Chapitre 381
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Traducteur : Hydrogen B
Éditeur : Hydrogen B
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Chapitre 381 : Interlude : Après le Dieu du Tonnerre vient la Progenitrice
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Shei avait plusieurs raisons de se déguiser en homme.
La première était de tomber sans encombre à Tartare dans ce cycle. Comme elle ignorait le déclencheur exact qui permettait d’y accéder, il fallait que l’État militaire la capture et l’y précipite. Mais il aurait été insensé de déposer les armes et de se rendre de son plein gré. Elle choisit donc de faire appel à quelqu’un qui avait le pouvoir de le faire.
Cette personne était Lance absolue Partlaxion, chevalier de l’ancien royaume et commandant du Nord de l’État militaire, qui vénérait les duels. Shei avait vaincu les soldats de l’État militaire l’un après l’autre pour le provoquer, et il avait foncé sur elle afin de l’affronter en duel.
C’était tout ce dont elle avait besoin. Partlaxion adorait les duels, mais il n’avait aucun intérêt à prendre des vies ou à s’emparer de biens pour cette raison. Il lui suffirait de se battre un moment contre lui et de lui montrer qu’elle voulait affronter de puissants adversaires à Tartare : il rirait de bon cœur et l’y jetterait lui-même. Seulement, il avait une fille à peu près du même âge que Shei, et les choses auraient été compliquées si elle ne s’était pas habillée en homme. Les hommes d’âge mûr étaient d’une faiblesse insondable face aux filles de l’âge de leurs filles.
La deuxième raison était plus fondamentale. Shei trouvait tout simplement plus pratique de s’habiller en homme.
C’était un monde où les prophètes élus et les Saintes Vierges existaient au grand jour. Si Shei, une régresseuse, agissait comme si elle connaissait l’avenir, on la prendrait naturellement pour une Sainte Vierge. Peut-être n’était-ce même pas une erreur, mais le statut de Sainte Vierge n’était guère utile à quelqu’un comme Shei, qui devait découvrir toutes sortes de secrets. Pour éviter qu’on la traque ou qu’on se méfie d’elle, Shei changeait souvent d’apparence et de tenue.
Le Masque d’Agartha lui servait à cela.
C’était un trésor qu’elle avait acquis dans les terres sauvages, loin au sud, où d’innombrables tribus étaient dispersées dans toutes les directions. Le porter lui permettait de modifier sans effort l’impression qu’elle donnait. C’était ainsi que Shei changeait si souvent d’identité.
Pourtant, même le Masque d’Agartha n’était pas tout-puissant. Il ne faisait qu’imprimer une impression dans l’esprit des gens et les amenait à y croire. Au bout du compte, tout reposait sur leur perception et leur conviction. Une fois la vérité mise à nu, comme à présent, le masque devenait inutile.
Elle avait été démasquée au pire moment, par la pire personne qui soit. Tout en refermant son col déchiré, Shei prit la parole.
« Non. C’est… »
« Ce n’est rien, Shei. Tu n’as pas besoin de te justifier. »
À sa grande surprise, Tyrkanzyaka fut la première à balayer l’incident comme s’il n’avait pas d’importance. Elle baissa légèrement son ombrelle et poussa un discret soupir.
« Voilà donc pourquoi ton sang avait si bon goût. Il y avait aussi plusieurs autres détails suspects, mais cela explique la plupart d’entre eux. »
« Euh… Ça ne te dérange pas ? »
« C’est déconcertant, mais qu’est-ce que cela change ? Il serait absurde qu’un homme en aime un autre. Une femme habillée en homme, c’est bien plus plausible. »
« Mais ce n’est pas du tout ce qui s’est passé ! »
« Un malentendu ? Si aimer les hommes est un malentendu, alors tu aimes les femmes, après tout ? Est-ce que la chaleur que tu as montrée envers moi, la princesse et le Seigneur du Tonnerre n’était pas… ? »
« Non, non, non ! Ce n’est pas ce que je voulais dire ! »
Malgré ses explications désespérées, Shei se sentit soulagée. Tyrkanzyaka semblait ne pas être le moins du monde perturbée par l’incident. Ses émotions variaient peu, alors il était difficile de l’imaginer changer brusquement d’attitude pour si peu.
