Chapitre 601
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Traducteur : Hydrogen B
Éditeur : Hydrogen B
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Chapitre 601 : Un feu de forêt naît aussi d’une petite étincelle - 4
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Prêtres ou non, ils n’étaient que des barbares puisant leur pouvoir dans des croyances primitives et désorganisées. Ils ne pouvaient espérer rivaliser avec la Sorcière de la Nuit, qui avait jadis fait trembler la jungle de peur. Les prêtres envahisseurs succombèrent aux illusions qu’elle créa et sombrèrent dans un sommeil éternel.
Ils n’avaient réussi qu’à lui faire perdre une dizaine de minutes.
« Quel gâchis de temps, alors que je suis débordée. Enfin, je suppose que c’est justement pour ça qu’ils ont choisi ce moment pour attaquer. »
Elle n’avait plus de temps à perdre. Même faire le ménage ensuite serait une perte de temps. Walpurgis invoqua un familier. Elle comptait appeler une autre sorcière pour se débarrasser d’eux, puis vérifier une nouvelle fois la situation à l’étage supérieur.
Walpurgis demanda à ses chauves-souris d’aller voir ce qui se passait là-haut.
« Hein ? »
Aucune réponse.
Elle avait pourtant laissé ses familiers, les chauves-souris, là-haut. Mais toutes s’étaient tues d’un coup, comme si elles s’étaient concertées. Pendant que Walpurgis se concentrait sur le combat, quelqu’un avait neutralisé ses familiers.
Si on les avait simplement tués, Walpurgis s’en serait aperçue. La personne qui les avait attaqués s’était contentée de les mettre hors d’état de nuire.
« Une diversion ? Ces gens n’ont pas l’air du genre à obéir aux ordres de quelqu’un… »
Visiblement inquiète, Walpurgis s’éloigna en hâte.
* * *
Une bête filait entre les épaisses frondaisons de la jungle. Un prédateur caché dans les broussailles bondit en rugissant. Nenyaph esquiva les griffes acérées qui visaient sa tête et riposta de son Épée sacrée.
Une lueur fulgura. Un arbre sacré de lumière jaillit vers le ciel, tel un éclair frappant à rebours. Dans son halo persistant, les feuilles vertes blanchirent un instant. Puis, à l’endroit où l’éclat lumineux s’était évanoui, un léopard détala, la queue entre les jambes, comme si son âme avait quitté son corps.
« La naissance est un présent qu’un couple marié offre à l’avenir. C’est aussi un pouvoir que ce couple détient. Plus les gens se rassemblent, plus ils peuvent accomplir de choses. Ainsi, la naissance d’une personne est une cause de réjouissance pour toute la tribu. Puisque chaque être est précieux, les couples et les familles doivent être protégés d’autant plus. »
Deux serpents gigantesques montrèrent les crocs derrière Nenyaph. Sans même les regarder, elle dispersa la lumière de l’Épée sacrée. Des milliers de rayons jaillirent et firent pivoter leurs têtes de côté.
« Le pouvoir de la naissance est un pouvoir égal, réparti entre tous les humains. C’est grâce à lui que les souverains ont appris à chérir chacun. Pour le bien du pays, ils doivent prendre soin de chaque individu. C’est seulement ainsi qu’ils pourront gagner en nombre et en force. »
La lumière se déchaîna comme une tempête. L’Épée sacrée de Nenyaph bénissait les arbres, mais semait la calamité parmi les bêtes. Les créatures qui percevaient la lumière au lieu de s’en nourrir ne pouvaient supporter la bénédiction excessive accordée par le Dieu céleste.
Face à la Grande Sorcière, qui l’observait depuis l’autre côté de la jungle, Nenyaph poursuivit :
« Mais la Reine s’est accaparé le pouvoir de la naissance. Elle a chassé tous les humains et rempli ces terres d’hommes-bêtes à son goût. Une reine des hommes-bêtes qui régissait la naissance et la mort. Non, elle a choisi de devenir une déesse. »
La Grande Sorcière le savait. Ce que décrivait Nenyaph correspondait au raisonnement qu’elle avait elle-même tenu autrefois.
