Chapitre 347
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Traducteur : Hydrogen B
Éditeur : Hydrogen B
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Chapitre 347 : Le roi qui tue les autres, le dieu qui se tue lui-même - 7
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Celui qui apparut lorsqu’on mentionna le Seigneur de l’Or était un jeune garçon.
Il n’avait rien de particulièrement digne ou imposant. Son visage innocent ne reflétait que de la curiosité et une soif de découvertes.
La cloche sonna, et le garçon surgit de l’hôtel de ville avant de se mettre à vanter avec enthousiasme sa création.
« C’est une moissonneuse à maïs ! Comme demandé, je l’ai conçue pour fonctionner uniquement avec des pistons. Seul le Seigneur de la Suppression pourra la faire marcher ! »
Comme s’il n’attendait que ça, Hecto se hâta de regarder autour de lui.
« Elle est terminée, monsieur ? Où est-elle ? »
« Mais juste là, Seigneur Hecto. Vous ne la voyez pas ? »
« Où ça… ? »
Hecto regarda dans la direction indiquée par le Seigneur de l’Or.
Un champ de maïs luxuriant s’étendait devant eux. Il n’y avait aucune moissonneuse, seulement des tas de maïs.
Pour l’instant.
« Regardez bien. »
Le Seigneur de l’Or fit un pas.
À cet instant, les plants de maïs qui ondulaient dans la brise, dans l’espace qu’il avait désigné, se disloquèrent tous à la fois. Les grains bien dodus, les longs filaments qui pendaient en dessous, les larges feuilles, les fibres qui formaient les tiges : chaque élément constitutif du maïs fut entièrement démonté.
Comme pour affirmer que même les cultures de Terre Mère n’étaient que des machines faites de pièces, il les divisa, les découpa et mit chaque morceau à nu. Les matériaux se répartirent dans l’air en groupes distincts.
Le Seigneur de l’Or fit un autre pas.
« Là. »
Les composants démontés s’entrelacèrent en un instant. Des fibres s’élevèrent en piliers, que les feuilles vinrent envelopper. Les grains de maïs s’assemblèrent comme des blocs, tandis que les filaments les cousaient ensemble. Le processus se répéta des milliers, des millions de fois, de façon méthodique et précise, là où il le fallait.
Puis il fit son dernier pas.
« La voilà. »
Le Seigneur de l’Or était la vérité, le dieu de cette terre. Ses paroles devenaient réalité.
Quand je regardai de nouveau, une gigantesque machine, trois fois plus haute que les tiges de maïs, se dressait là.
Elle avait été fabriquée à partir de maïs, et pourtant elle était plus dure que n’importe quel acier. Le Seigneur de l’Or n’était plus limité par les matériaux. Les propriétés qu’il désirait prenaient forme. Les plans qu’il imaginait se réalisaient exactement comme il les avait conçus.
Même s’ils n’existaient pas sur cette terre.
Même si l’humanité ne les avait pas encore découverts.
Hecto eut des sueurs froides en contemplant la machine qui venait d’apparaître devant eux comme par magie.
« C-c’est elle… ? Où dois-je la faire fonctionner ? »
Le Seigneur de l’Or parut agacé.
« Je dois aussi vous expliquer ça ? Pff. Essayez donc de la faire marcher. »
L’Arcane innée du Seigneur de la Suppression exerçait une pression sur l’acier. Comme son efficacité était maximale sur les surfaces planes et uniformes, Hecto fabriquait souvent des outils à pistons.
Autrement dit, si la forme n’était pas uniforme, son pouvoir ne servait pratiquement à rien. Les pressions s’annulaient les unes les autres.
« J’ai beau regarder attentivement, je ne vois pas le moindre piston… Mais enfin. »
Hecto eut recours à son Arcane innée. Sans savoir comment la machine était faite, il activa simplement son pouvoir et exerça une pression.
La machine inspira.
L’air fut aspiré à l’intérieur. L’engin se gonfla puis s’affaissa, comme s’il était vivant. Ses roues roulèrent dans un grondement sourd, engloutissant les tiges de maïs. Elle ne récolta que le maïs qui se trouvait dans son corps, puis rendit tout le reste à son état initial.
Hecto lui-même, le Seigneur de la Suppression, ne comprenait pas comment elle fonctionnait.
Ce qui signifiait que moi non plus. La lecture des pensées ne servait à rien quand personne ne connaissait la réponse.
« C-comment est-ce possible… ? »
Hecto était un alchimiste accompli et un Seigneur des petits États. Pourtant, même lui ne parvenait pas à comprendre la machine que le Seigneur de l’Or avait créée en un instant.
