Chapitre 614
WeTried Translations
Traducteur : Hydrogen B
Réviseur : Hydrogen B
Discord : <a href="https://dsc.gg/wetried" rel="noopener noreferrer nofollow">https://dsc.gg/wetried</a>
Chapitre 614 : Pour s’échapper, il faut d’abord être piégé
──────
Les mages étaient tout aussi têtus quand il s’agissait de magie noire. J’eus beau réclamer un avocat ou quoi que ce soit dont Shei avait parlé, rien de tout cela ne les fit bouger d’un pouce.
« Ah, oui. La magie standard était une forme de magie noire qui utilisait son propre corps comme sacrifice. J’avais oublié. »
« Moi aussi, j’avais oublié ! Enfin, je n’avais jamais rien appris d’autre que la magie standard, à la base ! »
Je n’avais jamais voulu devenir mage noir, moi ! À bien y réfléchir, tout était la faute de l’État militaire, qui enseignait la magie noire en la faisant passer pour de la magie standard !
« Attends un peu. Si je trouve Elisha et que je lui explique la situation, tu devrais pouvoir sortir. Repose-toi en attendant. »
Après m’avoir lancé ces mots à travers les barreaux, Shei me laissa derrière elle. Seul dans ma cage, je me mis à hurler.
« Sortez-moi de là ! Même un idiot inculte ne mérite pas d’être traité comme ça ! »
« Les heures de visite sont terminées. Suis-moi, idiot inculte. »
Un mage du Bureau de la Sécurité m’empoigna brutalement. Ligoté, je ne pus résister et me laissai traîner.
Le mage m’emmena dans une cellule de détention spéciale, me jeta dans la pièce et grommela :
« Haa… Encore Lankart ? La dernière fois, il nous a amené un idiot inculte qui faisait du qigong. Cette fois, c’est un mage noir. Pour qui il prend ce château volant ? »
« Qu’est-ce qu’elle a, la magie noire ? Si quelqu’un n’a appris que ça, il risque bien de s’en servir ! En quoi est-ce un crime ? »
« En quoi est-ce un crime ? Voilà bien une réflexion d’idiot inculte. C’est pour ça que tu as appris une magie dangereuse et inutile comme la magie noire. »
S’il y avait une qualité chez les « gens éclairés » du château volant, c’était qu’ils ne manquaient jamais de fournir des explications. Le mage éclairé s’exprimait comme s’il dispensait son enseignement à un idiot inculte.
« Pour faire de ton corps un sacrifice, tu dois d’abord le transformer en catalyseur. Il te faut créer un canal où le mana peut circuler afin de produire des phénomènes. Autrement dit, tout mage noir est un homoncule qui a modifié son propre corps. »
« Modifier mon corps ? Quel genre de calomnie… ! »
Ah, oui. Le bio-terminal. Dans l’État militaire, les gens subissaient une intervention pour se faire implanter un bio-terminal dans le poignet à un certain âge, non ?
Maudit État militaire. Qu’est-ce que vous m’avez fait ?
« Un mage noir qui utilise son corps comme catalyseur est une bombe ambulante. Comment pourrions-nous savoir quel sort il risque de lancer en se servant de son corps comme catalyseur ? S’il s’approchait discrètement et employait une magie maléfique au prix de sa vie, même un sorcier ne pourrait garantir sa survie. »
« Je n’ai pas l’intention d’utiliser ce genre de magie ! Je n’ai presque pas de mana, de toute façon. Même avec la magie noire, je ne peux lancer que des sorts de niveau quotidien ! »
« Comment veux-tu que je te croie ? Il faudrait disséquer ton corps et le mettre en pièces pour le savoir. »
Si j’avais pu sacrifier mon corps pour lancer un sort de niveau tactique, je l’aurais fait depuis longtemps ! Je n’en étais pas capable !
« D’ailleurs, la magie que tu as acquise en touchant à un tabou ne dépasse au mieux pas le niveau tactique. Si ce n’est pas idiot, qu’est-ce que c’est ? »
Il existait d’innombrables formes de magie et bien des façons de les classer, mais la classification la plus répandue était la suivante.
Niveau phénoménal. Magie qui reproduisait un phénomène simple.
Niveau quotidien. Magie qui combinait des phénomènes et les perfectionnait pour un usage courant.
Niveau de combat. Magie suffisamment puissante pour blesser un adversaire au combat, plutôt que dans la vie de tous les jours.
Niveau tactique. Magie assez puissante pour s’occuper de plusieurs personnes ou d’armes tactiques.
Niveau stratégique. Magie équivalente à une armée, capable à elle seule de changer la doctrine militaire.
Et niveau de guerre. Magie grandiose qui pouvait déclencher ou empêcher une guerre, selon la manière dont on l’utilisait.
