Chapitre 85
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Traducteur/éditeur : ZERO_SUGAR
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◈ Ode of the Brave ◈
Chapitre 85
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C’était une époque où l’on n’avait pas encore vaincu les ténèbres de la nuit. Quand elles s’épaississaient, les gens croyaient que des démons et des monstres se cachaient au-delà. Et, bien sûr, certains existaient bel et bien.
Chaque région avait son lot de sinistres légendes. Mais elles ne suffisaient pas à faire trembler le foyer de courageux chevaliers.
Quelques bougies seulement éclairaient la salle à manger plongée dans l’obscurité. Les personnes assises autour de la table n’étaient visibles que sous la forme de vagues silhouettes.
Ricart et Marie, son père et son frère aîné, sa belle-sœur et son neveu.
Pas de conversation chaleureuse. Tous mangeaient en silence, concentrés sur leur repas. Ils déchiraient du pain pour le tremper dans la soupe, coupaient de la viande salée ou tartinaient leurs aliments de beurre. Il n’y avait pas de couverts, seulement des mains et des couteaux.
Marie ne cessait de jeter des coups d’œil autour d’elle, gênée par ce repas trop silencieux. La belle-sœur de Ricart donnait à manger à son jeune fils, bouchée après bouchée, en lui faisant goûter de tout. Le garçon, lui, ne quittait pas l’oncle Ricky des yeux.
Comparé à son père et à son grand-père sévères, Fritzlit trouvait l’oncle Ricky fascinant et sympathique, car celui-ci lui souriait parfois quand leurs regards se croisaient.
Quand son adorable petit neveu, avec ses cheveux blonds et ses joues rebondies, lui adressa un grand sourire, Ricart ne put s’empêcher de le lui rendre.
« J’ai appris que tu avais été empoisonné. »
Son repas terminé, le père de Ricart, Abelich, s’essuya les mains et la bouche, puis lâcha ces mots d’un ton désinvolte.
« Oui, enfin, je vais bien maintenant. »
« Ce n’est pas possible. Je ne m’y connais pas en poison, mais si tu as craché du sang après en avoir respiré, tu ne peux pas t’en remettre facilement. Quand tu auras le temps, passe à la maison principale et va voir le docteur Reno. »
C’était sa façon à lui de s’inquiéter. Ricart hocha la tête pour lui montrer qu’il avait compris.
Abelich ne demanda pas à son fils, de retour après tant de temps, comment il allait ni ce qu’il avait fait. Il se contenta de ces quelques mots avant de se lever. Il n’avait pas changé.
« Je suis fatigué. Je vais me coucher tôt. »
Il semblait vouloir les laisser seuls. Il devait penser que sa présence ne ferait que rendre les choses plus gênantes.
Il aurait pu se montrer plus chaleureux, mais c’était ainsi que les hommes de la branche Calderbern de Stormhertz témoignaient leur considération.
Ils ne réservaient pas un accueil grandiose à leur fils de retour, mais ne lui faisaient pas non plus sentir qu’il n’était pas le bienvenu. Ils le traitaient simplement comme d’habitude, comme s’ils s’étaient quittés la veille.
Marie, bien sûr, faisait exception.
« Ma chère, tu as sauvé mon fils, et tu es sa fiancée. Cette maison est aussi chez toi, à présent. Mets-toi à l’aise. Je te traiterai comme un membre de la famille. »
Pour Abelich, c’était une chaleur qu’on ne goûtait peut-être qu’une fois dans sa vie.
« … Oh ? Oui. Merci. »
Marie l’avait regardé sans comprendre qu’il s’adressait à elle, puis s’était empressée de répondre. L’atmosphère familiale était incroyablement pesante. Elle en venait à se dire que Ricart devait être l’un des plus enjoués de la maison.
Après le départ d’Abelich, la belle-sœur de Ricart se leva avec son fils.
« Fritz ? On va se coucher, nous aussi ? Dis bonne nuit à ton père, à ton oncle et à ta tante. »
« Mmm… Bonne nuit. »
L’adorable petit garçon se tint bien droit et leur adressa une révérence convenable. Ricart aurait voulu lui offrir un cadeau, mais il n’avait rien sur lui. Il lui en enverrait un plus tard, quand il aurait gagné un peu d’argent.
Quand la belle-sœur de Ricart commença à débarrasser, Marie voulut l’aider et les deux femmes se chamaillèrent brièvement. C’était une scène chaleureuse.
« Oh, non, ça va. »
« Mais si, vraiment. Je suis aventurière, j’ai l’habitude. »
En tant que Maître de l’Épée, Marie pouvait facilement lui arracher les assiettes des mains. Elle les récupérait avec tant de naturel qu’il était impossible de s’en formaliser.
