Chapitre 596
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Traducteur : Hydrogen B
Relecteur : Hydrogen B
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Chapitre 596 : Une histoire du passé. L’Ancien Testament, final
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La Première Sainte Vierge voulait poser les fondations d’un monde où les humains pourraient vivre en paix. Elle rêvait de mettre fin à une ère où la sauvagerie et les tabous déferlaient comme une inondation, et d’inaugurer celle où chacun vivrait selon un ordre et en respecterait les règles.
« Mais moi aussi, je ne suis qu’humaine. Je suppose que je ne pouvais pas réparer ces fondations de l’intérieur. »
« Ne vous découragez pas. Tout le monde finit par prendre conscience de ses limites. Plus on est doué, plus cela arrive tard. »
« Même après avoir atteint mes limites et être revenue d’innombrables futurs, je n’ai toujours pas pu franchir cette immense muraille. Le seul à pouvoir véritablement instaurer cet ordre, c’est… »
Comme si elle s’accrochait à nous, elle nous regarda droit dans les yeux, ma « Grande Sœur » et moi, le regard suppliant.
« Mon roi. »
Grâce à l’immense pouvoir de la précognition, elle avait acquis une puissance proche de l’omniscience. Elle n’avait pas besoin de s’impliquer à ce point auprès du Roi de l’Humanité. Elle aurait pu tuer les trois monstres à sa guise et bâtir sa propre grande faction.
Pourtant, la Première Sainte Vierge devint elle aussi l’une des Guerriers du Roi et contribua à façonner le monde.
« Le Roi de l’Humanité est parfait. Beau, intelligent, fort et miséricordieux. Mais ce ne sont pas là ses seules qualités. Le Roi de l’Humanité possède la véritable qualité requise. »
Depuis le début, elle avait jeté son dévolu sur le Roi de l’Humanité. Parce qu’elle en avait besoin.
« Le simple fait d’être le Roi de l’Humanité. »
« Spécial. Unique. Et… toujours présent, sans jamais risquer de disparaître. »
Le Roi de l’Humanité était un être conceptuel, qui incarnait fortement les caractéristiques de l’espèce humaine. Or, celles-ci étaient une intelligence exceptionnelle, une grande dextérité manuelle, des épaules puissantes et la capacité d’apprendre par l’observation et le savoir. Le Roi de l’Humanité était destiné à devenir un surhomme.
De plus, après sa mort, le Roi renaissait quelque part dans le monde. Un surhomme sans défaut, qui ne disparaîtrait ni ne se perdrait jamais vraiment.
C’était pour cela que la Première Sainte Vierge servait le Roi de l’Humanité.
Elle ne se contenta pas de maîtriser toutes les formes de savoir. Elle enseigna au Roi de l’Humanité.
Au lieu de s’occuper elle-même des trois monstres tabous, elle demanda au Roi de l’Humanité de les punir.
Et, pour finir, elle s’agenouilla et le supplia.
De devenir le gardien de l’ordre et de détruire le mal.
Mais, d’après ce que j’avais vu, elle avait lamentablement échoué.
« Grande Sœur a dû refuser dans tous les futurs. Puisque celui-ci est le meilleur que vous ayez choisi. »
« C’était le pari de toute ma vie, celui où j’ai tout misé. Si nous devions de toute façon atteindre la fin, je ne pouvais qu’engager une lueur d’espoir sur une possibilité inconnue. »
« Quoi ? »
« J’ai choisi cette fin dans l’espoir d’une chance, et non parce qu’elle représentait le meilleur avenir. »
La Première Sainte Vierge marmonna, puis me regarda droit dans les yeux. Elle transperça le temps, l’espace et jusqu’à mon cœur avant de me demander :
« Qu’en pensez-vous, mon roi ? »
« Quoi ? »
« Si vous aviez perdu tous vos pouvoirs et renoncé à être roi, pour n’être plus qu’un simple humain. Si vous aviez appris à connaître la peur de la mort et de la souffrance. Si vous saviez quelles craintes pèsent sur les humains ordinaires lorsqu’ils s’endorment chaque jour. »
J’avais fait une promesse. Pas la mienne, mais celle de Grande Sœur, celle qu’on avait poignardée à mort ici. Une promesse qui n’avait été faite ni à Grande Sœur ni à moi, mais au concept connu sous le nom de Roi de l’Humanité.
