Chapitre 552
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Traducteur : Hydrogen B
Éditeur : Hydrogen B
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Chapitre 552 : Civilisation contre barbarie
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Mugul avait pris le contrôle d’une tribu entière et réduit ses membres en esclavage. Certains avaient même fait office de larbins sans savoir qu’ils étaient destinés au sacrifice. En comptant ceux enfermés dans la prison souterraine, ils étaient six cents au total.
Après avoir renvoyé ceux qui pouvaient se débrouiller seuls et avaient encore un foyer où retourner, il en resta trois cents.
Trois cents réfugiés sans personne vers qui se tourner ni aucun lien sur lequel s’appuyer.
Dans une jungle où les gens vivaient en tribus, trois cents personnes, c’était énorme. Rares étaient ceux capables de compter jusque-là. Dans cette contrée hostile et dangereuse, un seul endroit pouvait accueillir tant de monde à la fois.
Le Village des Mortels.
« Ouah ! Vous avez vraiment réussi ! »
Après deux jours entiers de voyage, la régresseuse et moi conduisîmes les trois cents personnes jusqu’au Village des Mortels. Prévenu à l’avance, Rashy vint accueillir les réfugiés accompagné de plusieurs immortels.
« Deux cents victimes sacrificielles ? Quel rituel atroce comptaient-ils accomplir ? Monsieur, jeune homme, merci d’avoir aidé cette contrée comme si elle était la vôtre, alors que vous êtes des étrangers ! »
Rashy nous exprima sans détour sa gratitude : nous avions sauvé la vie des mortels, tout simplement. Quelques immortels venus avec lui, en revanche, parurent embarrassés à la vue des réfugiés que nous avions amenés.
« Trois cents ? Un, deux… dix. Non, je n’ai pas assez de doigts. Hé, ça fait combien, trois cents ? »
« Comment tu veux que je le sache ? Ça fait un sacré paquet ! Ils sont combien, maintenant ? Le Village des Mortels va déborder ! »
« Ils ont tous l’air à moitié morts. On aura assez de nourriture ? Ne me dites pas qu’il va falloir la leur fournir ? »
Le Village des Mortels avait été fondé grâce à la sollicitude des immortels envers les mortels qui avaient perdu leur foyer pour une raison ou une autre. Mais même s’ils ne pouvaient pas mourir, cela ne voulait pas dire qu’ils pouvaient supporter la faim. Ceux qui ne mouraient pas avaient quand même besoin de manger pour se déplacer.
Face aux pénuries alimentaires qu’entraîneraient ces trois cents bouches supplémentaires, les immortels prirent la question très au sérieux. Jambe gauche s’avança pour exprimer toutes leurs inquiétudes.
« Bras droit. Vos invités ont accompli quelque chose d’extraordinaire. Ce cruel sorcier aurait fini par s’en prendre à notre village, lui aussi. Vos invités ont donc également aidé notre village. »
Rashy répondit avec entrain.
« Vous voyez ? Même les gens venus d’au-delà de la steppe connaissent l’honneur ! Ne devrions-nous pas leur rendre la pareille d’une façon qui ne nous fasse pas honte ? »
« Ah, bien sûr, Bras droit. Nous comptons naturellement reconnaître les gens venus d’au-delà de la steppe comme des Guerriers du Roi et les traiter en conséquence. Mais… »
Jambe gauche secoua de nouveau la tête en observant les trois cents réfugiés.
« Je suis désolé pour vos invités, mais nous ne pouvons pas les accueillir. »
« Vous le pensez vraiment, Jambe gauche ? »
« Le Village des Mortels est un refuge que nous avons aménagé dans un coin de notre territoire. Dès qu’ils y entrent, ils deviennent nos mortels, et nous devons veiller sur eux et les protéger. C’est ainsi que les immortels vivent aux côtés de ceux qui meurent facilement depuis l’époque de la Reine. »
« Tu le sais, alors pourquoi veux-tu abandonner la tradition ? »
« C’est justement pour cela, Bras droit. Nous aussi, nous devons manger. »
Jambe gauche expliqua son refus en termes très concrets.
