Chapitre 497
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Traducteur : Hydrogen B
Éditeur : Hydrogen B
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Chapitre 497 : Renverser la pyramide et
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Une révolution renversa la pyramide des classes. Naturellement, les humains, qui avaient régné au sommet du pouvoir, subirent les plus lourdes pertes. Comme la pointe d’une pyramide fragile qui s’érode quand on la retourne, ils durent désormais surveiller chacun de leurs pas dans leur vie quotidienne, sous la pression de toutes parts.
Pourtant, sous ce grand effondrement, une autre classe n’avait personne pour entendre ses plaintes.
Les hommes-bêtes canins, amis de l’humanité, qui avaient hérité des traits des chiens.
« Hé, les orcs ! Pourquoi est-ce nous qu’on surveille ? »
— Vous voulez qu’on rende nos armes et nos insignes, puis qu’on attende chez nous ? Vous cherchez à nous chasser !
Les gardes hommes-bêtes canins exprimèrent leurs griefs aux mercenaires de l’Orcma.
La plupart des gardes d’Oberli étaient des hommes-bêtes canins. C’était en partie parce qu’ils avaient l’odorat fin et l’instinct de chasse, mais pas seulement. La raison principale était leur proximité avec les humains.
On disait qu’ils étaient les premiers hommes-bêtes créés par la Reine. Loyaux et affectueux envers les humains, ils ne s’en cachaient pas, ce qui comptait encore davantage. De nature chaleureuse et doués pour se faire aimer, les hommes-bêtes canins servaient souvent les humains comme esclaves, majordomes, amis et compagnons.
C’était pour cela que la plupart des gardes d’Oberli étaient des hommes-bêtes canins.
Les chiens ne trahissaient pas les humains.
Mais à présent que l’Orcma détenait le pouvoir, cette logique avait pris exactement le sens opposé.
« Vous avez profité du pouvoir en vous acoquinant avec les humains pendant tout ce temps. Bien sûr qu’on doit se méfier de vous. Ne vous inquiétez pas. Tant que vous ne faites pas de bêtises, tout ira bien. »
« Ça ne veut pas dire qu’on devrait perdre notre travail du jour au lendemain et être placés sous surveillance ! C’est de la tyrannie ! Vous avez dit que tous les hommes-bêtes étaient égaux ! »
— C’est vrai. Tous les hommes-bêtes sont égaux.
Gulta le Riche en charrettes, qui avait géré la logistique de l’Orcma et les affectations de personnel, obtenant ainsi autorité sur les nominations à Oberli, s’adressa aux hommes-bêtes canins venus protester.
« C’est justement pour cela qu’il faut renverser les gens comme vous, qui avez profité des inégalités jusqu’à présent. Votre autorité ne venait-elle pas de votre proximité avec les humains plutôt que de vos propres capacités ? »
« Qu’est-ce que tu as dit ? »
— Comment oses-tu dire ça !
— Nous avons gravi les échelons grâce à nos propres capacités !
Les protestations fusèrent, mais Gulta leur répondit avec le même sourire moqueur.
« Alors, laissez-moi vous poser une question. Qu’est-ce qui vous rend meilleurs que nous, les orcs ? »
« C’est… »
— Quoi, vos sens minables ? Les orcs ne sont pas si différents. Non, notre odorat est bien meilleur. Des dents un peu plus pointues ? Pfft. Vous utilisez tous des armes et des arts du qi, et pourtant vous vous vantez de vos dents. L’instinct de chasse ? Faut-il de l’instinct pour poursuivre un ennemi ?
Gulta lâcha le rire reniflant propre aux orcs. Jadis cible de moqueries, le son nasal des hommes-bêtes porcins exprimait désormais leur assurance. Les hommes-bêtes canins ne trouvèrent rien à répondre, tandis que les hommes-bêtes porcins les toisaient avec fierté.
« Il n’y a qu’une seule chose qui vous distingue des autres hommes-bêtes. Vous êtes proches des humains. Et à Ende, une ville d’hommes-bêtes, ce n’est pas du tout un avantage. »
« … Même si c’est vrai, nous avons servi comme gardes pendant des années ! Vous ne pouvez pas nous mettre à la porte quand bon vous semble ! »
— Autrement dit, à part avoir servi comme gardes pendant des années, vous n’avez aucune raison d’occuper ce poste. Même aujourd’hui, vous vous servez de votre statut de gardes pour vous acoquiner avec les humains.