Finalement, il ne resta dans la salle à manger que l’aîné et le cadet des trois frères. Comme pour clore la journée, Graut versa du vin dans une coupe taillée dans une corne d’animal.
« Tu veux boire ? »
« Non. Je ne tiens pas l’alcool. »
« Tu as quitté le domaine, et tu n’as toujours jamais bu ? »
« Je n’en ai jamais eu envie, tout simplement. »
« Alors, goûte maintenant. »
Graut lui tendit une coupe déjà remplie. Ricart la prit et en goûta un peu, mais il ne sentit que de l’amertume et grimaça.
Graut sourit légèrement, remplit une autre coupe et y trempa les lèvres.
« L’empereur est mort. Ça va ? »
Ricart lui posa la question.
« Qui sait ? C’est à la maison principale d’en décider. Nous n’en savons pas grand-chose. »
« La maison principale suit le duc. Broombeare, c’est ça ? »
À cause du système féodal, les gens se souciaient peu de la mort d’un empereur ou d’un roi, à moins qu’il s’agisse de leur seigneur direct.
La famille Calderbern avait reçu ses terres d’un empereur, il y a bien longtemps, mais elle n’entretenait pas de lien direct de vassalité avec lui.
Elle suivait le duc de Broombeare, dont la famille descendait d’une branche de la lignée impériale. Les circonstances qui les avaient menés là étaient assez compliquées, mais, quoi qu’il en soit, le duc était un vassal direct de l’empereur.
Autrement dit, ceux que la mort de l’empereur touchait directement étaient les puissants, comme les rois, les ducs et les margraves. Ce n’était pas une affaire dont des seigneurs d’un coin perdu comme eux avaient à se préoccuper.
Bien sûr, les choses seraient différentes si une guerre éclatait et que les ducs ou les rois y prenaient part en convoquant leurs vassaux en grand nombre. Mais personne ne pouvait encore dire ce qui allait arriver.
La mort de l’empereur dépendait de la façon dont les grands nobles la prendraient et de la manière dont ils réagiraient.
Certains pouvaient se dire : « En quoi la mort de l’empereur me concerne-t-elle ? » D’autres y verraient une occasion à saisir. Il y en aurait même pour tenter de proclamer leur indépendance, tandis que la famille impériale était affaiblie.
Pour l’instant, personne ne pouvait prévoir la suite. Et même si quelqu’un le pouvait, il n’y avait rien à faire.
« La vie d’aventurier, ça se passe comment ? Et l’Académie ? »
« Pour résumer, j’aide les gens en difficulté et je règle des problèmes. Au final, je les règle à coups d’épée. L’Académie, ce n’était pas mal. En tout cas, pour moi. »
« Comme prévu, tu étais hors du commun même enfant. Et si nous avions découvert ton talent plus tôt ? Ou si tu étais né un peu plus tôt ? »
« Pourquoi tu demandes ça ? »
« Qui sait. »
Graut avait l’air amer. Il assumait une part toujours plus grande de la gestion du domaine, et cette responsabilité était pesante et difficile.
Il devait dire aux gens des choses qu’ils ne voulaient pas entendre, les traiter durement, parfois les pousser sans aucune pitié. Tout cela lui usait l’esprit. Pour protéger et diriger le domaine, il devait faire bien des choses dont il n’avait pas envie.
Leur père avait toujours eu ses raisons d’être si sévère, et Graut commençait peu à peu à lui ressembler.
« Quelque chose te tracasse ? »
« … »
Graut ne répondit pas, mais il était évident qu’il avait quelque chose en tête. Ricart n’insista pas. Il but lentement et attendit.
« Euh… ne le dis pas à Père. »
« Ça me rappelle quand on était petits. On avait tellement de secrets, à l’époque. Billy prétendait que quelque chose était un secret, puis allait le raconter à tous ceux qu’il croisait. Et Mère finissait par l’apprendre. »
Même enfant, Ricart n’avait jamais révélé un secret entre frères.
Graut esquissa un sourire, comme s’il se rappelait cette époque. Mais son expression inquiète revint bientôt.
Gêné et réticent, il hésita longuement avant de se décider à parler.
« Tu connais la Guilde des aventuriers ? Tu connais quelqu’un là-bas ? »
« … Oui, à la Guilde de Beringen. Pourquoi ? »
« Ils pourraient… euh… baisser leurs frais ? »
« Qu’est-ce qui s’est passé ? »
Graut n’arrivait pas à regarder Ricart dans les yeux. Après une nouvelle hésitation, il finit par parler.
« Père est contre. Il dit que nos problèmes nous regardent et que nous ne pouvons pas accepter d’aide extérieure. »
Ça ressemblait bien à leur père. Mais que s’était-il passé ? Ricart attendit qu’il poursuive.
Après avoir encore bu pas mal de vin, Graut reprit la parole.
