Chapitre 723
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Traducteur : Hydrogen B
Éditeur : Hydrogen B
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Chapitre 723 : Départ après négociations salariales
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Antares ne montra pas la moindre hésitation, bien qu’il fût seul en territoire étranger. Il se comportait comme si tout lui était dû.
Le fait qu’il fût un invité de marque de l’Empire n’avait guère d’importance dans la Fédération arcanique. Ce qui comptait, c’était qu’il fût un Maître ayant atteint le principe, un homme d’une puissance écrasante. Les forces qu’il avait amenées étaient peu nombreuses, mais chacune était une machine à tuer formée à l’Art du qi aquatique.
Pour l’instant, elles respectaient les convenances, mais il suffisait d’un prétexte pour qu’elles deviennent la force armée la plus puissante et la plus dangereuse du monde.
Au milieu de cette tension étrange, Antares lut un document qu’il avait reçu d’on ne savait où.
« Hughes. Roi de l’Humanité. Né dans l’État militaire, il est entré à l’Académie militaire de Hamelin, puis a disparu après avoir provoqué l’incident de Hamelin. Par la suite, il a vécu reclus à Amitenggrad avant d’être emprisonné dans l’Abîme. Il y est entré en contact avec Jiseon, la Progenitrice Tyrkanzyaka et le Roi des Chiens. On l’a ensuite aperçu dans l’État militaire, les Petits États, le duché, puis à Ende, avant qu’il ne disparaisse à nouveau. »
Demander comment il avait appris tout ça aurait été stupide, non ?
Les secrets se cachaient dans le cœur des gens, et l’argent ouvrait ces cœurs. L’Empire, qui pouvait mobiliser des fonds colossaux, obtenait des renseignements par des moyens parfaitement légaux.
Ils avaient certainement aussi placé d’innombrables espions dans l’État militaire. Ils n’avaient pas pu accéder à des postes importants sous la surveillance de la Sainte Vierge Yuel, mais corrompre quelques fonctionnaires subalternes suffisait pour recueillir ce qu’ils savaient.
Antares tapota le document.
« Rien de particulièrement remarquable, là-dedans, n’est-ce pas ? À m’en tenir aux rumeurs, j’aurais du mal à croire que tu es le Roi de l’Humanité. »
« C’est exact. En réalité, je ne suis pas le Roi de l’Humanité. Les gens répandent simplement des rumeurs absurdes. »
« Pourtant, on dit que la Sainte Vierge sait reconnaître le Roi de l’Humanité. J’en ai eu confirmation, en tout cas. Je ne sais pas pourquoi elle ne m’en a pas parlé plus tôt. »
En face, c’était l’Empire. Il avait l’argent, les hommes et un système en place depuis deux mille ans. Il prétendait même protéger le Sanctuaire : il devait donc avoir d’innombrables moyens de se procurer des informations.
« Tu m’as démasqué. Je suis le Roi de l’Humanité. Si tu veux devenir mon sujet, prends un ticket et fais la queue. »
« Un salaire annuel de 1,27 milliard d’alke, frais pris en charge séparément. »
« Pardon ? »
« Le mandat impérial de commandant de mille montures. Le poste de maître de guilde honoraire à la Guilde marchande de patronage, le rang de saint gardien. Trois territoires assortis de titres de noblesse. Le droit de prendre des épouses et des concubines. Voilà le traitement que je reçois en tant que membre des Douze Sièges du Zodiaque de l’Empire. Si tu veux me recruter, il te faudra promettre au moins autant. Tu en es capable ? »
Un salaire annuel de 1,2 milliard d’alke ? Il serait plus rapide de compter tout ce que cette somme ne pouvait pas acheter. Je doutais qu’il existât seulement autant de pièces alchimiques. Pour réunir 1,2 milliard d’alke, il faudrait découper une ville entière et la vendre au Seigneur de l’Or.
Et ce n’était pas tout.
Le mandat impérial de commandant de mille montures ? Une autorité absolue. Personne ne pouvait vous tenir responsable, même si vous utilisiez toutes les installations publiques et mobilisiez l’armée impériale.
Le poste de maître de guilde honoraire à la Guilde marchande de patronage signifiait un financement et des fournitures illimités de la part de cette guilde rigide et difficile à approcher.