Et puisque comprendre un plan en le regardant était des dizaines de fois plus facile que le concevoir, l’écart entre Hecto et le Seigneur de l’Or était impossible à mesurer.
Hecto marmonna avec révérence, mais le Seigneur de l’Or agita la main, comme s’il n’avait pas la moindre envie de s’expliquer.
« Parce que je l’ai conçue comme ça. Ça vous suffit ? »
Ayant perdu tout intérêt pour Hecto, le Seigneur de l’Or se dirigea vers Elik. Il s’approcha d’elle avec un grand sourire, puis lança un regard contrarié à Hecto.
« Majesté, pardonnez mon audace, mais pouvons-nous vraiment confier l’approvisionnement en nourriture du Royaume doré à Hecto ? On dit qu’il ne faut pas mettre tous ses œufs dans le même panier. J’ai peur qu’ils monopolisent la nourriture grâce à mes machines et ne remplissent que leur propre ventre… »
« Je m’en porte garante. Ils ne peuvent pas nous trahir. »
« …Si Votre Majesté le dit, me voilà rassuré. Malgré tout, leurs compétences ne m’inspirent guère confiance. »
« C’est simplement que tu es trop exceptionnel, Demo. À côté de toi, qui ne semblerait pas médiocre ? »
Tout en parlant, Elik tendit la main et attira le Seigneur de l’Or contre elle. Elle lui ébouriffa affectueusement les cheveux de la main gauche et lui caressa doucement la joue de la droite.
Le Seigneur de l’Or sourit avec extase, comme s’il possédait le monde entier.
Son attitude n’avait plus rien à voir avec celle qu’il avait eue face à Hecto. L’être absolu qui, quelques instants plus tôt, pétrissait le monde à sa guise avait disparu. Il ne restait qu’un enfant heureux d’être auprès de celle qu’il admirait.
En les observant, je fus impressionné pour une tout autre raison.
Si Elik avait été vivante et l’avait touché de son plein gré, je me serais volontiers éclipsé en leur souhaitant une belle histoire d’amour.
Mais Elik, qui l’étreignait, était une poupée qu’on avait fabriquée. Et le Seigneur de l’Or, qui reposait dans ses bras, en était une autre.
Quel spectacle sinistre.
« Tu as bien travaillé, Demo. »
« N-non ! Ce n’est qu’un talent insignifiant comparé à ceux de Votre Majesté ! »
« Ta présence m’a ôté un poids des épaules. Je peux compter sur toi. Ton existence est peut-être la plus grande bénédiction de cette nation. »
« Pas du tout ! »
Le Seigneur de l’Or saisit la main d’Elik et secoua désespérément la tête.
« Si Votre Majesté n’avait pas existé, si Votre Majesté ne m’avait pas trouvé, je n’existerais pas non plus ! La plus grande bénédiction du Royaume doré, c’est d’avoir pour souveraine Votre Majesté, si grande et si belle ! »
« Demo… »
« Pour vous rendre cette faveur… J’accomplirai tout ce que Votre Majesté me demandera ! »
Je n’avais même plus envie de dire quoi que ce soit de cruel. Il était déjà assez pitoyable comme ça. L’insulter en plus aurait été excessif.
Quoi que j’en pense, le garçon et la femme partageaient un lien profond que la mort n’avait pas réussi à briser.
Tout s’éclairait à présent.
Le Royaume doré n’existait plus dans ce monde. Pourtant, le Seigneur de l’Or était le Dieu démoniaque de l’alchimie, un monstre de savoir capable de tout créer.
Et si, dans les limites de la portée de son Arcane innée, il avait alchimisé le Royaume doré ?
Les terres, les bâtiments, les châteaux, les villes et les paysages du Royaume doré. Jusqu’à ses habitants. S’il les avait tous alchimisés, sans exception, puis disposés autour de lui.
S’il avait même recréé le roi qu’il aimait pour la garder à ses côtés, puis s’était mis à jouer sur cette scène.
Alors, du moins, le monde qui l’entourait serait le Royaume doré le plus idéal de l’histoire.
Les forteresses et les villes que nous avions vues, les champs de maïs et tout ce bric-à-brac : tout cela n’était que le vestige de sa tentative de recréer le Royaume doré. À ses yeux, les petits États étaient un pays bâti sur le territoire de l’ancien Royaume doré, une décharge où il se débarrassait des choses dont il ne se servait plus.
Incroyable. Une fois l’alchimie portée à son apogée, c’était donc possible. Si le monde avait été un peu plus petit, il aurait peut-être tout créé de ses mains.