L’État militaire leur avait attribué des numéros, en gros, pour les classer du niveau 0 au niveau 5, mais il s’agissait surtout de donner de nouveaux noms à des concepts qui existaient depuis toujours. Même ainsi, la seule personne à avoir atteint le niveau 5 était la Mage de guerre, l’une des Six Généraux. Et encore, ça ressemblait un peu à de la publicité exagérée, vu l’ampleur démesurée de sa magie.
Même le mage le plus puissant de l’État militaire faisait pâle figure face à la Fédération arcanique.
« La magie blanche est plus précise, plus méthodique et supérieure. Tous les mages du château volant peuvent manier la magie de niveau stratégique. Contrairement à la magie noire, ils n’ont pas besoin d’offrir leur propre vie en sacrifice. »
Les mages noirs utilisaient leur corps comme catalyseur, mais le corps humain n’était pas un catalyseur particulièrement précieux. Il était simplement pratique et permettait de lancer les sorts un peu plus vite.
C’était pourquoi les mages noirs ne pouvaient jamais atteindre les sommets. Même les officiers mages les plus distingués de l’État militaire étaient limités à la magie de niveau tactique.
Du moins, c’était le point de vue des gens éclairés de la Fédération arcanique. Dans l’État militaire, où l’immense majorité des gens étaient ordinaires et dépourvus de talent, un pouvoir atteignant de telles limites restait un fruit bien doux.
« C’est l’État militaire qui m’a forcé à apprendre ça ! Si j’avais pu apprendre la magie blanche, je l’aurais fait, moi aussi ! »
« C’est pour cela qu’on t’a épargné la vie. Tu n’as pas choisi de ton plein gré de toucher à la magie noire. Mais quoi qu’il en soit, tu restes un mage noir. »
Le mage du Bureau de la Sécurité me jeta un regard mêlé de mépris et de pitié, puis scella les barreaux avec sa magie.
« Un mage noir connaît deux fins possibles. Soit tu sacrifies ton corps, lances un unique sort et meurs, soit tu trouves quelqu’un d’autre à sacrifier. »
Sur cet avertissement glacial, le mage tapota les barreaux.
Le mana tourbillonna autour d’eux, et mon corps s’éleva dans les airs. J’eus beau me débattre, je ne trouvai rien sous mes pieds ni au bout de mes doigts à quoi me raccrocher.
Une barrière gravitationnelle ? Je ne pouvais toucher ni le sol ni le plafond. Même en essayant de nager, une force me ramenait sans cesse vers le centre de la prison. J’avais l’impression d’être tombé au fond d’un piège à fourmis-lions.
« Attendez ! Qu’est-ce qui va m’arriver ? »
Le mage du Bureau de la Sécurité ne daigna même pas me regarder.
« Après ton interrogatoire par un enquêteur, tu seras expulsé du château volant. Contemple des mystères que ta magie ne pourra jamais atteindre, et regrette ta sottise. »
Expulsé ?
… En fait, ça m’allait plutôt bien.
Le mage du Bureau de la Sécurité s’en alla après ces mots. Seul dans la salle de détention spéciale, j’évaluai soigneusement ma situation.
Bon. J’avais été enfermé à l’isolement comme prévu. La barrière anti-mana bloquait le mana, mais ne me faisait aucun mal. Ce corps n’avait pas de mana, à la base.
Le problème, c’était cette barrière gravitationnelle. Elle était simple, mais étonnamment gênante. Comme je flottais dans les airs, je ne pouvais pas non plus utiliser l’Art du qi terrestre. Ça aurait été différent si j’avais eu quelque chose à quoi m’agripper, mais j’étais suspendu dans le vide et incapable de bouger d’un pouce.
Je portais de lourdes menottes et il n’y avait rien à proximité que je puisse attraper. Cette prison me laissait complètement démuni, sans la moindre idée de comment m’évader. Il fallait s’y attendre, de la part du château volant de la Fédération arcanique ?
« Hop ! »
D’abord, les menottes. Les cartes étaient dans ma poche, mais si je ne pouvais pas en tirer une simplement parce que j’avais les mains liées, je ne méritais pas de me faire appeler magicien. Je poussai du bassin et des jambes la pince que j’avais placée là, et une carte jaillit. Je me décalai légèrement et la glissai entre les menottes.
Les menottes infusées de mana recouvraient entièrement mes mains. Si je les forçais, leur magie s’activerait et me broierait les mains. Pour les retirer sans danger, il aurait fallu les démonter avec précaution, mais ce genre de petite astuce convenait au faible que j’étais autrefois.
« Élixir. »
Grâce au Dieu démoniaque de l’alchimie, je transmutai les menottes d’un seul coup. Les lourdes menottes se changèrent en cartes de même masse et se dispersèrent.
La magie gravée sur les menottes me broya tout de même les mains au passage.
