Chapitre 549
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Traducteur : Hydrogen B
Éditeur : Hydrogen B
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Chapitre 549 : Trouver un sacrifice, c’est aussi du travail
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Les singes étaient passés maîtres dans l’art de grimper aux arbres. Bien qu’ils ne fussent pas des hommes-bêtes, la tribu Hanuman avait conclu un pacte avec le Roi des singes depuis fort longtemps et reçu une part de ses pouvoirs. Ils pouvaient courir sur la cime des arbres comme s’ils foulaient un sol plat.
Ils exploitaient leur talent à merveille et traversaient la jungle à une vitesse inégalée. Ils vivaient dans les arbres, dérobaient tout ce dont ils avaient besoin, puis s’enfuyaient.
Ce raid sur le Village des Mortels ne faisait pas exception. Les immortels avaient beau être puissants, ces gens de la terre étaient lents et patauds. La tribu Hanuman était certaine de pouvoir les semer.
Et elle était tout aussi persuadée que rien ne lui arriverait si elle enlevait un enfant du Village des Mortels plutôt que celui d’un immortel.
« Ukiyak ! Tu avais dit qu’il n’arriverait rien ! »
Un masque de singe poussa un cri de panique.
« C’est un esprit du vent ! Il est furieux, il va nous arriver malheur ! »
« On s’était préparés à se faire des ennemis de ces fichus gens de la terre, mais qui aurait cru qu’il y aurait aussi un esprit ?! »
« Si on avait su que ça tournerait comme ça, on n’aurait jamais attaqué le Village des Mortels ! »
Ce n’était pas un esprit du vent, mais la régresseuse, qui maniait Chanteciel. Pour eux, cela ne changeait rien. Si la régresseuse était furieuse, il leur arriverait de toute façon des malheurs.
Peut-être même pires que si un esprit du vent s’en prenait à eux.
« Oubliez le sacrifice. Il faut filer ! »
« Et qu’est-ce qu’on fait de ça ? On a sacrifié cinq des nôtres pour ramener cette offrande ! »
Un masque de singe désigna l’enfant dans le sac. Celui qui semblait être leur chef, avec son masque poilu évoquant un lion, s’écria aussitôt :
« Pourquoi tu poses la question ? Tue-le et suspends-le quelque part ! »
« M-mais si l’esprit du vent se met vraiment en colère ? »
« Le mieux, c’est de s’en laver les mains et de fuir ! Ukikiki. Si on part ailleurs, qu’il s’agisse d’un esprit du vent ou d’autre chose, ça ne changera rien ! »
Le chef au masque de singe jeta le sac par terre sans ménagement. L’enfant à l’intérieur, qui retenait son souffle de terreur, poussa un gémissement.
« Aïe… Aowa… »
« Un léopard va le déchiqueter si on le laisse là ! »
Le chef au masque de singe tendit les deux mains vers le cou de l’enfant, avec l’intention de le briser de ses poignes puissantes.
Mais le masque de singe aurait dû se méfier davantage de l’esprit du vent. Aussi froide qu’elle fût, la régresseuse n’allait pas rester là à regarder un enfant kidnappé se faire tuer.
Pas qu’elle fût si froide que ça, à la base.
« Kiiiiiiik ! »
Le sang jaillit lorsque le bras du chef au masque de singe fut violemment repoussé par une lame de vent invisible. Tandis qu’il se tordait de douleur, la régresseuse bondit comme l’éclair et envoya valser le masque de singe qui gardait l’enfant.
Elle fixa le chef au masque de singe.
« On dirait que la filature s’arrête là. Rien à redire, Hughes ? »
« Bien sûr que non. C’est aussi là que la bénédiction de la Sainte Vierge nous a conduits, n’est-ce pas ? »
La régresseuse souleva nonchalamment un vent qui fit reculer les masques de singe en titubant. Le sac contenant l’enfant descendit lentement, porté par la brise.
Rashy bondit et rattrapa l’enfant d’un seul geste. Il caressa l’enfant terrorisé, l’air profondément attristé.