« Ces derniers temps, il y a beaucoup d’étrangers dans les parages à cause du tournoi d’escrime. La plupart sont des voyous. Les chasser ou les tuer ne serait pas bien difficile. Mais un jour, quelqu’un est venu prétendre qu’il était chargé du maintien de la paix pour l’Empire. Il a dit qu’il lui fallait de la nourriture ou de l’argent pour nourrir ses soldats. Ses vêtements, ses documents et ses accompagnateurs avaient tous l’air crédibles. »
Ricart devinait à peu près ce qui s’était passé, mais il ne se sentait pas tranquille pour autant.
« La famille impériale ne nous avait jamais rien réclamé directement. Mais le tournoi avait bel et bien lieu et la région était agitée à cause de ça, alors je me suis dit que c’était peut-être un cas particulier. Nous lui avons donc fourni de la nourriture. »
« Mais il s’est avéré que c’était un imposteur ? »
En bref, ils s’étaient fait avoir. Cela semblait invraisemblable, mais il arrivait que certains aient l’audace d’escroquer des nobles.
L’exemple le plus courant était la vente de fausses reliques sacrées. Mais cette fois, l’imposture était plus convaincante.
« Si ça s’était arrêté là, je ne t’en parlerais pas. Il semblerait qu’il ait aussi escroqué d’autres gens. Et ensuite, il s’est servi de ça pour rassembler ses propres hommes. Cette racaille ne tiendra pas longtemps, mais il nous menace ouvertement, maintenant. Il réclame de l’argent. Naturellement, nous l’avons ignoré. Le problème, c’est qu’il rôde dans la région en prétendant y faire régner l’ordre. »
Il était évident qu’il se servirait du maintien de l’ordre comme prétexte pour voler les gens. Et comme il agissait en dehors de leurs terres, la famille ne pouvait pas faire grand-chose contre lui.
Si la famille impériale avait encore été forte, elle aurait écrasé ce genre d’individus sur-le-champ. Mais on pouvait difficilement attendre une telle réaction d’une famille impériale en plein chaos.
Si on laissait ces gens-là agir, ils risquaient de se multiplier et de devenir une nuée de sauterelles incontrôlable, qui ravagerait tout sur son passage.
C’étaient peut-être déjà les premiers signes d’une époque troublée. Les vauriens commençaient à faire la loi.
Ce qui mettait Ricart le plus en colère, c’était que cet homme ait osé menacer sa famille et sa terre natale.
« Comment s’appelle-t-il ? »
« Luiginant. On l’appelle Luiginant le Chanceux. »
« On dirait un nom de l’Ouest. »
La prononciation devait être différente dans l’Ouest, mais le tournoi était de grande envergure. Un drôle de type avait dû débarquer de très loin.
« Sans doute. »
Honteux, et visiblement gêné d’en parler à son petit frère, Graut se contenta de faire tourner sa coupe vide entre ses doigts. Cette vue mit Ricart encore plus en colère.
« Grand frère. »
« Hum ? »
« Relève la tête. Pourquoi tu te ratatines comme ça ? »
« … »
« Est-ce que je me moque de toi ? Est-ce que je me vante de mon nom parce que je me suis fait une place comme aventurier ? Je sais que gérer un domaine n’a rien de facile. Et que des choses étranges arrivent dans la vie. Alors ne te laisse pas abattre par ça. »
Graut ouvrit de grands yeux. Ricart s’était rebellé une fois avant de quitter la maison, mais dans ses souvenirs, son petit frère était toujours resté le doux Ricky.
Mais maintenant, il avait le regard d’un guerrier.
« J’ai assez voyagé pour le savoir. Il suffit de regarder les visages des gens pour deviner si leur seigneur gouverne bien ou non. Les gens ont l’air heureux, alors tu dois aider Père et bien t’en sortir. Ça suffit. Ne te ronge pas les sangs pour un enfoiré pareil. Je repartirai demain. Mes amis vont s’inquiéter, alors même si j’aimerais rester, je ne peux pas m’attarder. Oublie les frais de la requête. Tu auras bientôt de bonnes nouvelles. Ne t’en fais pas. »
Il n’y avait aucun moyen convenable d’envoyer un message ; et tant qu’à le faire, autant repartir lui-même. C’était pour ça que Ricart comptait retourner rapidement à Ernberg.
Graut cligna des yeux et fixa Ricart, hébété.
« Tu as vraiment grandi. »
« Évidemment. Ça fait trois ans que je gagne ma vie avec une épée. Tu crois que je suis encore un gamin ? »
Ricart répondit avec un grand sourire. Graut pencha la tête, visiblement toujours pas habitué à cette facette de son petit frère.
« Tu as eu des nouvelles de Billy ? »
Graut secoua la tête. Il n’avait visiblement rien appris. Il se resservit, puis reprit la parole.
