Chapitre 382
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Traducteur : Hydrogen B
Relecteur : Hydrogen B
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Chapitre 382 : La foudre ne tombait pas du ciel — 5
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Huit de pique, élixir.
Je traçai une ligne sur le mur avec la carte du Seigneur de l’Or. Grâce aux principes profonds de l’alchimie, les parois d’acier recouvertes de la Tour Paratonnerre se transformèrent en cartes. Des centaines de papillons aux ailes d’acier s’éparpillèrent dans les airs.
Je me faufilai à travers ce spectacle magique.
« Haah ! »
Le poing de fer du Seigneur du Tonnerre s’abattit derrière moi. Chargé d’éclairs, il transperça les cartes qui voltigeaient, cherchant à m’atteindre…
Malheureusement pour elle, les cartes d’acier n’étaient pas si légères. Les papillons de métal qui tournoyaient en s’éparpillant se collèrent soudain les uns aux autres dans un mouvement de panique.
Ces papillons d’acier n’auraient pas pu arrêter l’attaque d’un autre pratiquant du qi. Mais comme elle était le Seigneur du Tonnerre, son attaque fut bloquée par les papillons.
« Tout est en acier alchimique ! Au moindre contact, il disperse la foudre… Comme s’il connaissait chacune de mes faiblesses ! »
Le Seigneur du Tonnerre se déplaçait en s’agrippant à quelque chose pour se tirer vers celui-ci. Elle projetait des lignes d’éclairs qu’elle reliait au métal, puis se servait de cette force d’attraction pour filer aussi vite qu’un éclair.
Autrement dit, il me suffisait de neutraliser la foudre. Les cartes d’acier alchimique absorbaient cette force d’attraction et s’accrochaient à elle. Elles avaient beau ressembler à des cartes, elle devait avoir l’impression que des blocs d’acier la retenaient.
« Alors ! »
Le Seigneur du Tonnerre changea de tactique. Cette fois, elle ne se tira pas vers l’avant. Elle tira.
La foudre se concentra dans sa paume et jaillit, fendant le sol en fonçant sur moi.
Je sentis comme des plumes effleurer mon corps. Une légère sensation de picotement me parcourut.
« La foudre ne marche pas ?! Il ne la dévie pas. C’est comme si elle était avalée ! »
L’idole de la Terre Mère s’avéra finalement bien utile. La foudre était censée être engloutie par le sol.
Je me tins debout, une main appuyée contre le mur de la Tour Paratonnerre.
« Qu’en dites-vous ? Vous me croyez maintenant, quand je vous dis que nos chances sont de cinquante-cinquante ? »
« … Vous avez bien confiance en vous, pour quelqu’un qui s’en remet à des tours de passe-passe. »
« Sérieusement ? Si mes techniques ne sont que des tours de passe-passe, les vôtres sont des techniques professionnelles ? N’importe qui peut produire des picotements d’électricité statique en se frottant les mains. »
La vôtre était seulement plus impressionnante. En quoi différait-elle de l’électricité statique ?
Quand ses attaques échouèrent les unes après les autres, le Seigneur du Tonnerre reprit son souffle et réfléchit. J’étais sûrement bien plus essoufflé qu’elle, mais le sang-froid venait du sentiment de supériorité psychologique.
C’était ma chance.
« Au fait, je vous croyais pragmatique, comme moi. Je ne me doutais pas que vous étiez une jeune fille aussi innocente et délicate, capable d’entendre une voix dans sa tête et de la croire sans poser de questions. »
« Vous n’arrêtez jamais de parler. »
« Non, je suis sérieux. Vous êtes le Seigneur du Tonnerre, non ? Pourquoi auriez-vous soudain entendu une voix dans votre cœur et vous seriez-vous retournée contre moi ? »
Elle était née et avait grandi dans cette ville, avant d’être choisie pour devenir le Seigneur du Tonnerre. Le Sanctuaire ne s’était jamais manifesté à elle, pas une seule fois de sa vie.
Pourtant, après avoir reçu cette révélation un peu plus tôt, elle était devenue plus fervente que n’importe qui et m’avait attaqué.
Peu importe sous quel angle je regardais la situation, quelque chose clochait. Allons, rends-toi au moins compte de ça…
« Ça n’a aucune importance. Qui vous êtes, ou ce que je suis. »
Le Seigneur du Tonnerre parla fermement et serra le poing davantage. L’énergie électrique qui se répandait autour d’elle se concentra encore plus, chauffant son corps à une vitesse incroyable.