« Comment un mortel peut-il traiter ainsi, avec tant de légèreté, la vie d’un autre mortel ? La tribu Hanuman a-t-elle perdu toute fierté et toute décence ? »
« Ukiit. Qu’est-ce que vous autres, gens de la terre qui avez eu la chance d’obtenir des pouvoirs, pouvez bien savoir… ?! »
Le chef au masque de singe se cramponna à son bras ensanglanté et cria :
« Vous autres, immortels, ne pouvez pas comprendre ! Pour survivre, nous devons offrir des sacrifices ! Nous devons en faire aux grands esprits et à la belle Reine, puis acquérir des pouvoirs si nous voulons rester en vie ! »
« Il existe bien des façons de vivre sans sacrifier les enfants des autres. J’en ai vu au-delà de la Grande Steppe. »
« Au-delà de la Grande Steppe ? C’est possible là-bas justement parce que c’est au-delà de la Grande Steppe ! Pas ici ! »
Le chef au masque de singe remua les doigts en poursuivant :
« Cette terre est gouvernée par des sorcières, des bêtes, des esprits et la Reine ! Sans force, sans rien sur quoi s’appuyer, on se fait abandonner et dévorer comme des chiens ! Vous qui avez eu la chance d’offrir vos corps pour devenir immortels… Vous ne pouvez pas comprendre ceux qui luttent désespérément pour survivre ! »
Le chef au masque de singe tira alors de ses vêtements une bourse de cuir remplie de poison préparé à partir de venin d’insecte. Il l’écrasa d’une seule poigne et la lança dans notre direction.
« Kikiki ! Du venin de fourmi ! Vous allez mourir couverts de poison ! »
Pourtant, l’atout du chef au masque de singe ne servit à rien.
Clic.
La régresseuse rengaina Chanteciel. Au même instant, des dizaines de branches furent tranchées et tombèrent toutes à la fois. Parmi les innombrables feuilles se trouvait la main ensanglantée d’un masque de singe.
Un instant plus tard, le vent balaya les lieux et les masques de singe accrochés aux arbres s’agitèrent en tombant au sol.
Même la bourse de venin, leur atout, tomba tranquillement par terre, enfermée dans le tourbillon de Chanteciel.
« Du poison ? C’est dépassé. Qui se fait encore avoir par ce genre de trucs ? »
Depuis l’apparition des arts de l’aura, les méthodes d’attaque asymétriques comme le poison et les malédictions avaient presque disparu. Elles ne pouvaient même pas pénétrer le corps d’un pratiquant de l’aura et, quand bien même elles y parvenaient, il était difficile d’en prendre le contrôle. Un poison qui arrêtait le cœur ? Il suffisait de le comprimer avec l’Art du qi aquatique. Le poison n’avait plus sa place à l’ère des arts de l’aura.
Mais les arts de l’aura étaient peu connus dans cette terre barbare, alors ses habitants continuaient d’utiliser du poison.
« Ukiki… »
« L’esprit est furieux… »
Les masques de singe rampaient par terre, leur combativité éteinte. La régresseuse maîtrisait les lieux grâce au vent et les toisa.
« Bon. Vous n’avez qu’un choix : mourir en silence ou tout me raconter avant de mourir. Qu’aviez-vous l’intention de faire de l’enfant ? »
« Madame Shei, vous croyez vraiment qu’ils vont parler si vous les menacez aussi franchement ? »
« Ukiki… Il devait être offert à l’autel d’Ankha, le démon dévoreur de mille… »
« Non, vous allez vraiment nous le dire ? »
Il était absurde d’espérer que des barbares fassent preuve d’une loyauté qui les pousserait à sacrifier leur vie. Et pourtant, ils avouaient docilement, alors qu’on venait de leur annoncer qu’ils allaient mourir ?
Les barbares Hanuman baissèrent la tête devant la régresseuse et déballèrent tout.
« N-nous y avons été forcés ! Ankha, le démon dévoreur de mille, a besoin de mille âmes en sacrifice. On nous a promis un pommier pour chaque personne que nous leur ramènerions. »
« Le démon dévoreur de mille ? »
« C’est un puissant démon des temps anciens qui dévore mille personnes ! Ils ont dit qu’ils nous mangeraient en premier si nous ne les aidions pas. Ukiki ! Nous avons enlevé des enfants uniquement pour pouvoir survivre, nous aussi ! »
Comme ils s’étaient montrés dociles dès le début, la soif de sang de la régresseuse envers la tribu Hanuman s’apaisa.