Un être puissant avait arraché ses pouvoirs au Roi de l’Humanité et l’avait contraint à cette promesse.
« Si vous connaissez ceux qui ne peuvent croire qu’aujourd’hui, comme hier, reviendra demain, inchangé. »
« Vous me demandez de m’en charger ? »
« Au terme de l’avenir que j’ai vu, il y a vous. Cela signifie que même les cinq personnes qualifiées que j’ai choisies ont fini par tomber sans représenter l’humanité. Une ère où l’ordre devient une risée et où l’humanité se laisse mener par le pouvoir. Le Roi de l’Humanité retrouvera bientôt tous ses pouvoirs. »
Depuis le début, la cible avait été le Roi de l’Humanité.
Que ce soit Grande Sœur, moi, ou nous deux.
« Deviendrez-vous le véritable roi et instaurerez-vous l’ordre dans le monde ? »
La Première Sainte Vierge me fit cette demande, comme elle l’avait faite à Grande Sœur. Tout cela pour protéger l’humanité.
Mais ma réponse était déjà toute trouvée.
« Je suis désolé. »
Ma position n’avait pas changé.
Le regard de la Première Sainte Vierge se troubla légèrement. Sa précognition touchait-elle bientôt à sa fin ? Je m’approchai assez pour qu’elle puisse se concentrer sur moi, puis je pris la parole.
« Je ne peux pas laisser l’ordre passer avant l’humanité. Je refuse donc votre demande de le défendre. À mes yeux, l’ordre est un outil. Au besoin, je le réparerai ou le remplacerai. »
La Première Sainte Vierge n’avait sans doute pas souhaité assister à cette scène. Sa précognition se désagrégeait, et ses yeux tremblaient eux aussi légèrement.
« L’ordre que je désire n’est pas si cruel ni si strict. »
« Je le sais. Mais les fondations finissent par se fissurer. Un Dieu démoniaque pourrait surgir et tordre les règles, ou le monde pourrait changer brusquement sans raison. La Calamité maritime pourrait fondre sur nous et engloutir une partie du continent. »
« Pourtant, certaines valeurs demeurent, même dans ces moments-là. »
« Ces valeurs doivent prouver leur utilité. Ni vous ni moi ne décidons de leur valeur. Ce sont ceux qui ont besoin de cet outil qui en jugent. »
L’humanité n’était pas la seule à devoir être mise à l’épreuve. Les valeurs et l’ordre devaient l’être aussi.
Si l’humanité n’était pas parfaite, les valeurs et l’ordre qu’elle avait créés ne l’étaient pas non plus. Si les gens les croyaient parfaits et vivaient en fonction d’eux, ils finiraient un jour par ne plus être en phase avec leur temps.
« Même si vous établissez des règles, elles finiront par entrer en conflit avec quelque chose. Même si vous instaurez un ordre, il s’effondrera tôt ou tard. Rien ne demeure immuable. Parce que le monde change. »
La Première Sainte Vierge était maintenant aussi floue qu’une bruine. Était-ce le passé que je voyais qui subissait les effets de ce qui se passait ? Ou bien le passé lui-même changeait-il ?
La Première Sainte Vierge marmonna avec amertume :
« …Alors l’ordre que je vais instaurer, quitte à commettre une trahison, finira par échouer. »
« Quoi ? Pourquoi serait-ce un échec ? »
On me prenait vraiment pour un sauvage, comme si j’étais un barbare fini.
Quand avais-je dit que l’ordre ne servait à rien ? J’avais dit que ce n’était qu’un outil. Et j’aimais les outils. J’en emportais toutes sortes avec moi.
