Chapitre 548
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Traducteur : Hydrogen B
Éditeur : Hydrogen B
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Chapitre 548 : Aux côtés du dieu maléfique
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Quoi, encore un truc bizarre venait de sortir de terre ? Un dieu maléfique ? Pour ma part, le Dieu céleste était le dieu maléfique.
Mais qu’est-ce qu’un dieu maléfique, au juste ? Impossible qu’une chose pareille existe. Comment des démons qui grandissaient en se nourrissant des cœurs mauvais des gens pouvaient-ils exister ? Savoir qui, de la poule ou de l’œuf, était apparu en premier prêtait à débat, mais il n’y avait pas lieu de se demander si les humains ou les démons étaient apparus les premiers. Les démons avaient été créés.
Je posai la question à la régresseuse.
« Shei, qu’est-ce qu’un dieu maléfique ? »
« Ce sont des démons. Des incarnations du péché que la Première Sainte Vierge a scellées il y a bien longtemps. Ils avaient tous disparu avant le début de la Première Année, mais il en reste des vestiges. »
« Pourquoi une chose pareille apparaîtrait-elle tout à coup ? Nous étions censés empêcher le Roi du Péché d’agir, non ? »
« Tout a commencé avec les dieux maléfiques. On pourrait dire qu’ils ont créé le concept même du péché. »
Je n’avais jamais rien entendu de tel. Si c’était un concept aussi important, j’aurais dû en entendre parler dans les pensées de quelqu’un depuis longtemps. Ah, je n’y comprenais vraiment plus rien. À ce stade, je me demandais si elle ne se moquait pas de moi.
« Je n’en sais pas grand-chose, mais les prêtres des dieux maléfiques sèment le chaos dans tout le Royaume des Dix Mille depuis quelque temps. Nous avons appris qu’un village entier avait été offert en sacrifice, et ceux qui ont perdu leurs proches errent de lieu en lieu. Beaucoup de ces vagabonds sont aussi venus au Village des Mortels. »
« Voilà une piste utile. Peut-on les rencontrer ? »
« Bien sûr. Je vous les présenterai. Garde ! »
« Oui, madame ! »
À l’appel de Callis, un garçon aux grandes boucles d’oreilles en os accourut et se mit au garde-à-vous. Callis lui donna ses ordres avec le naturel d’une femme de retour dans l’État militaire.
« La tribu du Crâne est toujours au refuge ? »
« Oui, madame ! »
« Conduis ces personnes à la tribu du Crâne. Dis-leur que Callis t’envoie. Je terminerai la distribution et vous rejoindrai tout de suite. »
« Oui, madame ! »
Le garçon barbare imita maladroitement le salut de l’État militaire avant de s’approcher de nous. Voir un barbare sans même un uniforme essayer de le reproduire avait quelque chose d’étrange, mais le garçon semblait curieusement apprécier les exercices militaires de l’État militaire.
« Par ici ! Suivez-moi, s’il vous plaît ! »
Le garçon nous guida avec toute l’énergie d’une nouvelle recrue.
Ce fut une expérience pour le moins singulière.
La tribu du Crâne portait des crânes d’animaux sur la tête. Comme leur tradition les obligeait à chasser des bêtes toujours plus grandes à mesure que leur tête grandissait, leurs têtes avaient peu à peu rapetissé. Elles étaient même plus petites que celle de la régresseuse. Coiffés de crânes de cerf, ils parlaient d’une voix grave et résonnante.
La terre s’était ouverte et un dieu maléfique en avait rampé. Les prêtres des dieux maléfiques avaient sacrifié plusieurs autres tribus.
Le récit était si long qu’il ne servait pratiquement à rien. La seule information utile était l’endroit où la tribu du Crâne avait aperçu le dieu maléfique. Après nous avoir raconté tout ce qu’ils savaient, ils nous implorèrent.
« Que font les immortels ? Pourquoi ceux qui devraient protéger le peuple du Royaume des Dix Mille grâce à leur force impérissable ne viennent-ils pas nous aider ?! »
« Le Royaume des Dix Mille est tombé depuis bien longtemps. »
« Quoi ? Le Royaume des Dix Mille est tombé ? C’est aussi probable qu’un lion broutant de l’herbe ! Nous sommes toujours bien vivants ! »
« Les nouvelles mettent-elles mille ans à arriver ici, ou bien sont-ils des romantiques qui pensent qu’un pays existe tant que son peuple est en vie ? »
Le Royaume des Dix Mille avait d’abord été un rassemblement assez lâche de tribus barbares.