« Ce qui compte, c’est ce que vous allez faire. Et le fait que je doive vous en empêcher. »
« Qu’est-ce que vous croyez que je vais faire ? »
« Vous comptez remuer tous les secrets de Claudia et découvrir la vérité, quels que soient ces secrets… ou les dégâts qu’ils pourraient causer à cette ville. »
Je ne pouvais pas le nier. C’était vrai et, même si je l’avais fait, elle aurait manifestement préféré croire la révélation qu’elle avait reçue plutôt que mes paroles.
Tss. Ça ne marcherait donc pas.
Le Corps de l’Épée sacrée. Le destin les avait choisis.
Le Seigneur du Tonnerre avait eu de la chance. Parmi les innombrables tragédies des Petits États, elle avait eu la chance de naître avec le corps le plus parfait qui soit. Puis, par hasard, elle avait été frappée par la foudre et y avait survécu. Mieux encore, cela lui avait permis de découvrir son talent.
Le Seigneur du Tonnerre, capable de s’approcher de la source du pouvoir de Claudia, avait attiré l’attention de l’ancien Seigneur du Tonnerre, qui l’avait désignée comme gardienne de cette génération.
De rencontre fortuite en rencontre fortuite, elle avait fini par croire qu’elle était spéciale. Puis elle avait découvert une partie du secret et accepté cette responsabilité…
À vrai dire, je n’avais rien trouvé d’étrange chez elle en lisant ses pensées. Comme tous ceux qui possédaient un tel niveau de puissance, elle avait simplement eu une chance écœurante. C’était pour ça que je ne m’étais pas méfié d’elle.
Mais maintenant que je connaissais l’existence du Corps de l’Épée sacrée, tout était différent.
Un corps élu. Des rencontres fortuites qui survenaient comme par miracle. Et même la capacité d’absorber pleinement toute cette puissance.
Elle avait vraiment été choisie. Le Sanctuaire avait insufflé le destin en elle, et elle avait accepté celui qui lui était destiné. Elle garderait la foudre dans son corps, dissimulerait le secret sous terre et protégerait cette ville.
Elle n’avait aucune raison de refuser. Elle aimait cette ville et avait acquis le pouvoir de la protéger. À ses yeux, c’était rationnel, noble et inestimable.
Et c’était, en soi, une œuvre au service du Sanctuaire.
Les graines que la Sainte Vierge avait semées à travers le monde en choisissant soigneusement parmi les futurs possibles.
Voilà ce qu’était le Corps de l’Épée sacrée.
C’était pour cela que je ne pouvais pas la convaincre. Le Seigneur du Tonnerre, qui régnait au sein de l’ordre observé par la Sainte Vierge, n’accueillerait pas favorablement le changement que j’apporterais.
« Je n’ai pas l’intention de détruire la ville. Je veux seulement satisfaire ma curiosité personnelle. »
« Le Roi de l’Humanité peut-il se permettre d’employer le mot “personnelle” ? »
« Eh bien, présenté comme ça, je n’ai pas grand-chose à répondre. »
Bon sang. Voilà pourquoi je détestais le Corps de l’Épée sacrée. On ne pouvait pas les convaincre, et on ne pouvait pas provoquer de changement. Ils étaient déjà complets tels qu’ils étaient.
Je n’y pouvais rien.
« Je n’aime pas la violence… Et si nous réglions ça en discutant ? »
« Ça aurait été bien d’y penser avant de voler. »
« Alors, pourquoi ne pas créer une situation où je n’aurais pas besoin de voler ? »
« Si vous le souhaitez. Je veillerai à ce que vous ne puissiez plus jamais voler. »
Le Seigneur du Tonnerre s’approcha de moi, enveloppée d’éclairs. Je plaquai une carte Huit de pique contre le mur et y frappai la paume, comme pour apposer un sceau.
Ma main me piqua, mais ça marcha. Quand je retirai la carte, une avalanche de cartes d’acier se déversa, comme si un barrage venait de céder. Je reproduisis les cartes en un instant, puis les lançai d’un mouvement du poignet vers le Seigneur du Tonnerre.
Des dizaines de cartes volèrent dans sa direction.
« Encore ça ? »
Les humains apprenaient de leurs erreurs. Se souvenant de ce qui s’était passé tout à l’heure, elle ne dispersa pas la foudre autour d’elle. Le Seigneur du Tonnerre avança calmement, bloquant les cartes une à une.
