Chapitre 468
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Traducteur : Hydrogen B
Réviseur : Hydrogen B
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Chapitre 468 : Le garçon qui criait au loup et le menteur
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Un nouvel aboiement retentit quelque part à proximité. Puis une bourrasque s’engouffra dans les environs.
Un homme-bête au pelage noir, portant avec lui le souffle du vent du nord-est qui balayait le plateau, atterrit tout en légèreté près d’Azzy.
Rapide.
Pas simplement rapide. Il était agile comme un chien véloce. Ses mouvements et ses changements de direction étaient si prompts qu’ils semblaient presque fébriles, et pourtant, il ne faisait pas le moindre bruit. Chacun de ses gestes incarnait l’agilité même.
Mais surtout, c’était un vampire qui se promenait en plein jour sans le moindre problème.
Une épaisse fourrure lui poussait de la tête jusqu’au haut du dos, le protégeant du soleil. Sa queue touffue, rayée de blanc, remuait de haut en bas. Il portait un imperméable ample pour se protéger des rayons, mais l’enlever ne lui aurait sans doute pas fait grand mal. Son double pelage l’aurait préservé de la lumière.
L’Ain de Lungken et le gardien des bergers. Une rafale noire filant à travers les hautes terres. Les ténèbres courant sous le soleil de midi.
Collie, l’homme-bête canin chargé de garder les humains comme un chien de berger, s’approcha d’Azzy avant même que son pelage noir ait fini de retomber en place.
« Ouaf ? »
« Tu pourrais rester tranquille, s’il te plaît… ? Je ne peux pas travailler si tu t’éloignes dès que je détourne les yeux… ! »
Les chiens de berger étaient réputés pour leur intelligence et leur agilité. Collie, un homme-bête canin chargé de garder les humains et issu de cette noble lignée, secoua la tête d’un air embarrassé. Des brindilles et de la terre, prises dans son pelage noir, tombèrent au sol.
« Si le Roi des Chiens se montre aussi amical avec les humains, ça bouleverse la hiérarchie… ! »
« Ouaf, ouaf ! Ami ! »
« Je sais… Je sais, mais ce pays ne t’appartient pas… ! »
Devant lui se tenait le Roi des Chiens. Le Roi des Bêtes avait une importance particulière, non seulement pour les chiens, mais aussi pour les hommes-bêtes canins. Même devenu vampire, Collie restait guidé par ses instincts de chien.
Après avoir calmé Azzy, Collie se tourna vers moi en grondant, agacé.
« Nicol. Qui est-ce ? »
Le garçon était-il tendu parce qu’il se trouvait face à un vampire ? Il balbutia en répondant.
« C-Collie ! Euh, il vient du village de la Vallée Noire… Il a dit qu’il avait repéré quelqu’un de suspect et qu’il était venu te prévenir, Collie. »
« Du village de Biritear ? Il y avait un humain comme toi, là-bas ? »
Collie fronça les sourcils, approcha son museau de moi et renifla. Il se méfiait clairement. Heureusement, l’odorat des vampires n’était pas particulièrement développé, même chez les hommes-bêtes. Il aurait du mal à déceler quoi que ce soit d’étrange avec son seul flair.
« O-Oui. Vous ne me connaissez peut-être pas, mais je m’appelle Humil, du village de la Vallée Noire. C’est un honneur de vous rencontrer, Collie… »
« Aouuu. Ça suffit. Tu n’es jamais venu garder des moutons ici, si ? C’est bizarre qu’un gamin aussi robuste ne se soit jamais montré. »
« Je suis venu une fois quand j’étais petit… Mais pas comme apprenti berger, bien sûr… »
Pourtant, même devenu vampire, il avait conservé l’instinct animal qui lui permettait de repérer la moindre incongruité. J’aurais préféré qu’il me pose une question. J’aurais alors pu lire ses pensées et lui répondre.
Ce qui me tira d’affaire à cet instant critique, ce fut…
« Ouaf, ouaf ! Enchantée ! Enchantée ! »
Azzy, incapable de sentir l’atmosphère, tournait en rond entre Collie et moi. Elle se glissa entre nous et nous renifla.