Son gouvernement possédait une structure dirigeante relativement organisée, comme celle d’un royaume ou d’un empire, mais la plupart des tribus barbares considéraient la Reine comme une légende ou une superstition. Paradoxalement, c’était précisément ce qui lui avait permis de les gouverner. On ne pouvait pas contrôler les tribus barbares qui vivaient dans les jungles et les prairies par les moyens de la civilisation.
C’était peut-être pour cela qu’elles n’avaient toujours pas ressenti le vide laissé par la chute du Royaume des Dix Mille, pourtant survenue depuis si longtemps.
« Combien de temps les immortels comptent-ils rester les bras croisés ?! Si les mortels continuent de mourir les uns après les autres, ne restera-t-il bientôt plus dans le Royaume des Dix Mille que des immortels ?! »
« Allons, allons. Vous avez la main bien lourde pour des gens qui viennent demander de l’aide. Calmez-vous. »
Rashy répondit avec plus de fermeté que je ne l’aurais cru. Quand les bois de cerf de la tribu du Crâne se turent brusquement, Rashy haussa les épaules et poursuivit.
« Nous aussi, nous surveillons la situation. Comme vous le dites, si des dieux maléfiques sont apparus, nous serons les prochains, non ? Malgré tout, nous devons demander la permission à notre Dieu de l’Offrande. Nous ne pouvons pas agir à la légère avant le prochain rituel d’offrande. »
« Un Dieu de l’Offrande… »
À l’évocation d’un dieu, la tribu du Crâne ne sut que répondre. Contrairement à leurs dieux, qui n’existaient que par la tradition et la foi, celui des immortels était bien réel.
« Le grand esprit qui aurait accordé l’immortalité au peuple de la terre… Est-ce qu’il parle encore aux immortels ? »
« Bien sûr. Si nous sommes toujours immortels, c’est bien pour cela, non ? »
Ils ne pouvaient insister alors qu’il fallait obtenir l’autorisation divine. La tribu du Crâne baissa la tête, accablée.
« Cela dit, rien ne nous oblige à vous aider. »
« … Quelqu’un va nous aider ? »
« Ces gens viennent de l’autre côté de la prairie. J’ai entendu dire qu’ils essayaient d’empêcher la destruction du monde, ou quelque chose comme ça. Je n’en connais pas les détails, mais je suis sûr qu’ils peuvent vous aider ! »
La tribu du Crâne nous examina de la tête aux pieds, puis hocha la tête.
« Des étrangers ? Je trouvais qu’ils avaient l’air bien trop petits pour être de puissants immortels. »
« Hahaha ! Ils ne paient peut-être pas de mine, mais ils savent vraiment se battre ! Sous-estimez-les et vous le regretterez ! »
« … Hmm. »
Incapable de se défaire de ses préjugés, la tribu du Crâne nous dévisagea avec méfiance, la régresseuse et moi.
« Ils n’ont pas l’air capables de casser une branche. Qu’est-ce qu’ils pourraient bien faire contre les prêtres des dieux maléfiques… ? »
Ding, ding, ding !
Une grosse cloche se mit alors à sonner. Les gens baissèrent instinctivement la tête, puis se précipitèrent dehors pour voir ce qui se passait.
« Qu’est-ce qui se passe ?! »
« On nous attaque ! »
La voix perçante de Callis retentit. Aussitôt après, des barbares vêtus d’armures de métal se ruèrent tous ensemble vers la palissade.
Au milieu de la confusion, quelqu’un pointa les arbres du doigt et cria :
« C’est ces salauds de singes ! »
Le Village des Mortels était entouré d’une haute et solide palissade, mais aucune palissade ne pouvait dépasser les arbres antiques qui avaient avidement absorbé la vitalité de la terre pendant plus de mille ans. Des centaines, des milliers de branches surplombaient la clôture.
Des barbares portant des masques de singe étaient perchés dans les arbres et nous observaient. Un rire agaçant s’échappait de derrière leurs masques.
« Kékéké. Tout le monde se cache la tête dans le sable comme des autruches. Combien de temps croient-ils que les immortels vont encore s’occuper d’eux ? »
L’un des hommes au masque de singe leva haut la main. Une vingtaine de « singes » agrippés aux branches se mirent à grimper aux arbres en poussant des ricanements bestiaux.
Je me tournai vers Rashy.