« Je suppose que je ne suis toujours pas comme Père. Alors, l’Académie, c’était comment ? Raconte-moi. »
« L’Académie, c’est une chose, mais tu as déjà vu un vampire ? La mer ? Tu ne croirais probablement pas la moitié de ce que j’ai vu et entendu. »
« Hé, ça ne fait que trois ans que tu es parti. Tu me prends pour un bouseux ? »
« Tu viens bien de la campagne, non ? »
« Petit insolent ! »
« Hahahaha ! »
L’alcool leur montant peut-être à la tête, les deux frères finirent par se taquiner. L’atmosphère gênante sembla perdre une couche de son épaisseur.
Le monde était assez cruel pour que des frères tirent parfois l’épée l’un contre l’autre. Pourtant, rien ne créait un sentiment de fraternité comme le fait d’avoir le même sang.
Ricart et Graut burent jusque tard dans la nuit, se confiant leurs soucis et évoquant leurs vieux souvenirs.
Quand Ricart se réveilla après s’être endormi ivre, il avait le visage enfoui dans la poitrine de Marie. Surpris, il se redressa aussitôt, reprit ses esprits et ouvrit la fenêtre pour s’éclaircir les idées. Le jour était déjà levé. Bon sang.
Son père et son frère partaient en patrouille tôt le matin ; il n’aurait donc pas le temps de leur dire au revoir.
Ils auraient pu retarder un peu leur travail pour un fils de retour après si longtemps, mais personne dans cette famille ne faisait ce genre de choses. Pour eux, un repas chaud et un lit douillet suffisaient. Pourquoi fallait-il en plus se montrer affectueux ?
Ricart pouvait parfois sembler froid aux yeux des autres, et c’était peut-être entièrement dû à la manière dont il avait été élevé.
Le travail devait être fait. Si leurs horaires ne coïncidaient pas et qu’ils se manquaient, tant pis. On espérait qu’ils allaient bien et, si l’occasion se présentait de se revoir, on se retrouvait.
Ricart ne se sentit donc pas du tout blessé. Au contraire, il était heureux qu’ils n’aient pas changé.
Après avoir réveillé Marie, s’être lavés et avoir préparé leur départ, il allait prendre congé de sa belle-sœur et de son neveu quand elle l’interpella à la hâte.
« Oh, au fait ! Tenez ! Jeune maître, prenez ceci. Mon mari m’a dit de vous le donner. Il l’a acheté en vendant les chevaux. »
Abelich avait apparemment vendu les deux chevaux qu’il avait récupérés après avoir tué les bandits quand il avait rencontré Marie. C’étaient des chevaux d’attelage, dont ils n’avaient pas l’usage, et mieux valait les vendre que payer pour les garder.
Le cadeau de Graut était une épée. Ricart utilisait généralement des épées longues ou des espadons, mais celle-ci était une épée d’armes, aussi appelée épée de chevalier, conçue pour être maniée à une main. Les chevaliers devaient bien porter un bouclier, après tout.
Le pommeau, équilibré par une pièce de fer ronde, portait l’emblème familial d’une croix.
Ce n’était pas son arme habituelle, mais Ricart savait aussi manier ce genre d’épée. Portée à la taille comme arme secondaire, elle était plus facile à transporter. Jusqu’alors, il portait son épée sur l’épaule.
« Merci. J’en prendrai soin. »
« Et Père a dit que tu devais d’abord passer à la maison principale. Il veut que tu voies le docteur Reno avant de partir. »
Ils n’étaient pas démonstratifs, mais cela suffisait à Ricart pour sentir l’inquiétude et l’affection de son père. Il lui sourit donc avec douceur.
« Ne sois pas lâche où que tu ailles. J’espère que tu agiras avec fierté et courage. Belle-sœur, veuillez prendre grand soin du jeune maître. Que tous deux aient la chance de votre côté au combat. »
Comme on pouvait s’y attendre d’une femme issue d’une famille de chevaliers, elle ne leur souhaita pas simplement de faire attention. Ricart caressa une dernière fois la tête de son neveu avant de prendre congé.
« Porte-toi bien, Fritz. Je m’en vais. Allez, Marie. »
Ricart attacha sa nouvelle épée à sa taille et se mit en route. Il ne se retourna pas, au point d’en paraître presque sans cœur.
Il s’était suffisamment reposé, avait reçu ce dont il avait besoin et n’avait rien à laisser derrière lui. Ce qu’il laisserait, c’était la bonne nouvelle qu’il avait promise à son frère aîné.
Ricart ne se dirigea pas d’abord vers la maison principale. Il partit à la recherche de Luiginant le Chanceux.
Il ne l’avait pas montré devant sa famille, mais l’envie de tuer bouillonnait en lui depuis la veille au soir.
Espèce de sale enfoiré. Je vais te tuer.
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