Chapitre 471
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Traducteur : Hydrogen B
Correcteur : Hydrogen B
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Chapitre 471 : Retournez « suicide » et vous obtenez « vivre »
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Que répondre à la question : « Voulez-vous détruire le monde ? »
Bien sûr, on nierait. Personne de sain d’esprit ne souhaiterait détruire un monde qui allait parfaitement bien.
Et si l’on n’était pas sain d’esprit ? Si l’on voulait vraiment détruire le monde ? Même alors, le plus raisonnable serait de commencer par le nier. Si l’on se trahissait à la légère, un héros désireux de sauver le monde vous fracasserait le crâne.
Quelqu’un d’assez fou pour vouloir détruire le monde l’avouerait-il docilement ? Toute personne dotée d’un tel degré d’intelligence serait déjà morte. C’était impossible.
Ma réponse était donc déjà toute trouvée.
Ce qui expliquait pourquoi je ne pouvais pas la donner tout de suite.
« Shei. Avant ça, laisse-moi te poser une question. »
« C’est moi qui ai posé la première. Si tu essaies encore d’éviter de répondre… »
« Écoute-moi, au moins. Tu n’es pas la seule à avoir des questions. »
Je répondis d’un ton agacé et levai les yeux vers la régresseuse.
« Quel lien as-tu avec le Sanctuaire ? »
« Quoi ? Qu’est-ce que tu veux dire ? »
« Tu cherches le Roi du Péché, tu nous avertis que le monde va être détruit, tu connais non seulement l’avenir, mais tu as aussi toutes sortes de trésors entre les mains, dont Chanteciel. Ça ne te paraît pas évident ? Même un chien de passage comprendrait que tu es très liée au Sanctuaire. »
« Ouaf ! »
Azzy hocha la tête comme si elle était d’accord, alors qu’elle n’avait pas compris un traître mot. Enfin, rectifions : les chiens de passage n’avaient apparemment pas compris.
Autrement dit, tout le monde le savait, sauf les chiens. Jiseon, Tyr, et même Hilde avaient soupçonné un lien entre la régresseuse et le Sanctuaire dès qu’ils l’avaient vue. À vrai dire, ils avaient tout dit, sauf les mots eux-mêmes.
« Il reste une question. À quel point ces liens sont-ils étroits ? Quelle faiblesse du Sanctuaire as-tu découverte pour qu’ils te confient des trésors que même la Sainte Vierge n’aurait pas reçus ? »
À ma question insistante, la régresseuse marmonna comme si je venais de lui planter un couteau dans le cœur :
« Je savais qu’on finirait par le découvrir… Tu as fini par comprendre. »
Eh oui. Elle était un peu lente à l’admettre…
Attends. « On finirait par le découvrir » ? « Tu as fini par comprendre » ?
J’essayais d’avoir une conversation sérieuse, mais je ne pus plus me retenir et lui criai :
« Qu’est-ce que tu veux dire, par “on finirait par le découvrir” ? Je le savais depuis le début ! »
« Quoi ? Comment ? »
« Je te l’ai dit ! Regarde-toi ! Chanteciel, cette poche, tes yeux qui brillent de sept couleurs ! Tu es couverte de la tête aux pieds d’objets liés aux Dieux démoniaques du ciel, de l’espace et de la lumière, et tu t’attendais à ce que personne ne le remarque ?! Mais qu’est-ce que tu es, une faisane ? Si tu ne vois pas quelque chose de tes propres yeux, ça n’existe pas ? »
Je n’avais simplement pas pris la peine de démonter toutes ses excuses, jusque-là. Personne n’y croyait, de toute façon ! Même Tyr se méfiait !
« Si on examine chaque détail, c’est vrai que ça paraît suspect. Mais il l’a compris tout de suite ? Le Roi de l’Humanité serait un génie ? »
Quel génie ? Elle croyait que « même un chien de passage comprendrait » n’était qu’une expression ? Examiner chaque détail ? Un seul suffisait à éveiller les soupçons !
Sans se rendre compte à quel point elle était suspecte, la régresseuse tenta de prendre un ton posé.
« Tu en sais étonnamment long sur ces objets. Beaucoup de gens savent seulement que ce sont des trésors rares. Comme on pouvait s’y attendre du Roi de l’Humanité. »
« “Comme on pouvait s’y attendre du Roi de l’Humanité”, mon œil. Je le savais depuis le début. Tu étais suspecte dès notre première rencontre ! De la tête aux pieds, tu n’étais qu’un amas de soupçons ambulant ! »
La plupart de ces informations, je les avais apprises en lisant ses pensées, évidemment. La régresseuse, qui ne pouvait pas le savoir, eut l’air complètement décontenancée.