« Un tel pays ne pourrait pas prospérer, et il ne doit pas prospérer. Car tous les humains de ces terres naîtraient alors des arbres. Ils deviendraient des enfants du péché, issus de la profanation de personnes piégées dans des fruits de chair, dont seuls les corps auraient mûri, tandis que l’esprit resterait à l’état fœtal ! »
La Grande Sorcière s’écria, à bout de souffle :
« Je sais ! Je le sais ! »
La Grande Sorcière, créatrice des fruits de chair, avait reconnu le génie et la perversité du projet de sa mère et s’en était sentie responsable. Elle avait donc cherché de l’aide de toutes parts. Elle n’avait pas eu l’intention de fomenter un coup d’État, mais s’était attendue à ce que les choses en arrivent là.
« Alors, qu’est-ce que tu essaies de dire ? Que tu n’avais pas le choix ? Que je devrais comprendre et laisser tomber ? Que, puisque tu as raison, je devrais ravaler mon entêtement et coopérer avec toi ?! »
« C’est exact. »
« Quoi ? »
Pour la Grande Sorcière, Nenyaph était à la fois l’assassin de sa mère et une traîtresse. Et pourtant, elle osait lui demander sa coopération.
Nenyaph continua de parler calmement, comme si elle n’éprouvait aucune honte.
« Si la Grande Druide a planté l’Arbre de la Corruption et l’a élevé exactement comme l’Arbre-Monde, c’est pour étudier les humains à son sommet. Elle y crée des fruits humains et cherche un moyen d’insuffler une conscience aux humains. »
Nevida testait des remèdes de sorcière sur des humains créés à partir de fruits de chair, dans l’espoir de réveiller le Roi de l’Humanité. Le fruit humain qui avait embrasé le Royaume des Dix Mille se trouvait toujours sur l’Arbre de l’Origine. Nenyaph le lui rappela.
« Si l’Arbre de la Corruption continue de grandir jusqu’à porter le Roi de l’Humanité, ce monde verra le jour. »
« Ce monde ? »
« Un monde où des humains parfaits naissent des arbres. »
Même la Grande Sorcière, aveuglée par la haine, recula. Elle comprenait ce que voulait dire Nenyaph.
Les cultures qui poussaient sur l’Arbre de la Corruption n’avaient pas d’âme. Elles ne voyaient rien, n’entendaient rien, poussaient comme de la chair et mouraient comme de la chair. Qu’il s’agisse de plantes ou d’animaux.
Même la Reine Agartha avait dû féconder les humains enfermés dans les fruits de chair pour produire des hommes-bêtes en grand nombre. Mais si cette limite venait à disparaître ?
« Le Roi de l’Humanité est lié au Dieu démoniaque. S’il ressuscite avec tous ses pouvoirs, l’Arbre de la Corruption rendra l’humanité insignifiante… Ce sera une attaque contre l’espèce humaine elle-même. »
La Grande Sorcière se représenta la scène. Un monde où personne ne naîtrait plus du ventre d’une mère. Un monde où les gens mûriraient sur les arbres avant de fouler cette terre déjà adultes.
Ce n’était pas impossible. Tyrkanzyaka s’était éveillée tout récemment en tant que Dieu démoniaque du Sang. Si le Roi de l’Humanité pouvait lui aussi manier le pouvoir du Dieu démoniaque, créer des humains à la manière d’un dieu créateur serait également possible.
« Voilà pourquoi tu es venue cette fois. »
Nenyaph hocha la tête. La Grande Sorcière eut un rire sans joie.
« Tu ne penses jamais aux sentiments des gens. La seule chose qui t’intéresse, c’est de savoir si quelque chose est juste ou non. »
« C’est ce qui compte le plus. »
La Grande Sorcière avait autrefois pensé la même chose. C’était pour cette raison qu’elle avait dénoncé le projet de sa mère auprès d’un druide qu’elle respectait. Un geste puéril, celui d’une jeune fille convaincue d’agir comme il fallait.