Hilde intervint.
« Tu manques vraiment de sensibilité ! De nos jours, les hommes sortent avec des hommes et les femmes avec des femmes ! Se déguiser en homme, c’est encore plus étrange ! »
« … ? Alors ils ne peuvent pas avoir d’enfants. »
« Tu ne devrais pas t’attarder sur des détails aussi insignifiants ! L’amour ne sert pas qu’à avoir des enfants, si ? »
« C’est vrai. Même les vampires éprouvent de l’affection… Hmm. Ce n’est pas le moment d’en discuter. »
Tyrkanzyaka s’interrompit et rabroua Hilde d’un ton agacé.
« Quelle absurdité. Parce que les choses ne se sont pas passées comme tu le souhaitais, tu as cru que quelques mots suffiraient à me faire changer d’avis comme on retourne sa main ? »
« Oh là là. Je ne m’y attendais pas. »
« Une mer de sang se laisse-t-elle troubler si facilement ? Il y a plus de mille ans que j’ai cessé d’être assez sotte pour me laisser tromper et influencer par une remarque habile. »
Les vampires étaient peut-être naturellement peu sensibles, mais quiconque avait vécu mille ans finissait par s’émousser bien au-delà de la simple insensibilité. Il ne s’agissait pas seulement des sens, mais de tout ce qu’on avait vécu et accumulé.
« Je le sais. L’arrogance de ceux qui façonnent l’avenir qu’ils ont vu. Le déplaisir qui les gagne lorsqu’ils tentent de le faire advenir. Hilde, cela te déçoit peut-être, mais je n’éprouve pas ce déplaisir à l’égard de Shei… »
Tyrkanzyaka s’interrompit pour choisir ses mots.
« Vraiment ? Elle a pourtant bel et bien agi comme si elle savait tout, non ? »
« … Je ne nierai pas qu’il m’est arrivé d’avoir envie de la frapper. Pourtant, je n’ai pas senti chez elle cette arrogance répugnante. »
Alors que Tyrkanzyaka tentait de se remémorer les bons moments, Hilde insista :
« Vraiment ? Elle connaît clairement l’avenir et possède même les trésors du Dieu céleste. Chanteciel et la Bourse de Rene. Qui d’autre que le Sanctuaire pourrait les avoir ? »
« Ne cherche-t-elle pas à résister à l’avenir ? Chez Shei, cette volonté passe avant l’arrogance d’un prophète. Ce qu’elle a fait devant moi et ce qu’elle fera désormais ne comptent-ils pas davantage que ce qu’elle est réellement ? »
Le soulagement se répandit depuis le bout des doigts de Shei. Tout ce qu’elle avait construit jusque-là n’avait pas été vain. Shei avait fait des efforts, et Tyrkanzyaka lui faisait confiance.
Bien sûr que oui. À la fin du monde, Shei avait couru partout, embrassant la lumière comme les ténèbres. En particulier, après avoir sauvé le Sage guérisseur et voyagé à ses côtés, elle avait noué des liens avec les vampires qu’elle avait autrefois considérés comme de simples ennemis, et les avait aidés. Ces liens auraient dû suffire…
… Mais quand ce lien s’était-il tissé ?
Comme Shei se repassait soudain les événements en mémoire, Tyrkanzyaka lui adressa un sourire bienveillant.
« Alors, dis-moi une seule chose. Si tu le fais, je resterai à tes côtés. »
Quelle que fût la douceur de son regard, elle n’en demeurait pas moins la Progenitrice Tyrkanzyaka. L’ennemie jurée du Sanctuaire et la Reine de l’Ombre. Elle avait vécu ainsi pendant plus de mille ans. Un bref voyage aux côtés de Shei et Hughes ne changerait pas sa nature.