Je n’avais jamais détruit ni ruiné l’ordre d’une ville dès le départ. Je m’étais contenté d’en repérer les failles et d’en tirer parti. Je m’en étais servi un peu plus habilement que les autres, même si cela avait fini par entraîner son effondrement. Je reconnaissais toujours l’ordre et le respectais.
« Quand quelqu’un vit cent ans, on dit qu’il a eu une belle mort. S’il vit près d’un siècle, il a probablement fait beaucoup de bien et s’est fait pas mal d’ennemis. Mais puisqu’il va bientôt mourir, qu’importe ? Il emporte avec lui toutes ses dettes de gratitude et ses rancunes, laisse ses descendants dans ce monde, puis retourne dans les bras de Terre Mère. »
Si les humains étaient mortels, l’ordre l’était aussi. N’était-il pas étrange d’attendre quelque chose d’extraordinaire d’un être mortel ?
« Si un ordre a duré plus de mille ans et que, malgré les plaintes, il a été apprécié à sa façon, il peut se mettre à grincer un peu avec l’âge, avant d’être aboli et de tomber dans l’oubli. Peut-être deviendra-t-il le fondement de quelque chose de meilleur et de plus grand. »
Il suffisait de le remplacer le moment venu. Inutile de lui accorder trop d’importance.
« Au bout du compte, si quelqu’un est opprimé ou sauvé, c’est parce qu’un humain s’est servi de l’ordre comme d’un outil. »
Un artisan fabriquait un couteau, mais cela ne signifiait pas qu’il était responsable de chaque mort causée par celui-ci.
C’était pareil. On créait un ordre, puis on se rendait responsable de tous les torts qu’il pouvait causer ? C’était absurde.
La responsabilité incombait aux humains qui détenaient cet outil et s’en servaient. L’ordre n’en était pas responsable.
« À cet égard, je soutiens aussi votre souhait. Il n’existera aucun outil éternellement beau et bénéfique à l’humanité. Il sera tout de même assez solide et utile pour permettre l’avènement de l’avenir que vous désirez. »
Le Sanctuaire allait donc voir le jour ? On allait bâtir un ordre destiné à s’effondrer un jour ?
Et alors ? Qu’on le bâtisse. Qu’on le crée. Qu’on érige un château de sable qui ne tardera pas à s’écrouler. Qu’on assemble des fondations qui finiront en ruines.
On pouvait tout faire. On en avait le pouvoir et on portait ce souhait en soi.
Ceux qui resteraient décideraient s’ils voulaient se servir de ce qu’on leur avait laissé.
« Même si cet objectif ne peut être atteint qu’en tuant le Roi de l’Humanité, innocent, noble, beau et pur. Si c’est le seul moyen de changer le monde. »
C’était peut-être cruel de dire cela à Grande Sœur. C’était peut-être injuste envers la victime de cette tragédie.
Pourtant, un monde où quelqu’un pouvait commettre une trahison valait mieux qu’un monde où personne ne le pouvait.
« Ne me le demandez pas. Demandez-vous plutôt à vous-même. Accomplissez votre souhait. Comme Grande Sœur a laissé les autres monstres tranquilles et comme elle vous a observée jusqu’à l’instant où vous avez commis votre trahison. »
Ce n’était pas l’avenir qu’elle souhaitait, mais je l’encourageais tout de même. Je n’avais pas l’intention de suivre sa voie, mais je comptais la laisser suivre son cœur.
Je posai une main sur l’épaule de la Première Sainte Vierge. Ma main la traversa, mais je tapotai son épaule et l’encourageai de tout mon cœur.
« Oh. Personnellement, je n’ai pas tant de mal avec l’ordre que vous avez créé. Vous ne l’avez pas fait avec de mauvaises intentions, n’est-ce pas ? Il est utile aussi. Même si l’ordre que vous avez instauré ne semble pas m’apprécier. »
Une question me vint soudain à l’esprit.
