Chapitre 603
WeTried Translations
Traducteur : Hydrogen B
Éditeur : Hydrogen B
Discord : <a href="https://dsc.gg/wetried" rel="noopener noreferrer nofollow">https://dsc.gg/wetried</a>
Chapitre 603 : Un feu de forêt naît aussi d’une petite étincelle - 6
──────
La Première Sainte Vierge me dit qu’un ordre universel était nécessaire et qu’il ne changerait jamais. Elle fit appel à moi avec tant de ferveur, comme si elle cherchait à me convaincre.
Je crus qu’elle disait cela parce que j’étais le Roi de l’Humanité. Je pensai que c’était par désir de reconnaissance, parce qu’elle voulait se vanter de ses exploits…
Mais ce n’était apparemment pas le cas.
« Tu veux que je devienne ton modèle. Que je te guide sur la conduite à tenir à partir de maintenant. »
« Oui ! C’est ça ! »
« Qu’est-ce qui m’arrivera si je deviens ton modèle ? »
« Euh… Il va falloir que j’y réfléchisse un peu… »
Sis se prit la tête entre les mains et gémit. Puis, comme si elle venait d’avoir une idée lumineuse, elle reprit :
« Tu veux entrer en moi ? »
« Non, pas du tout. »
Elle me demandait d’abandonner mon corps pour entrer dans son esprit, n’est-ce pas ? C’était pratiquement mourir. Pourquoi ferais-je une chose pareille ?
« Ce n’est pas mourir ! Tu pourrais vivre tout ce que je vois, entends et ressens ! »
« À mon âge, vivre avec toi serait un peu trop. Et puis, on serait à l’étroit. »
« Pas du tout ! On me dit souvent que j’ai l’esprit large ! »
« J’aime marcher avec mes propres jambes et voir avec mes propres yeux. Je me sentirais étouffé si je ne voyais que ce que quelqu’un d’autre choisit de me montrer. »
« Argh. »
Sis s’interrompit, puis avança une proposition plus prudente.
« Alors… c’est un peu contraignant, mais tu accepterais de rester à mes côtés ? Tu pourrais toujours aller où tu veux, mais je risquerais de te perdre. »
« On serait obligés de rester ensemble ? »
« Bien sûr. Tu es mon modèle. Même si tu n’utilises pas souvent de boussole, tu devrais toujours en avoir une sur toi. Moi aussi, je dois t’emporter ! »
« Une vie liée à la tienne… Ça ressemble à l’enfer pour un petit frère. »
« L’enfer ne se plie pas à tes envies. Il ne te chérit pas, ne te traite pas avec tendresse et ne te fait pas de propositions avec des mots aussi gentils. Alors, comparer ta sœur à l’enfer, c’est injuste ! »
À vrai dire, un démon de l’enfer ne serait probablement pas une belle sœur qui m’offrait de bons repas et me traitait avec gentillesse.
Sa deuxième proposition était tentante. Je pourrais observer le monde sous sa protection et lui donner des conseils depuis la touche. Et manier un pouvoir absolu serait amusant, lui aussi.
« Je n’en ai pas envie. »
Mais je n’en avais pas envie. Je refusai net. Sis parut un peu déconcertée.
« Tu n’aimes ni ceci ni cela. Tu es vraiment difficile à satisfaire. »
« Je suis le petit frère. Essaie de comprendre que j’ai besoin qu’on s’occupe de moi. »
« Essaie de comprendre que moi non plus, je ne te comprends pas. Dis-moi : pourquoi tu n’en veux pas ? »
Sis avait raison : j’avais pris parti. Dans l’État militaire, j’avais soutenu AB. Dans les Petits États, Perru. Dans le duché, Tyr.
Mais j’avais toujours laissé quelqu’un dans le camp opposé. Ensuite, je laissais leurs souhaits s’affronter.
« Parce qu’un jeu dont l’issue est décidée d’avance n’a aucun intérêt. »
Sis me demanda, surprise :
« Un jeu ? Tu joues à ça ? »
« C’est amusant. Tu devrais essayer, toi aussi. »
« Mais tu viens de dire que les jeux dont l’issue est décidée d’avance n’ont aucun intérêt. Tu peux lire les pensées, non ? »
Certes, j’avais un avantage bien supérieur à celui de la plupart des gens. Cela ne voulait pas dire que l’issue était décidée d’avance.
