Chapitre 665
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Traducteur : Hydrogen B
Éditeur : Hydrogen B
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Chapitre 665 : Une tour sans plafond et des humains mêlés les uns aux autres - 1
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L’Épée en croix, avec sa large lame et sa longue garde, était une arme conçue pour la défense. Sa lame pouvait bloquer les attaques adverses, tandis que sa garde pouvait les intercepter. C’était à la fois une épée et un bouclier. Grâce à son instinct de combat et à des arts du qi spécialisés dans la défense, son porteur pouvait résister même aux attaques de quelqu’un qui avait atteint son principe.
… Du moins, c’était ce que je croyais. Jusqu’à maintenant.
« Hihihi. »
Le Mille-pattes venimeux balança nonchalamment son sabre contre les épées en croix.
Conçues uniquement pour la défense, les Épées en croix étaient solides. Même après avoir encaissé le coup de sabre du Mille-pattes venimeux, elles ne firent que se tordre.
Les croix se plièrent, se brisèrent et s’écrasèrent, projetant les Paladins sacrés dans toutes les directions. Des os se rompirent et des chairs s’ouvrirent. Les Paladins sacrés gémirent et saignèrent, mais leurs gémissements se muèrent en chants et leur sang qui coulait en papillons voletant dans les airs.
« Kyahaha. Ah ! Le monde est magnifique ! »
Ceux qui avaient atteint leur principe ne pouvaient être jugés selon les critères ordinaires. Les Paladins sacrés haletèrent en se forçant à se relever.
La différence de puissance était évidente. Si moins de Paladins sacrés étaient morts que prévu, c’était pour une seule raison : perdu dans ses hallucinations, le Mille-pattes venimeux ne cherchait pas activement à les achever. Ces hallucinations, qui rendaient inutile l’instinct de combat, avaient ironiquement réduit sa capacité à tuer.
Mais cela ne changeait rien. Le sabre du Mille-pattes venimeux était tranchant et précis, et une seule entaille suffisait à laisser quelqu’un presque infirme.
Ses mouvements évoquaient une danse solitaire. Son sabre glissait avec douceur, puis se ruait en avant avec fougue, écrasant les Épées en croix. Il s’en prenait aux épées encore plus ouvertement qu’aux Paladins sacrés eux-mêmes.
« Des papillons ! Ce sont des papillons ! »
Apparemment, dans ses hallucinations, les croix ressemblaient à des papillons. Les Paladins sacrés ne pouvaient pas abandonner leurs croix ; ils furent donc envoyés rouler au loin, leurs Épées en croix serrées contre la poitrine.
« Argh ! »
« Cette salope d’hérétique s’en prend aux croix ! »
« Dieu céleste… »
Le sang gicla et des membres se brisèrent. Ceux qui avaient atteint leur principe échappaient au bon sens. Les Paladins sacrés essuyèrent le sang de leurs lèvres et peinèrent à se relever.
Ils se remirent debout. Les Paladins sacrés qui avaient été fauchés se dressèrent comme si rien ne s’était passé.
Kuram les observa et marmonna :
« Comme prévu, ils ne restent pas à terre. »
Une muraille de Paladins sacrés se dressait devant le cardinal Elton. Derrière eux, des prêtres se tenaient les mains jointes en prière. Une lueur sacrée brillait derrière leurs têtes tandis qu’ils récitaient une prière.
« Ô première Sainte Vierge, qui nous avez bénis. »
« Vous avez relevé l’un des déchus et lui avez ordonné de répandre la bonne parole. »
« Cent âmes malades et souffrantes sont venues recevoir vos soins. »
« Vous avez arrêté leurs saignements, guéri leurs blessures, effacé leurs cicatrices et leur avez rendu leur vigueur. »
« Que cette grâce se propage comme les vagues et veille sur tous les êtres. »
Les prêtres récitaient leur prière sans relâche, guérissant les blessures des Paladins sacrés et leur rendant leurs forces. Une vitalité inépuisable circulait dans leurs corps et les relevait à nouveau.
Voilà la force d’un Ordre des paladins sacrés organisé. Ses membres préservaient leur vie grâce à leur instinct de combat, puis régénéraient leur corps à l’aide de prières de guérison et de purification. En se consacrant à la foi pour devenir un Paladin sacré, même un pratiquant de qi qui n’avait maîtrisé que l’Art du qi céleste et l’Art du qi terrestre pouvait tenir tête à un adversaire plus puissant. La foi permettait de dépasser ses capacités. Telle était la puissance d’un Paladin sacré.
« Notre volonté est inébranlable. »
« Même la mort ne nous fera pas céder ! »
Les prières des prêtres réparèrent jusqu’aux Épées en croix. Les Paladins sacrés empoignèrent de nouveau leurs armes et les brandirent.