Argh, c’était ennuyeux. J’avais mis de la force dans mes lancers, mais elle n’avait pas l’air blessée le moins du monde.
Ma force se situait dans la moyenne humaine. Autrement dit, je pouvais tenir tête à peu près n’importe qui. Je pouvais dérober la magie innée de mon adversaire, lire ses intentions grâce à la lecture des pensées et y répondre, puis utiliser des techniques ciblant ses faiblesses pour parvenir à un match nul.
Mais il me manquait la puissance nécessaire pour en finir.
Son corps était constitué du matériau alchimique du Seigneur de l’Or. Ce n’était pas du métal, mais ça revenait au même. Sa résistance dépassait celle de la plupart des pratiquants du qi. Même après avoir été frappée de toutes parts par des cartes d’acier, elle n’avait pas une égratignure.
Elle n’avançait que lentement par prudence. Si elle s’était ruée sur moi, je n’aurais eu aucun moyen de l’arrêter.
« Ce ne sont que des morceaux d’acier sans le moindre pouvoir. Pourquoi les lancer comme ça, sans raison ? »
« Je me prétends magicien, alors j’essaie de rester fidèle au personnage. »
C’était un mensonge. J’avais mis toutes mes forces dans cette attaque.
Mais pour le Seigneur du Tonnerre, ce n’était qu’un jouet d’enfant.
Tss. Je ne pouvais pas gagner comme ça. J’en avais assez de ce scénario, mais… je n’avais pas le choix : il me fallait faire traîner les choses.
« Il n’a pas l’air si fort… mais je ne baisserai pas ma garde. C’est le Roi de l’Humanité. Il cache peut-être des capacités que je ne connais pas. Une attaque à la fois, sans faillir. Je dois le traiter comme un adversaire redoutable. »
Tout de même, merci de faire preuve de prudence.
Ne pas sous-estimer son adversaire était une attitude tout à fait louable, mais face à moi, elle ne faisait que vous desservir. Plus on me considérait comme une menace, plus on calculait ses actions. Et plus j’avais de pensées à lire.
Sa taille, ses jambes, ses bras et ses poings bougeaient comme les rouages d’une machine de précision. Son poing de fer fila vers ma tête.
Une sensation glaciale, puis l’intention d’attaquer que je lus grâce à mon pouvoir de lecture des pensées. Par réflexe, je plaçai mon bras sur la trajectoire du poing de fer qui s’approchait à toute vitesse.
J’aurais dû être incapable de bloquer ce coup, même en sachant qu’il arrivait…
Pourtant, dans un bruit sourd, le poing du Seigneur du Tonnerre fut arrêté sans résistance.
« Quelque chose cloche… ! »
Son attaque avait été aussi fulgurante qu’un éclair, mais une lueur jaillit juste avant que son poing ne touche ma main. Le courant passa d’elle à moi et, au même instant, la force qui aurait pu briser de l’acier s’affaiblit peu à peu.
« Il n’est pas fort. C’est l’inverse… ! Je m’affaiblis… ! Qu’est-ce qu’il m’a fait… ?! »
C’était simple. Je déchargeais sa puissance.
La magie innée du Seigneur du Tonnerre : le Capteur de tonnerre. Cette technique lui permettait de saisir la foudre et de se déplacer avec elle. Elle pouvait utiliser la foudre comme du qi parce que cette technique lui permettait de l’abriter dans son corps.
Après avoir dérobé cette magie innée, je m’emparai de sa foudre et la déchargeai dans mes cartes. Dès que je m’approchais assez pour que la foudre m’atteigne, le pouvoir qui la rendait « spéciale » disparaissait.
Je soufflai à l’oreille du Seigneur du Tonnerre, stupéfaite :
« Alors, ça fait quoi d’être ordinaire ? »
« Mon pouvoir ! Espèce de lâche… ! »
« Vous trouvez ça juste ? Maintenant, nous sommes à égalité, non ? »
Le combat était devenu une bagarre confuse où nous n’utilisions qu’un peu de qi. Peu importait qui gagnait ou perdait, ça n’aurait rien eu d’étonnant. Pas vrai ?
Profitant de sa confusion, je lui tirai le bras et lui frappai le menton. Le Seigneur du Tonnerre sembla vouloir résister par la seule force brute, mais son corps déchargé n’avait plus aucun pouvoir. Il ne lui restait que sa force physique…
« Ça ne fait pas mal. Il n’a rien de spécial, côté force. »
Hein. Elle était quand même plus forte que moi ?