« Sis, tu sais comment j’ai gagné autant de parties ? »
« Tu veux que je te le demande, alors je te le demande. Comment tu as gagné ? »
« Parce que j’ai joué autant de parties. »
Si je gagnais à chaque fois, personne ne voudrait jouer contre moi. Il fallait bien que je perde de temps en temps. Et perdre n’était pas si difficile.
« Parfois, une carte retournée sourit à l’autre joueur, et parfois, un coup de tête soudain change toute la partie. On peut recevoir une main impossible à gagner, même si l’on revenait d’entre les morts. Même moi, qui peux lire les intentions de mon adversaire, j’ai perdu un nombre incalculable de fois. Mon taux de victoire doit tourner autour de soixante pour cent. »
« Tu n’es pas si doué que ça, pour quelqu’un qui aime tant les jeux. »
« Soixante pour cent, c’est déjà très bien. Et il faut que ça se passe comme ça pour qu’on m’invite à la partie suivante. Personne ne cherche quelqu’un qui gagne tout le temps. »
Parfois, je gagnais, parfois, je perdais. Bien des choses ne se passaient pas comme je le voulais. Pourtant, je pouvais savourer une victoire, oublier une défaite et passer à la partie suivante.
« Je veux que tout le monde s’assoie à la table. Ce ne sera pas équitable, les enjeux ne seront pas les mêmes, mais ils devront s’affronter en adversaires. Je ne peux pas décider quel souhait est juste et lequel ne l’est pas. C’est le jeu qui en décidera. »
Le juste et l’injuste changeaient à chaque fois. Même mon jugement, malgré ma capacité à lire les pensées, se trompait dans quarante pour cent des cas. Un taux de victoire de soixante pour cent ne pouvait pas faire office de réponse.
Moi aussi, il m’arrivait de perdre. Mais perdre ne signifiait pas que j’avais tort. Cela voulait seulement dire que ma façon de jouer n’avait pas convenu à cette manche.
Il y avait donc encore moins de raison de décider d’une réponse qui n’existait pas.
« On trouve la réponse au fur et à mesure. On continuera comme ça à partir de maintenant. Tant qu’il y aura un adversaire, il faudra continuer à s’affronter. »
C’était pour cela que je ne prendrais pas le parti de l’ordre. Je ne me tiendrais pas aux côtés de Sis pour juger le monde selon mes propres critères.
Je continuerais simplement à jouer.
Sis me regarda avec un léger désappointement. C’était le regard qu’on lançait à un petit frère qui refusait d’écouter. Je n’étais le petit frère de personne, et je n’avais jamais eu de grande sœur, mais, d’une certaine façon, je crus comprendre ce qu’on pouvait ressentir.
« C’est la conclusion à laquelle tu es arrivé ? »
« Oui. »
Si elle avait besoin d’un modèle, elle n’avait qu’à suivre ce modèle. Et si c’était la conclusion à laquelle j’étais arrivé, alors elle devait la suivre, elle aussi.
Il ne restait qu’un seul problème.
« Alors, qui sera mon adversaire ? »
Sis était spéciale.
Même parmi les Rois des Bêtes, ces êtres incarnant des concepts, le Roi de l’Humanité qui englobait le continent et avait atteint le siège du Dieu démoniaque était un être à part. Impossible de juger ses actes comme justes ou injustes. Ses actes deviendraient la loi et la vérité.
C’était peut-être pour cela que j’existais.
« Tu parles comme si tout allait forcément se dérouler selon tes désirs. Tu trouves la vie si facile ? Hmph. Pas question. Je serai ton adversaire. »
Nous ne pouvions pas nous contenter de livrer des batailles que nous étions certains de gagner. Les humains devaient toujours confronter leurs désirs pour trouver une réponse.
C’étaient mes mots, et ils s’appliquaient aussi à moi.
« … Toi ? Toi, le faible et l’ordinaire ? »
« Je vais te montrer de quoi je suis capable. Viens avec moi. »
Car personne d’autre que moi ne pouvait être l’adversaire de Sis. Je lui pris la main et l’entraînai avec moi.