Le cardinal Elton vit les hallucinations envahir la réalité, joignit les mains et s’écria :
« Que toute chose sous le ciel et sur la terre suive le cours naturel de l’ordre ! Disparais, malfaisance ! »
Une lumière sacrée jaillit, et le Li qui érodait la réalité disparut. Le sang des Paladins sacrés, transformé en papillons, redevint un liquide ordinaire. Le pouvoir divin qui ramenait la magie à la normale rétablit également le monde, déformé par le principe du Mille-pattes venimeux.
Le cardinal Elton était moine. Il était âgé à présent, mais il avait autrefois entrepris seul et sans arme un pèlerinage. Pour survivre à un si long voyage, il avait dû posséder des arts du qi exceptionnels et puissants.
Le temps avait affaibli ses arts du qi, mais la foi avait comblé le vide.
Après avoir dissipé une partie des hallucinations, le cardinal Elton visa aussitôt Kuram, qui se trouvait à l’arrière.
« C’est une guerre sainte ! »
« Laissez les Paladins sacrés s’occuper de la femme qui pratique les arts de l’énergie démoniaque ! Cet homme est bien plus dangereux que cette droguée ! »
Le cardinal Elton n’avait pas manqué l’aura meurtrière, discrète mais terrifiante, qui émanait de Kuram. Il se rua sur lui tandis qu’il préparait quelque chose. Un poing colossal, enveloppé d’un épais pouvoir divin, s’abattit sur Kuram.
Kuram, qui sortait du poison, reçut le coup en plein visage alors qu’il était sans défense. Son cou pivota de cent quatre-vingts degrés, se replia vers l’arrière et pendit mollement. Un coup qui aurait dû le tuer sur-le-champ.
« Tss. »
Kuram s’était si longtemps imprégné de drogues et de poisons que même ses os avaient changé. Son cou reprit sa position normale comme s’il n’avait jamais tourné.
« Comme prévu, ce n’est pas suffisant pour te tuer ! »
« Malheureusement, la mort ne m’aime pas. »
« La vie et la mort sont la volonté du Dieu céleste ! Aujourd’hui, tu seras jugé au nom de la lumière ! Poing divin des cent cieux ! »
Le cardinal Elton lança un coup de poing enveloppé de pouvoir divin. Sans même vérifier s’il avait touché sa cible ou si elle l’avait esquivé, il ramena le poing et frappa de nouveau.
Le pouvoir divin créa des dizaines d’images rémanentes. Des poings chargés de puissance divine martelèrent le corps de Kuram les uns après les autres. Comme une branche nue prise dans la tempête, le corps frêle de Kuram tremblait violemment à chaque coup.
Boum. Après avoir reçu un coup à l’abdomen, Kuram marmonna :
« Les poings ne suffiront pas. Tu ne peux pas me tuer comme ça. »
Kuram bloqua le poing divin du cardinal Elton avec un bras décharné, semblable à un squelette. Comparé au corps puissant d’Elton, son bras semblait pouvoir se briser à tout instant.
Au moment où le bras de Kuram rencontra celui d’Elton, il se plia de façon étrange et absorba la force du coup.
L’apothicaire Kuram ne connaissait pas la douleur. Les drogues et les poisons agissaient bien trop efficacement sur lui ; il avait donc profité de cette constitution pour tester des poisons sur sa propre personne. À force de s’empoisonner puis de se désintoxiquer, son corps avait atteint un état bizarre.
Un bras souple comme une feuille de roseau résista à la tempête de coups. Kuram se glissa en diagonale à l’intérieur de la garde d’Elton, puis se servit de l’élasticité de son long bras pour dévier son poing.
« Ton corps ! Tu as touché à un art interdit ! »
Elton était lui aussi moine. Ses compétences au corps à corps dépassaient celles de Kuram. Pourtant, ses arts martiaux n’avaient jamais été conçus que pour combattre des humains.
Kuram était loin d’être humain.
Ses os s’étiraient comme le corps d’un mollusque. Après avoir absorbé la majeure partie de l’impact, son bras se tordit de façon grotesque et jaillit tel un serpent. Ses ongles acérés arrachèrent une poignée de chair du bras d’Elton.
Le cardinal recula. Une blessure semblable à celle laissée par la morsure d’une bête sauvage apparut sur son bras. Pourtant, après avoir récité une prière à voix basse, la plaie disparut comme si elle n’avait jamais existé.
« Comment oses-tu modifier à ta guise le corps que Dieu t’a donné ! Tu n’as donc pas peur que ton âme tombe en enfer ? »
« Pas vraiment. »
Ayant pris ses distances, Kuram termina ses préparatifs. Il inspira profondément, puis souffla dans l’air.
