Chapitre 692
Traductions WeTried
Traducteur : Hydrogen B
Éditeur : Hydrogen B
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Chapitre 692 : Mages du Château flottant, prêtez-moi votre force
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Après avoir enfilé une tenue d’infirmière, Hilde acheva de soigner le Maître de la Tour verte.
Le cardinal Elton aurait dû s’occuper des soins, mais il devait pleurer la mort du chevalier sacré. De plus, le Maître de la Tour verte aurait eu du mal à confier son traitement à un homme qu’elle ne connaissait pas. Hilde se porta volontaire à sa place et, en tant que maître de qigong, la soigna sans difficulté.
« Pourquoi es-tu habillée comme ça, au fait ? »
« D’abord, pour l’hygiène. Ensuite, parce que j’aime bien. Père adore ça, tu sais ? »
« Qui ça ? Hughes ? »
« Oui ! Si ça t’intéresse, essaie donc d’aborder Père en tenue d’infirmière, un de ces jours. Il pourrait te voir d’un autre œil. »
« Je devrais ? … Non, je ne devrais pas. Hmph, ça ne m’intéresse pas ! »
Hilde s’apprêtait à prendre cela pour une plaisanterie en passant, mais la réaction de Shei, nettement différente de d’habitude, la fit hésiter.
« Hmm ? Shei, tu ne serais pas devenue plus douce qu’avant ? »
« Pas vraiment ? »
« C’est inévitable. Après avoir voyagé si longtemps avec Père, tu as dû t’attacher à lui. Même toi, tu as fini par te donner à Père. »
« Je ne me suis pas donnée à lui ! Et puis, qu’est-ce que tu entends par “même moi” ? Tu as fait quelque chose à Hughes ? »
« Tu vois ? Tu ne t’intéresses plus aux mêmes choses qu’avant. »
Le plus surprenant, c’était que Shei ne s’en fût toujours pas rendu compte. L’ignorait-elle vraiment ou faisait-elle semblant de ne rien voir ? Hilde jugeait cette dernière hypothèse plausible. C’était peut-être comme ça que Shei avait réussi à rester aux côtés de Hughes.
Shei, toujours contrariée par Hilde, lui lança sèchement :
« Tu fais partie des Six Généraux de l’État militaire. Tu ne devrais pas rentrer à l’État militaire ? »
« Je pars souvent en mission, moi aussi. J’utilise mes capacités pour surveiller les autres pays et leur dérober des informations. C’est l’avantage d’un poste où mon identité doit rester secrète. Personne ne me harcèle, même si je ne me montre pas pendant plusieurs mois ! »
« Ah, alors tu es ici pour espionner la Fédération arcanique ? »
« Ça en fait partie, mais il y a quelque chose de plus important. »
« Hughes ? »
Alors Shei était au courant. Hilde marmonna tout bas, puis sourit avec assurance.
« Oui. Père deviendra le roi de l’État militaire. »
« Pourquoi cette idée de roi de l’État militaire te plaît-elle autant ? Qu’est-ce que Hughes aurait à faire avec un pays pareil ? »
« Il y a plein de raisons. Contrairement aux autres pays, l’État militaire n’a pas de roi. Mais ce n’est qu’une différence de forme et de méthode. Chaque pays a besoin d’un roi, et un roi a besoin d’un pays. Ils sont faits l’un pour l’autre ; il ne reste qu’à célébrer la cérémonie ! »
« Il y a déjà un autre Roi de l’Humanité. »
« J’ai déjà choisi Père. J’aime sa façon de faire. »
« La façon de faire de Hughes ? Tout refiler aux autres et prendre la fuite ? Ce n’est pas terrible. »
« Eh bien, c’est vrai que ça m’inquiète un peu. »
Hilde haussa les épaules.