Un saint gardien était respecté non seulement dans tout l’Empire, mais aussi par les temples et les ordres missionnaires du continent ; il avait en outre le droit de demander une audience privée avec la Sainte Vierge.
Il y avait même trois territoires assortis de titres de noblesse, ainsi que le droit de prendre des épouses et des concubines… L’un des rares droits de l’Empire qui autorisaient officiellement à entretenir des concubines.
« Tu ne peux pas faire ça, hein ? Ouais, je m’en doutais. C’est pour ça que je suis avec l’Empire. »
Antares savait que c’était absolument impossible, mais bomba le torse comme s’il se vantait. Je pris la parole.
« Ah, je suis surpris. Je m’attendais à une autre raison. Je pensais que tu t’opposerais à moi par loyauté envers la famille impériale, mais c’est pour l’argent ? »
« Ma loyauté envers Sa Majesté l’Empereur est incontestable ! Mais ce n’est pas tout, n’est-ce pas ? Les guerriers vont naturellement là où on les traite bien. En ce sens, l’Empire a acheté ma loyauté comptant ! Avec de l’argent ! »
Il avait l’air d’un avare, mais débordait d’une confiance absolue.
Il était convaincu d’être le plus fort et de mériter le meilleur traitement.
« Quand on vous traite aussi bien, la loyauté grandit et on devient un employé consciencieux. C’est pour ça que je peux obéir sans me plaindre à un ordre qui m’envoie aussi loin. La loyauté, ça s’achète ! »
« Les Douze Sièges du Zodiaque ressemblent davantage à des employés de bureau ordinaires que je ne le pensais. »
« J’ai commencé comme militaire de carrière. C’est comme ça. »
Il éclata de rire et me tendit la main.
« On dirait que tu n’as pas les moyens de m’embaucher. Mais moi, c’est différent. Je suis venu te faire une offre. »
« À moi ? Pour quoi faire ? »
« Roi de l’Humanité. Je suis venu te recruter. Considère ça comme un honneur. Aucun membre des Douze Sièges du Zodiaque n’a jamais personnellement joué les recruteurs. »
Me recruter ? Allons donc. Il essayait de m’acheter, moi, le Roi de l’Humanité, avec de l’argent ?
« Je pensais te proposer un salaire annuel de dix millions d’alke. Qu’en dis-tu ? »
« Combien d’heures par semaine devrais-je travailler ? Y a-t-il d’autres avantages ? Aurais-je le droit de choisir mes épouses et mes concubines ? »
« Hé ! »
J’entendis Shei crier derrière moi. Hé hé, quoi ? Moi aussi, je voulais entretenir légalement des épouses et des concubines. Franchement, je devais déjà bien trop tenir compte des circonstances.
« Ça dépend de tes capacités. Mais si ce n’est pas maintenant, l’Empire ne viendra plus directement te chercher. »
« Tu pourrais au moins me dire en quoi consiste le travail. »
« C’est confidentiel, mais d’accord. Tu dois savoir. »
Hein ? Je croyais qu’il ne me le dirait pas. Antares répondit sans détour.
« Le Roi du Péché a occupé le Duché du Lilas. »
« Quoi ? »
« On ignore l’étendue de ses pouvoirs. Nous avons envoyé des espions pour recueillir des informations, mais aucun n’est revenu. Le Duché du Lilas est désormais un immense trou noir informationnel. Rien n’en sort et aucune marchandise n’y entre ni n’en sort. Tout est devenu silencieux, comme si le duché était une île au milieu du continent. »
La présence de Shei s’intensifia derrière moi. L’apparition du Roi du Péché l’avait tendue malgré elle. Au même moment, je sentis une légère tension chez les soldats d’élite de l’Empire. Ce n’était pas à cause de Shei, mais des mots « Roi du Péché ».
« Ça n’a aucun sens. L’économie existe, dans ce monde. Le Duché du Lilas est spécialisé dans les produits laitiers et les lainages. Sa production alimentaire est honorable, mais il manque de fer et de pièces mécaniques. Pour compenser ce déséquilibre, la Guilde des Marchands violets transporte chaque année d’énormes quantités de marchandises. Or, tout ce flux a disparu. On raconte que même la Sainte Vierge ne parvient pas à voir le Duché du Lilas. »
Une personne en particulier semblait visiblement mal à l’aise. Shumahel, le Maître qui venait tout juste de rejoindre les Sièges des Étoiles, prit la parole.