Comme elle l’avait dit elle-même, la mer était calme. Une mer de sang ne se laissait pas emporter par une tempête passagère. Passer quelques jours avec Shei ne changerait pas qui elle était.
« Shei. Quand je marcherai sur le Sanctuaire dans une mer de sang, aide-moi à trancher la tête de la Sainte Vierge. »
La proposition glaçante la paralysa un instant. Faisant semblant de ne pas s’en apercevoir, Tyrkanzyaka poursuivit d’une voix douce :
« Je ne te demande pas de tout porter sur tes épaules. Je ne veux pas t’accabler à ce point. Mais une seule personne suffira. En es-tu capable ? »
Shei comprit aussitôt. C’était une épreuve. Non, une occasion. Tyrkanzyaka lui offrait une dernière chance de mentir et de prétendre être de son côté.
Même si Shei acquiesçait, cela ne signifiait pas qu’elle devrait attaquer une Sainte Vierge sur-le-champ. Combien de temps faudrait-il avant qu’une Sainte Vierge et Tyrkanzyaka se retrouvent face à face ? Peut-être cela n’arriverait-il même pas avant l’apparition du Roi du Péché.
Il existait un moyen de se sortir de ce mauvais pas. Il lui suffisait d’acquiescer ou de prendre le parti des vampires pour ce cycle seulement.
Mais…
Les lèvres de Shei remuèrent d’elles-mêmes.
« Je ne peux pas. »
Le coin de la bouche de Tyrkanzyaka se figea lentement, comme du sang séché, mais Shei n’avait pas le choix.
Un mensonge aurait pu la tirer d’affaire sur-le-champ. Pourtant, le Sanctuaire avait aidé Shei à maintes reprises. Elle avait reçu son aide et s’était attachée à ses membres ; elle n’avait donc aucune intention de les abandonner dans l’avenir qu’elle espérait atteindre.
« Je vais empêcher l’apocalypse qui doit arriver. Le Sanctuaire et les Saintes Vierges sont nos meilleurs alliés. Ce sera difficile sans leur aide, et je ne veux pas faire ça. »
L’honnêteté n’était pas forcément une vertu. Un doux mensonge aurait peut-être donné de meilleurs résultats.
Pourtant, Shei ne pouvait s’empêcher d’être honnête. Elle n’était pas assez douée pour montrer un visage différent à chacun de ses interlocuteurs à chaque cycle tout en restant fidèle à elle-même.
Tyrkanzyaka le savait. Voilà pourquoi elle lui avait posé la question.
Tout s’était déroulé exactement comme Hilde l’avait prévu. Hilde devait avoir compris dès le départ qu’à cause de leurs caractères, toutes deux finiraient inévitablement par s’opposer.
« Je vois… »
Tyrkanzyaka poussa un léger soupir. Ce faisant, elle rompit le dernier lien d’affection qui les unissait.
Ce n’était pas qu’elle ne ressentait aucun regret, mais c’était quelque chose qu’elle avait fait d’innombrables fois en mille ans. Non par résolution, mais par habitude.
Ainsi, l’émotion prit fin. Tyrkanzyaka posa sur Shei un regard calme.
« C’est là que nos chemins se séparent. Ce fut très agréable. »
Elle commença à se détourner, comme pour se débarrasser de ses sentiments. Shei l’interpella vivement.
« Attends. Une seconde. Quand l’apocalypse arrivera, tout cela prendra fin aussi ! »
« Ce n’est qu’une prophétie, n’est-ce pas ? Si tu n’as pas la volonté de tourner le dos à la prophétie, elle finira par t’enchaîner et se répéter. Je te donne un conseil sincère. »
« Non, c’est vrai ! Le Roi du Péché tuera tout le monde ! Toi, moi, même Hughes ! Tu prétends que ça t’est égal… ?! »
À ces mots, Tyrkanzyaka lança un regard noir à Shei, et une énergie noire se déversa comme une cascade. Shei leva le bras pour se protéger le visage.