* * *
Les attaques de Nevida étaient brutales et puissantes. Après avoir frôlé la mort près de cinq fois, Shei s’échappa de justesse de l’ovaire. Brandissant Chanteciel, elle s’envola dans les airs et, haletante, baissa les yeux vers Nevida.
Nevida est un Dieu démoniaque, et elle peut utiliser ce pouvoir au combat. Elle est incroyablement forte, mais… elle a quand même des faiblesses ! Nevida manque de mobilité !
Les arbres poussaient des racines et demeuraient fermement enracinés. Nevida ne faisait pas exception. Son pouvoir venait de la terre et des arbres, et elle ne pouvait pas facilement atteindre le ciel vide.
C’était pour cela que Shei avait survécu à tant de confrontations avec Nevida. En se protégeant avec la Frontière d’inversion céleste et en fuyant dans le ciel, elle pouvait même mettre Nevida en difficulté.
Nevida se déplaçait en chevauchant l’Arbre de l’Origine. C’était comme si l’Arbre de l’Origine l’avait saisie et tirée vers le haut. Elle restait incroyablement rapide, mais ne pouvait rivaliser avec quelqu’un qui volait dans les airs. Après avoir pris suffisamment de distance, Shei réfléchit.
Les druides ont dû infiltrer le Domaine des Seigneurs. Il faut au moins que je détourne son attention. Je ne peux pas garantir leur réussite, mais si Nevida s’y rend, ils échoueront à coup sûr !
Ayant pris sa décision, Shei cria à Nevida :
« Regardons ça ensemble. Voyons qui deviendra le prochain Roi de l’Humanité ! »
« Tu n’y arriveras pas. »
Bien que d’innombrables menaces pesassent déjà sur l’Arbre de l’Origine, Nevida les ignora toutes et fixa Shei, comme si les autres dangers ne comptaient pas tant que Shei était là.
« Tu te crois invincible parce que tu es dans le ciel. Combien de temps penses-tu que cela te protégera ? »
Nevida saisit à deux mains le petit Arbre-Monde et le pressa contre l’Arbre de l’Origine. À l’instant, des racines jaillirent de la surface tranchée du petit Arbre-Monde et s’enfoncèrent profondément dans l’Arbre de l’Origine.
« Le ciel est par nature vide et creux. Il ne peut que te laisser à toi-même et te regarder, jamais t’aider. C’est pourquoi le Dieu céleste est nécessairement faux et creux par nature. »
Le petit Arbre-Monde changea de forme. Certaines parties poussèrent, tandis que d’autres dépérirent et tombèrent. On aurait dit qu’un jardinier invisible l’élaguait. Shei le contempla, les yeux écarquillés.
Qu’est-ce que c’est ? Cette forme…
Le petit Arbre-Monde ne cessait de se transformer de façon irrégulière…
Il ressemblait trait pour trait à l’Arbre de l’Origine.
Dès que Shei s’en rendit compte, Nevida saisit une branche du petit Arbre-Monde et la déplaça.
Alors, l’impensable se produisit.
L’Arbre de l’Origine, grand comme une montagne, ne bougea pas de manière spectaculaire. Pour ceux qui vivaient dessus, ses branches semblaient simplement remuer dans le vent. Pourtant, ce n’étaient que de minuscules rameaux qui avaient poussé après s’être séparés de l’Arbre de l’Origine des dizaines de fois. Son tronc massif et les branches gigantesques qui s’en détachaient étaient trop énormes pour trembler, même sous la tempête.
Cet Arbre de l’Origine…
Était en mouvement.
Une masse colossale se déplaça. L’air déplacé poussa un grondement sourd. Les feuilles qui ne parvenaient pas à suivre se dispersèrent comme des amas de plumes, tandis que les branches qui se brisaient sous l’effet de leur propre inertie emplissaient le monde de bruits de scierie.
« Hein ? Les branches… »
« Aaaah ! »
« À l’aide ! »
Des cris humains se dispersèrent parmi elles comme des feuilles mortes.
L’Arbre-Monde était impartial. La sécurité des insectes qui vivaient de ses feuilles lui était indifférente.
Il avait simplement bougé.
