Chapitre 585
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Traducteur : Hydrogen B
Éditeur : Hydrogen B
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Chapitre 585 : La Parade nocturne des cent démons
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Un inconnu nous avait envoyé un billet attaché à la patte d’une chouette, nous demandant de sauter. Je ne lui faisais pas vraiment confiance, mais je ne voyais pas non plus de raison de ne pas tenter le coup. Quoi qu’il en soit, Shei et moi étions prisonniers. Le risque en valait la peine si cela pouvait nous tirer de cette situation.
« Qu’en penses-tu, Shei ? On nous a envoyé ce billet. »
« Allons-y. »
Shei répondit sans hésiter.
« Même si nous nous évadons, Nevida ne te tuera probablement pas. Ça vaut donc le coup d’essayer. Et ce serait bien de découvrir qui pourrait être de mon côté et qui pourrait s’opposer à moi. »
« Tu pourrais mourir, Shei. »
« Hughes. Ce n’est pas grave si je meurs. Je régresse. »
C’était justement pour ça qu’elle ne pouvait pas mourir. Le monde recommencerait.
« J’ai du mal à comprendre. »
« Ce n’est pas grave. Je dis simplement que tu n’as pas à trop t’inquiéter pour moi. Je vais essayer de survivre, mais si j’ai quelque chose à gagner même en mourant, ça me suffit. »
Sur ces mots, Shei se dirigea droit vers la chouette. Puis, réalisant que ses bras ne bougeaient toujours pas, elle me demanda de l’aide.
« … Porte-moi. »
« Comment veux-tu que je te porte ? »
« Pourquoi tu poses la question ?! Porte-moi comme tu veux ! »
« Non, je dois aussi m’accrocher à la chouette, alors je n’ai pas de main libre pour te tenir… »
Quand on n’avait pas les mains libres, on se servait d’outils. Je tressai des lianes pour en faire une sorte de harnais, attachai fermement Shei contre moi et m’approchai de la chouette. Elle ne devait pas s’attendre à transporter deux personnes, car ses yeux s’écarquillèrent avant qu’elle ne pousse un hululement.
« Tiens-toi bien pour ne pas tomber. »
À l’instant où je m’agrippai à sa patte, suspendu au cadre de la fenêtre, elle déploya ses ailes et s’élança dans les airs, comme si elle n’attendait que nous. Mon corps se raidit d’un coup. Je me demandai si elle pourrait vraiment supporter mon poids, mais la chouette ne broncha pas. Au contraire, elle accéléra et se stabilisa dans les airs.
Fouuuush. Le vent qui me frôlait le visage se fit plus violent. On aurait dit que des plumes invisibles me lacéraient le corps.
Nous avions dû tomber de très haut, mais notre vitesse ne diminuait pas. Je jetai un regard à la chouette, de plus en plus inquiet, mais elle n’avait pas l’air de faire le moindre effort pour nous tirer de là.
« Ce n’est pas un vol, c’est une chute. On nous a invités à nous suicider ? »
« … Hughes. À la prochaine régression. »
« Tu as déjà renoncé à vivre ?! »
Devais-je sérieusement me préparer à l’impact ? Tandis que je regardais autour de moi avec nervosité, quelque chose jaillit de mon angle mort et passa à toute vitesse au-dessus de la chouette. La créature se mit à notre hauteur par-derrière, puis se rapprocha lentement.
« Une chouette. »
murmura Shei.
La chouette nous rattrapa et se plaça d’un côté de moi, tandis qu’une autre arrivait de l’autre côté. Comme si elles s’étaient concertées, elles m’agrippèrent les épaules et les bras en même temps. Une seule n’aurait peut-être pas suffi, mais avec trois chouettes accrochées à moi, j’eus l’impression que mon corps commençait à remonter.
Le vent faiblit peu à peu et le sol se rapprocha. Les chouettes inclinèrent leurs ailes vers le haut et nous déposèrent doucement à terre.