« Seigneur Antares, ces informations sont confidentielles… »
« Et alors ? Ce n’est pas un secret connu de quelques rares personnes. Ah, c’est vrai, Shumahel. J’ai entendu dire que tu venais du Duché du Lilas. Tu dois t’inquiéter. »
« En effet. J’ai servi comme Général du Tigre blanc parmi les Cinq Généraux Tigres. Le duché était petit et étouffant pour quelqu’un qui voulait réaliser ses ambitions, mais cela ne signifie pas que je ne l’aimais pas. Les champs de lilas qui fleurissaient chaque année étaient magnifiques. »
Les Cinq Généraux Tigres ? J’avais déjà entendu parler d’eux… Ah, oui. À Ende. C’était un collègue de ce marquis à moustache ? Il n’avait pas l’air arrogant comme lui. Il y avait donc eu des gens normaux, là-bas aussi.
« Si seulement il n’y avait pas eu ce droit de prendre des épouses et des concubines, je serais resté l’un des Cinq Généraux Tigres et j’aurais protégé le Duché du Lilas… Urgh. Si seulement il n’y avait pas eu ce droit de prendre des épouses et des concubines… ! »
Je retire ce que j’ai dit.
« Bref, nous nous sommes un peu égarés. Le Roi de l’Humanité devrait pouvoir nous aider à régler cette situation. Peut-être pas, mais mieux vaut avoir davantage d’options. »
« Si tu es venu spécialement chercher le Roi de l’Humanité, c’est que tu sais qui est l’ennemi. »
« Oui. Ce ne sera pas une mauvaise affaire. Tu recevras le soutien de l’Empire tout en chassant un roi d’une époque révolue. Tu en as probablement besoin, toi aussi. Il ne peut pas y avoir deux rois chez une même bête, n’est-ce pas ? »
Ils avaient réagi vite. Ils avaient identifié Grande Sœur par leurs propres moyens, m’avaient retrouvé et étaient venus directement ici. Je comprenais pourquoi on disait qu’ils étaient la nation la plus puissante du monde.
Leur proposition était raisonnable, elle aussi. Ils avaient clairement annoncé leur objectif et offert une contrepartie. Franchement, il aurait été étrange de refuser.
Je jetai un coup d’œil à Shei et lui demandai :
« Shei, qu’en penses-tu ? Il faut de toute façon arrêter le Roi du Péché. On devrait collaborer avec eux ? »
« … Hmm. »
Oh, ça, c’était inattendu. Je voyais quelque chose de rare : Shei observait la réaction d’Antares.
En tant que régresseuse, Shei n’avait rien à perdre dans cette vie. C’était pour ça qu’elle traitait tout le monde de la même manière, qu’il s’agisse de personnes immensément puissantes ou influentes. Son attitude était si naturelle que son interlocuteur ne ressentait aucune gêne et l’acceptait telle quelle.
Et pourtant, elle semblait étrangement intimidée par Antares. Était-ce parce que c’était un puissant maître de l’énergie ? Impossible.
Ils devaient avoir un lien dans sa vie précédente.
« Antares du Scorpion. L’un des Douze Sièges du Zodiaque, commandant des Chevaliers du Jugement. Le compagnon de mon maître et, en même temps, son ennemi… »
Le compagnon et l’ennemi de son maître. Voilà une relation compliquée. Étrange. Elle éprouvait à la fois un peu de respect et un certain malaise. N’était-il pas son ennemi ?
… Peut-être était-ce ça. Je ne sentais pas non plus d’hostilité personnelle à mon égard.
Mais il ne se résumait pas à un individu.
C’était un homme qui incarnait l’Empire lui-même. Il pouvait n’éprouver aucun sentiment personnel, mais, si nécessaire, il ferait n’importe quoi au nom de l’Empire.