« Il sait repérer les gens talentueux ou ceux qui sont faits pour un rôle. Ce n’est pas le pouvoir d’un roi, mais sa capacité à répartir les responsabilités. À refiler le bébé, quoi. On pourrait dire que c’est la plus grande qualité d’un dirigeant. »
Refiler le bébé ? Quelle expression absurde. Shei resta un instant sans voix, tandis que Hilde regardait au loin et murmurait :
« Et ce n’est qu’une prédiction de ma part, mais ce Roi de l’Humanité ne pourra sans doute pas devenir un dirigeant. »
« Pourquoi ? »
« Parce que ce Roi de l’Humanité, c’est le Roi des Bêtes. Le meilleur des humains. Un surhumain qui dépasse à lui seul un pays peut-il vraiment bien gouverner ce pays ? »
* * *
Tandis que le Maître de la Tour cyan rassemblait ses forces, le Temple du Dieu démoniaque se consacrait à d’autres activités.
« Me voilà. »
« Enfin, Roi de l’Humanité ! Tu aurais dû venir plus tôt ! »
Ce groupe qui cherchait à percer les lois du monde était un institut de recherche consacré aux Dieux démoniaques. Ses membres étudiaient toutes sortes de Dieux démoniaques et cherchaient comment les utiliser. Leurs objectifs divergeaient, mais tous partageaient le désir de dépasser leurs limites grâce aux Dieux démoniaques.
Mon jugement était peut-être un peu biaisé, mais les mages de la Tour rouge y étaient étonnamment nombreux.
Flora, disciple de la Tour rouge et membre du Temple du Dieu démoniaque, était une mage. Son Arcane innée, Brasier, lui permettait de rallumer ce qui avait déjà brûlé.
Elle s’approcha de moi comme si nous étions proches.
« Hé, Roi de l’Humanité ! J’ai trouvé une idée géniale ! Tu peux faire pousser des plantes grâce au druidisme, pas vrai ? Alors, ce sera facile ! »
« Non. »
« Je n’ai même pas encore dit ce que c’était ! »
« Tu veux faire pousser des plantes à partir de cendres, puis les brûler à nouveau. »
« Comment tu as deviné ?! Tu lis dans mes pensées ou quoi ?! »
Comment avait-elle deviné ? Est-ce qu’elle lisait dans mes pensées ?
« Tu ne penses qu’à brûler des cendres encore et encore. C’était facile à deviner. L’idée n’est pas mauvaise. Si tu pouvais faire pousser des plantes à partir de cendres, puis les brûler à nouveau, tu pourrais créer la Flamme éternelle, le grand rêve de la Tour rouge. »
« C’est exactement ça ! »
« Comme si ça pouvait marcher. Si c’était possible, les cultivateurs sur brûlis utiliseraient déjà la Flamme éternelle. Au moins tous les trois ans. »
Ces gens pensaient-ils que les plantes poussaient toutes seules ?
« Une plante est composée en grande partie d’eau et d’air. À partir d’une graine, elle absorbe l’eau et l’air pour former ses tiges et ses feuilles. Pour accélérer le processus, il faut suffisamment de lumière, un environnement adapté et du mana. Les plantes ne poussent pas gratuitement. »
« Pourtant, les plantes que tu nous as montrées ont poussé sans rien coûter. »
« C’est uniquement possible grâce au pouvoir d’un Dieu démoniaque. Tu crois que je peux rester là à les faire pousser sans arrêt ? J’en suis incapable. »
« Tss. »
La Flamme éternelle, le grand rêve de la Tour rouge.
C’était un produit des lois du monde. En reliant différents Dieux démoniaques et en les faisant interagir, les mages voulaient créer une flamme éternelle qui continuerait de brûler sans qu’on la touche, une fois allumée.
Certains étaient fascinés par l’idée même de l’infini. D’autres voulaient réchauffer les terres glacées du Nord. D’autres encore souhaitaient partager cette flamme avec l’humanité.
Leurs raisons différaient, mais les mages de la Tour rouge brûlaient leurs âmes autant que leur savoir pour obtenir la Flamme éternelle.
Flora, qui était elle aussi une disciple de la Tour rouge, se calma aussi vite qu’elle s’était enflammée. Elle s’affala mollement sur le sol de pierre et poussa un soupir.
« Raaah… Le seul moyen de créer la Flamme éternelle, c’est toujours le “Soleil dans sa paume” du Maître de la Tour… ? »
C’était aussi pour cette raison que le Maître de la Tour rouge voulait obtenir un Dieu démoniaque. À vrai dire, c’était la voie la plus directe.
Il y avait toutefois un problème plus urgent.