Le résultat avait été un royaume réduit en cendres. C’était plus que ce qu’une enfant pouvait supporter. La Grande Sorcière en avait rejeté la faute sur le druide et en était venue à haïr les druides.
La Grande Sorcière serra le poing jusqu’à manquer de se le briser.
« Si c’est si important, pourquoi le Roi de l’Humanité ne t’a-t-il pas suivie ? Pourquoi est-il retourné de son plein gré à l’Arbre de l’Origine ? »
« C’est parce que le Roi de l’Humanité reste une bête, et qu’il est donc barbare… »
« Non. Il savait. Il savait que Nevida n’en avait rien à faire. »
La Grande Sorcière savait elle aussi distinguer le bien du mal. Son esprit vif lui permettait de comprendre ce qu’on lui racontait.
Pourtant, elle n’avait aucune envie de suivre leurs paroles. Elle préférait suivre quelqu’un d’autre plutôt qu’eux.
« Nevida se fiche de ce que tu racontes. Il n’y a qu’une chose qui l’intéresse : retrouver le roi qu’elle a perdu il y a longtemps. Pour ça, elle peut se servir des fruits de chair. »
Que ce soit juste ou non n’avait pas tellement d’importance. Nevida était le maître de la Grande Sorcière, et elle pouvait assez bien comprendre son désir de revoir le roi défunt.
À cause du traumatisme que lui inspiraient les fruits de chair, elle ne pouvait pas l’aider dans ses recherches, mais elle n’avait pas non plus envie de s’y opposer. La Grande Sorcière s’était contentée de soutenir Nevida de loin, en silence.
… Contrairement aux atrocités commises par la Reine, elle pouvait soutenir cette entreprise.
« Mais ça n’a pas vraiment d’importance pour toi non plus, pas vrai ? Tu as brûlé l’Arbre-Monde et tu as fini par tuer ma mère. C’est ce que je n’ai jamais voulu. »
« … La Reine n’était pas du genre à céder à la pression extérieure. Elle aurait mené son projet à terme, quitte à ensorceler les druides venus l’en empêcher. Le seul moyen de l’arrêter, c’était d’attaquer avant qu’ils ne soient ensorcelés. »
Nenyaph pensait chacun de ses mots. La Grande Sorcière savait elle aussi à quel point sa mère était arrogante et autoritaire. Pour Agartha, qui avait hérité du masque et gagné l’amour de tous, céder était un acte extraordinairement difficile.
Mais le poids du nœud qui lui enserrait le cœur était immense. Sa mère lui avait été arrachée trop tôt, et elle ne pouvait s’empêcher de penser que les choses auraient peut-être pu tourner autrement. La Grande Sorcière cracha ces mots :
« Tu n’en sais rien. Tu l’as tuée avant qu’elle en ait l’occasion. »
Rejetant ses derniers doutes, la Grande Sorcière mordit les dix doigts de ses deux mains. L’énergie du sang jaillit du bout de ses doigts. Des branches palpitantes de sang s’enroulèrent autour des arbres alentour, les écrasèrent et poussèrent pour devenir un immense arbre écarlate.
C’était un arbre rouge sinistre, dont la sève était remplacée par du sang. De gros fruits apparurent sur ses branches et palpitèrent comme s’ils étaient vivants. Ronds et charnus comme des grenades mûres, ils semblaient prêts à tomber et à répandre leur chair rouge à tout instant.
« Du sang contre la vie, la vie en sacrifice pour le sang. Je forgerai des liens de sang et nouerai les nœuds des bêtes. »
La chair se fendit et dévoila l’intérieur : une bête aux veines apparentes en jaillit. Née sans fourrure ni peau, couverte de sang, elle hurla de douleur.
La Grande Sorcière commandait aux bêtes. Ayant reçu le sang de la Progenitrice, elle pouvait sacrifier l’énergie débordante de son propre sang pour produire d’innombrables fruits de chair. En à peine trente secondes, des centaines de familiers nouveau-nés apparurent et foulèrent la terre.
