Chapitre 470
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Traducteur : Hydrogen B
Éditeur : Hydrogen B
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Chapitre 470 : Pas de panique, c’est un piège
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L’avantage des pièges, c’était qu’on pouvait en accumuler autant qu’on voulait. Leur inconvénient, c’était qu’ils ne pouvaient pas se déplacer. Malgré leur efficacité redoutable pour tuer, on n’en faisait pas grand cas, car ils ne permettaient pas de choisir le champ de bataille. La puissance qu’ils conféraient ne permettait pas de prendre l’initiative.
Mais, cette fois, j’avais l’initiative.
Collie attendait la tombée de la nuit. La force des vampires résidait dans leur immortalité. Leur méthode pour l’emporter consistait à mener une guerre d’usure en s’appuyant sur cet avantage. Pourtant, même les hommes-bêtes à fourrure restaient des vampires. Leur force et leur capacité de régénération diminuaient pendant la journée. Maintenant qu’ils savaient que je n’étais pas un adversaire facile, ils tenteraient d’en finir de nuit, quand ils auraient l’avantage.
Ils attaqueraient la nuit. Ils devaient perturber mon repos et mon sommeil d’humain. Dès le coucher du soleil, ils viendraient me chercher.
Les vampires hommes-bêtes qui débouleraient dans la nuit noire possédaient à la fois tous les défauts des hommes-bêtes stupides et ceux des vampires, lents en tout sauf pour voir dans le noir. Ils feraient un public idéal pour mon spectacle. Si je tendais dix pièges, ils tomberaient dedans onze fois.
Avant la tombée de la nuit, je tendis des pièges avec des lianes de kudzu dans une clairière. Des collets qui se refermaient sur les chevilles au moindre contact, de classiques fosses à pieux pour précipiter ceux qui posaient le pied au mauvais endroit, des pièges qui projetaient des troncs aiguisés, d’autres où des arbres courbés fouettaient l’air, et bien plus encore.
« Ouf. En voilà un de fait. »
Les vampires ne se laisseraient pas prendre à des pièges ordinaires, mais ces lianes et ces branches n’avaient rien d’ordinaire non plus. Les lianes de kudzu que j’avais « améliorées » grâce au pouvoir du Dieu démoniaque et à l’Arbre de l’Origine étaient incroyablement résistantes et solides. Même un Ain, et à plus forte raison un Yeiling, aurait du mal à s’en libérer s’il s’y prenait mal.
« Hisse-ho ! Hisse-ho ! »
« Ouaf-ho ! Ouaf-ho ! »
« Azzy. Arrête de me gêner et va ailleurs. Tu ne sais même pas faire un nœud. »
Peut-être parce qu’elle m’avait vu nouer les lianes, Azzy voulut m’imiter. Elle attrapa une liane innocente dans sa gueule et tira dessus. Elle n’y mettait même pas toute sa force, mais j’entendis la liane de kudzu que j’avais « améliorée » se rompre.
« Tu es ridiculement forte. Même un Ain ne l’est pas autant, si ? »
Mes pièges ne serviraient à rien si elle pouvait briser les lianes d’une simple traction. Tss. Tout dépendait du temps que je pourrais maintenir Collie immobilisée.
J’aurais aimé qu’Azzy déchiquette Collie en cinq morceaux et en jette les membres sur des sommets différents, mais elle n’en avait aucune intention. Si je m’enfuyais, elle abandonnerait Collie pour me suivre, tandis que celle-ci s’échapperait rapidement et irait sauver les Yeilings.
N’y avait-il pas une solution plus maligne ? Tandis que je me posais la question…
« Ouaf-ho ! Ouaf-ho ! Ou… ouaf ? »
Ce que je redoutais arriva. La liane finit par céder et Azzy, qui tirait dessus, bascula en arrière. Elle se prit dans un collet et fut projetée dans les airs. Alors qu’elle labourait le sol de ses griffes pour s’accrocher, elle déclencha aussi un piège à pieux.
Des pieux volèrent vers Azzy. Même les chevilles ligotées, elle les écarta sans peine, mais les pieux brisés tournoyèrent dans les airs et s’enroulèrent autour d’elle.
Après avoir déclenché sept mécanismes en un instant, Azzy se retrouva suspendue dans les airs, aux côtés de deux pieux.
… Bien sûr, mes pièges étaient eux aussi fichus.
« Tu as un sacré talent, espèce de chien ! Comment as-tu pu déclencher tous les pièges que j’ai mis tant de soin à fabriquer ? »
« Ouaf ! C’est amusant ! »
« Ne t’amuse pas ! Tu as tout saccagé ! »
« Encore ! »
« Comment peux-tu en redemander après ça ? Ça suffit. Je vais faire griller cette incapable et la manger ! Set, Ri ! Fahrenheit ! »
Furieux, j’enflammai une branche et m’approchai d’elle. Les yeux d’Azzy s’écarquillèrent.