Ils parlaient d’un esprit, mais leur soumission inconditionnelle à une personne puissante, capable d’user d’une force qu’ils ne comprenaient pas, constituait leur propre stratégie de survie.
« Il doit être assez célèbre pour avoir un titre. Il s’agit forcément de l’antique mal dont Maiél m’a parlé. »
« Rien que d’en entendre parler, ça fait peur. Vous pouvez le battre, madame Shei ? »
« Bien sûr. Les démons ne sont pas si puissants. Plus de mille ans se sont écoulés depuis la Première Année, et leurs pouvoirs se sont presque évanouis. Même s’il ressuscite grâce aux sacrifices, il n’héritera que d’une partie de sa puissance. Il ne sera pas aussi fort qu’à l’époque. »
Un démon dont je ne me souviens même pas ne devait pas être si puissant, à la base. Maiél ne m’enverrait jamais affronter un ennemi impossible à vaincre. Réglons ça vite. Je n’ai rien de particulier à faire sur les terres de l’ancien Royaume des Dix Mille, de toute façon. Le seul dieu démoniaque qui s’y trouve, c’est l’Arbre de la Corruption…
Se sentant déjà bien plus légère, la régresseuse interrogea les masques de singe.
« Dites-moi où ils se trouvent. Et je vous laisserai la vie sauve. »
À ces mots, les masques de singe reprirent espoir et répondirent à la hâte :
« L’Autel des ossements ! Ukiki. Ils sont à l’Autel des ossements ! Pour ce qui est de l’endroit où il se trouve… »
C’est alors que l’un des masques de singe, qui rampait faiblement au sol, se redressa d’un bond. Une aura sinistre émanait de lui. Il leva les bras et se brisa les deux articulations.
Crac.
Un craquement écœurant, à vous faire frissonner, retentit et les bras des masques de singe se tordirent tous à la fois. Leurs membres anormalement longs se plièrent dans des angles grotesques, offrant un spectacle terrifiant.
« Kiiiiik ! »
« Kiiiik ! »
Les masques de singe s’effondrèrent en hurlant, terrassés par la douleur inattendue. Au milieu de leurs membres qui se tordaient tous à la fois, seul celui qui s’était brisé les bras se tenait debout, laissant échapper un rire sinistre comme s’il ne ressentait aucune douleur.
« Sales singes. Je savais que ça finirait comme ça, alors je vous avais empoisonnés à l’avance. »
La régresseuse leva Chanteciel pour tuer l’étrange masque de singe, puis s’arrêta, alertée par une sensation désagréable.
« De la magie noire ? »
Les humains se ressemblaient plus qu’à n’importe quelle autre espèce. Par conséquent, pour utiliser une magie qui leur faisait du mal, le moyen le plus simple et le plus pratique consistait à se servir d’un corps humain comme support.
C’est ce principe qui avait donné naissance à la magie noire, une magie qui prenait le corps pour support. Elle était puissante et facile à utiliser, mais abîmait le corps de son lanceur…
« Tu es une marionnette ? On dirait que tu n’as pas le courage de te montrer sous ta véritable apparence. »
« Kiki. C’est évident, non ? Inutile d’exposer mon vrai corps pour me débarrasser de bêtes pareilles. »
Le masque de singe sourit méchamment sous son masque.
Se servir de son propre corps comme support permettait de lancer facilement de puissants sorts. Mais même les mages noirs tenaient à leur corps. Ils avaient donc imaginé des moyens de pratiquer la magie noire tout en se protégeant.
La méthode la plus barbare, et la première à avoir été utilisée, était le sacrifice. Le support n’avait pas à être le corps du lanceur.
« Quel gâchis, quel gâchis. Ces sales singes étaient stupides, ils étaient donc si faciles à manipuler… Mais à cause de vous, je vais perdre une des marionnettes que j’ai mis tant d’efforts à préparer. »
« Tant d’efforts pour rien. Tu aurais pu simplement embaucher quelqu’un avec de l’argent, plutôt que de fabriquer une marionnette pareille. »
La régresseuse lui répondit avec mépris.
La magie noire semblait pratique et sans risque, mais il n’existait pas de pouvoir plus coûteux à employer.