« Où est le Maître de la Tour rouge ? »
« Euh… Comment tu veux que je le sache… ? Tu n’étais pas au courant ? »
« Je suis le majordome du Maître de la Tour rouge, peut-être ? Comment veux-tu que je sache tout ce qu’elle fait ? »
« Tu ne l’es pas ? »
« Non. Et puisqu’elle n’est toujours pas là, elle doit recevoir la magie spatiale du Roi démoniaque. En attendant, commençons la réunion sans elle. »
« Alors, tu étais au courant… »
« J’ai deviné. »
À présent, ce dont nous avions besoin n’était pas la Flamme éternelle. Enfin, peut-être que si, mais ce n’était qu’un moyen d’arriver à nos fins.
Sans tenir compte de Flora, je montai aussitôt sur l’estrade et pris la parole.
« Bien. Vous avez tous entendu la nouvelle, alors vous savez que notre objectif est simple. Nous devons rattraper une météorite qui tombe à près de trente kilomètres par seconde et la réduire en petits morceaux, afin qu’elle cause le moins de dégâts possible au sol. Pour vous donner une idée, elle fait deux kilomètres de diamètre. Elle pourrait également transporter un Dieu démoniaque. »
La salle se tut.
Trente kilomètres par seconde. Au premier abord, le chiffre semblait assez familier pour qu’on ait du mal à en saisir la portée. Même trente kilomètres à l’heure, c’était déjà une vitesse de course respectable pour un humain.
Cette distance, non pas en une heure, mais en une seconde ?
Seigneur Johannes prit la parole d’un ton pessimiste.
« Elle ferait le tour de la planète en vingt minutes. Le château flottant ne pourra pas la rattraper. »
L’espion envoyé par le Maître de la Tour cyan ne manquait pas de culot pour s’asseoir ici à visage découvert. Nous avions convenu de coopérer, alors ce n’était pas un problème.
« C’est vrai. À dire vrai, nous ne la rattraperons pas. Nous devons nous placer sur sa trajectoire avant elle et attendre. »
« Ça ne changera rien. Comment comptez-vous briser une météorite aussi énorme qui tombe à une telle vitesse ? Vous n’avez tout de même pas l’intention de l’arrêter avec le château flottant ? »
« Si. »
« Hein ? »
« Nous l’arrêterons avec le château flottant. Sinon, ça ne servirait à rien. »
Cette fois, la salle éclata en tumulte. Des voix fusèrent de toutes parts : on me demanda si j’étais fou, si j’en voulais au château flottant, et si je comptais créer des flammes grâce à la chaleur du frottement.
Quoi, ils pensaient que j’allais la tirer de loin ? L’Arcane innée n’avait pas une portée aussi grande. Et à cette distance, je n’aurais pas non plus pu projeter assez de puissance.
« Bien sûr, nous n’entrerons pas en collision avec elle. Ce serait une mort parfaitement inutile. D’après nos calculs, nous frôlerons Orgueil de justesse. »
« Et si vos calculs sont faux ? »
« Une erreur de calcul, et nous mourrons. Vous espérez survivre à une erreur ? »
« C’est extrême ! »
Je comprenais leur inquiétude. Vraiment.
Lankart, lui, ne la comprenait pas.
« Hé. Dans ce cas, fais les calculs toi-même. Si tu as peur de te tromper, ne te trompe pas. »
L’implacable logique de Lankart était impossible à réfuter tant qu’il ne commettait pas d’erreur. Il faisait parfois des erreurs de calcul insignifiantes, mais jamais de faute fatale. Il négligeait les détails sans importance, mais traitait les points essentiels avec minutie.
Seigneur Johannes gémit.
« … Une météorite de cette taille ne sera pas la seule à tomber. Des fragments plus petits vont s’en détacher et s’abattre sur nous comme une pluie. »
« Les autres mages devront les arrêter. Nous n’avons pas le temps de nous soucier des petits morceaux. »
« Très bien. Admettons que ce soit possible. Mais êtes-vous capable de briser une météorite de plus de deux kilomètres de diamètre ? »
« Il le faudra. »
« Ce n’est pas aussi simple que vous le dites. Une météorite n’est pas qu’un vulgaire bloc de pierre. »
Seigneur Johannes traça du doigt un cercle magique sur la table, imprégnant son geste de mana. La table, façonnée par le mana, formait une structure cristalline. Naturellement, elle était elle aussi imprégnée de mana.