« Jusqu’ici, nous avons laissé la population du Village des Mortels augmenter. Il nous suffisait de chasser un peu plus et de cueillir quelques fruits supplémentaires. Mais avec trois cents personnes de plus… il nous faudra chasser tous les jours, sans exception. »
« Et alors ? Nous ne nous fatiguons pas. Nous pouvons chasser jusque dans la lointaine steppe et ramener trois buffles d’eau ! Si ce n’est pas nous, qui le fera ? »
« Bras droit. Tous les membres de la tribu ne sont pas comme toi. »
« Qu’est-ce que tu veux dire ? »
« Nous ne pouvons pas partir chasser pendant des jours pour nourrir les mortels. Nous avons des foyers à entretenir, des offrandes à faire et des enfants à élever. »
Même survivre dans cette jungle hostile était difficile. Les immortels ne risquaient pas de mourir, mais ils n’en avaient pas moins toutes ces responsabilités.
La nourriture était la plus urgente d’entre elles. Chasser avait l’air simple, mais rivaliser avec des bêtes puissantes et dangereuses pour obtenir de la viande était une tâche pénible, même pour des immortels.
« Si nous les nourrissons tous, les bêtes finiront par disparaître. Un jour, les mortels nous quitteront. Nous ne pouvons pas bouleverser l’équilibre de cette contrée pour eux. »
« Hum… »
Rashy, soudain pris entre les deux camps, parut mal à l’aise. La régresseuse et moi avions vaincu le mage noir et amené les réfugiés jusqu’ici. Il ne pouvait pas simplement les mettre à la porte devant nous sans perdre la face.
Mais Rashy vivait dans ce village. Il ne pouvait donc pas faire abstraction des problèmes concrets soulevés par Jambe gauche.
Le silence s’éternisa. La régresseuse, qui avait attendu patiemment, finit par perdre patience et demanda :
« Pourquoi ? Vous allez les jeter dehors ? »
« Attends un peu. Il doit bien y avoir une solution. »
« Non, faites comme vous voulez. C’est votre village. Si vous ne les acceptez pas, je ne peux pas vous forcer la main. J’ai fait ce que je pouvais, et vous faites ce que vous pouvez. »
« Tuer ce mage noir, c’était vraiment tout ? La mission est terminée, et il ne reste que cette corvée pénible. Il n’y aurait pas une autre révélation ou quelque chose du genre ? »
Malgré le ton froid de la régresseuse, elle était visiblement mécontente. Même Rashy, d’ordinaire si jovial, pesait ses mots en sa présence.
Il n’y avait pas de réponse immédiate à un problème aussi concret. La réalité était froide, tout simplement. Jambe gauche prit la parole.
« La décision est prise. Nous partagerons un peu de nourriture avec eux, puis ils pourront retourner là d’où… »
« Attendez. Ce n’est pas fini. »
À cet instant, Callis apparut de l’autre côté du Village des Mortels, accompagnée de la milice du village. Après avoir demandé aux habitants de s’occuper des réfugiés, elle s’avança seule entre Rashy et Jambe gauche.
« Jambe gauche. Si je trouve un moyen de résoudre le problème alimentaire, puis-je les accueillir ? »
Callis se tenait les bras croisés, le menton relevé, et s’adressait à Jambe gauche. Il répondit avec une réticence et un malaise évidents.
« … La compagne de Bras droit. »
Tiens. Voilà qui était inhabituel. Jambe gauche, qui avait toujours été aussi détendu et franc qu’un immortel se devait de l’être, était étrangement tendu en présence de Callis.