Écrire avec son propre corps était facile. Faire écrire chaque lettre à quelqu’un d’autre, une à une, relevait de l’impossible, surtout si cette personne résistait. Pour utiliser correctement un sacrifice, il fallait recourir au poison et aux drogues afin de lui ôter sa volonté et de maîtriser son corps. À ce stade, toute rentabilité avait déjà disparu.
Et était-il si facile de trouver des gens à sacrifier ? À moins qu’un sacrifice n’en rapporte au moins un autre, les comptes ne tombaient pas juste. Si le sacrifice résistait et que son corps était abîmé, sa valeur chutait brutalement.
On disait que les mages noirs avaient disparu parce qu’ils voulaient obtenir facilement du pouvoir, mais seuls ceux qui n’y connaissaient rien pouvaient dire ça. Les mages noirs avaient leurs propres difficultés. Les plus modestes peinaient à survivre au quotidien.
« C’est peut-être vrai pour les gens qui vivent au-delà de la Grande Steppe, mais, par ici, la peur et le désir comptent plus que l’argent. Les marionnettes coûtent bien moins cher. »
Pourtant, un mage noir qui surmontait toutes ces difficultés et parvenait à s’établir devenait un monstre qui dévorait avidement des vies humaines. Le mage noir qui contrôlait le masque de singe devant nous était de ceux-là.
La régresseuse baissa la voix.
« Tu comptes ressusciter un dieu maléfique ? »
« Évidemment. N’est-ce pas le rêve de tout mage noir ? »
« Arrête de perdre ton temps. »
« Kikiki. Tu as peur ? Mais qu’est-ce que tu peux y faire ? C’est exactement ce que je veux ! »
Le masque de singe écarta largement ses bras brisés. Le sang coulait et des os tordus en pendaient, mais il riait comme un fou, comme si cela n’avait aucune importance.
« Je ressusciterai le dieu maléfique et ne ferai plus qu’un avec lui ! Ensuite, j’éliminerai les vestiges de la Reine encore répandus sur cette terre et je m’élèverai au rang de nouveau dieu ! Kikiki ! Cette terre retrouvera sa grandeur ! »
Malgré cette déclaration grandiose, la régresseuse répondit d’un ton las :
« Non. Je ne sais pas quel dieu maléfique tu essaies de ressusciter, mais il sera si faible que je le tuerai même si tu y parviens. Alors arrête. »
La réponse l’avait peut-être pris de court. Le masque de singe demeura figé, les bras écartés. Il espérait sans doute qu’elle plaisantait, mais la régresseuse pensait chaque mot.
Dévoreur de mille ? Je n’en ai jamais entendu parler lors de mes cycles précédents. Je n’ai été désignée que cette fois-ci, mais si Maiél l’a prévu, c’est qu’il a forcément été vaincu. Le Sanctuaire ne tolérerait jamais un dieu maléfique pareil.
Plus la vérité était simple, plus elle faisait mal. Le sang ruisselant sur son corps, le masque de singe s’agrippa à son masque et éclata d’un rire fou.
« Kikiki. Humains arrogants qui avez traversé la Grande Steppe. Vous avez toujours été comme ça… Vous vous moquez de tout ce qui existe sur cette terre, vous le piétinez et le détruisez, puis vous prétendez nous corriger… Comme si c’était nous qui avions tort ! »
Des veines saillirent sous les vêtements du masque de singe. En un instant, une puissance immense bouillonna dans la marionnette. Brûlant toute sa force vitale comme un combustible, elle se drapa de flammes fantomatiques et chargea la régresseuse telle une bête.
« Je vais te tuer et offrir ton cadavre en sacrifice ! Tu riras encore quand… »
« C’est drôle. »
Pour être honnête, la puissance que le masque de singe déployait n’avait rien d’impressionnant.
Au cours de mon périple, j’avais croisé bien trop d’adversaires légendaires. Comparé à eux, un mage noir — et même pas le mage noir lui-même, mais une simple marionnette…
Désolé de le dire, mais même moi, je pouvais le battre.
