99,9 % de l’humanité à l’être. C’était tout simplement trop difficile, une vérité qu’on avait du mal à saisir, même intuitivement.
À la place, Shei apprit à s’en servir.
Quand les humains étaient encore des bêtes primitives, ils faisaient du feu sans savoir ce qu’était la combustion. Ils lançaient des frondes sans connaître l’élasticité et comptaient les saisons sans comprendre les mouvements célestes.
Qu’importait le Dieu démoniaque ? Au bout du compte, tout dépendait de la façon dont on s’en servait.
Shei grava la grande découverte du Dieu démoniaque dans la Frontière d’inversion céleste. Elle se précipita dans les erreurs et l’incertitude auxquelles même la Frontière d’inversion céleste ne pouvait réagir. Le domaine qu’elle atteignit, après avoir touché au principe fondamental, intégra jusqu’au Dieu démoniaque à sa Forme céleste.
Mais comme elle n’avait pas pleinement compris ce Dieu démoniaque, celui-ci demeura un Dieu Enfant. Elle ne pouvait le partager avec personne.
Et c’était précisément ce qui le rendait parfait.
Ainsi, les souvenirs de Shei à partir du quatorzième cycle seraient scellés. Elle-même ne pourrait pas s’en rappeler. À chaque mort, elle reviendrait toujours au début du quatorzième cycle, resterait cette sotte incapable et surmonterait la fin sans même pouvoir l’aimer librement.
— Je n’y peux rien. C’est mon péché. Moi qui connais Hughes, je suis trop faible et incapable, et je finis par m’en remettre à lui… Je deviens volontairement la poupée de Hughes.
À partir de ce jour, Hughes se ferma à Shei. Juste après avoir quitté Tartare, il s’éloigna d’elle sans un mot.
Shei pleura et s’accrocha à lui. Elle alla même jusqu’à le rattraper et à le retenir, mais Hughes exploita ses faiblesses avec précision. Elle ne parvenait pas à le garder près d’elle.
Chaque fois qu’elle lui demandait pourquoi il l’évitait, il répondait différemment. Cela signifiait qu’il n’était pas sincère.
Shei savait reconnaître les mensonges de Hughes, mais c’était tout. Elle ne lisait pas dans les pensées.
Elle le détesta et sombra dans le désespoir. Plus tard, elle ne s’approcha même plus de l’Abîme, de peur d’avoir mal.
Ce ne fut que bien plus tard que Shei comprit ce qu’il avait réellement voulu dire.
— C’est pour ça que Hughes m’a quittée.
La vérité était irréversible. Une fois qu’on l’avait comprise, impossible de revenir en arrière.
Alors Shei scella ses propres souvenirs.
— Ce n’est pas grave si ça se répète. J’en ai l’habitude.
Même si c’était le Péché originel de l’incertitude, cela s’apparentait à un oubli volontaire. Quand la Frontière d’inversion céleste faiblissait, ou d’une façon que Shei ne percevait pas consciemment, ces souvenirs finissaient par filtrer. Ce ne serait pas tout à fait comme avant.
Mais tant que Shei ne s’en souvenait pas elle-même, Hughes ne s’en apercevrait pas. Même s’il pressentait vaguement quelque chose, tant que sa volonté restait ferme, il demeurerait à ses côtés.
C’était suffisant. Tant qu’ils pouvaient être ensemble.
— Je suis désolée pour le « moi » qui ne ressentira pas ces émotions, et pour le « moi » qui fera souffrir Hughes.
Ce que Shei regrettait vraiment, c’était de devoir perdre ces sentiments. Des sentiments précieux, qu’elle avait façonnés et affinés au fil des dizaines de cycles suivants, et qu’elle ne voulait jamais oublier. En cachant ses souvenirs et en réprimant ses émotions, elle le regarderait souffrir et mourir.
— Mais… Même le « moi » qui aura perdu la mémoire finira par l’aimer, comme je l’aime.
Il ne faudrait qu’un peu de temps. Shei retomberait amoureuse de lui, et il lui deviendrait précieux. Comme il l’était déjà à ses yeux.
Et d’ici là, ce cycle aussi approcherait de sa fin.
Notes de bas de page :
Rejoignez notre Discord : <a href="https://dsc.gg/wetried" rel="noopener noreferrer nofollow">https://dsc.gg/wetried</a>