À l’accusation de Gulta, les hommes-bêtes canins réagirent comme si on les avait piqués avec une aiguille. L’un d’eux baissa la queue et protesta.
« Quoi ? Vous nous soupçonnez sans preuve ?! »
— Des preuves ? Pfft. Est-ce que quelqu’un a jamais eu besoin de preuves pour nous chasser ? Si une odeur déplaisante se faisait sentir, on regardait d’abord les orcs. Si les comptes étaient en déficit, les enquêteurs se rendaient d’abord dans le quartier des hommes-bêtes porcins, le nez plissé. À partir de maintenant, vous aussi, vous devrez sans cesse faire vos preuves. Comme nous l’avons toujours fait.
Les orcs qui ricanaient autour des gardes renchérirent sur les propos de Gulta. Les hommes-bêtes canins serrèrent les dents et grondèrent à voix basse.
Après le succès de la révolution, la majeure partie de l’Orcma avait occupé Oberli et s’était servie de son nombre pour imposer sa volonté. Le simple fait de se trouver à Oberli conférait le pouvoir de contrôler Ende. Grâce à leur nombre, les orcs qui en occupaient près de la moitié pouvaient même manipuler les hommes-bêtes canins à leur guise.
Fort de cette autorité nouvellement acquise, Gulta lança aux gardes :
« Amenez-nous le duc Erectus. C’est la seule façon de prouver vos compétences de gardes et votre loyauté envers Ende. »
« Comment voulez-vous qu’on retrouve des humains reconnus, cachés quelque part dans cette immense ville ?! Tous ceux qu’on appelle des humains reconnus ont le sang de la famille ducale ! Vous avez pris Oberli, mais vous n’avez pas conquis tout Ende. Les habitants de cette ville ne sont peut-être pas très attachés à la principauté, mais ils en sont quand même citoyens ! Ils ne dénonceront pas les humains reconnus ! »
Ende était une région frontalière, même à l’échelle de la vaste principauté. Sa frontière avec les Terres Sauvages lui avait valu son autonomie, mais cela signifiait aussi que la patrie pouvait l’abandonner quand bon lui semblait. Si elle décidait d’exercer son pouvoir, cette petite étincelle serait écrasée en un instant.
Gulta le savait mieux que quiconque. En vérité, si l’Orcma voulait capturer le duc Erectus, c’était moins par vengeance que pour empêcher toute ingérence de la principauté. Gulta s’empressa d’ajouter :
« Vous connaissez la suivante qui a emmené le duc Erectus. Cette femme-bête canine. C’est l’une des vôtres, alors débrouillez-vous avec elle. »
« Welshi ? Impossible ! Avant d’être des nôtres, elle est le chien de garde du duc Erectus. Elle est la fille d’une Famille de chiens de garde ! »
« Une Famille de chiens de garde… »
Gulta gémit en entendant un terme qu’ils n’avaient pas entendu depuis longtemps.
Les chiens accordaient de l’importance aux lignées. Ceux qui avaient un pedigree distingué étaient presque traités comme des nobles de second rang : placés de génération en génération auprès de familles puissantes, qui les chérissaient. Chiens de chasse ou de compagnie, les chiens de noble naissance restaient aux côtés des aristocrates.
Et tous les hommes-bêtes étaient traités comme des animaux avant d’être considérés comme des hommes-bêtes.
Les hommes-bêtes canins ne faisaient pas exception.
Les puissants avaient trié parmi eux, rassemblant les meilleures lignées pour former des familles. Déjà naturellement loyaux envers les humains, les hommes-bêtes canins recevaient une éducation proche du lavage de cerveau et devenaient majordomes, servantes et gardes.
Les Familles de chiens de garde, chargées de protéger une seule maison, existaient bel et bien. Elles avaient perduré même après l’apparition de la Sainte Vierge à fourrure. Comparée au traitement réservé aux orcs, cette coutume abusive était plus douce, ce qui expliquait sa longévité.