« Fiu. Fiiiiiu. »
Un bref sifflement retentit. Les chouettes déployèrent leurs ailes et s’envolèrent vers sa source.
Un groupe de personnes, les bras enveloppés de tissu matelassé, les accueillit. Les chouettes se posèrent légèrement sur le tissu et frottèrent leur tête contre eux, tandis qu’on leur donnait des morceaux de viande.
Alors que je reposais Shei, une jeune femme avec une chouette perchée sur l’épaule s’approcha. Ses longs cheveux étaient torsadés et retenus par une épingle. Un tissu teint lui couvrait les épaules et les bras. Elle était vêtue pour être pratique plutôt que belle, et pourtant elle ne pouvait dissimuler son élégance.
La jeune femme me fixa droit dans les yeux et leva un bras à hauteur de son visage. Sans incliner la tête, elle me salua d’un ton désuet.
« C’est avec une profonde tristesse que je vous rencontre, Roi de l’Humanité. »
« Tristesse ? Ce n’est pas ce qu’on dit à quelqu’un qu’on vient de rencontrer. J’apprécie votre franchise, cela dit. »
Je brandis le billet que j’avais détaché de la patte de la chouette et demandai : « C’est vous qui avez écrit ça ? »
« Oui. Le temps presse, partons sans tarder. »
« Attendez. J’aimerais savoir qui vous êtes. Je ne peux pas vous faire confiance et vous suivre sans rien savoir. »
« Alors faisons un compromis. Je vous expliquerai tout en chemin. Je répondrai honnêtement à vos questions ; si mes réponses ne vous conviennent pas, vous pourrez sauter. »
Elle ne tournait pas autour du pot. La situation tournait à leur avantage, mais nous devions effectivement partir au plus vite.
« D’accord, à condition que vous répondiez à mes questions. »
« Votre compagne devrait rester dans vos bras. Elle sera mieux auprès de quelqu’un qu’elle connaît. »
« Je ne le connais pas tant que ça… »
grommela Shei, avant de reprendre sa place. Peu après, un homme portant des branches semblables à des bois de cerf nous amena un immense cervidé. Le grand cerf à la fourrure grise et aux bois imposants avait une selle sanglée sur le dos.
« C’est un familier ? »
« C’est une bête apprivoisée. Elle est douce et ne vous fera pas tomber, à moins que vous ne commenciez à lui arracher les poils. »
Quand je grimpai sur le cerf, il se mit en marche sans qu’on lui donne le moindre ordre. Ses énormes bois semblaient gênants, mais ils brisaient les branches et écartaient les herbes à mesure qu’il avançait.
La jeune femme qui portait la chouette sur son épaule se plaça à ma hauteur pendant que nous chevauchions.
« Si vous avez des questions, n’hésitez pas. »
Très bien. Par quoi commencer ? Je devais lire ses pensées pour évaluer la situation, puis trouver quelles questions pourraient justifier cette lecture des pensées.
« Vous êtes Nenyaph la Guetteuse, la disciple de Nevida. Une druidesse de l’ancien Royaume des Dix Mille et la gardienne de la Forêt du Savoir. C’est bien ça ? »
Shei prit soudain la parole. On aurait dit qu’elle connaissait Nenyaph depuis ses régressions, sans que celle-ci sache qui elle était. Je voyais à peu près ce que ça faisait, mais je baissai la voix et chuchotai pour ne pas trop laisser paraître ma réaction.
« Quoi ? Tu as appris ça en régressant, toi aussi ? »
« Oui. Nenyaph apparaissait brièvement chaque fois que je combattais Nevida. »
Nenyaph ne devait pas s’attendre à ce que nous l’identifiions aussi vite, car une lueur de surprise traversa son esprit.