Des dizaines de lames de vent déchiquetèrent le masque de singe. S’il avait appris les arts de l’aura, des lames de vent comme celles-là n’auraient pas fonctionné. Mais il était difficile pour un mage noir d’apprendre ces arts et, même s’il y parvenait, il ne pouvait pas les utiliser à travers le corps d’un autre. Les lames tranchèrent le corps du masque de singe comme du tofu, sectionnant ses muscles et ses tendons.
« Kiiiit ! »
Le masque de singe s’effondra en poussant un bref cri. Comme le corps ne lui appartenait même pas, le mage noir tenta de déplacer la marionnette, mais, ses tendons sectionnés, elle ne pouvait que tressaillir.
La régresseuse parla sans joie ni sentiment d’accomplissement :
« Attends là, le cou à découvert. Je vais te tuer. »
« Kiki… Tu crois que tu peux me tuer ? »
Le masque de singe ensanglanté lança bravement, d’une voix qui semblait sur le point de lâcher :
« Ce n’est qu’une marionnette parmi des dizaines d’autres. Je n’ai pas réussi à te tuer, mais toi non plus ! Tu ne me trouveras jamais et tu ne me tueras jamais ! »
« J’ai… »
La régresseuse coupa le masque de singe dans son élan, les yeux brillants.
« J’en ai attrapé des tas comme toi ! »
Le troisième des Yeux aux Sept Couleurs : l’Œil doré, qui voyait l’invisible.
Elle enfonça Chanteciel profondément dans la marionnette. Une tempête broya son corps, accordant un semblant de repos à cette dépouille pitoyable. Incapable de rester plus longtemps dans le cadavre, la conscience du mage noir le quitta…
Et, grâce à son Œil doré, la régresseuse vit clairement un fragment de cette conscience sortir du corps. Je ne pouvais pas le voir, mais elle distingua les restes de la conscience s’envoler vers la forêt sombre.
« Je t’ai trouvé. »
La régresseuse murmura d’une voix glaçante.
Il ne lui restait qu’à retrouver le mage noir et à le tuer. Comprenant que la situation était plus grave que prévu, Rashy regarda l’enfant qu’ils avaient sauvé.
« Le combat risque d’être épuisant. Que fait-on de l’enfant ? Si nous l’emmenons avec nous, il pourrait se retrouver pris dans la bataille et mourir. »
« Nous devrions le ramener au Village des Mortels. Rashy, pourriez-vous vous en charger ? »
« Je ne peux pas. Les prêtres des dieux maléfiques sont des êtres vils. Un immortel comme moi s’en sortira peut-être, mais le garçon ou vous pourriez être pris au dépourvu par quelque vile ruse. Pourquoi ne pas vous en charger ? »
« Je vous remercie de votre sollicitude, mais, tout comme nous ignorons qui est l’ennemi, lui ne nous connaît pas non plus. Il n’est pas le seul à pouvoir prendre quelqu’un au dépourvu. »
Et nous étions censés bénéficier de la bénédiction de la Sainte Vierge, en plus.
Nous ne pouvions pas nous permettre de nous éterniser face à un mage noir. Ils accumulaient toujours sacrifices et ressources et, dès qu’ils se sentaient menacés, les consumaient sans la moindre retenue. Si nous voulions sauver ne serait-ce qu’une personne de plus, nous devions partir sur-le-champ.
« Tu peux partir aussi, Hughes. Ce sera plus facile pour moi de m’en occuper seule. »
Oh, voilà qui me convenait parfaitement. Rentrer chez moi et me reposer au lieu de travailler. D’ordinaire, j’aurais accepté cette proposition sur-le-champ.
Mais je m’étais pris d’un certain intérêt pour les démons et les dieux maléfiques. Je déclinai poliment la proposition de la régresseuse.
« Non. Les dieux maléfiques m’intéressent aussi, alors j’aimerais en affronter un. Et puis, je pourrai t’aider, Shei. »
« … Vraiment ? »
Quoi ? C’est étonnamment admirable. Il propose même de m’aider. Qu’est-ce qui lui prend ? Ce serait encore grâce à la bénédiction de la Sainte Vierge ?
Pour qui me prenait-elle ? Était-ce si surprenant que ça, après toutes les fois où je l’avais aidée, qu’elle pense que je devais encore ma bonne volonté à la bénédiction de la Sainte Vierge ?
Enfin, elle n’avait pas tout à fait tort.
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