Chapitre 351
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Traducteur : Hydrogen B
Correcteur : Hydrogen B
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Chapitre 351 : Vérification approfondie
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« Combattez aux côtés de l’État militaire. Vous n’aurez pas à vous occuper de toutes ces broutilles, contentez-vous de vaincre les commandants ennemis ! Ce n’est pas une demande déraisonnable, si ? Même dans l’État militaire, vous avez rallié la Tireuse à votre cause et vaincu le Hallebardier. Après tout, ce n’est que justice ! Comment dit-on, chez les États mineurs ? Rééquilibrer la balance ? »
Hilde formula sa demande avec l’assurance d’un créancier venu recouvrer une dette.
Quoi qu’il en soit, la régresseuse avait pointé son épée vers le cœur du commandement de l’État militaire. Elle avait peut-être poursuivi un objectif plus important, mais si elle n’avait éprouvé aucune hostilité personnelle envers l’État militaire, elle n’aurait pas choisi de l’attaquer. Elle répondit avec une réticence manifeste :
« Vous voulez que je devienne soldat de l’État militaire ? »
« Je ne vous demande pas de vous engager. Travaillez simplement pour nous quelque temps comme mercenaire ! Si vous prenez part aux opérations de l’État militaire, nous pourrons écraser sans difficulté même l’armée menée par le Seigneur de l’Or ! Mettre rapidement fin à la guerre grâce à une force écrasante, n’est-ce pas cela, la vraie paix ? »
Une fois son jeu dévoilé, Hilde enchaîna sans reprendre son souffle. Rien à voir avec l’attitude effacée qu’elle avait affichée jusqu’alors.
Hilde nous accompagnait depuis le début pour défendre les intérêts de l’État militaire. Elle était venue aux pourparlers de paix parce qu’elle craignait que la régresseuse ne profite du cessez-le-feu pour imposer un accord défavorable à l’État militaire. Pourtant, celle qui aurait dû être la plus attentive aux intérêts de l’État militaire s’était comportée presque en spectatrice.
La raison ne m’apparut que maintenant, une fois l’accord de cessez-le-feu tombé à l’eau.
« C’était votre objectif depuis le début ? »
« Je ne le formulerais pas tout à fait ainsi. Un envoyé diplomatique doit envisager ce qui se passera si les négociations échouent, n’est-ce pas ? “Je” n’ai fait que remplir “mon devoir” ! »
Bien sûr que c’était mon objectif ! Pour l’État militaire, une victoire assurée vaut mieux qu’une paix incertaine ! Et si nous recrutons le Roi de l’Humanité, la Reine vampire viendra avec lui ? Quelle affaire en or !
On traitait le Roi de l’Humanité comme un supplément en promotion. Bon, j’avais perdu tous mes pouvoirs ; je n’étais vraiment plus que le simple citoyen numéro un.
Hilde tournait autour du pot, mais son intention était flagrante. La régresseuse comprit enfin ce qu’elle cherchait vraiment.
« Vous croyez que je vais faire tout ce que vous voulez ? »
« Il y a une autre possibilité. Vous pouvez fuir sans assumer vos responsabilités ! Même si des dizaines de milliers de personnes meurent, ce ne sera pas mon problème. J’ai essayé avec de bonnes intentions, mais ça n’a pas marché, quel dommage. Débrouillez-vous avec les conséquences ! Abandonnez tout derrière vous sans le moindre remords ! »
Hilde présentait cela comme une possibilité, mais ce n’était qu’une accusation déguisée en conseil : elle la traitait d’irresponsable et d’impudente sans le dire ouvertement. À chaque mot, le visage de la régresseuse se crispait davantage.
Après l’avoir titillée jusqu’à la pousser au bord de l’explosion, Hilde plissa les yeux et insista :
« Mais, Shei, vous pouvez vraiment faire ça ? N’êtes-vous pas censée arrêter la guerre ? »
Leurs regards se croisèrent. La régresseuse la fusillait des yeux, comme si elle pouvait bondir sur elle d’un instant à l’autre, mais Hilde lui rendit son regard avec un sourire tranquille.
Personne de sain d’esprit ne s’agiterait pour tenter d’arrêter une guerre. À moins que Shei ne soit un parfait imbécile, fou de paix, il doit être lié à une mission. Comme “moi”, autrefois. Dans ce cas, il ne va pas déclencher quelque chose pour ensuite abandonner lâchement, n’est-ce pas ?