Tandis qu’Azzy vagabondait en frottant son odeur partout, Collie laissa échapper un son entre le soupir et le grognement agacé.
« Non, Roi ! Attends un peu… ! J’ai du travail… ! »
« Ouaf, ouaf. Blessé ? Ça fait mal ? »
« Cette odeur de sang ne vient pas d’une blessure… ! »
Une fois la raison trouvée, il n’y avait plus d’incongruité. Puisqu’il n’avait rien eu sur quoi s’appuyer, le moindre changement pouvait tout faire basculer. Azzy, le Roi des Chiens, se montrait amicale avec moi ; les soupçons de Collie s’en trouvèrent donc dissipés.
« Aouuu. Bon. Qu’a dit Biritear ? »
« Elle a dit qu’un bétail qui avait franchi le mur… »
« Du bétail qui a franchi le mur » était une expression vampirique. Quand les vampires parlaient d’un humain devenu plus fort qu’un vampire, ils disaient qu’il avait franchi un obstacle. Vaincre un Yeiling, c’était franchir un mur. Vaincre un Ain, c’était franchir le mur d’une ville. Vaincre un Ancien…
On disait qu’on avait franchi le seuil de son espèce.
Naturellement, je n’avais entendu cela nulle part. J’avais simplement choisi l’explication la plus plausible parmi celles que j’avais lues dans ses pensées. Collie se détendit et releva le menton.
« … Aouuu. Maintenant que j’y pense, nous n’avons pas envoyé de messager à Biritear. Elle ne sait donc pas ce qui se passe. »
« Que se passe-t-il ? »
« La sécurité a été renforcée parce qu’une personne importante s’est évadée. L’ordre est de la capturer vivante à tout prix et de l’escorter jusqu’au château. Mais… »
Collie marmonna, puis lança un regard contrarié à Azzy.
« Le Roi est apparue juste à ce moment-là. »
« Ouaf, ouaf ? Moi ? Je suis Azzy ! »
« Le Roi a mordu mon Yeiling, alors j’ai perdu du temps à la poursuivre pour l’attraper. Jusque-là, je croyais que le Roi était la personne importante. Aouuu. J’aurais dû réfléchir plus calmement. C’est la faute du Roi. Pourquoi es-tu apparue précisément à ce moment-là ? Tu m’as embrouillé. »
Il se justifiait auprès de moi. Pourquoi un vampire se justifierait-il devant un simple humain ? Pourtant, Collie était né homme-bête canin. Devenir vampire n’avait pas complètement changé sa nature.
En tant qu’homme-bête canin de berger, Collie avait un sens aigu du devoir et de la loyauté. Il était fidèle à Lungken et à Azzy, qui lui étaient supérieurs, ainsi qu’aux humains placés sous sa garde. Échouer à une mission portait un rude coup à sa fierté.
… Bien sûr, je n’avais aucune raison d’écouter toutes les jérémiades de Collie. Je fis donc semblant de ne pas comprendre et demandai :
« Le Roi ? Une personne importante ? De quel homme-bête est-il question ? C’est un vampire ? »
Contraint de tout reprendre depuis le début, Collie tordit le visage, exaspéré.
« Aouuuuu ! Il y a quelqu’un comme ça ! Ne pose pas des questions sur le moindre détail ! »
C’était lui qui avait tout raconté, après tout. Quoi qu’il en soit, après avoir mis fin à ses récriminations, Collie se tourna aussitôt vers le jeune berger et cria :
« Nicol, retourne au village ! »
« O-Oui… »
Le jeune berger qui s’était montré si poli avec moi n’était plus qu’un agneau docile devant un vampire. L’air un peu abattu, il jeta un regard en arrière vers moi, puis prit le chemin du village.
Après avoir renvoyé le garçon et le chien, Collie s’assit lourdement par terre. C’était un homme-bête canin, et sa façon de s’asseoir ressemblait donc trait pour trait à celle d’Azzy.