« … Vous n’avez aucune raison de nous connaître. Même les dieux du ciel et de la terre en seraient stupéfaits. Je comptais répondre à vos questions, et me voilà à devoir les poser moi-même. »
« C’est bien que chacun ait des questions. Mais surtout, Shei vient de vous présenter. Pourquoi nous emmenez-vous ? »
« Pour vous protéger des griffes de Nevida. »
« Non, pas le moyen. Je ne vous demande pas ce que vous comptez faire de nous. Je veux savoir ce que vous cherchez à accomplir en nous aidant à nous évader. »
Comme toute organisation secrète, Nenyaph nous cachait une partie de son plan. Mais puisque Shei avait percé son identité à jour, elle nous dévoila une partie de ses intentions.
« Un druide n’a qu’un seul but : veiller sur l’Arbre-Monde et faire en sorte que toute chose suive l’ordre de la nature. Pour empêcher les péchés du passé de se répéter, nous avons veillé sur l’Arbre de la Corruption et nous nous sommes préparés pour ce jour. »
« Des péchés ? Ah, c’est donc ça que j’ai entendu de la Grande Sorcière ? »
Nenyaph réagit. Elle pensa à la Grande Sorcière avec une pointe de nostalgie, un peu de culpabilité et beaucoup de rancœur, puis demanda : « La Princesse vous a parlé de nous ? Qu’a-t-elle dit ? »
« Elle a dit que les druides avaient brûlé l’Arbre-Monde et qu’elle ne pourrait jamais vous le pardonner. »
« … C’est ce qu’elle a dit ? »
murmura Nenyaph avec amertume, toujours habitée par ces sentiments. Puis, percevant quelque chose, elle leva la tête et regarda autour d’elle.
Kyaaaaaaa…
Le vent pénétrait rarement au cœur d’une jungle aussi dense. Même une violente tempête se brisait contre les arbres antiques, debout depuis des siècles, et leurs innombrables feuilles, avant de se disperser en une faible brise.
Pourtant, un vent inconnu soufflait à présent depuis l’Arbre de l’Origine.
On aurait dit que le souffle de l’Arbre-Monde se répandait dans toute la jungle. Un air humide et sinistre arrivait dans notre dos.
Cette étrange énergie nous atteignit et le cerf paniqua, ruant. Le cortège se désorganisa, et Nenyaph agita le bras pour envoyer la chouette s’envoler.
« … C’est la Princesse. »
« Vous voulez dire la Grande Sorcière ? »
« Oui. Une enfant plus sage et plus intelligente que quiconque, qui s’abandonne désormais à la rage et ne chante que la vengeance. »
Des dizaines, des centaines de bêtes surgirent entre les arbres. La vue de ces animaux en furie galopant dans la nuit évoquait une parade de cent démons. Des dizaines de paires d’yeux étincelèrent en se tournant vers nous.
Alors une voix de perroquet inconnue retentit.
[Bande de salauds… ! Vous avez osé tuer Polly ?! Je vais vous déchiqueter !]
« Je crois qu’elle est furieuse parce que votre chouette a tué un perroquet. »
« Si elle chérissait vraiment les bêtes, elle n’aurait pas partagé son sang maudit pour en faire des familiers. Ce perroquet aurait dû mourir il y a des décennies. La chouette n’a fait que suivre l’ordre de la nature. »
« Non, c’est votre chouette qui l’a tué. »
Évidemment qu’elle serait furieuse qu’on tue son familier, ordre naturel ou pas. Quel culot.
Bien que nous fussions encerclés par les bêtes, Nenyaph sortit son arc avec calme. Il semblait improvisé, comme si elle venait de casser une branche à proximité pour le fabriquer. Même à cheval, Nenyaph banda la corde avec l’immobilité d’un arbre antique.
« Baissez la tête. »
Tenant Shei contre moi, je me baissai aussitôt.
La corde vibra. Nenyaph décocha une flèche. Elle fila presque en ligne droite et se planta dans le cou d’une bête qui courait au loin. L’ombre quadrupède perdit l’équilibre, s’effondra et roula plusieurs fois sur le sol.
La flèche avait assez de force pour transpercer une peau épaisse. Le tir des druides : ils contrôlaient l’élasticité du bois pour décocher leurs flèches.