« Welshi ne répondra pas si on l’appelle ! Non, elle nous mordra, à nous aussi ! »
Gulta sentit soudain un poids immense peser sur lui. Que pouvaient faire les orcs dans ce courant invisible, façonné par les hommes-bêtes créés par les humains et le système qui les exploitait ? La compréhension limitée de Gulta ne pouvait en aucun cas saisir cela.
Pourtant, que cette révolution ait eu lieu au sein même de ce courant tenait déjà du miracle. Gulta raffermit sa résolution : il protégerait cette petite étincelle.
« Pfft. Je crois que vous avez mal compris quelque chose. Nous ne vous avons pas fait venir pour écouter vos excuses. Si vous êtes incapables de vous libérer des humains, quoi qu’il arrive, alors vous n’êtes que cela ! »
— Au lieu de vous vanter de la solidité de vos chaînes, réfléchissez à la façon de vous en débarrasser ! Comme les orcs ici présents !
— Bien dit ! C’est vrai, nous, les orcs, nous l’avons fait… Qui est là ?
Je me joignis à eux aux côtés de Gulta. Ils s’apprêtaient à clamer leur enthousiasme, mais, lorsqu’ils me remarquèrent, reculèrent comme s’ils allaient tomber à la renverse. Leurs visages se remplirent d’effroi.
« M-Masurat ! »
« Pardon ? »
— Non, magicien. Pourquoi, pourquoi êtes-vous ici… ?
Cette réaction commençait à me rendre triste. J’avais passé un bon moment à réfléchir à la situation pour pouvoir les aider en cas de besoin. Pourquoi avaient-ils si peur de moi ?
« Qu’est-ce qui ne va pas ? C’est parce que je vous ai capturés et enfermés à Oberli ? Vous comprenez maintenant, n’est-ce pas ? Pour occuper Oberli, il fallait d’abord s’y infiltrer. »
« Euh, euh… Je sais. Je sais, mais… »
— Je ne suis pas un tigre. Ça me blesse de vous voir trembler chaque fois que vous me croisez. Ah… C’est moi qui ai sincèrement aidé l’Orcma. Pourtant, vous ne me considérez pas comme un camarade.
Ils étaient toujours terrifiés par moi, mais il était vrai que le pouvoir finissait par transformer les gens. Les orcs autour de nous les observaient d’un air plein d’attente. Leurs regards muets poussèrent Gulta à prendre la parole. Soutenu par l’opinion générale, il rassembla son courage et déclara :
« B-bien sûr que non. Vous n’êtes pas un orc, vous êtes humain ! Comment pourrions-nous faire confiance à un humain sorti de nulle part ?! »
Non. Vous avez dit que tout le monde était égal. Vous devriez me considérer comme votre égal, vous aussi. Vous avez dit que je devais faire mes preuves, non ? Qu’est-ce que je pouvais bien avoir d’autre à prouver ?
Avouez-le. Je ne vous plaisais tout simplement pas, alors vous inventiez des prétextes. Exactement comme vous le faisiez avec les hommes-bêtes canins.
Ah. Incroyable. Après tout ce que j’avais fait pour eux, il fallait encore que j’en fasse davantage.
« Même si j’ai déjà obtenu des résultats, je dois encore faire mes preuves ? Hélas… Très bien. Je retrouverai le duc Erectus. »
« Ce n’est pas… Quoi ? Le duc Erectus ? Vous pouvez faire ça ? »
— Bien sûr. Retrouver une personne, c’est plus facile que de démanteler une organisation secrète de plusieurs milliers de membres.
À vrai dire, si l’on ne tenait compte que de la difficulté, ce serait peut-être un peu plus compliqué. Les grandes organisations étaient faciles à repérer, mais retrouver une personne revenait à chercher une aiguille dans une botte de foin.
Je ne prenais pourtant jamais de pari que je ne pouvais pas gagner. Si je m’étais avancé avec autant d’assurance pour m’occuper de cette affaire, c’était pour une bonne raison.
Pas question. Il ne le retrouvera jamais. Comment un étranger pourrait-il trouver le duc Erectus, caché dans une planque sûre ?
Un magicien ? C’est quoi, ça ? Est-il plus important qu’un humain reconnu ?
J’avais lu les pensées des gardes d’Oberli, qui observaient la scène en silence en attendant une réaction.
Les gens avaient toujours une bonne raison de trop parler.
Notes :
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