« Des singes ? Qu’est-ce que c’est censé être ? »
« Des vauriens qui vivent en commandant des singes de la jungle ! Des voleurs sans vergogne aux doigts collants ! »
« Et pourquoi sont-ils venus ici ? »
« Il n’y a qu’une raison pour que des voleurs viennent quelque part : voler ! »
« Voler quoi… ? »
Avant que je puisse lui poser d’autres questions, les hommes au masque de singe me le montrèrent.
Les singes qui avaient franchi la palissade en passant par des lianes se dispersèrent rapidement dans le Village des Mortels. Les gens crièrent et s’enfuirent tandis que les hommes au masque de singe bondissaient de tous côtés sur leurs longs membres en hurlant :
« Ramenez-nous les petits, les tout frais ! Le grand esprit aime les âmes pures ! »
« Ils enlèvent des gens ! »
Sur ces mots, Rashy s’élança. À la limite de son champ de vision, un homme au masque de singe tentait justement d’arracher un enfant à une femme.
« Pour qui vous prenez-vous, à venir ici ?! »
Rashy projeta son énorme poing en avant. Son coup fut rapide, bien plus que ne le laissait présager sa carrure massive. L’homme au masque de singe remarqua Rashy et fit aussitôt un salto arrière pour esquiver. Rashy enchaîna les coups, chacun aussi puissant qu’un boulet de canon, mais l’autre bondissait sur ses membres anormalement longs et évitait toutes ses attaques.
« Merde, il y a un immortel ! »
« Kékéké. Il est lent ! Ignorez-le et attrapez les enfants ! »
La même scène se répétait dans tout le Village des Mortels. Callis et les vigilants sous ses ordres menaient des formations qui repoussaient les hommes au masque de singe, mais ils ne pouvaient que limiter les dégâts, pas vaincre l’ennemi. Les assaillants se moquaient des vigilants tout en saccageant le village.
La régresseuse observa le chaos soudain et marmonna :
« Juste à temps. »
« C’est encore une bénédiction de la Sainte Vierge ? »
« On dirait que la bénédiction a bien fonctionné, cette fois. Un incident s’est produit au moment idéal. »
« À ce stade, on dirait que quelqu’un sait où nous allons et provoque un incident à chaque fois. Et si, au lieu d’être bénis, nous étions maudits ? »
« C’est quelque chose qu’on peut régler. C’est beaucoup mieux. »
Une ombre se dressa derrière nous.
Un homme au masque de singe, qui s’était approché plus vite et plus silencieusement que la plupart des bêtes, tendit un long bras vers la taille de la régresseuse pour l’attraper.
« Kékéké ! En voilà un autre, un petit bizarre ! Je vais l’em— »
« Qui est-ce que tu traites de petit ?! »
Frontière d’inversion céleste : Éclair.
Chanteciel fusa comme la foudre. Le bras qui se tendait vers la régresseuse fut tranché net et le sang jaillit comme une fontaine. Le barbare masqué vit son précieux long bras coupé en deux et hurla.
« Kieeeeeek ! »
À ce cri de douleur, les hommes au masque de singe cessèrent leur saccage et se tournèrent vers nous. Celui qui avait perdu son bras agrippa son moignon sanglant et poussa un hurlement strident.
« Ookit ! Qu’est-ce que c’était ?! Qu’est-ce qui s’est passé ?! »
« Tu as choisi la mauvaise cible. »
La régresseuse tendit Chanteciel et balaya les environs du regard.
Sur les toits, derrière les murs, au milieu des routes, près de la palissade. En un instant, elle repéra tous les hommes au masque de singe. Le souffle court, elle les abattit d’un seul coup. Des traînées d’épée invisibles marquèrent les toits, les murs, les routes et la palissade, tandis que des bourrasques déchiquetaient les assaillants.
Les hommes au masque de singe furent projetés au loin et crachèrent du sang dans le vent déchaîné. Bouleversés par la mort de leurs compagnons, les survivants poussèrent des cris de bêtes effrayées.
« Kieeeek ! C’est le vent ! Il utilise un esprit du vent ! »
« Fuyez ! Fuyez ! Kieeeek ! »
« Trop tard. »
Maintenant qu’ils avaient semé le chaos, nous n’avions aucune raison de les épargner. Il nous suffisait d’en laisser quelques-uns en vie pour les interroger et de tuer les autres. Après tout, j’avais déjà lu leurs pensées.
Mais il n’était pas nécessaire de les tuer jusqu’au dernier. Avant que la régresseuse ne massacre tous les intrus, je l’arrêtai.