« Hou. »
Kuram expira. Une fumée violette, visiblement mêlée de poison, se répandit en un instant. Un brouillard toxique enveloppa le visage du cardinal Elton.
Un instant plus tard, les yeux du cardinal Elton s’illuminèrent et la brume violette se dispersa aussitôt tandis qu’il criait :
« Impossible ! Le Dieu céleste veille sur ce corps. Le mal ne peut jamais l’atteindre ! »
Purification et guérison. La lumière sacrée rétablit aussitôt le cardinal Elton, qui avait avalé du poison et perdu du sang, dans un état parfait.
Instinct de combat. Guérison. Purification. Protection.
L’Ordre des paladins sacrés était une force de combat spécialisée dans la défense. Il ne se laissait pas facilement vaincre.
Le problème, c’était qu’il lui était tout aussi difficile de gagner. Les groupes plus faibles que l’Ordre des paladins sacrés ne prenaient pas la peine de l’affronter, et à moins d’avoir affaire à un hérétique déclaré, l’Ordre n’employait pas la force non plus.
C’était pourquoi l’Ordre des paladins sacrés affrontait toujours les plus forts, tenait longtemps, puis finissait par perdre. Malgré sa puissance imposante, il était devenu un symbole de défaite pour cette raison.
À moins de jouer leur atout, les Paladins sacrés étaient condamnés à perdre à la fin.
J’avais beau le savoir, je n’avais pas le loisir de me joindre au combat.
Juste après le début de la bataille, alors que tout le monde était encore désorienté par ce brusque retournement de situation, les mages du Royaume inférieur, qui avaient achevé leurs préparatifs en silence, lancèrent tous leurs sorts en même temps.
« Fahrenheit bas, thermique. Tempête de feu ! »
« Grand Pascal ! »
Ils visaient les mages du château flottant. Considérant ceux-ci comme leurs rivaux, les mages du Royaume inférieur profitèrent de l’attaque contre les Paladins sacrés pour briser la paix et lancer une offensive surprise.
L’Ancien Avant ne fit pas exception. La mage lança un sort à la hâte.
« Kya ! Bloc de cristal. Par-dessus le mur ! »
Une barrière de cristal formée à la hâte s’interposa entre les deux camps. Le feu et le vent magiques s’écrasèrent contre le mur de cristal. Les cristaux chauffèrent jusqu’à rougir, puis volèrent en éclats. L’Ancien Avant poussa un cri et se couvrit la tête.
En magie, le premier à se préparer avait l’avantage. Le fait que l’Ancien Avant ait bloqué l’attaque avec un mur de cristal érigé à la hâte témoignait de son niveau.
Mais la magie et les capacités au combat étaient deux choses distinctes.
« P-pourquoi ? Pourquoi vous nous attaquez tout à coup ? »
Décontenancée, l’Ancien Avant essaya de discuter. Ses adversaires ne lui répondirent pas franchement.
« Ce n’est pas toi qu’on visait ! On voulait ce mercenaire ! »
« V-vraiment ? Pourtant, la trajectoire était clairement dirigée vers moi… »
« Tu crois ça, idiote ? »
Ils avaient distrait l’Ancien Avant en lui parlant, puis libérèrent le mana qu’ils avaient accumulé. C’était un simple sort d’attaque, mais l’Ancien Avant ne pouvait pas réagir à cette offensive surprise qui exploitait son état d’esprit.
« Euh, euh ? »
« Pourquoi tu restes plantée là ?! »
Technique de l’Épée céleste, Pourfendeur de dragon.
Shei allongea Chanteciel et trancha la force derrière l’attaque. Une tempête de coups d’épée protégea l’Ancien Avant de la volée de sorts.
« … Oui. Shei. Tu as tes défauts, mais tu as bon cœur. Merci. Grâce à toi, je peux encore cacher mon identité pour l’instant. »
Le Maître de la Tour cyan se tenait derrière l’Ancien Avant, qui n’avait donc pas été en danger, mais cela n’en restait pas moins important. Shei lança un regard noir aux mages du Royaume inférieur et cria :
« Vous vous êtes tous mis d’accord pour attaquer d’un seul coup, ou quoi ? Qui êtes-vous ? »
Les mages du Royaume inférieur s’en prirent plutôt à Shei, comme si elle était en tort.