« Il l’avait remarqué dès le début ? Pendant tout ce temps dans l’Abîme ? Je n’avais rien vu… ! »
Parce que toi… Ah. Laisse tomber. À l’époque, la régresseuse s’était isolée pour s’entraîner, et moi aussi, j’avais brouillé les pistes. Ça allait.
Je lui demandai sèchement :
« Si tu me réponds honnêtement, je te répondrai honnêtement aussi. Toi. Qu’est-ce que tu es, au juste ? »
La régresseuse avait déjà entendu cette question.
Elle était jeune, mais possédait une puissance anormalement grande. Ses capacités pouvaient être le fruit d’un talent exceptionnel ou de dons surnaturels. La régresseuse avait toujours vécu sous ce genre de soupçons. Et comme l’origine et l’histoire de ses pouvoirs s’effaçaient au cycle suivant, c’était inévitable.
Grâce à la lecture des pensées, je savais comment elle avait acquis cette puissance…
Mais je devais quand même le lui demander.
Elle me harcèlerait moins, ainsi.
La régresseuse se mordit la lèvre et réfléchit un instant. Mais elle n’était pas moi. Avec son cerveau, impossible d’inventer le mensonge parfait qui réglerait toute la situation. Elle abandonna rapidement et répondit honnêtement :
« Je n’ai aucun lien avec eux. »
« Tu crois que je vais te croire ? »
« C’est vrai. Je n’ai ni dette ni rancune envers eux, maintenant. Ce sont des choses qu’on m’a données. Je ne pense pas leur devoir quoi que ce soit, et je ne les leur rendrai pas. »
« Je leur en suis reconnaissante, mais c’est tout. Nous nous servons l’un de l’autre. »
Tant qu’elle ne révélait pas le principe de la régression, elle ne pouvait pas donner une réponse complète. Malgré tout, c’était la réponse la plus honnête qu’elle pouvait offrir dans ces circonstances.
N’importe qui aurait été idiot de croire une réponse pareille. Mais j’avais déjà lu ses pensées ; je pouvais donc peut-être me montrer un peu plus indulgent. Je répondis d’une voix légèrement plus douce :
« Alors, tu n’as pas l’air hostile au Sanctuaire. »
« Exact. Si le monde peut être sauvé, je m’allierai avec n’importe qui. Le Sanctuaire a autrefois défendu la justice dans le monde ; c’est au moins l’option la plus digne de confiance. »
« Le Sanctuaire rejette le Roi de l’Humanité. Tu sais que, de son point de vue, ni le Sanctuaire ni toi ne semblez très dignes de confiance, pas vrai ? »
« C’est pour ça que je te pose la question ! »
La régresseuse agrippa Chanteciel. L’épée appuyée contre mon épaule droite trembla. Elle n’avait pas encore l’intention de l’abattre, mais qui sait ? La régresseuse était du genre à faire ce qu’il fallait.
« Le Roi du Péché qui détruira le monde. C’est un Roi de l’Humanité déchu ! Et toi aussi, tu es le Roi de l’Humanité ! Alors dis-moi la vérité. Qu’est-ce que tu comptes faire du monde ? »
Cette fois, elle était prête à m’écouter. Mon introduction achevée, je pris le temps de choisir mes mots.
Que répondre à une question dont la réponse semblait évidente ?
N’était-ce pas simple ?
Elle ne me posait pas vraiment la question. Elle voulait quelque chose en quoi croire. Voilà pourquoi elle exigeait que je lui inspire confiance.
« Je suis comme toi. »
« Comme moi ? »
Il me suffisait donc de lui donner quelque chose en quoi croire.
« Je suis comme toi. Je me fiche de savoir de quel côté tu es ou quelle est ta véritable identité. Comme je n’ai pris parti pour personne et que j’ai laissé les choses suivre leur cours quand tu t’es battue contre Jiseon, je n’ai pas l’intention de décider d’avance que quelqu’un doit mourir ou être détruit, simplement parce qu’il est suspect ou qu’il risque de poser problème. Et je n’en ai pas les moyens, de toute façon. »
La régresseuse se laissait guider par ses humeurs. Elle pouvait jeter cette vie au rebut sur un coup de tête, puisqu’elle en avait une autre. Comme les erreurs n’avaient pas d’importance, il était plus facile de composer avec elle qu’avec le Sanctuaire et son perfectionnisme obsessionnel.