Eh bien, ça se tenait. Le recours fréquent au qi renforçait le corps pour qu’il supporte les contraintes. Sinon, pourquoi ceux qui avaient appris ne serait-ce qu’une technique de renforcement corporel par le qi seraient-ils considérés comme des surhommes ? Même sans pouvoir puiser dans le qi, il y avait une différence de force pure.
« Alors je ne paniquerai pas. Sans le pouvoir de la foudre, je l’affronterai avec ma seule force physique. »
Les poings du Seigneur du Tonnerre se mirent bientôt à pleuvoir sur moi.
Chacun de ses coups était lourd. Elle n’utilisait même pas de qi, et pourtant mes bras me faisaient déjà mal. Ses coups manqués réduisaient facilement les meubles en miettes. Une résistance écrasante était une force en soi. Des poings lancés sans crainte d’abîmer son propre corps étaient bien plus puissants que des poings ordinaires.
Boum, boum, boum.
Les coups de poing que j’évitais de justesse martelaient au hasard les murs et les meubles. Si j’avais fait la même chose, je me serais fracturé quelque chose, mais le Seigneur du Tonnerre préparait calmement son prochain coup. C’était comme essayer d’user un rocher.
« Tu n’as vraiment qu’un seul talent : fuir. Tu as gardé tes instincts de bête, même après avoir perdu ta force ? »
Sans la lecture des pensées, j’aurais déjà reçu plusieurs coups et me serais écroulé. Au moins, je savais où ses poings allaient frapper.
Cette fois, ce serait ma poitrine. Je devais esquiver…
Hein. Mon souffle.
Je n’avais pas ménagé mes forces pendant que j’esquivais. Au moment où je haletais, son poing s’écrasa contre ma poitrine. Je croisai les bras pour bloquer le coup, mais l’impact les traversa, pénétra ma poitrine et se répandit dans tout mon corps.
Je glissai vers l’arrière.
Le Seigneur du Tonnerre me suivit et parla.
« Le combat sera bientôt terminé. »
« Ha ha. Vous êtes bien sûre de vous, après un seul coup réussi. »
« Il n’y en aura pas qu’un. »
Elle avait raison. Je n’avais aucune chance dans un combat d’endurance. J’avais beau la frapper, elle ne ressentait rien, tandis qu’elle me pressait sans sembler manquer d’énergie.
C’était comme combattre une immortelle.
Une arme ne servirait à rien… Même si je la poignardais avec une alêne, je ne ferais qu’un trou dans sa peau. Si elle me la prenait, ma vie serait en danger. Mieux valait ne même pas en sortir une.
Alors.
« Hé. J’ai passé tout le combat presque le dos contre le mur, pas vrai ? »
« Vous recommencez à parler. Vous ne savez vous battre qu’avec des mots et des tours de passe-passe ? »
« Comment avez-vous deviné… Enfin, pendant que je gardais le dos contre le mur, j’ai préparé quelque chose à vous montrer. »
Mes tours étaient déjà tous éventés. Quelle horreur. Voilà pourquoi je détestais me battre.
« Bref, je vais vous montrer ce que j’ai préparé pendant que j’encaissais vos coups et les esquivais. »
« Il faudra le montrer avant de mourir. »
Comme si elle n’avait rien de plus à ajouter, le Seigneur du Tonnerre lança un coup de pied. À cet instant, je glissai sur le côté en longeant le mur.
Son coup de pied manqué frappa le mur. La paroi mince vola en éclats comme du verre, et des milliers de cartes se déversèrent, comme si un barrage venait de céder.
Des cartes que j’avais fabriquées encore et encore en me frottant contre le mur.
Elles s’abattirent sur le Seigneur du Tonnerre en un instant. Quelle que soit sa force, elle ne pouvait pas garder l’équilibre sous des centaines de kilos de cartes d’acier.
Un torrent de cartes s’écrasa sur le Seigneur du Tonnerre et la renversa.
« Des tours de passe-passe… ! »
… Même le corps absurdement puissant du Seigneur du Tonnerre s’en sortit indemne, mais cette ouverture d’un instant me suffit.
Pendant qu’elle se débattait sous la cascade de cartes, je lui saisis le bras par-derrière, le coinçai entre mes jambes et le tordis.
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