« La méthode dont tu m’as parlé la dernière fois ? »
« Je n’ai pas été assez claire. Il s’agit de culture sur brûlis. Nous brûlons une partie de la forêt pour en faire des champs. »
« Tu veux donc répandre le feu du diable sur les terres du Dieu de l’Offrande ? »
« Ce n’est ni le feu du diable ni la terre du Dieu de l’Offrande. Cette officière… Non, je ne brûlerai que les forêts qui peuvent l’être, sous un contrôle strict. »
Ah, cela faisait longtemps que je n’avais pas vu la mentalité de l’État militaire à l’œuvre. Si la population dépassait les ressources disponibles, il fallait agrandir les terres cultivables. Une réponse typique de l’État militaire : entièrement tournée vers l’objectif, limpide, mais difficile à accepter.
Était-ce là la réponse de la civilisation à la barbarie ? Callis expliqua les choses avec assurance.
« On délimite une partie de la forêt et on y met le feu. On laboure le sol mêlé de cendres et de petites branches. On y disperse des graines, puis on fait pousser des cultures. Si l’on procède correctement, cela prend du temps, mais en combinant cette méthode à une magie normalisée, on peut accélérer chaque étape et obtenir des résultats rapidement. »
« Ici, sur les terres où réside le Dieu de l’Offrande, il pleut tous les jours. La forêt ne prendra pas feu si facilement. »
« Nous pouvons fabriquer du combustible grâce à l’alchimie. »
« Alchi… quoi ? »
« Disons que c’est une technique secrète de sorcière. C’est moins mystérieux et plus méthodique que ça. »
« Quelle absurdité… »
« Non, monsieur Jambe gauche. C’est possible ! »
Ça devenait intéressant, non ? Je me mêlai aussitôt à la conversation pour appuyer les dires de Callis.
« Si vous abattez les arbres, je peux pratiquer une alchimie élémentaire. Regardez. Séparer l’eau du bois pour obtenir à la fois du combustible et de l’eau potable, c’est facile ! »
Joignant le geste à la parole, je cassai une bûche en deux et en séparai l’humidité par une alchimie élémentaire. Jambe gauche fronça les sourcils en regardant les gouttes tomber du bois.
« Hum. Et combien de temps te faudra-t-il pour transformer toute cette vaste forêt de cette manière ? »
« Ah, ne vous inquiétez pas pour ça. Callis était officière magicienne dans l’État militaire, alors elle a pas mal de mana. Et je peux l’aider si besoin. »
Quand je me portai garant d’elle, Jambe gauche parut deux fois plus contrarié. Je lui adressai un grand sourire et ignorai son regard agacé.
Ce n’était pas comme si je tenais particulièrement à aider Callis. Mais ce serait dommage de laisser rejeter la propagation, certes brutale mais rationnelle, de la civilisation de l’État militaire, simplement parce qu’ils n’y croyaient pas. Il suffisait de leur donner confiance. Rien de plus.
« Les haricots poussent là où l’on plante des haricots, et les haricots rouges là où l’on plante des haricots rouges. Même si nous aménageons des champs, qu’est-ce que nous sommes censés y cultiver ? »
« L’État militaire fournit des graines de haricots chimères aux officiers de terrain qui mènent des opérations indépendantes, pour qu’ils puissent subvenir à leurs besoins. J’en ai aussi. »
« Tu te promènes avec des graines sur toi ? Hum… »
« Waouh. J’en avais entendu parler, mais tu en as vraiment sur toi ! C’est vrai, ce sont des graines de haricots chimères ! »
On dirait une invention, pas vrai ? Pourtant, l’État militaire le fait vraiment. Je m’empressai de confirmer ses dires au cas où ils ne la croiraient pas. Jambe gauche et les autres immortels hésitèrent en regardant les graines que Callis leur tendait.