Nenyaph resserra sa prise sur l’Épée sacrée tandis que les bêtes sanguinolentes l’encerclaient de toutes parts.
« … Tu as fait ton choix. »
« C’est toi qui as fait le choix. Moi, je me suis simplement retrouvée entraînée là-dedans. »
La Grande Sorcière tendit la main, le regard froid. Des centaines de familiers enragés chargèrent Nenyaph d’un seul mouvement.
* * *
À ce moment-là, la Grande Sorcière, Blanca et Walpurgis avaient toutes quitté leurs postes pour des raisons différentes.
Les druides s’étaient infiltrés au niveau le plus élevé de l’Arbre de l’Origine.
Walpurgis surveillait les canaux d’irrigation, tandis que Blanca et la Famille Baskerville gardaient le tronc. La Grande Sorcière avait été attirée au loin en poursuivant Nenyaph.
Tandis que l’attention de tous se portait vers le bas, les druides choisirent de tomber.
Les feuilles qui dérivaient brouillaient la vue et dissimulaient les druides qui descendaient du ciel. Montés sur des hiboux apprivoisés, ils s’étaient élevés très haut dans les airs. Profitant de la distraction, ils réussirent à pénétrer dans le Domaine des Seigneurs.
Les druides atterrirent, les ailes emplumées largement déployées, puis s’élancèrent dans les couloirs. Des sorcières, alertées par leurs pas bruyants, les aperçurent et crièrent :
« Des intrus ! »
« Croa ! Croa ! Croa ! Sonnez l’alarme ! »
Un druide se tourna précipitamment vers un compagnon.
« Frère. Tu peux déplacer l’Arbre de la Corruption ? »
« Impossible. Cet arbre est l’autorité même de la Grande Druide. Nos pouvoirs sont loin d’être suffisants. »
« Argh. Alors, on ne peut rien faire. »
« Ne t’inquiète pas. Nous ne pouvons pas contrôler l’arbre lui-même, mais les innombrables herbes et arbres qui en poussent sont toujours nos alliés ! »
Le druide cria et projeta de petites graines à l’aide d’une fronde. Elles s’enfoncèrent un peu partout dans l’arbre, absorbèrent l’énergie de l’Arbre-Monde et se changèrent rapidement en fourrés gigantesques. Les sorcières ensevelies dessous poussèrent des cris.
« Au-dessus de la violette, à droite du chrysanthème, sous le gui ! Un familier se cache là ! »
« Occupez-vous d’abord des familiers. Ne les tuez pas ! Toutes les sorcières qui sentiront que quelque chose cloche accourront ! »
« Je vais lancer de la poudre paralysante ! »
Les druides réunis pour la même mission travaillèrent en parfaite harmonie. Grâce à une coordination précise, ils vainquirent les sorcières et neutralisèrent leurs familiers, puis foncèrent à toute vitesse vers le Roi de l’Humanité. Ils ignoraient le chemin et la disposition des lieux, mais cela n’avait aucune importance.
« C’est étrange. C’est sûrement la première fois que nous venons ici… »
« J’ai l’impression que quelqu’un nous éclaire le chemin. »
« Les vestiges du ginkgo béni doivent nous protéger. »
Même aux embranchements, ils choisirent la bonne voie sans la moindre hésitation. Emportés par une étrange exaltation, les druides arrivèrent dans la salle où dormait le Roi de l’Humanité.
« C’est ici… ! »
Alors qu’un druide, qui savait instinctivement qu’ils étaient arrivés à destination, s’apprêtait à se précipiter à l’intérieur…
« Oh. Vous êtes venus voir le Roi de l’Humanité, vous aussi ? Si vous avez trouvé votre chemin jusqu’ici, j’imagine que vous en êtes dignes. »
Une personne étrange leur barrait la route.
Non, dire qu’il leur barrait la route n’était pas tout à fait exact. Comme les druides, cet inconnu se dirigeait lui aussi vers le Roi de l’Humanité.