Pas mal, Hilde. Pour jouer un personnage, il faut d’abord savoir l’interpréter ?
Vous voyez ? La lecture des pensées n’est pas si utile. Passez quelques jours avec quelqu’un et vous finirez par comprendre un peu ce qu’il a dans le cœur.
Si Hilde restait encore un peu avec la régresseuse, elle risquait de découvrir ses autres secrets. Elle ferait mieux de se méfier.
Alors, qu’allez-vous faire ? Montrez-moi jusqu’où vous irez. Abandonnerez-vous votre mission, ou intégrerez-vous les rangs de l’État militaire pour l’accomplir, même si cela vous répugne ? Je suis curieuse !
Sous le regard impatient de Hilde, la régresseuse croisa les bras et réfléchit.
Je déteste l’État militaire. Je ne veux surtout pas rejoindre ses rangs pour faire la guerre. Je ne ferais que massacrer de simples soldats. Ça me laisse un goût amer.
Pourtant, je ne veux pas non plus tout jeter et fuir comme l’a dit le Cercueil de l’Ombre. Je dois voir comment cela se termine, ne serait-ce que pour le prochain tour. Si je vais jusqu’au bout, quelle est la meilleure voie à suivre ?
La régresseuse ne délibérait jamais longtemps. Une fois sa décision prise, elle allait de l’avant jusqu’à se briser. Peut-être n’était-ce possible que parce qu’une nouvelle chance lui serait accordée.
Cette fois encore, ce fut pareil. Avant même d’avoir achevé sa réflexion, elle prit la parole.
« Ce n’est pas fini. »
« Comment ça ? »
« Les négociations de cessez-le-feu. Elles ne sont pas terminées. »
Je sais que je force les choses. Ce ne sera pas facile. Je pourrais même mourir. Mais… ça pourrait marcher. Et si j’y arrive, j’aurai avancé d’un pas.
Il ne lui manquait plus que du courage. Agrippant fermement Chanteciel et l’Épée terrestre Jizan, la régresseuse se parla à elle-même :
« Comme je l’ai fait avec l’État militaire. Plaquer une épée sous sa gorge. »
Waouh.
Je ne pouvais que l’admirer. Réussir à accomplir avec calme et sincérité quelque chose d’aussi insensé méritait le respect. Elle m’impressionnait.
Hilde, apparemment touchée elle aussi, cligna des yeux.
« Euh, Shei ? Vous pensez que ça peut marcher ? »
« Ce n’est pas impossible. J’ignore si ce Seigneur de l’Or est réel, mais il doit bien y avoir un noyau servant de médium au Palais doré. Sans cela, le Palais doré ne conserverait pas une zone d’influence fixe en se déplaçant parmi les États mineurs. »
« Vous voulez le détruire ? »
« Même si nous n’y arrivons pas, nous devons montrer que nous en sommes capables. Ce n’est qu’ainsi qu’il nous prendra au sérieux. »
Le regard de la régresseuse était sincère. Hilde resta plantée là, muette, le visage vide.
C’est étrange. C’est un apôtre qui cherche à accomplir sa mission, mais il ne tient pas à sa propre vie ? Ma prédiction était-elle fausse ? Le Seigneur de l’Or est le Dieu démoniaque. Ce qui se passe “à l’intérieur” du Palais doré… même la prescience ne peut pas le voir, n’est-ce pas ?
Elle régressait à sa mort. Voilà pourquoi elle pouvait foncer de toutes ses forces sans s’inquiéter. C’était une situation faite pour la régresseuse.
Mais cela ne valait que pour elle. Moi, je ne le pouvais pas. Peu importe à quel point le monde avait changé, je ne pouvais pas foncer tête baissée dans un endroit où ma mort était certaine. Même si elle affrontait le Seigneur de l’Or, je ne pourrais pas me joindre à elle.
Je ferais mieux de le préciser à l’avance, au cas où elle se méprendrait.
« Euh, mademoiselle Shei. Je ne veux pas donner l’impression de me dérober après être allé aussi loin, mais je préfère le dire : je ne suis pas obligé d’affronter le Seigneur de l’Or, n’est-ce pas ? »
« Hein ? »
Pourquoi ? Il est toujours notre compagnon… Ah. C’est vrai. Il ne nous sera d’aucune aide. Si je dois le protéger, il faudra prendre des mesures à part ; l’emmener ne ferait que nous ralentir.