« Attends. »
À l’instant où je tendis la main vers son épaule, le monde s’effondra soudain sous mes pieds et bascula à l’envers. Dès que ma main toucha son épaule, son corps glissa sous moi comme un fantôme et me jeta à terre d’un seul mouvement.
J’avais l’habitude. Plus que l’habitude. J’en avais assez.
Encore cette satanée Frontière d’inversion céleste. Cette technique était-elle incapable de distinguer les amis des ennemis ? Alors que je tombais à la renverse vers le sol, la régresseuse s’apprêtait à me transpercer avec Chanteciel, qu’elle tenait en prise inversée.
« Ah, la Frontière d’inversion céleste ! »
Un coup dans la poitrine ne pouvait plus me tuer, alors je m’étais détendu. Mais la régresseuse réagit. Juste avant que mon dos ne heurte le sol, elle tira brusquement sur son arme et la ramena derrière elle.
En essayant de changer de position aussi brusquement, la régresseuse et moi roulâmes par terre, emmêlés l’un à l’autre.
« Ne me touche pas sans prévenir ! J’ai failli te trancher en deux ! »
« Comment veux-tu que j’arrête quelqu’un qui essaie de trancher les gens sans réfléchir si je n’ai pas le droit de la toucher ? »
« Pourquoi m’arrêtes-tu ? »
La régresseuse s’appuya tranquillement sur moi pour se relever et aperçut les hommes au masque de singe qui fuyaient dans les arbres. Nous aurions pu les poursuivre, mais la jungle était dense et sombre. Cela ne valait pas la peine de traquer chacun d’eux tandis qu’ils se dispersaient dans les arbres.
« Si tu ne m’avais pas arrêtée, ils seraient tous morts ! »
« Comme nous ne les avons pas tués, nous pouvons trouver leur repaire. »
« Quoi ? »
« Ceux qui ont été sévèrement battus vont retourner à leur repaire, non ? Si nous les suivons, nous le trouverons sans lever le petit doigt. »
Nous pouvions en capturer un et réfléchir à la suite, ou je pouvais lire leurs pensées. Inutile de prendre le chemin le plus long. La régresseuse réfléchit un instant, puis répondit :
« Ah oui… C’est vrai. Pas mal. »
« C’est tout simple. Tu as reçu la bénédiction de la Sainte Vierge et tu n’y as pas pensé ? »
« Toi, tu y as pensé. Ça suffit. »
La régresseuse grommela en se relevant, puis observa le Village des Mortels après l’attaque. Malgré l’assaut soudain, les habitants semblaient habitués à ce genre de situation. Dans cette rude contrée barbare, les attaques ennemies faisaient partie du quotidien.
Rashy traîna le cadavre d’un homme au masque de singe et s’exclama, incrédule :
« Ces salauds de singes ont envahi notre territoire ? Ha. S’ils étaient simplement venus nous rendre visite, je leur aurais offert à manger… »
Callis répondit à la remarque de Rashy.
« À proprement parler, ce territoire n’appartient pas aux immortels. Le Village des Mortels n’est qu’un endroit où séjournent les mortels errants. Ils ne peuvent pas survivre sans la “bienveillance” des immortels. Si quelqu’un attaque de nouveau et que le Village des Mortels ne parvient pas à se défendre par ses propres moyens, il restera éternellement dépendant. »
Après cette réponse froide, Callis donna ses ordres aux vigilants alignés devant elle. Armés d’armures et de lances selon leurs propres coutumes, les vigilants du Village des Mortels se dispersèrent pour compter les habitants.
Un vigilant qui s’était approché d’une femme en pleurs cria alors :
« Il manque un enfant ! »
Pour cette femme, l’enfant était tout. Pour le Village des Mortels, ce n’était qu’un enfant parmi tant d’autres. Perdre un seul enfant lors d’une attaque d’une telle ampleur était un résultat remarquable.
« … C’est regrettable, mais nous n’y pouvons rien. Nous ne pouvons pas courir après des singes dans la jungle. »
Les sentiments de la femme n’entraient pas en ligne de compte dans cette décision. Callis prit la décision rationnelle qu’on attendait d’une officier mage de l’État militaire. Les barbares du Village des Mortels ne le montraient guère, mais intérieurement, ils étaient d’accord avec elle.
Bien sûr, rien ne nous obligeait à suivre le jugement de Callis.
« Nous allons ramener l’enfant. »
Ils n’en avaient enlevé qu’un seul, ce qui nous simplifiait plutôt la tâche.
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