« Gah. Pourquoi tu… ! »
« Écarte-toi ! On ne veut pas t’attaquer ! »
« On veut seulement éliminer ceux qui essaient de nous voler cette chance, alors qu’ils ont déjà atteint le château flottant ! »
« Tu ne trouves pas ça injuste, toi aussi ? »
« … P-pardon ? Pourquoi tu me demandes ça ? »
En décidant de tenter de franchir la Porte du Dragon, les mages avaient accepté le risque de mourir. En entrant dans cette porte, ceux du Royaume inférieur avaient naturellement envisagé qu’un combat puisse éclater.
Ils avaient été retenus par l’effet dissuasif de l’Ordre des paladins sacrés, mais ils étaient aussi rivaux entre eux. En particulier, les mages qui avaient déjà atteint le château flottant n’étaient guère plus que des obstacles.
Bien sûr, ils n’avaient pas perdu tout sens des réalités.
« Ces trois-là. Hughes, Lankart et Shei. Mieux vaut éviter de les toucher. »
« Vu leur comportement jusqu’ici, ils tenteront de jouer les médiateurs, mais ils ne nous arrêteront pas par la force. »
« Peu importe que Hughes s’élève. Il pourrait partager ses connaissances avec nous. »
« De toute façon, lui et ses compagnons sont bien trop puissants et hors du commun. »
Au lieu d’attaquer Shei à l’aveuglette, ils firent appel à son sens de la justice. C’était pourquoi elle non plus ne pouvait pas se permettre d’employer une force excessive.
« Comment ces minables osent-ils s’en prendre à nous… ! »
« Je vais vous montrer une magie que vous ne pourrez jamais maîtriser ! »
Pendant ce temps, les mages du château flottant, qui avaient été attaqués, préparèrent leur contre-offensive. L’humidité s’éleva du sol détrempé et se transforma en lances de glace qui visaient les mages du Royaume inférieur. C’était une technique avancée qui économisait le mana en tirant le meilleur parti de l’environnement.
« Mourez ! »
Des combats éclatèrent un peu partout. Personne ne parvenait à réagir correctement à ce chaos soudain. Certains criaient, d’autres s’effondraient en flammes, sanglotaient ou mouraient.
La paisible et belle prairie se teinta de rouge, entre le feu et le sang. Au milieu du chaos, une voix me parvint à l’oreille.
[Voilà donc à quoi on en est arrivé ! Hmm. L’issue était parfaitement prévisible.]
Oui. Je m’y étais attendu, dans une certaine mesure.
[Voilà ce qui arrive quand des humains différents forment un groupe ! Certains humains sont incapables d’intégrer un groupe… Non, certains détruisent les groupes qu’ils rejoignent. Sanctions, surveillance, contraintes, éducation. S’ils appartiennent à un groupe sans recevoir le traitement adéquat, leur vraie nature finira tôt ou tard par se révéler !]
Kuram et le Mille-pattes venimeux étaient de ceux-là, ici. D’anciens criminels emprisonnés au Tartare, capables de semer le chaos n’importe où, à tout moment. Ils ne s’étaient soumis qu’à la force supérieure de Lankart et l’auraient poignardé dès qu’ils en auraient eu l’occasion. Les frictions avec l’Ordre des paladins sacrés, qui vénérait l’ordre et la vertu, étaient inévitables.
[Même des humains de la même espèce ne peuvent pas toujours coexister. Lorsqu’il existe une différence de statut évidente, le groupe inférieur éprouve un complexe d’infériorité envers le groupe supérieur. Au bout du compte, incapable de surmonter ce complexe, il justifie ses actes en les présentant comme une lutte et détruit l’ordre !]
Les mages du Royaume inférieur et ceux du château flottant se lançaient des sorts. Shei avait désormais renoncé à essayer de les arrêter. Elle n’était pas assez intrusive pour s’interposer aussi dans une querelle entre ces deux groupes.
L’ordre s’effondrait. Pourtant, même alors, ils ne pouvaient pas se concentrer pleinement sur le combat.
[Mais tu l’as vu, n’est-ce pas ? Même en combattant, ils comptent sur toi, Hughes.]
Des regards furtifs se tournèrent vers moi. Même en plein combat, ils surveillaient Lankart, Shei et moi. Ils espéraient que je prendrais leur parti et mettrais fin à cette situation.
[Les humains veulent que quelqu’un les protège. Ils veulent que quelqu’un prenne soin d’eux. Ils veulent que quelqu’un les dirige. Ils veulent que toi, leur chef, prennes leur parti.]
J’étais resté neutre, j’avais joué les médiateurs et j’avais à mes côtés la force de Shei et de Lankart. Quel que soit l’angle sous lequel on regardait la situation, j’étais désormais le chef.
Ruel, la Sainte Vierge de la Lumière, me murmura à travers la lumière.
[L’ordre est nécessaire. Parce que c’est ce que veulent les humains ! Voilà la conclusion à laquelle je suis arrivée !]
Notes :
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