La menace n’était pas particulièrement puissante, mais le rejet qu’elle exprimait était limpide. Tyrkanzyaka avertit d’une voix basse Shei, qui ne bougeait pas.
« Ne prononce pas le nom de Hyu. À l’instant, tu as choisi de l’abandonner. »
« De quoi tu parles ? Je ne l’ai jamais abandonné ! Et puis, ce n’est même pas un vampire. »
« Si. Tu ne le sais pas, mais tu l’as bel et bien abandonné. »
« Mais de quoi tu parles ?! »
Shei ignorait que Hughes était le Roi de l’Humanité. C’était déjà un secret de Polichinelle, mais Tyrkanzyaka ne souhaitait pas le lui révéler.
Pour avoir combattu directement le Sanctuaire, Tyrkanzyaka croyait à l’existence même des prophéties. Mais elle n’en croyait pas le contenu. Une prophétie pouvait être vraie, mais rien ne garantissait que ceux qui la transmettaient disaient toute la vérité.
Elle faisait confiance à Shei en tant que personne parce que celle-ci avait toujours agi de manière cohérente. Les paroles de Shei n’étaient que des mots, pas la vérité. Au fil de leur voyage, Tyrkanzyaka avait clairement séparé les deux.
Elle avait aussi appris autre chose au cours de ce voyage.
Le Roi du Péché que Shei cherchait à arrêter était peut-être le Roi de l’Humanité. Et Hughes était probablement le Roi de l’Humanité.
Selon une vieille légende, les Cinq Seigneurs avaient tué le Roi de l’Humanité et s’étaient partagé son pouvoir. Si cette légende était vraie, alors le Roi du Péché n’était peut-être qu’une calomnie, ou peut-être le Sanctuaire craignait-il simplement le retour du Roi.
Si Shei avait le moindre lien avec le Sanctuaire, Tyrkanzyaka devait prendre ses distances avec elle, qu’elle le veuille ou non, pour protéger Hughes. Si Shei tentait de tuer Hughes par anticipation, Tyrkanzyaka n’aurait aucun moyen de le sauver, à moins de le transformer en vampire. Mue par sa haine du Sanctuaire et le désir de protéger quelqu’un qui lui était cher, Tyrkanzyaka s’adressa à Shei sur le ton moqueur qu’elle réservait aux prophètes.
« Pourquoi ne vérifies-tu pas avec ta merveilleuse clairvoyance ? »
« Ce n’est pas de la clairvoyance… Pff. Je n’ai qu’à aller le voir et à lui parler ! Où est Hughes ? »
Peut-être pourrait-il résoudre la situation. Peut-être parviendrait-il à réconcilier tout le monde avec son sourire insouciant. Shei prononça son nom avec un faible espoir.
Tyrkanzyaka fit tournoyer violemment son ombrelle. Comme de l’encre noire engloutissant le monde, de sombres flots déchaînés jaillirent dans son sillage. Cette fois, il s’agissait clairement d’une attaque destinée à l’intimider. Shei n’eut d’autre choix que de riposter avec Chanteciel. L’épée, qui avait absorbé la foudre, déchira les ténèbres dans un coup de tonnerre.
La voix de Tyrkanzyaka perça les ténèbres dispersées et le grondement du tonnerre.
« Si tu nous abandonnes vraiment pour suivre le Sanctuaire… »
« Ce n’est pas ce que je compte faire… ! »
Une main pâle se tendit vers Shei alors qu’elle répondait. La main de Tyrkanzyaka. Elle était bien plus rapide que Shei ne l’avait prévu.
Depuis qu’elle avait retrouvé son cœur, Tyrkanzyaka ne pouvait plus projeter son art du sang au-delà de son propre corps. En contrepartie, elle avait acquis une force physique terrifiante, comme si toute cette puissance s’était convertie en énergie interne. Sentant instinctivement le danger que représentait cette main si elle l’attrapait, Shei tendit l’autre bras par réflexe.