« Hmm. Je ne crois pas que ce soit possible. Je vais devoir refuser ton offre. »
« Vraiment ? »
« Oui. »
« Tu as l’occasion d’atteindre tes objectifs avec le soutien de l’Empire. Pourquoi refuser ? »
« L’Empire a les Douze Sièges du Zodiaque, d’innombrables Maîtres parmi les Sièges des Étoiles, des tours de mages et une multitude de soldats impériaux, non ? Même si un Roi des Bêtes ordinaire comme moi vous rejoignait, je ne serais pas d’une grande aide. Je vais agir séparément, comme un bataillon de guérilla. Ce sera mieux pour s’occuper de Grande Sœur, non ? »
J’avais des relations dans la Fédération arcanique, le duché, les Petits États et l’État militaire. Eux n’en avaient pas. Il ne valait pas mieux que nous agissions séparément ?
« C’est une négociation salariale ? Je doublerai la somme, quitte à payer la différence de ma poche. Qu’en dis-tu ? »
« C’est tentant, mais je crois que, plutôt que de toucher un salaire, je ferais mieux de bâtir ma propre puissance et de me tirer d’ici quand je pourrai obtenir de meilleures conditions. À ce moment-là, on me proposera bien davantage. Il faut que j’augmente ma valeur. »
« Tu ne veux pas du droit de prendre des épouses et des concubines ? »
« Ce serait bien, mais en ai-je vraiment besoin ? »
Dans ce genre de situation, il fallait avoir confiance en soi. Ma valeur n’avait pas encore été fixée. Je pouvais la faire monter autant que je voulais.
Assis là, je vis Antares hausser les épaules, l’air mécontent.
« Haa… Alors, tant pis. J’aurais préféré régler ça avec de l’argent, si possible. »
« Pardon ? »
« Je dois t’emmener avec moi. »
Voilà. Je savais bien qu’on en arriverait là.
Une légère tension envahit la salle de conférence. Les paroles d’Antares étaient résolues — non, elles laissaient entendre que cela arriverait.
Même s’il devait employer la force.
« Eh bien. Tant que l’Empire et Sa Majesté impériale sont encore debout, il paraît étrange que le Roi de l’Humanité joue au roi ailleurs. »
« Et alors ? Les souverains des royaumes, des duchés et de la Fédération arcanique jouent tous au roi. »
« Ce sont de minuscules pays, chacun sur son propre territoire. Leurs domaines sont différents. Mais le Roi de l’Humanité est le roi de toute l’humanité ; nos domaines se chevauchent donc. Le seul souverain légitime de ce monde, c’est Sa Majesté l’Empereur, et personne ne lui est supérieur. »
Quelle absurdité. J’étais lecteur de pensées. Il se croyait où, à me mentir ?
« Tu sais bien que ce n’est pas vrai. »
« J’ai été payé. De quoi nourrir dix mille soldats impériaux. Alors je dois travailler autant que ces dix mille hommes. Voyages d’affaires, recrutement et… ce genre de corvées. »
Une ombre fugace traversa le visage jovial d’Antares. Dès qu’il montra son vrai visage, des flammes explosives jaillirent et balayèrent tout autour de nous.
Les flammes envahirent la salle de conférence. Le Maître de la Tour cyan, qui avait reculé de quelques pas, et les mages de la Famille Celsius s’étaient préparés à leur manière, mais leurs réflexes étaient trop lents.
Un maître de l’énergie qui avait maîtrisé le Ciel, la Terre, l’Eau et le Li n’avait aucun obstacle à craindre. Les arts énergétiques étaient une puissance qui s’étendait de l’image intérieure de leur utilisateur au monde. Si la magie recouvrait le monde d’une image intérieure, les arts énergétiques le recouvraient de soi-même.
C’était pour cela qu’ils pouvaient accomplir même l’impossible.
Les flammes s’étendirent à travers la glace glaciale. Ni l’eau ni la glace ne pouvaient les éteindre. Elles respiraient même sans air et dévoraient avidement autre chose. Elles se frayèrent un chemin en brûlant à travers les murs de glace dressés par la Famille Celsius.
Quelque chose fendit la tempête de feu dans ma direction. Le maître de l’énergie le plus puissant du monde m’attaquait. Sans intention meurtrière, il balança le manche de sa lance, dans le seul but de me maîtriser d’abord.
Sans rien voir et sans avoir le temps de réfléchir, je l’attrapai par réflexe. Je sentis un poids énorme dans ma main, mais ce fut tout.
Quand les flammes se dissipèrent, le visage perplexe d’Antares apparut.
« Oh ? »
Notes :
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