La Première Sainte Vierge avait-elle entrevu mes paroles dans cette vision mentale ? Ou bien cette conversation avait-elle lieu avant qu’elle ne les voie ?
Cette conversation parviendrait-elle vraiment jusqu’au passé ? Ou bien le résultat était-il déjà fixé, et cette scène n’était-elle qu’une des visions précognitives qui avaient traversé la Première Sainte Vierge tandis que nous échangions des énigmes ?
La Première Sainte Vierge prit la parole comme si mes paroles l’avaient surprise, bien qu’elle se fût déjà résignée à les entendre.
« …Vous me demandez de créer un ordre que vous n’accepterez pas, mon roi. »
« Je vous l’ai dit. L’ordre n’est qu’un outil. Celui qu’incarne le Roi de l’Humanité n’échappe pas à la règle. »
Même un être conceptuel de cette sorte pouvait devenir l’outil de quelqu’un. C’était pareil pour les Dieux démoniaques.
La manière d’utiliser ce qui existait déjà dépendait de ceux qui étaient concernés. La liberté et la responsabilité leur appartenaient à tous.
« C’est un ordre du Roi. Je vous y autorise. Alors, si vous le souhaitez, tentez votre chance. »
Une brume de lumière vacilla. La vision de Grande Sœur, inondée de lumière, s’éloigna peu à peu.
Le souvenir de Grande Sœur touchait à sa fin. La prophétie s’achevait ici. Je regardais vers le passé, tandis que la Première Sainte Vierge regardait vers l’avenir. Cette conversation qui avait traversé le temps entre nous ne changea finalement rien.
« …Pourtant, je crois toujours qu’il existe en ce monde des valeurs immuables auxquelles les gens doivent croire et qu’ils doivent suivre. »
Nous avions malgré tout laissé chacun quelque chose d’important derrière nous.
La Première Sainte Vierge n’hésitait plus.
Elle ne pouvait s’accrocher ni à moi ni à Grande Sœur. Nous l’avions refusée.
Mais elle ne pouvait pas non plus renoncer. Nous ne lui avions pas dit qu’elle avait tort.
« Même si ce que je considérais comme un devoir à défendre n’est en vérité rien d’autre que la sauvagerie que j’ai imposée aux autres par la force de mon pouvoir. »
C’était une ère de sauvagerie. Le savoir ne se répandait pas facilement, et la férocité de l’humanité montrait les crocs partout dans le monde. La férocité était contagieuse. Les méthodes pour tuer autrui s’apprendraient, se perfectionneraient et se répandraient encore plus vite.
C’était pourquoi la Première Sainte Vierge avait l’intention d’ériger de grandes règles sur le cadavre de Grande Sœur.
« Pour toute l’humanité de tous les futurs que j’ai vus. J’avancerai en ne m’en remettant qu’à ma foi. »
Même si elle ignorait comment ce péché, drapé de bonnes intentions, grandirait par la suite, elle sauverait dès à présent les habitants du pays et de ses marches des conflits.
La Première Sainte Vierge joignit les mains avec force et pria de tout son être, comme si elle s’agrippait à quelque chose.
« Mon roi. Si cette prière vous parvient, je vous en prie. »
Préservez mon souhait.
Sa dernière voix disparut sous la lumière qui se déversait.
* * *
Après sa longue prière, El ouvrit les yeux. La faible lumière de Yulim filtrait à travers ses paupières raides. Elle était trop trouble pour inspirer l’espoir, mais trop intense pour évoquer le désespoir.
Cette faible lumière devait être l’essence même d’El. Pour une raison ou une autre, elle avait l’impression que les larmes lui montaient aux yeux. Le cœur serré par le chagrin, elle remua son corps engourdi.
« …Elle a bougé ! »
La voix était éraillée par cette longue attente. El remarqua seulement alors les Guerriers du Roi qui entouraient l’autel. Ils étaient furieux, mais aussi saisis d’une étrange peur.