L’attaque de Nenyaph donna le signal, et les autres druides tirèrent à l’unisson.
« Feu ! »
Les flèches s’abattirent comme une pluie battante. Même à dos de cerf, les druides faisaient preuve d’une concentration stupéfiante et frappaient avec précision les points vitaux des bêtes. Les corps tombés roulaient au sol, bloquant la route à celles qui suivaient. Ils avaient vraiment le savoir-faire de gardiens de la forêt.
Pourtant, la plupart des bêtes touchées se relevèrent aussitôt et repartirent à l’assaut. Leur élan irrésistible ébranla profondément les druides.
« Gardienne, elles ne tombent pas ! »
« Elles possèdent un étrange pouvoir ! Ce doit être… »
En choisissant une autre flèche, Nenyaph murmura : « Les enfants de la Princesse… »
[Nenyaphhh !]
Un oiseau gigantesque apparut devant moi tandis que je chevauchais dans l’obscurité. Il battait des ailes. C’était un aigle royal, dont les ailes étaient assez vastes pour recouvrir le monde et le bec, recourbé. Ce rapace, qui aurait dû contempler la terre avec la fierté du souverain des cieux, me fixait de ses yeux écarquillés… ainsi que Nenyaph.
Il tenait une chouette morte entre ses serres.
Nenyaph observa brièvement sa chouette en signe de deuil, puis dit : « Princesse, comment allez-vous ? »
Un perroquet se posa sur le dos de l’aigle royal. Son plumage différait de celui de Pero, et il cria de rage.
[Comment oses-tu te montrer ici !]
« Je suis venue escorter le Roi de l’Humanité. Laissez-nous partir, je vous prie. »
[Ha ! Tu crois que tu peux te présenter devant moi et repartir indemne ?!]
Le cerf, qui avait déjà ralenti, s’immobilisa bientôt. Ce n’était pas seulement la peur qui le retenait. Nous n’avions plus aucune issue.
Les familiers de la Grande Sorcière apparurent lentement devant nous. Une meute de bêtes féroces, aux dents et aux griffes acérées, nous avait rattrapés et nous barrait la route.
Nous aurions eu peu de chances face à de simples prédateurs, mais il s’agissait des familiers et des serviteurs de la Grande Sorcière. Les membres qu’elle avait créés en guise de parenté après avoir reçu le sang de la Progenitrice. Même les druides ne pouvaient être sûrs de l’emporter contre eux.
Pourtant, Nenyaph descendit de cheval sans se départir de son calme et salua le perroquet.
« Princesse, avez-vous l’intention de répéter ce qui s’est passé ce jour-là ? »
[Quoi ? Tu oses parler de ce jour-là ? Tu m’as trahie et tu as abandonné le royaume !]
« J’ai peut-être trahi le royaume, mais pas l’ordre du ciel. Et vous non plus, Princesse, n’avez-vous pas fini par trahir cet ordre ? Ne nous avez-vous pas aidés ? »
« Aidés ? La Grande Sorcière a aidé les druides ? »
Nenyaph gardait son sang-froid au milieu de cette parade de cent démons. Les druides, qui vivaient en harmonie avec la nature, avaient tendance à se laisser porter comme l’eau suit son cours, mais Nenyaph possédait une assurance d’une tout autre nature.
Comme si elle tenait dans sa main le point faible de quelqu’un.
Jetant un regard dans ma direction, Nenyaph reprit : « On dirait que la Princesse n’a raconté qu’une seule chose au Roi de l’Humanité et lui a caché tout le reste. »
[Qu’y a-t-il de plus à savoir ? Vous avez brûlé l’Arbre-Monde, détruit mon royaume et tué ma mère !]
« … Vous a-t-elle expliqué pourquoi nous avons brûlé l’Arbre-Monde, pourquoi tant de tribus du Royaume des Dix Mille se sont rebellées et quel péché avait commis l’ancienne Reine ? Ne vous en a-t-elle rien dit ? »
[Ce n’était pas un péché ! Il n’existe aucun péché de ce genre dans ce monde ! Et toi, qui as vécu des faveurs du royaume, tu n’as aucun droit de juger la Reine !]