« Le mana habite la matière. Dans le vide lointain, la météorite est le seul endroit où il peut s’installer. Après avoir erré si longtemps en orbite, elle possède un mana venu d’un autre monde. Nous ignorons quelles variables pourraient surgir. »
Lankart fronça les sourcils à ma place avant de répondre :
« Des variables ? Au pire, ce sera du mana. On s’adaptera au fur et à mesure. Tu n’es pas sûr de toi ? Pourquoi tu râles autant ? »
« Je prends tout en compte avec prudence ! La moindre erreur pourrait mettre tout le monde en danger ! Je ne sais pas pourquoi le Maître de la Tour cyan a accepté avec autant d’assurance, mais cette mission est impossible ! La mener à bien relève presque de l’impossible, et en cas d’échec, nous essuierons toutes sortes de critiques ! »
« Pourquoi tu t’inquiètes, puisque le Maître de la Tour cyan s’en charge ? »
« J’ai enseigné à cette enfant, même si ce n’était que brièvement. Le Maître de la Tour cyan est talentueux, mais une responsabilité aussi écrasante, c’est trop pour lui ! Le Maître de la Tour cyan est encore jeune ! »
À dire vrai, Seigneur Johannes était trop protecteur et se faisait trop de souci.
« Jeune, mais exceptionnelle. »
Une voix résonna dans le Grenier de Rene. Le Maître de la Tour cyan et le Maître de la Tour rouge sortirent côte à côte de la cheminée. Le Maître de la Tour cyan retira ses lunettes de soleil et les glissa dans la poche avant de sa veste.
« Johan, merci de t’inquiéter pour moi, mais j’aimerais mieux que tu mettes cette inquiétude à profit pour nous aider à arrêter Orgueil. Je suis la seule à pouvoir résoudre ce problème. »
« Maître… »
« Fais-moi confiance. Fais confiance à l’élève que tu as formé. »
Le Maître de la Tour cyan l’affirma avec assurance. Face à une telle détermination, personne ne pouvait lui conseiller d’abandonner. Cela reviendrait à renoncer à la fois au Maître de la Tour cyan et au monde.
Débarrassé de son entêtement, Seigneur Johannes paraissait bien plus âgé qu’avant.
« … Haa. Si le Maître de la Tour est aussi confiant… »
« Je serai à la hauteur de ta confiance. »
Le Maître de la Tour cyan répondit par une élégante révérence. Seigneur Johannes gémit et se détourna, incapable de rendre son sourire assuré.
S’il avait connu ses véritables pensées, Seigneur Johannes ne serait pas parti aussi facilement.
« Pardon. Moi non plus, je ne suis pas sûre de moi. Je suis terrifiée à l’idée de ce qui se passera en bas si nous échouons. Mais je dois le faire. »
C’était pour cela que le Maître de la Tour cyan était retourné au Temple du Dieu démoniaque.
Flora regarda le Maître de la Tour cyan avec mécontentement.
« N’êtes-vous pas l’ancien chef du Temple du Dieu démoniaque ? Qu’est-ce que vous faites ici ? »
« Je vais faire de cet endroit notre quartier général provisoire. Il y a peu de lieux où tout le monde peut se réunir aussi rapidement. »
Il était difficile pour les dirigeants de se retrouver au même endroit dans l’immense château flottant. Même avec des cristaux de résonance, il était compliqué d’échanger rapidement leurs avis. En revanche, comme les entrées du Grenier de Rene débouchaient toutes dans le même espace, ils pouvaient s’y retrouver et discuter quand ils le souhaitaient.
C’était rationnel, mais cela ne tenait pas compte des objections des membres fondateurs du Temple du Dieu démoniaque. Flora courut vers le Maître de la Tour rouge.
« Maître de la Tour, l’ancien chef est venu nous dire de lui céder notre place. Le Maître de la Tour cyan veut qu’on participe à une mission ridicule au sujet d’Orgueil ou je ne sais quoi. Qu’est-ce qu’on fait ? »
Le grand rêve de la Tour rouge était la Flamme éternelle, et elle poursuivait ce but par l’intermédiaire du Temple du Dieu démoniaque. Ses membres n’avaient pas besoin de combattre Orgueil. Il n’y avait aucune raison de le faire.