« Alors ? Qu’es-tu venu signaler ? »
« Un évadé non identifié est apparu dans le village de la Vallée Noire. La cheffe de village l’a surpris en train de voler de la nourriture et est allée le maîtriser, mais… »
« Elle a perdu, c’est ça ? Je suppose qu’on ne l’a pas qualifié de personne importante pour rien. Autre chose ? »
« Autre chose… ? »
« Son apparence, ses capacités. Tout ce qu’il faut savoir pour le poursuivre. »
Cette rencontre n’était pas prévue, mais c’était une occasion d’autant plus belle.
Je l’avais senti plus tôt, mais de toute façon, je n’avais aucune chance d’échapper à Collie. Un vampire homme-bête canin de berger. Tenter de fuir quelqu’un qui se fatiguait davantage en restant immobile qu’en courant, c’était comme se porter volontaire pour devenir son jouet.
Alors, comme toujours, mon travail consistait à le tromper.
« C’était un homme d’une petite quarantaine d’années ? Il avait l’air un peu plus âgé que moi. Il portait une robe à capuche, peut-être pour dissimuler son apparence. Après s’être battu contre la cheffe de village Biritear, il s’est enfui du village à toute vitesse. Je n’ai jamais vu quelqu’un bouger aussi vite… Enfin, pas aussi vite que toi, Collie. »
« Comment un humain a-t-il pu vaincre Biritear ? »
« Je ne sais pas. Le combat a eu lieu dans la hutte de la cheffe de village. Elle a tout de même dit qu’il avait le pouvoir de creuser sous terre. Peut-être des Arts de la Terre. »
Inventons ça.
J’avais utilisé les Arts de la Terre et le druidisme, mais si je mentionnais deux capacités, mon adversaire se méfierait de mes cartes. Je ne lui montrerais qu’un aperçu du Dix de pique, et la laisserais tirer ses propres conclusions.
« Creuser des trous ? Aouuu. Ça se complique. Il va maintenant falloir vérifier aussi sous terre. »
Exactement comme je l’espérais. Je n’avais aucune intention de creuser sous terre, mais il ne pouvait s’empêcher de se méfier de ma seule capacité — enfin, pas vraiment la seule — : les Arts de la Terre.
« Autre chose ? »
« Je ne sais pas si ça vous sera utile, mais la cheffe de village m’a remis ceci… »
Je sortis de ma poche un morceau de couverture déchiré. Sachant que Collie, l’homme-bête canin chargé de garder les humains, existait, j’étais retourné le récupérer discrètement avant de partir.
« C’est un morceau de la couverture de l’endroit où il a séjourné. La cheffe de village a dit que son odeur devait encore y être. »
Bien sûr, c’était la couverture d’Hilde, pas la mienne.
Collie bondit comme l’éclair. Avant même que j’aie le temps de réagir, le morceau de couverture était déjà serré entre ses mâchoires. Il renifla la faible odeur qui y persistait.
« Biritear. Pas mal. »
« Ah ! Comme tu es un homme-bête canin, tu peux le retrouver à l’odeur ! J’avais complètement oublié ! »
« Aouuu. Mon odorat n’est pas si bon que ça. Mais je ne suis pas seul. »
Hein ? Quel soulagement. Je craignais qu’il ne parte vraiment chercher Hilde, ou qu’il ne repère d’une façon ou d’une autre les traces étranges de mon odeur qui subsistaient.
Collie tripota le morceau de couverture, puis le tendit soudain à Azzy.
« Roi. Tu pourrais peut-être… »
« Renifle, renifle. Ouaf ? »
« Retrouver la personne à qui appartient cette odeur… ? »
« Ouaf ! Là ! »
Après l’avoir reniflé, Azzy tourna brusquement la tête et se mit à me tapoter le pied de sa patte avant. Tout mon corps se tendit. En tant que Roi des Chiens, Azzy avait dû sentir non seulement mon odeur, mais aussi celle d’Hilde. Elle n’allait quand même pas tout révéler ?