Les deux, qui s’étaient regardés avec tendresse, passèrent à un autre sujet.
« Même des vacances, aussi courtes soient-elles, ne suffiraient pas à te récompenser, mais nous n’avons pas ce luxe. Demo, j’ai besoin de quelque chose en urgence. »
« De quoi s’agit-il ? Dites-le-moi, je vous en prie ! Je préparerai tout ce qu’il faut ! »
Elik lança un regard noir dans ma direction et marmonna :
« Une arme pour éliminer l’ennemi du Royaume doré. »
Après tout, cet endroit était un jardin miniature que le Seigneur de l’Or avait créé pour reconstituer le Royaume doré. Inutile de calculer les pertes et les profits. S’il perdait quelque chose, il lui suffisait de le recréer.
Du point de vue du Seigneur de l’Or, il n’avait peut-être même pas besoin de faire la guerre. Si autre chose attirait son attention, il accepterait probablement une trêve.
Mais tout de même… Sa fierté devait elle aussi faire partie des éléments constitutifs du Royaume doré. Avec un pouvoir pareil, digne d’un dieu, il n’avait aucune raison de renoncer à se battre sans contrepartie.
« U-une arme… ? »
« Oui, Demo. La guerre approche. Le parfum du sang répandu sur l’acier recouvrira cette nation. Si tu travailles pour nous, seul le sang de l’ennemi coulera. »
« … »
J’en savais assez, à présent. Mais qu’étais-je censé faire ?
Il possédait un pouvoir divin, capable de créer des Colosses à partir de rien. Honnêtement, c’était sans espoir. L’État militaire écrasait les petits États dans tous les autres domaines, mais si le Seigneur de l’Or décidait de s’y mettre, même l’État militaire tout entier ne pourrait pas lui résister.
La régresseuse avait dit que, lors du cycle précédent, l’État militaire avait vaincu les petits États en sept jours. Mais comment avais-tu réussi ça ? Y avait-il seulement moyen de l’emporter ? Tu avais laissé le Palais doré tranquille et t’étais occupée à écraser les autres Seigneurs ?
Si c’était le cas, ce n’était pas impossible. Ce dont l’État militaire avait besoin, ce n’était pas que le Seigneur de l’Or se rende, mais des ressources alchimiques éparpillées dans les petits États. À part le Seigneur de la Suppression, qui supervisait l’approvisionnement en nourriture, aucun des Seigneurs ne semblait entretenir de relations étroites avec le Palais doré.
Si Yuel utilisait sa vision à distance pour localiser les Seigneurs, ils pourraient les éliminer un par un grâce à une guerre de mouvement. Il semblait que Hilde avait elle aussi prévu cela, à l’origine…
Attends un peu.
Et si l’État militaire avait remporté la guerre lors du cycle précédent parce que…
Ils n’avaient pas perdu de temps et avaient simplement frappé les premiers ?
« Si je fabrique une arme… Est-ce que cela aidera Votre Majesté ? »
« Énormément. »
« …Alors je la fabriquerai. Une arme. »
Hé, régresseuse.
Tu leur as laissé le temps de se préparer en proposant une trêve, et tu es même venue directement au Palais doré. Ça sent la catastrophe.
Le Seigneur de l’Or va fabriquer des armes. Je ne vois vraiment pas comment l’État militaire pourrait encore avoir la moindre chance après ça. Qu’est-ce que tu comptes faire ? Dépêche-toi de régler le problème !
C’est alors que cela se produisit.
« Technique de l’Épée céleste, Pluie de météores ! »
Le monde se brisa.
Une silhouette tomba comme une météorite, traversant le voile de force qui avait même déformé ma vision.
Une météorite n’était pas une simple métaphore. Laissant derrière elle une longue traînée de flammes, Jizan fracassa le sol solide et s’enfonça dans la terre.
Devant Jizan, même le sol n’était pas plus résistant que de la gelée. La terre tombée du ciel tordit le terrain et le fit trembler.
Même le Seigneur de l’Or et Elik vacillèrent sous le choc. La régresseuse se releva et prit la parole d’un ton satisfait :
« Je l’ai trouvé. Alors, c’était ça, le Palais doré ! Je n’aurais jamais cru qu’il se trouverait au milieu d’un champ de maïs… Hein ? Hughes ? »
À bien y réfléchir, qu’est-ce qui rendait un dieu si spécial ?
Il existait déjà une humaine capable de saisir le ciel et la terre pour les secouer dans tous les sens.
Je crois en toi, régresseuse.
Tu es une héroïne.
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