« Attendez un instant. J’étais là le premier. Cela fait plus de vingt ans que j’attends de pouvoir parler seul avec le Roi de l’Humanité. Et je suis arrivé ici avant tout le monde. Je vous prie de respecter l’ordre d’arrivée. »
Même face à des intrus, l’inconnu gardait son calme. Les druides, qui avaient jusque-là foncé sans hésiter, marquèrent un temps d’arrêt.
Il portait un manteau élégant et un monocle coûteux, des objets rares dans la jungle. Des milliers et des milliers de minuscules engrenages s’emboîtaient et tournaient sur l’immense manteau qui le recouvrait entièrement. Des cliquetis répétitifs s’élevaient de sous ses vêtements.
S’il y avait quelqu’un qui n’avait rien à faire dans cette jungle, c’était bien cet homme étrange : Maximilien.
« Qui est-ce ? »
Un druide se rappela les renseignements qu’ils s’étaient communiqués avant de partir.
« Ce ne serait pas l’étrange individu dont elle nous a parlé ? Le mage venu d’au-delà des plaines. Celui qui maîtrise les engrenages. »
« Un ennemi. Abattez-le ! »
Les druides se mirent aussitôt en formation. Tandis que celui de tête recouvrait sa peau d’écorce ancienne et chargeait, des dizaines de graines furent projetées vers Maximilien par-derrière. Elles ne le visaient pas directement, mais éclatèrent en une croissance explosive dès qu’elles touchèrent les murs et le sol qui l’entouraient.
Alors que la verdure engloutissait tout autour de lui, Maximilien demeura calme.
« Je n’aime pas particulièrement l’herbe et les arbres. Ils sont fonctionnels, mais leur compatibilité laisse à désirer. »
Clic.
Une lame de scie acérée jaillit de sous les vêtements de Maximilien. Elle tourna à toute vitesse et réduisit les fourrés en sciure en un instant.
Au milieu des feuilles qui s’éparpillaient, Maximilien marmonna pour lui-même :
« Un individu se suffit à lui-même. Ses liens avec les autres individus sont, hum, malheureusement peu satisfaisants. Il est difficile qu’un plus un fasse pleinement deux. Et plus les nombres augmentent, plus cela empire. »
« Ha ! »
Le druide qui chargeait transforma ses deux bras en troncs gigantesques. C’était une adaptation de combat de la métamorphose en arbre. Les racines plantées dans ses pieds l’ancrèrent fermement au sol, puis le druide lança ses bras-troncs comme des béliers.
« Mais qu’en est-il des engrenages ? Le principe des engrenages, c’est que leur valeur brille d’autant plus qu’ils sont nombreux. »
Boum !
Les troncs s’écrasèrent contre le corps de Maximilien. Sous la violence du choc, il vacilla et son manteau fut arraché.
Le corps dissimulé sous le manteau apparut. D’innombrables engrenages y rampaient comme des fourmis, autour d’un grand engrenage fiché en son centre.
« Q-Qu’est-ce que c’est… ? »
« C’est vraiment un corps humain ?! »
Maximilien poursuivit comme si les druides horrifiés ne lui avaient rien fait.
« Même la Grande Druide, qui a atteint le trône du Dieu démoniaque, me demande de l’aide pour fabriquer de simples outils. Des horloges délicates, ou des mécanismes qui distribuent des quantités fixes. Combinez les deux et vous obtenez des appareils capables de distribuer une quantité déterminée à une heure précise. La Grande Druide en fait bon usage. Elle dit que ces outils sont pratiques pour administrer des médicaments au Roi de l’Humanité. »
Les engrenages en mouvement s’emboîtèrent pour former une structure unique. Autour d’un passage central, ils tournèrent furieusement, s’assemblèrent et se transformèrent en un appareil capable de projeter instantanément un long pieu.
Un véritable bélier. Maximilien avait tout achevé, de la conception à l’assemblage, en moins de trois secondes. Il fit la démonstration de son nouvel appareil.
« Si mes engrenages devenaient la norme et remplissaient le monde, n’importe qui pourrait fabriquer l’appareil de son choix. »
Boum !
Un impact sans commune mesure avec le précédent s’abattit sur les druides.
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