« Ouaf, ouaf ! Ouaf, ouaf, ouaf ! »
Quel soulagement. Azzy n’était pas du genre à expliquer les choses avec autant de mots. Collie non plus ne semblait pas en attendre grand-chose.
« C’est lui qui l’a apportée… Aouuu. Laisse tomber. C’est moi l’idiot. Même si tu savais quelque chose, tu ne serais pas d’une grande aide. »
Collie se leva d’un bond et bondit avec légèreté. Il passa gracieusement au-dessus de ma tête, puis se retourna vers Azzy et moi.
« J’ai plein de chiens de chasse avec moi. Si je leur fais sentir ça, ils le retrouveront vite. Ton odeur pourrait les perturber, alors retourne au village… Non. »
« Le Roi a l’air d’apprécier cet humain, alors je ferais mieux de la laisser avec lui un moment. Ce serait embêtant si le Roi se promenait n’importe où et attaquait mon Yeiling. »
« Prends soin du Roi. Tant qu’il est avec toi, aucun danger ne menace un humain. »
« Pardon ? Où ça ? »
« N’importe où ! »
Collie répondit comme si la question l’ennuyait, puis partit. À peine avais-je détourné les yeux qu’il était devenu une rafale noire filant au loin, vers le poste des bergers dans les hautes terres brumeuses.
Tout s’était mieux passé que prévu. Techniquement, c’était la faute d’Azzy si j’avais rencontré Collie, mais grâce à ça, j’avais pu m’expliquer facilement et j’étais libre d’aller où bon me semblait.
Surtout, j’avais gagné un garde du corps digne de confiance.
« Hé, Azzy. »
« Ouaf ? »
« Comment as-tu fait pour venir jusqu’ici ? »
« Ouaf ! »
Azzy me tapota le pied de sa patte avant. M’avait-elle suivi ? Après tout, Azzy se souviendrait de mon odeur. Et puis, notre « promesse » tenait toujours.
« Et Shei ? Tu n’étais pas avec elle ? »
« Ouaf ? Celle-là ? Ouaf ? »
La tête penchée d’Azzy ne trahissait pas la moindre confusion. Elle ne semblait pas comprendre pourquoi la régresseuse était venue jusqu’ici.
Comment était-elle censée la surveiller, au juste ? Elle avait dit qu’Azzy risquait de devenir un désastre à l’avenir. Alors elle n’aurait pas dû la surveiller comme il faut ? Elle était totalement incapable de s’occuper d’un animal !
Enfin, ça m’arrangeait bien. Je caressai la tête d’Azzy et lui dis :
« En tout cas, ça me fait plaisir de te voir. »
Les oreilles d’Azzy se dressèrent. Sentant ma main entre ses oreilles douces, elle sourit de toutes ses dents et répondit :
« Ouaf ! Moi aussi, ça me fait plaisir de te voir ! »
Les chiens étaient vraiment les amis de l’humanité. Il suffisait d’en avoir un à ses côtés pour se sentir aussi en sécurité.
Un vampire homme-bête canin de berger ? Hmph. Azzy était le Roi des Chiens. Elle jouait dans une tout autre catégorie. J’étais le compagnon qui avait été en prison et avait voyagé avec le Roi des Chiens. En plus, nous étions amis et avions conclu une « promesse » entre nos espèces. Nous n’avions rien à voir avec de vulgaires hommes-bêtes, et surtout pas avec un vampire au service d’un Ancien qui lui servait de souverain.
Je n’avais pas pu le faire plus tôt parce que Collie me surveillait, mais maintenant, je le pouvais. Je souris méchamment et chuchotai :
« Azzy. Tu vois celui de tout à l’heure ? L’homme-bête canin au pelage noir. »
« Ouaf ? Lui ? »
« Oui. Si tu le revois plus tard… Mords-le de toutes tes forces. »
Si Collie avait été humain, Azzy n’aurait même pas réussi à le mordre et se serait contentée de gratter le sol, impuissante. Mais le Duché était un pays de vampires. Azzy pouvait le déchiqueter et lui tordre le cou sans aucune restriction. Une fois Azzy le chemin dégagé, je pourrais avancer tranquillement.