« Quinze jours sans manger ni dormir… »
« M-mais… quelle sorte d’événement étrange est-ce là… ? »
C’était le lieu de la trahison.
Les cinq guerriers d’El avaient tendu une embuscade au Roi de l’Humanité. Profitant d’un instant d’inattention totale, ils l’avaient aveuglée avec de la lumière, enfermée dans une illusion, puis frappée de leurs arts du qi au sommet de leur puissance.
La blessure était mortelle. Pourtant, le Roi avait contre-attaqué dès l’instant où elle avait été touchée. Les armes et les corps enveloppés de qi avaient été brisés en un instant.
Sans la révélation envoyée par El, certains d’entre eux auraient pu mourir. Mais la précognition était un pouvoir d’une telle envergure. Grâce à la révélation, ils avaient évité les futurs où ils mouraient et survécu, malgré de graves blessures.
Ils avaient dû fuir. Ils avaient arraché leurs armes au Roi de l’Humanité, combattu les guerriers qui leur barraient la route et pris la fuite.
Comme prévu, tandis que les cinq guerriers s’échappaient, El s’était agenouillée auprès du Roi et avait récité une prière en silence. Quand elle avait joint les mains et fermé les yeux, une faible brume lumineuse les avait enveloppés tous les deux.
« Gardienne du savoir ! Sale garce ! »
Furieux de la mort de leur souverain, les guerriers s’approchèrent. Pour interroger El sur la mort du Roi, ils tentèrent de l’arracher à sa place, avec une certaine brutalité. Non, avec une brutalité extrême.
Pourtant, El ne bougea pas.
Ils eurent beau la tirer, la frapper à coups de pied ou la taillader de leurs épées, elle ne reçut pas la moindre égratignure. Comme s’il avait été écrit qu’elle resterait à cet instant précis, en ce lieu. Comme si elle existait en vérité immuable, à l’image du passé.
Les Guerriers du Roi eurent beau déverser leur colère, l’insulter ou l’attaquer, El poursuivit sa prière en silence.
Pendant quinze jours, sans manger ni boire, jusqu’à ce que les guerriers qui la surveillaient, épuisés, finissent par s’éloigner.
Un miracle.
Un pouvoir miraculeux, que la raison n’aurait jamais osé concevoir.
Chaque détail de ce miracle qu’elle avait accompli serait consigné, et resterait comme preuve de l’existence des dieux en ce monde. Ses propres ennemis l’écriraient.
« …Désormais, moi aussi, je dois endurer les innombrables souffrances que j’ai vues. »
À l’instant où El avait choisi cette voie, elle était devenue une traîtresse au Roi, et ceux qui la suivraient seraient persécutés. Ses enseignements ne seraient pas transmis dans des rouleaux enveloppés de soie, mais griffonnés sur des briques mal cuites. On lui arracherait les deux yeux, puis on la traînerait partout, clouée à une croix.
Mais les enseignements d’El se répandraient parmi tous les peuples. Tandis que les Guerriers du Roi, ayant goûté au pouvoir, se battraient entre eux et feraient souffrir les masses, ces enseignements s’infiltreraient dans leurs blessures et y graveraient la justice et la morale. Lorsque ces souffrances atteindraient leur paroxysme, les cinq guerriers qui avaient poignardé le Roi de l’Humanité reviendraient, ayant hérité d’une part de ce pouvoir. Alors, l’ordre céleste créé par El serait solidement établi.
D’ici là, El n’avait qu’une tâche à accomplir.
Elle devait remplir ce ciel vide de Dieux démoniaques.
El leva les yeux vers le ciel et aperçut soudain Nevida. Quinze jours s’étaient écoulés depuis la mort du Roi, mais Nevida affichait toujours un chagrin profond et une rage ardente. En contemplant Nevida, devenue l’incarnation de la fureur, El marmonna avec amertume :
« Cela en vaudra… la peine. »
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