Jizan. Une épée sans contrecoup. La relique de la Grande Maîtresse que seuls les dignes pouvaient manier. Shei écarta d’un léger coup de Jizan la main qui se tendait vers elle. Ce geste suffit à faire remonter le long de son bras un choc puissant, sourd.
Au-dessus de Shei, accroupie, deux yeux écarlates luisaient dans l’obscurité. La Progenitrice Tyrkanzyaka la toisait.
Avec une hostilité indéniable.
« Je vais graver dans ta chair ce que signifie devenir mon ennemie. »
Shei avait déjà affronté Tyrkanzyaka une fois. Celle-ci était alors sous le contrôle de Finlay, mais sa puissance restait insoutenable. Les chevaliers noirs qu’elle commandait semblaient pratiquement innombrables. Elle avait imposé une guerre d’usure grâce à des ressources presque illimitées, et même atteindre son véritable corps ne permettait pas vraiment de lui faire du mal.
À l’époque, elle n’agissait que sous les ordres d’un vampire de basse extraction, et elle était revenue sans difficulté parce que Hughes avait eu l’idée d’utiliser une décharge électrique… Mais qu’en était-il maintenant, avec une volonté propre et entière ? Et si même son véritable corps était dangereux ?
Malgré tout…
« … Amène-toi ! »
Chanteciel, Jizan et le Dieu du Tonnerre existaient pour affronter de puissants ennemis. Shei fit tournoyer Jizan et écarta le bras de Tyrkanzyaka. Quelle que fût sa force, elle ne pouvait résister à la terre elle-même. Alors que Tyrkanzyaka était projetée en arrière, Shei cria, exaspérée :
« Arrête de t’entêter ! J’ai besoin de toi ! Du Sanctuaire, d’Azzy, de Hughes, de vous tous ! Sinon, personne ne survivra à tout ça ! »
« Tu n’as que deux mains. Pour obtenir une chose de plus, tu dois lâcher ce que tu tiens déjà. C’est ainsi que va le monde. »
« Quelle espèce de principe régit ce monde maudit ? Tout prendra fin si je ne rassemble pas tout le monde de force ! »
« Alors appelons cela mon égoïsme. Je suis jalouse et je ne veux pas partager. »
Elle avait dit cela pour se moquer de Shei, mais l’image de Hughes parlant librement avec elle traversa brièvement l’esprit de Tyrkanzyaka. Elle ne l’avait jamais laissé paraître, mais elle savait instinctivement qu’il s’était toujours soucié de Shei. Jusqu’alors, elle avait cru qu’ils étaient tous deux des hommes. Mais maintenant que l’on savait que Shei était une femme…
« Il va falloir régler une vilaine querelle d’amoureux. »
Avec une pointe de sincérité, Tyrkanzyaka frappa violemment le sol du pied.
Il existait une technique appelée le pas sismique. Au moment où l’on posait le pied, on insufflait de l’énergie dans le sol, dont le choc se propageait à travers la terre. Sans une maîtrise exceptionnelle, le pied s’enfonçait dans le sol ou bien la plante éclatait sous la pression.
Tyrkanzyaka y parvint grâce à une méthode stupéfiante.
Incapable de résister à la force écrasante, la plante de son pied éclata un bref instant. Un seul instant, vraiment. Le Sang véritable de Tyrkanzyaka reprit sa place comme si de rien n’était, car elle exerçait une autorité absolue sur le sang.
Mais cet instant suffit.
Le choc se propagea dans toute la Tour Paratonnerre.
La Tour Paratonnerre pouvait détourner sans peine la foudre, mais l’énergie sanguine de la Progenitrice était bien trop puissante.
Grrr.
Sous la mer de sang qui s’abattait sur elle, la Tour Paratonnerre commença à pencher.
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