Héhé. Je commençais à peine à rire dans mon coin quand Azzy pencha la tête et aboya une fois.
« Ouaf ! Non ! »
« Quoi ? Pourquoi ? »
« Ami ! Pas mordre ! »
« Non, ami ou pas, c’est un vampire ! Tu n’as pas senti l’odeur du sang ? »
« Ami blessé ! Ouaf ! Protéger ! »
Protéger quoi ? C’est un vampire ! Même si tu le mettais en pièces, il se rétablirait parfaitement ! Si tu veux protéger quelqu’un, protège-moi, le fragile de nous deux !
« Hé ! Pourquoi tu ne m’aides qu’à moitié, tout le temps ? Tu ne pourrais pas m’aider complètement, rien qu’une fois ? Il te manque sérieusement quelques vis ! »
« Et toi ? »
« Moi ? Jusqu’ici, je n’avais aucune marge de manœuvre ! Je ne pouvais rien faire, parce que je n’avais pas la force ! Mais cette fois, j’ai gagné un peu de force, alors je peux me le permettre. Je tiendrai ma promesse ! Je te le promets, alors aide-moi juste cette fois ! »
« Minable ! »
« Qu’est-ce que j’ai de minable ? Tu as déjà vu ma force ? Je te dis qu’elle est bien réelle ! »
Azzy n’avait pas l’air de vouloir attaquer Collie. Peu importait, au fond. J’avais prévu cette éventualité.
L’homme-bête canin chargé de garder les humains, Collie, avait beau être incroyablement rapide et agile, fouiller toute cette immense chaîne de montagnes jusque dans le moindre terrier lui prendrait un temps considérable. Pendant son absence, je pourrais franchir les montagnes avec Azzy. Elle s’occuperait des petits problèmes comme les Yeilings et les loups.
Le point faible d’Azzy, c’était qu’elle ne pouvait pas attaquer les humains…
Mais ça ne posait pas de problème, pas vrai ? Dans ce pays, les humains étaient du bétail. Ils ne viendraient pas m’arrêter.
Héhé. Ça allait être facile. Tout sourire, je me mis en route.
* * *
« Hé, Nicol ! Ça fait longtemps ! »
« Hein ? Brad ! Ça fait un bail ! »
« C’est vrai. Tu commences vraiment à avoir l’air d’un berger ! Tu devrais bientôt te marier ! »
« Alors présente-moi une jolie fille gentille du village de la vallée avant de dire des choses pareilles ! Plus important, qu’est-ce que tu fais ici ? »
« La cheffe de village Biritear m’a envoyé. Un évadé se dirige par ici. Je suis venu prévenir Collie à son sujet. »
« Quoi ? Encore un ? »
« Encore un ? Il y a aussi un évadé ici ? Bon sang, c’est la saison des évasions ou quoi ? Pourquoi est-ce qu’il y en a autant ? »
« Non, je parlais du messager. Le village n’a-t-il pas déjà envoyé quelqu’un ? »
« Envoyé quelqu’un ? Qui ça ? »
« Humil. Tu sais, le grand type qui avait l’air sournois. »
« Qu’est-ce que tu racontes ? Humil ? Personne ne porte ce nom au village. Et puis, pourquoi enverraient-ils quelqu’un d’autre alors qu’ils m’ont, moi, qui gardais autrefois les moutons dans ton village ? Personne ne vient ici plus souvent que moi. »
« Quoi ? C’est bizarre. Il a bien dit que la cheffe de village l’avait envoyé… Si c’était un mensonge, alors qui était-il ? »
Un homme que le village n’avait pas envoyé, un menteur assez audacieux pour tromper un vampire. Un individu non identifié.
La réponse était évidente. Le jeune berger comprit rapidement la vérité et tourna la tête.
« Un évadé ! »
P.-S. :
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