« Il n’y en a même pas beaucoup. Combien de temps faudra-t-il pour en faire pousser assez pour nous nourrir ? »
« Ne vous inquiétez pas. Les haricots chimères absorbent aussi la vitalité des autres plantes. Une fois qu’ils ont atteint une certaine taille, on peut les greffer pour les multiplier. Cela prendra un peu de temps, mais… »
« Les multiplier ? Si c’était aussi simple… »
« Ah, et j’ai aussi les pouvoirs d’une druidesse. S’il y a des champs, je peux aider les cultures à pousser, dans une certaine mesure. »
Joignant encore une fois le geste à la parole, je fis bourgeonner des feuilles sur une branche desséchée. Les immortels réagirent plus vivement encore.
Les habitants du Royaume des Dix Mille ne connaissaient peut-être ni la magie ni l’alchimie, mais ils connaissaient le druidisme. Personne ne pouvait mettre en doute les compétences d’un druide en matière d’herbes et d’arbres.
Leurs arguments contre le projet perdaient de leur force à vue d’œil. Jambe gauche n’en était plus qu’à chercher des défauts, comme un vieil homme tatillon.
« Et si le feu se propage ? »
« Ah, je l’arrêterai. Si je coupe l’air avec Chanteciel et que je divise le sol avec l’Épée terrestre Jizan, le feu ne pourra pas se propager. »
La régresseuse, qui craignait sans doute qu’ils ne la croient pas, le démontra elle-même. Quand elle brandit Chanteciel vers un feu de joie un peu plus loin, les flammes vacillèrent de façon anormale, comme si un mur invisible les retenait.
Toutes les inquiétudes des immortels, tous les arguments qu’ils auraient pu avancer contre le projet, avaient perdu leur force. Puisque la régresseuse et moi soutenions Callis, ils ne pouvaient pas non plus faire comme si de rien n’était. Il ne leur restait plus qu’à choisir.
Chasser les réfugiés ou les accueillir.
Que choisiraient-ils ?
Après avoir longuement réfléchi, Jambe gauche finit par arracher une réponse à sa bouche.
« … Nous ne pouvons pas prendre cette décision à la légère. Nous devons en parler aux prêtresses du Dieu de l’Offrande. À Œil, Nez, Bouche et Oreille. »
Il allait remettre sa réponse à plus tard. C’était le choix que l’humanité avait le plus souvent fait au cours de l’histoire, et celui qui avait produit les meilleurs résultats. Éculé, mais efficace.
Le temps ne jouait cependant pas en faveur des immortels. Reporter la décision revenait à maintenir la situation en l’état pour le moment. Ils ne pouvaient pas renvoyer trois cents réfugiés avant d’avoir tranché.
Callis sourit comme une victorieuse.
« Alors, nous devrions les prendre en charge jusqu’à ce que nous ayons parlé aux prêtresses. »
Jambe gauche claqua bruyamment la langue. N’importe qui pouvait voir qui avait gagné et qui avait perdu.
C’est ce qui rendait la situation intéressante.
La Callis que j’avais connue dans l’État militaire était une femme sans scrupules, prête à commettre les pires saloperies pour gagner du pouvoir. Rashy, lui, était un immortel généreux et bienveillant.
Et pourtant, à présent, Callis cherchait à protéger les réfugiés, tandis que les immortels, pourtant si généreux, hésitaient à les accueillir.
Je souris et lus ses pensées.
« Plus la population du Village des Mortels augmente, plus mon influence grandit. Je suis venue ici en suivant Rashy, mais ça ne veut pas dire que je peux rester sans rien faire. Cet endroit est trop arriéré et barbare. Je dois faire progresser la civilisation du Village des Mortels jusqu’au niveau d’un village frontalier de l’État militaire, au minimum. »
Callis n’avait pas renoncé à son ambition. Seule sa cible avait changé.
« J’ai instauré des exercices militaires. L’éducation progresse bien aussi. Les barbares qui ont perdu leur foyer et se sont installés au Village des Mortels admirent ma démarche et mes vêtements, et ils apprennent avec enthousiasme. Il ne manque plus au Village des Mortels que la force et l’autonomie. Rien de plus. »
Un environnement différent n’effaçait pas une vie entière. Callis, qui traçait des plans précis et les exécutait comme une opération, pensait toujours comme une femme de l’État militaire.