Les habitants vivant à l’ombre de l’Arbre-Monde se sentiraient lésés. Après tout, les arbres ne bougeaient pas. Ils avaient peut-être craint de tomber, mais personne n’aurait imaginé que l’arbre lui-même remuerait et les précipiterait dans le vide.
« Bon sang… ! »
Shei s’enfuit à toutes jambes. À cause de sa taille gigantesque, l’Arbre de l’Origine semblait se déplacer lentement. Pourtant, les branches qui fonçaient vers elle dépassaient de loin la vitesse du son.
Un simple effleurement la tuerait. Même si elle esquivait, elle serait emportée par les remous. Shei prit instinctivement une trajectoire en diagonale. Devant elle, alors qu’elle fuyait en expulsant de l’air comprimé, un bras couvert d’innombrables branches s’abattit dans sa direction.
L’attaque défiait toute perspective. On aurait dit que le monde lui-même s’en prenait à elle. Des tourbillons suspendus aux branches tordaient l’espace, et des ondes de choc déchiraient le monde. À une vitesse supersonique, même le vent devenait un fouet gigantesque qui visait Shei.
Au tout dernier moment, Shei fit exploser le vent sous ses pieds.
« Urgh ! »
La branche gigantesque sembla la manquer de peu, mais d’innombrables autres branches poussèrent soudain et fondirent sur Shei. On aurait dit les légions de l’enfer tendant les bras pour s’emparer d’elle. Shei les trancha toutes à coups d’épée enveloppés de vent.
« Hah… ! Hah… ! Nevida, espèce de garce tarée… ! »
Mais Shei ne pouvait pas s’en réjouir. Sous ses yeux, d’innombrables personnes volaient dans les airs avec les feuilles. Des cris de toutes sortes chevauchèrent le vent, puis s’évanouirent au loin.
Des gens vivaient sur les branches de l’Arbre-Monde. Ceux qui avaient survécu grâce aux bienfaits accordés par l’Arbre de l’Origine en payaient le prix bien trop cher.
Elle n’avait ni les moyens ni le temps de les sauver. Shei était si occupée à regarder les gens tomber comme des feuilles qu’elle remarqua trop tard la présence de Nevida. Celle-ci était apparue et avait fait pousser vers elle des tiges de bambou fraîchement coupées. Des dizaines de lances de bambou jaillirent vers le ciel. Parant l’attaque avec la Frontière d’inversion céleste, Shei esquiva et repoussa les lances à toute vitesse tandis qu’elle tombait vers le sol.
« Des gens vivent là-haut ! Tu te fiches qu’ils meurent ?! »
« Ridicule. Tu crois que je cillerais devant la mort de ceux qui ont choisi de vivre dans un arbre ? »
« Il n’y en a pas un ou deux ! Ils sont plusieurs centaines ! Ils vont tous mourir ! »
Shei cria, submergée par l’émotion, mais Nevida la regarda avec calme.
« Qui a bloqué les cours d’eau pour affaiblir l’énergie vitale de l’arbre ? »
Shei ouvrit de grands yeux.
Ceux qui avaient bloqué les cours d’eau, c’étaient les druides, dont Nenyaph. La Sainte Vierge du Soleil avait probablement apporté son aide, elle aussi. C’était le seul moyen d’assécher encore davantage la terre.
« Qui a renoncé à m’affronter et s’est envolée dans le ciel pour gagner du temps ? »
C’était Shei. Elle s’était envolée pour gagner du temps. Nevida avait peu de moyens de l’atteindre là-haut. C’était un choix raisonnable.
« Qui a insisté pour faire de cet endroit un champ de bataille ? Tu es venue ici, tu as déployé toutes les ruses qui te passaient par la tête, et maintenant tu comptes les prendre en otage ? »
Ce n’était pas leur intention. Pourtant, ils n’avaient pas pensé à la sécurité des habitants de l’Arbre-Monde.
On pouvait difficilement en vouloir à Shei, puisqu’elle ne s’était pas attendue à ce que Nevida déplace l’Arbre de l’Origine lui-même. Mais pouvait-on en tenir Nevida responsable ?
Nevida répondit elle aussi à cette question.
« Alors, fais-moi porter la responsabilité. Ça m’est égal. »
Nevida marmonna que tout cela n’était que jeux de mots, puis remua des branches pour poursuivre Shei. Shei claqua la langue en la voyant approcher, portée par l’arbre.