En d’autres termes, j’avais beau m’y prendre à merveille, un caprice pouvait quand même me coûter la tête.
Cette pensée me fit perler une sueur froide dans le dos.
Je retournai donc la question à la régresseuse, pour éveiller sa compassion en nous rappelant que nous étions tous deux suspects.
« Ça lui est égal… C’est vrai. Ce qui compte, ce n’est pas qui je suis, mais ce que je vais faire. Et je ne crois pas que Hughes cherche secrètement à détruire le monde. À côté du Roi du Péché, il est aussi faible qu’un insecte, c’est certain. »
Mm-hm. Voilà. Elle avait parfaitement compris.
Pour convaincre quelqu’un, on ne pouvait pas se placer en opposition. Ce n’était qu’une dispute. La vraie persuasion consistait à partir du même point, puis à avancer en faisant des concessions. Comme prévu, insister sur ce que nous avions en commun la poussait à me trouver… insectiforme ?
Quoi ? Un insecte ? Hé, c’était le Roi du Péché qui était bizarre. Moi, j’étais parfaitement ordinaire ! Un Roi de l’Humanité absolument banal !
« Mais c’est le Roi de l’Humanité. Le Roi de l’Humanité est dangereux. Même s’il n’a pas encore acquis de pouvoir, la force que possède l’humanité deviendra la sienne. Si l’humanité déverse toute la malveillance qu’elle a aiguisée en pointant ses épées et ses lances les unes contre les autres, le Roi de l’Humanité finira par atteindre le niveau du Roi du Péché. »
Tandis que je bouillais intérieurement, je me surpris à m’interroger sur la pensée que je venais de lire.
Quoi ? Elle savait comment le Roi du Péché était apparu ? Même moi, je ne savais pas exactement comment cela s’était produit.
Je ne pouvais pas prendre les pensées de la régresseuse pour argent comptant. Son savoir venait d’événements survenus dans des cycles antérieurs, que je ne pouvais pas lire, et il était fort probable que quelqu’un lui ait même appris cela. Si le Sanctuaire avait inscrit son savoir dans son esprit vierge et pur, comme sur une page blanche, elle le tiendrait pour vrai. Impossible d’en être certain.
Mais ce n’était pas important.
Si elle le savait, pourquoi ne l’avait-elle jamais laissé paraître jusqu’ici ?
L’avait-elle simplement oublié ? Ou évitait-elle inconsciemment de penser au Roi du Péché ?
Quoi qu’il en soit, c’était impressionnant. Tandis que je m’émerveillais en silence, la régresseuse posa enfin sa dernière question.
« Si… l’humanité veut se détruire ? Si les gens ordinaires pensent qu’ils seraient mieux morts ? »
Si l’humanité voulait se détruire ? Quelle question stupide. Je répondis aussitôt :
« Je ne sais pas vraiment, maintenant que j’ai perdu toute l’autorité qui faisait de moi le représentant de l’humanité… Mais à ce moment-là, je ne pense pas que ce serait encore un problème pour le Roi de l’Humanité. »
« …Tss. »
Ma réponse était trop juste pour qu’elle puisse la contester. La régresseuse retira Chanteciel. L’épée qui aurait pu m’arracher le bras droit à tout instant rengaina tranquillement ses crocs.
La régresseuse recula, l’air boudeur, puis me demanda :
« Le Roi de l’Humanité est venu dans l’Abîme pour chercher la Terre Mère ? »
« Après être arrivé jusqu’ici, je ne peux plus le cacher. Oui. C’est ça. »
« J’avais donc raison. Hughes s’était infiltré dans Tartare en dissimulant un motif caché ! Bon… Je ne peux pas vraiment lui reprocher ça, puisque je suis descendue ici pour chercher Jizan. Mais mes soupçons étaient justifiés ! »
Exact. Mais je ne regrettais pas d’avoir menti. Si j’avais révélé mon identité sans hésiter à l’époque, j’aurais peut-être commencé avec le bras droit tranché.
« Pourquoi cherches-tu les Dieux démoniaques ? »
« Je ne suis pas obligé de répondre, mais je vais être honnête, moi aussi. »
Faisant mine d’y réfléchir pour donner un peu plus de poids à mes paroles, je révélai mon véritable objectif.
« Pour rattraper l’humanité. »
Notes :
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