« Ouaf ? Tu abandonnes le chien de chasse après la chasse ? »
« Ce chien de chasse, au moins, attrapait des lapins ! Toi, tu as attrapé tous les pièges destinés aux lapins ! Et surtout, comment tu connais cette expression, toi, un chien ? »
À la réflexion, ce n’était pas entièrement inutile : ça m’avait servi de test… Non, c’était bel et bien inutile. Elle ne m’avait pas aidé du tout. Elle avait seulement détruit mes pièges ! D’abord, je devais démêler ce fouillis. Je fermai les yeux et lançai une balle.
« Va chercher. »
« Ouaf ! »
Crac. Clac. Craac.
Un bref déchaînement de destructions bruyantes se fit entendre. Quand je rouvris les yeux, Azzy était assise devant moi, la balle dans la gueule et la queue frétillante. Derrière elle s’étalait un tas lamentable de lianes sectionnées et de troncs brisés.
C’était une véritable catastrophe. Je soupirai et récupérai la balle.
« Merci. Tu m’as donné une bonne idée. Je ne devrais pas me contenter d’un seul piège. Il faut que j’en relie plusieurs entre eux. Il y a trop de variables, alors je devrai les coordonner moi-même, mais je crois que c’est nécessaire si je veux immobiliser un Ain. »
« Ouaf ? Merci ? Alors, récompense-moi ! »
« Je disais ça par politesse, petite peste. Ne bouge pas et ne fais pas de bêtises ! »
Après avoir réprimandé Azzy, je décidai de fabriquer un piège plus précis et plus puissant que le précédent. Une fois sa proie prise, il la traînerait, lui tirerait sur les membres et lui enfoncerait des pieux dans le corps. Même à mes yeux, c’était un peu excessif.
En même temps, mes adversaires étaient des vampires incapables de mourir.
« Ouaf ? Celui-là ? »
« N’y touche pas. Si tu le déclenches encore, je te transforme en pâte de soja. »
Construire ce piège à mécanismes liés était difficile, même avec mon corps renforcé depuis que j’avais obtenu le pouvoir du Dieu démoniaque. Cela prit aussi tellement de temps que le soleil se couchait déjà. Collie n’allait pas tarder à arriver.
« Je dois l’attirer par ici, mais sans que ça ressemble trop à un piège. Allons nous cacher sous terre, Azzy. »
« Ouaf… »
« Je t’ai dit que ce n’était pas un manège. »
J’emmenai Azzy vers l’abri que j’avais préparé dans les broussailles. De l’extérieur, il ressemblait à une colline ordinaire, mais c’était mon refuge, aménagé grâce aux Arts de la Terre et au druidisme. Il n’avait rien d’anormal, mais paraissait assez suspect pour que quiconque me suivrait s’en approche naturellement. Je m’y cachai et observai les alentours.
Si elle venait, tant mieux : elle tomberait dans un piège. Si elle ne venait pas, tant mieux aussi : je n’aurais qu’à passer la nuit. Je restai sur mes gardes, scrutant chaque direction.
Comme prévu, une présence se rapprocha bientôt. Je perçus les pas légers, mais puissants, d’une maîtresse de haut niveau.
« … Hein. »
Le problème, c’était que ce n’était pas la présence à laquelle je m’attendais.
« Elle est là ? Azzy. Tu es là ? »
Quelqu’un d’étrange venait de s’avancer vers mes pièges. Quoi ? La régresseuse ? Elle était venue me chercher la première ?
Ça faisait un moment que je ne l’avais pas vue, mais… rien n’avait changé. Elle avait dû traverser bien des épreuves pendant mon absence, pourtant son apparence et ses vêtements étaient exactement les mêmes qu’au Tartare. Une abeille attachée à un fil voletait à ses côtés tandis qu’elle s’approchait en regardant autour d’elle.
J’étais plutôt content de la voir, mais pas au point de me précipiter dehors pour l’accueillir à bras ouverts. Cette rencontre était si inattendue que je ne savais pas comment réagir.
Je ne pouvais pas faire semblant de ne pas la connaître, mais c’était une situation d’urgence. Il y avait des pièges partout. Devais-je me montrer ou non… ?
« Ce n’est pas ça ! Attention au piège ! Il y en a un là ! »
Elle allait droit dans le piège que j’avais tendu pour attraper Collie ! Je bondis sur mes pieds et hurlai. La régresseuse saisit naturellement Chanteciel et prit position. Avant même de pouvoir balancer son épée par réflexe, elle me reconnut et pencha la tête.
« Hughes ? »
« Ce n’est pas moi ! Ton pied ! »
Un piège se trouvait juste là où elle allait poser le pied ! Quand je hurlai à pleins poumons, il était déjà trop tard. Clic. Le mécanisme qu’elle venait de toucher se déclencha et un collet de lianes de kudzu lui enserra la cheville.
Frontière d’inversion céleste, Style du Bâton terrestre. Faille du sol.
À l’instant où la liane toucha sa cheville, Jizan trembla dans sa main gauche. Bien qu’elle n’eût même pas touché le sol, une fissure apparut, comme si la terre s’était fendue dans la direction où pointait son extrémité. Au même moment, la liane de kudzu à moitié enterrée se désagrégea et se rompit.