« Tss… ! »
Je dois monter plus haut. Des gens vivent en dessous ! Là-haut, elle n’osera pas utiliser toute sa puissance, de peur de blesser le Roi de l’Humanité !
Les habitants de l’Arbre-Monde vivaient pour la plupart dans les parties basses. Si Shei montait plus haut, Nevida aurait tout intérêt à déplacer les branches supérieures, là où personne ne vivait. Les gens en contrebas seraient en sécurité.
C’était le seul choix qu’il lui restait.
« Je reconnais cette intention. »
Que Nevida lise ses pensées fut un terrible malheur pour Shei.
L’Arbre de l’Origine se courba. D’innombrables branches, qui avaient poussé comme pour couvrir le ciel, s’abattirent toutes en même temps sur Shei.
Des fruits de chair qui portaient des bêtes pendaient à leurs branches.
Pour Shei, c’était comme si d’innombrables béliers s’écrasaient sur elle depuis les airs. Ses Yeux aux Sept Couleurs les repérèrent tous, et elle les évita par les mouvements les plus infimes possible. Mais un problème plus grave se présenta.
L’Arbre de l’Origine lui-même s’abattit sur Shei. Une branche de l’Arbre-Monde, enveloppée de vents de tempête et d’un grondement de tonnerre tandis qu’elle fondait sur une seule humaine, était un désastre animé d’une intention malveillante.
Elle était trop grande pour être esquivée ou bloquée. Shei leva Chanteciel. Pour l’arrêter, elle n’avait pas le choix : elle devait la trancher !
« Technique de l’Épée céleste ! Pourfendeur de dragon… ! »
Tournoyant dans les airs, Shei agrandit Chanteciel et lança une attaque gigantesque.
Mais elle n’avait aucun appui. Jizan, qui aurait pu servir de soutien à Chanteciel, n’était pas là. La frappe de Chanteciel était immense et puissante, mais face à l’Arbre de l’Origine, elle n’était qu’une fourmi devant un éléphant.
La frappe laissa une énorme entaille dans la branche, mais celle-ci balaya Shei malgré tout.
« Aaah… ! »
Un impact vertigineux ébranla tout son corps. Le coup était assez puissant pour lui faire perdre connaissance. Le corps de Shei plongea vers le sol comme un pieu.
Avec l’impression que tout son corps avait été brisé, Shei serra les dents. La douleur ne devait pas lui faire baisser sa garde. Son adversaire était Nevida, la souveraine absolue de ce monde. Même un bref instant à se tordre de douleur était un luxe.
Non… Je dois… rester consciente… !
« Ça suffit. Tout s’arrête ici. »
La différence de force était évidente. Elle avait beau s’encourager, lutter et essayer, elle ne pouvait pas la combler.
Nevida tira légèrement vers l’arrière une branche du petit Arbre-Monde. En réponse, une branche de l’Arbre de l’Origine se courba en grinçant.
Quelle tension colossale était dissimulée en elle ? Quelle force immense dormait là ?
Et que se passerait-il une fois cette force libérée ?
Nevida lâcha la branche.
« … Ah. »
La Frontière d’inversion céleste ne réagit même pas. Elle n’avait pas besoin de réagir. Comment aurait-elle pu riposter face à une branche de l’Arbre-Monde qui la poursuivait à une vitesse supersonique ?
La carapace de Shei se brisa.
La force était trop cruelle pour qu’un seul être humain puisse l’endurer. Même la Frontière d’inversion céleste, qui avait sauvé la vie de Shei un nombre incalculable de fois, ne pouvait pas la protéger.
La Frontière d’inversion céleste était une technique énergétique gravée dans son corps. Elle le faisait bouger inconsciemment, faisait circuler son énergie et réagissait aux attaques.
Elle contrôlait même ses pensées par l’intermédiaire de son inconscient.
Pourtant, face à l’immense calamité qu’était un Dieu démoniaque, la Frontière d’inversion céleste manqua à son devoir et se tut.
La conscience de Shei sombra plus profondément.
Avec son corps.
Notes :
Rejoignez notre Discord : <a href="https://dsc.gg/wetried" rel="noopener noreferrer nofollow">https://dsc.gg/wetried</a>