Exactement. À part vous gêner, qu’est-ce que je pourrais faire… ? Cela dit, entendre quelqu’un d’autre le confirmer me déplut un peu.
Réprimant le dépit qui commençait à percer, la régresseuse répondit comme si cela lui était égal :
« Bien sûr. Je ne m’attendais pas à ce que vous veniez. »
« Ne vous méprenez pas. C’est vrai que ma vie m’est précieuse. Mais en dehors de ça, quelqu’un comme moi, qui s’en remet aux coups fourrés, ne pourra pas faire le moindre mal au Seigneur de l’Or. »
« Je sais. Nous aurons de toute façon besoin de quelqu’un à l’arrière. Emmenez le Seigneur du Vert-de-gris et Azzy, et repliez-vous pour quelque temps. »
Son jugement était juste. Si cela n’avait pas été le Seigneur de l’Or, j’aurais tranquillement observé le combat depuis l’arrière en grignotant du maïs, une main posée sur la tête d’Azzy.
Pourtant, je ne pouvais pas laisser passer cette occasion si facilement.
Si ce n’était pas la régresseuse, qui songerait à plaquer une épée sous la gorge du Seigneur de l’Or ? Plus on devenait puissant et plus on montait en grade, plus on cherchait à se préserver. Alors face au Seigneur de l’Or, un être si semblable à un phénomène naturel qu’il était difficile d’éprouver à son égard la moindre rivalité… Seule une folle comme la régresseuse pouvait tenir bon dans une charge qui revenait pratiquement à se suicider.
Seul, je ne pourrais jamais m’approcher de la véritable nature du Seigneur de l’Or. Alors je ne tenterais pas le coup. Je ne le pouvais pas, et si je le faisais, je mourrais.
Mais si la régresseuse créait une ouverture… alors, une possibilité se présenterait. Celle de m’approcher de la véritable nature du Seigneur de l’Or et de découvrir ce qu’était devenu le Roi.
« Cela dit, si ce n’est pas une charge suicidaire, je peux peut-être vous aider un peu. »
Les yeux de la régresseuse s’écarquillèrent, sans doute parce qu’elle ne s’y attendait pas. Non, je venais de prendre ma décision et lui proposais mon aide ; elle ne savait simplement pas quoi répondre. Je ne pouvais pas courber l’échine en offrant mon aide.
« Je vous dis que je vais vous aider. Alors ? »
« Quoi, alors ? Comment allez-vous aider ? »
« Vous vous souvenez ? Dans l’Abîme, quand j’ai pris Jizan en main. »
« Je m’en souviens… Ah ! »
Je hochai la tête.
« Je ne peux pas vraiment obtenir la reconnaissance des reliques. Même si j’en acquiers une, je n’ai pas le pouvoir de changer le monde. Mais si je dois seulement la voler, ça, je peux le faire. »
J’étais le Roi de l’Humanité. Les compétences, le savoir et les armes des humains. Même leur foi. Tout ce qui appartenait à l’humanité, je pouvais le manier.
J’avais perdu mes pouvoirs et l’on m’avait dépouillé de tout cela, mais on ne pouvait pas m’ôter la possibilité d’y accéder. Il me manquait seulement de l’endurance. Il me manquait seulement de la force. Même si les nombreuses conditions qui m’entravaient m’empêchaient d’atteindre quelque chose, rien ne m’était impossible. Si vous pouviez le faire, je le pouvais aussi. À une échelle bien plus réduite que l’originale, certes, mais tout de même.
Il en allait de même pour le Dieu démoniaque. Si cela provenait de l’humanité, alors moi aussi…
« Si mademoiselle Shei attire son attention, je pourrai me faufiler et voler le noyau du Palais doré. C’est peut-être possible. »
« Savez-vous ce qui se trouve au cœur du Palais doré ? »
« J’en ai une vague idée. Ce n’est qu’une supposition, mais si le Palais doré possède un noyau, ce ne peut être que ça. »
La Cloche d’or qui avait pendu à la taille du jeune Seigneur de l’Or. Le premier objet en or créé après la découverte de l’alchimie, obtenu en transformant une cloche de laiton par alchimie.
Cette Cloche d’or était à coup sûr une relique du Dieu démoniaque. Il n’y en avait pas eu d’autre avant l’apparition de la suivante. La première avait donc une valeur représentative de l’ensemble.
« Allons faire les poches de quelqu’un. »
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