Elle avait tranché toute la liane. Sa réaction fut plus rapide que je ne l’avais imaginé : elle détruisit le piège avant même que sa cheville ait pu bouger.
« Qu’est-ce que c’est que ça ? »
Elle avait contré le piège grâce à cette technique absurde appelée Frontière d’inversion céleste, mais mon piège à mécanismes liés ne s’arrêtait pas là. Des pieux acérés jaillirent ensuite. C’étaient des pieux de bois tirés par une baliste à usage unique, fabriquée en faisant tirer Azzy sur des troncs robustes. Je les avais conçus pour transpercer les vampires, mais la régresseuse les détruisit d’un léger mouvement de Chanteciel.
Les pieux n’étaient qu’une feinte. Tandis qu’ils accaparaient son attention, des frondes surgirent de toutes les directions. C’était une attaque surprise, destinée à limiter ses mouvements, même brièvement, après l’avoir forcée à épuiser toutes ses options.
Frontière d’inversion céleste, Technique de l’Épée céleste. Tranche du papillon.
Pourtant, elle les trancha toutes, elles aussi. Chanteciel se dédoubla en un éclair, coupant simultanément chaque fronde en son centre. D’un seul mouvement, elle accomplit sans sourciller l’exploit absurde de porter cinq coups d’épée.
La régresseuse s’en tirait avec tant de facilité que même moi, qui avais fabriqué ces pièges, me sentis découragé. Elle recula d’un pas. C’était instinctif, mais un autre piège se trouvait là où elle posa le pied. Dès que son poids s’appuya sur le sol, toute la surface s’effondra. Des pieux acérés, dissimulés sous le piège que j’avais aménagé avec les Arts de la Terre, attendaient leur proie comme les crocs d’une bête.
Mais la proie ne tomba jamais.
À l’instant même où le sol s’effondra sous elle, où son pied perdit son appui, la régresseuse réagit par réflexe.
Technique de l’Épée céleste, Pas sur les nuages.
Elle marcha sur l’espace comprimé et se tint droite. Seule la régresseuse, qui possédait Chanteciel, pouvait accomplir une telle technique. Que le sol s’effondre sous elle, que quelque chose lui saisisse la cheville ou que des cordes lui foncent dessus, elle réagissait sans hésiter. C’était grâce à cette technique perverse, la Frontière d’inversion céleste, qui avait gravé en elle des réponses adaptées à chaque situation qu’elle avait vécue ne serait-ce qu’une fois.
Plus préoccupée par ma présence que par les pièges que j’avais mis tant de soin à fabriquer, elle fronça les sourcils et me désigna du doigt.
« Qu’est-ce que tu fabriques ? »
Qu’est-ce que je fabriquais ? C’était plutôt à moi de lui poser la question. Je me mis aussitôt en colère.
« Comment ça, qu’est-ce que je fabrique ? Et toi, qu’est-ce que tu fais ? J’ai tendu ces pièges pour arrêter les vampires qui me poursuivaient ! Tu les as tous détruits, alors qu’est-ce que tu comptes faire pour réparer ça ? »
« Les vampires qui te poursuivaient ? Ah, ceux-là ? Ils ne viendront pas. Je les ai croisés avant qu’ils arrivent et je m’en suis occupée. »
Ah, elle s’en était occupée ? L’Ain ? Eh bien, la régresseuse pouvait vaincre un Ain. Pour une fois, elle avait fait quelque chose d’utile. Dans ce cas, au moins, je n’avais plus à m’inquiéter de ça…
Attends. Vraiment ? N’y avait-il pas quelqu’un de bien plus inquiétant qu’un Ain qui venait d’arriver ?
« Et surtout… »
Flash.
Un éclair crépita et la régresseuse réduisit la distance en un instant. Les Yeux aux Sept Couleurs activés, elle me fixa d’un regard qui promettait de ne manquer aucun de mes gestes.
Je n’avais de toute façon pas l’intention de résister, mais elle ne m’en laissa pas le temps. La régresseuse appuya Chanteciel contre mon épaule. Azzy aboya, surprise.
« Ouaf ? »
La régresseuse l’ignora et me regarda de haut, les yeux froids.
« Q-quoi ? Qu’est-ce qu’il y a ? Tu veux encore me prendre le bras droit ? »
« J’ai une question à te poser, Roi de l’Humanité. Réponds honnêtement. Sinon… je ne sais pas quelle décision je pourrais prendre. »
En matière de force, elle était sans conteste écrasante.
En matière de technique, grâce à cette technique absurde qu’était la Frontière d’inversion céleste, elle pouvait déjouer les embuscades et les pièges avant même qu’ils ne se déclenchent.
Pour ce qui était de l’équipement, contrairement à moi, qui ne possédais qu’une idole du Dieu démoniaque, elle tenait directement une relique du Dieu démoniaque et s’en servait.
Elle était mon ennemie naturelle, une adversaire contre qui même ma lecture des pensées ne fonctionnait qu’à moitié. Elle resserra sa prise, comme si elle allait abattre Chanteciel d’un instant à l’autre, puis me demanda :
« Veux-tu détruire le monde ? »
Notes :
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