« Cela n’a rien à voir avec ma fonction de Grand Précepteur. Cela n’a rien à voir avec le fait que je sois druidesse. En tant qu’être humain, je n’avais d’autre choix que de m’opposer à l’ancienne Reine pour préserver ma dignité. »
Léopards, hyènes, jaguars, perroquets, faucons, chouettes, chats, écureuils… Des dizaines d’espèces animales nous observaient comme envoûtées. Même en présence de leurs prédateurs naturels, elles ne montraient ni peur ni méfiance tandis que Nenyaph poursuivait.
« Vous le savez, n’est-ce pas ? Vous l’avez vu de vos propres yeux. C’est pour cela que vous ne pouviez plus faire face à l’humanité, n’est-ce pas ? »
[T-toi… !]
Tandis que le perroquet ouvrait et refermait son bec, incapable de poursuivre, Nenyaph se tourna vers moi.
« Roi de l’Humanité, savez-vous comment les hommes-bêtes sont apparus ? »
Pris soudain dans la conversation, je répondis : « Oui. J’ai entendu dire qu’Agartha les avait mis au monde après avoir couché avec le Roi des Bêtes. »
« Les Reines ont hérité, de génération en génération, de l’autorité du souverain. C’était le pouvoir de nouer des liens avec les humains… La Reine, qui pouvait envoûter tout le monde, pouvait aussi communiquer intimement avec un Roi des Bêtes sous forme humaine. Grâce à ce pouvoir, l’ancienne Reine conçut des enfants, non pas avec des humains, mais avec d’autres bêtes. »
J’en avais entendu parler à Ende et j’en appris davantage ici. J’en avais aussi compris une partie en lisant les pensées de la Grande Sorcière. À vrai dire, cela m’avait choqué et désorienté, mais je n’y avais vu qu’un penchant étrange. Il était courant que les puissants, qui avaient tout, recherchent des plaisirs toujours plus extravagants.
« Si tout s’était arrêté là, cela n’aurait pas été contraire à l’ordre de la nature. »
Mais Nenyaph ne s’adressait pas à moi. Elle se servait seulement de moi pour remuer les souvenirs douloureux de la Grande Sorcière.
« Il ne peut y avoir qu’une seule personne qui enfante. Les Reines ont mis au monde plusieurs hommes-bêtes au fil des générations, mais ces êtres sont comme des mutations qui apparaissent puis disparaissent soudainement. Ils ne survivent pas, ou se fondent parmi les autres humains en se mêlant à eux. Tout au plus pourraient-ils former une petite tribu. »
Il y avait des hommes-bêtes comme les centaures, qui n’avaient pu préserver leur espèce qu’en s’accrochant à la Progenitrice. Personne ne pouvait même savoir si des espèces d’hommes-bêtes aujourd’hui complètement éteintes avaient jamais existé.
Pourtant, contrairement à eux, certains hommes-bêtes prospérèrent.
Bien trop.
« Ce n’était pas ce que voulait la Reine. Elle souhaitait que les hommes-bêtes deviennent… un peuple. Qu’ils deviennent le peuple-roi des hommes-bêtes. »
Les hommes-bêtes étaient nombreux. Ils avaient dépassé le stade de la tribu ou de la race et devenaient une humanité à part entière. Leur nombre défiait le bon sens. Ils ne s’étaient pas multipliés pendant plusieurs milliers d’années et ne donnaient pas naissance à de nombreux petits en une seule portée comme les véritables bêtes. Ils étaient tout simplement trop nombreux pour provenir d’un seul être humain.
« Le fruit de chair que la Princesse avait créé par bonté devait nourrir tous les peuples. La Reine vola l’énergie vitale de l’Arbre-Monde et transforma ces fruits de la corruption… en êtres qui enfantaient des peuples. »
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