« Et puis, un jour, mon enfant… n’aura pas à vivre comme un barbare. »
Tout cela n’était pas seulement une question de pouvoir.
Les immortels, Jambe gauche compris, ne le voyaient pas aussi clairement que moi, mais ils pressentaient vaguement les intentions de Callis.
L’ambition de Callis n’était pas la seule raison pour laquelle ils avaient rejeté les réfugiés, mais elle y était certainement pour quelque chose.
« La compagne de Bras droit. »
Jambe gauche, qui avait mieux que quiconque compris le cours des choses, interpella Callis à voix basse. Il ne l’appela ni par son nom ni par son titre. Juste « la compagne de Rashy ».
« Ne dépasse pas les limites. Tu as beau être la compagne de Bras droit, tu n’es qu’une mortelle. Une amie qui meurt facilement, sous notre protection… »
Qu’elle soit la compagne de Rashy, la cheffe du Village des Mortels ou quoi que ce soit d’autre, Callis n’était qu’une mortelle. Jambe gauche désigna le brassard rouge noué autour de son bras en la mettant en garde.
Rashy s’écria :
« Jambe gauche ! »
« Bras droit. Si tu es des nôtres, prends mieux soin de ta compagne. Nous avons offert aux mortels un refuge où vivre sans craindre pour leur vie, pas le droit de nous donner des ordres. Tous ceux qui viennent d’au-delà de la steppe ne peuvent pas devenir Reine. »
Oh ? C’était donc comme ça qu’il comptait s’y prendre ? Après tout, il avait bien le droit de faire la vie dure aux nouveaux venus. Voilà une réaction bien mesquine de la part de quelqu’un qui se vantait tant d’être un immortel.
Je regardai la scène comme si elle ne me concernait pas, quand Jambe gauche posa soudain les yeux sur le brassard autour de mon bras et prit la parole.
« Et toi. Toi qui viens d’au-delà de la steppe. »
« Oui ? Moi ? »
« Oui. Si tu es aussi un mortel, souviens-toi de mes paroles. »
Pourquoi s’en prendre à moi, tout à coup ? Je n’allais même pas vivre au Village des Mortels. J’étais un voyageur qui repartirait un jour.
« Jambe gauche. Ça suffit. »
« Bras droit. Nous aussi… »
« Non. Ce n’est pas pour moi, mais pour toi. Tu peux le défier, mais tu ne dois pas le mépriser. Monsieur est… »
J’appréciai que Rashy s’inquiète pour moi, mais je comprenais aussi Jambe gauche. J’interrompis Rashy et lui dis : « Ça va, Rashy. C’est moi qui ai un peu dépassé les limites. »
« Monsieur, je suis désolé. Vous nous avez aidés, mais… »
« Non, non, non. Je ne suis pas vexé, ou quoi que ce soit. Je le pense vraiment. Un étranger qui repartira un jour n’avait pas à se mêler de cette décision. Je me suis contenté de proposer mon aide. La décision vous appartient entièrement. »
C’était vrai. Je ne faisais que présenter des choix aux gens pour les empêcher de détourner le regard.
S’ils fermaient les yeux, je leur attrapais les paupières pour les forcer à les rouvrir. S’ils se bouchaient les oreilles, je leur pinçais les lobes et leur enfonçais la vérité dans le crâne. S’ils refusaient de réfléchir, je touchais le fond de leur cœur pour les obliger à affronter la réalité.
Mais si tel était leur choix, je le respectais malgré tout.
« Bien. Laissons-en là, d’accord ? Nous aussi, nous avons besoin de nous reposer, et vous autres, les immortels, vous devez discuter maintenant. »
Je frappai dans mes mains pour clore la réunion, et celle-ci prit fin comme si tout le monde n’attendait que ça. Jambe gauche partit rejoindre les prêtresses avec les autres immortels, tandis que Callis conduisit la milice du Village des Mortels vers les réfugiés.
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