« Ouf. »
Mes mains se régénérèrent comme si rien ne s’était passé. Libéré des menottes, je regardai autour de moi.
Il ne semblait pas y avoir de surveillance. Je ne voyais que de solides barreaux de fer. Mais la barrière gravitationnelle qui m’empêchait de les atteindre était plus gênante que les barreaux eux-mêmes.
Je ne pouvais ni la bloquer ni lui échapper. Je tendis le bras, mais plus je l’étirais, plus il devenait lourd. Quand je lançai une carte, elle fendit les airs avant de s’immobiliser, comme prise dans un filet, puis revint vers moi. Je penchai la tête en arrière pour l’éviter ; la carte fila alors dans la direction opposée et recommença le même manège.
« Hmm. Je vois comment c’est conçu. »
Je ne pouvais ni prendre appui au sol, ni attraper quoi que ce soit, ni lancer un objet à l’extérieur. J’avais l’impression d’être enfermé dans une fiole invisible.
Mais… si les objets revenaient vers moi…
« Écheveau de foudre. »
J’attrapai les lourdes menottes avec l’Écheveau de foudre et les fis tournoyer. Quand leur rotation atteignit son apogée, je les projetai violemment vers l’extérieur. Comme la carte, elles parcoururent une certaine distance avant de ralentir peu à peu.
Une fois les menottes complètement arrêtées, je les tirai de toutes mes forces. Elles repartirent comme une flèche et me dépassèrent en direction du côté opposé.
Un peu plus loin que la fois précédente.
« Si l’énergie se conserve, répéter ce mouvement comme avec une balançoire finira par me faire sortir. »
Je tirai les menottes au bon moment. À chaque fois, elles allaient plus loin. Comme une balançoire dont l’amplitude augmente, elles décrivirent un arc de plus en plus large, jusqu’à ce qu’elles cessent de revenir et tombent tout bonnement.
Elles avaient franchi la barrière gravitationnelle.
« Ouf. Si ça suffit, alors… »
Le Neuf de pique brillait parmi les menottes tombées au sol. Je pris la carte pour canaliser le pouvoir d’un autre Dieu démoniaque.
« Arbre de l’Origine. »
Des racines herbeuses jaillirent du motif du Neuf de pique. Les épaisses racines s’étendirent et s’enfoncèrent solidement dans tous les recoins de la prison.
« Hop ! »
À l’aide des menottes ancrées par les racines, je tirai de toutes mes forces. Si je continuais à exercer une pression pareille, je finirais par franchir la barrière gravitationnelle…
Puis, tandis que je m’évertuais à tirer, je compris que j’avais commis une erreur de calcul.
« Ah ! Je suis trop faible ! »
Jamais je ne pourrais franchir la barrière gravitationnelle avec ma force minable ! J’aurais dû suivre mon idée de la balançoire et me propulser moi-même à l’extérieur ! Qu’est-ce que je devais faire ? Changer de stratégie, maintenant ?
« Ngh. C’est un peu décevant… Hein ? »
À cette pensée, la direction de la gravité qui m’attirait changea. J’avais franchi la barrière gravitationnelle. Je m’écrasai violemment au sol, me frottai la tête douloureuse et marmonnai :
« Quoi ? C’était faisable, en fait. »
C’était moins impressionnant que je ne le pensais. J’avais réussi à m’échapper avec ma force de bras minable ? On aurait plutôt dit un appareil de musculation qu’une barrière.
… Non. Ce n’était pas ça. Hmm.
Une fois sorti de la barrière gravitationnelle, m’évader ne serait pas difficile. Je pouvais découper les barreaux avec des cartes et crocheter la serrure d’une manière ou d’une autre. Il ne me resterait qu’à sortir du Bureau de la Sécurité.
« Ego de Gaïa. »
La plupart des structures du château volant étaient faites de météorites. Elles étaient un peu particulières, certes, mais les météorites n’en restaient pas moins des roches. J’utilisai la magie de la terre pour creuser un trou et m’évader du Bureau de la Sécurité, puis me relevai non loin de là.
« Ouf. Évasion réussie. »
La prison du château volant m’avait donné du fil à retordre, mais elle n’était pas de taille à me retenir. Tout fier de moi, je m’essuyai la poussière du visage et réfléchis à la suite.
« Voyons voir. Ce que je dois faire maintenant, c’est… »
Inutile d’y réfléchir. Qu’aurais-je bien pu faire d’autre, dans un endroit aussi étranger que le château volant ? Je souris froidement et marmonnai :
« Lankart. Il est temps de retrouver ce fils de pute. »
Notes :
Rejoignez notre Discord à l’adresse <a href="https://dsc.gg/wetried" rel="noopener noreferrer nofollow">https://dsc.gg/wetried</a>