Surtout pas Fahrenheit, dont le territoire du Royaume inférieur avait déjà été détruit.
Pourtant, le Maître de la Tour rouge baissa légèrement la voix et me demanda :
« Hughes. »
« Oui ? »
« Est-il vrai qu’un Dieu démoniaque se trouve dans Orgueil ? »
« Oui. J’en suis certain. »
En fait, s’il ne se trouvait pas dans Orgueil, nous ne pourrions pas le trouver du tout. Il fallait donc bien qu’il y soit, pas vrai ?
« Et ce Dieu démoniaque est celui de la gravité ? »
« Oui. C’est un Dieu démoniaque qui a pris conscience de l’attraction de toute chose. »
« Alors ce n’était pas le Dieu démoniaque de l’Espace. Rene n’était pas un Dieu démoniaque. »
Le Maître de la Tour rouge avait recherché le Dieu démoniaque de l’Espace. La magie spatiale était nécessaire pour relier les lois du monde, et, pour allumer la Flamme éternelle, elle devait dépasser les limites du feu.
Maintenant que l’on avait révélé que Rene n’était pas un Dieu démoniaque, les calculs du Maître de la Tour rouge étaient erronés.
« Malgré tout, la gravité vous mènera à l’illumination. Non, vous auriez dû viser le Dieu démoniaque de la gravité dès le début. Parce que… »
« C’est grâce à la gravité que le soleil peut briller éternellement. »
« Exactement. »
Le Maître de la Tour rouge voulait obtenir la Flamme éternelle. Celle qu’elle poursuivait, c’était le soleil. Elle voulait comprimer le feu et créer un cycle où les flammes se consumeraient elles-mêmes.
« Pourtant… je la vois. Je vois une flamme qui brûle sans fin. Il ne me manque qu’un tout petit pas pour la saisir. »
Le Maître de la Tour rouge avait encore du combustible à brûler. Elle était le feu lui-même, et elle ne renoncerait que lorsqu’il ne lui resterait plus rien à consumer.
Le Maître de la Tour rouge serra le poing.
« J’ai peur de mourir. »
« Pardon ? »
Elle n’avait pas l’air effrayée le moins du monde, mais je hochai tout de même la tête.
« J’ai peur que, si je meurs, ma flamme ne brûle plus jamais. J’ai peur que cette flamme et ce désir se consument sans s’accomplir et ne laissent qu’un résidu. C’est ma seule crainte. Tout le reste a déjà brûlé. Il ne me reste rien de précieux. Il ne reste que le souvenir de cette flamme qui a consumé mon territoire avant de s’éteindre. »
Elle avait recherché la Flamme éternelle pour survivre dans cette terre gelée. Puis tout son territoire avait brûlé. C’était nécessaire, mais le résultat avait été terrible. Était-ce la responsabilité du Maître de la Tour rouge ? Était-ce son péché ?
Il ne restait personne à qui poser la question. Tout ce que le Maître de la Tour rouge pouvait faire, désormais, c’était obtenir un résultat. Si elle renonçait après tous ces sacrifices, elle aurait livré son territoire aux flammes pour rien.
« Détruisons Orgueil et obtenons le Dieu démoniaque. »
Fouich. Le corps du Maître de la Tour rouge s’embrasa de nouveau. Le haut de sa tenue fut consumé en un instant, mais elle n’y prêta aucune attention. Comme si elle se brûlait elle-même avec ses paroles, elle cria :
« Emparez-vous des lois du monde ! Le Temple du Dieu démoniaque ne réalisera pas vos rêves les plus chers à votre place. En revanche, il vous donnera la force de les accomplir ! »
Le Maître de la Tour rouge lança son appel, nimbée d’une présence écrasante.
Les intentions du Temple du Dieu démoniaque furent alors arrêtées. C’était un groupe qui n’avait jamais hésité à tout faire pour obtenir des Dieux démoniaques. Ceux qui s’y opposaient n’auraient jamais rejoint ses rangs.
Ainsi, toutes les forces du château flottant s’unirent.
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