Chapitre 6
WeTried Translations
Traducteur/éditeur : ZERO_SUGAR
Discord : <a target="_blank" rel="noopener noreferrer nofollow" class="link" href="https://dsc.gg/wetried">https://dsc.gg/wetried</a>
◈ Ode of the Brave ◈
Chapitre 6
──────
« Je vais donc devoir partir, il faut que je prépare les documents. L’Ordre enverra probablement quelqu’un. Pour le centre de formation des aventuriers, en revanche, je ne sais pas s’il vaut mieux passer par la famille impériale ou les contacter directement. Quoi qu’il en soit, je ferai de mon mieux pour trouver un bon endroit. Un endroit où l’on prendra particulièrement soin de notre brave jeune maître Ricart. Ho ho ho. »
Il existait plusieurs centres de formation des aventuriers dans l’Empire. La plupart étaient financés par des empereurs, des rois ou de puissants nobles, et dirigés par des guildes.
La formation des aventuriers professionnels n’avait été officialisée que récemment. Chaque centre fonctionnait donc à sa manière, et peu avaient réussi à s’établir durablement.
Quoi qu’il en soit, les deux garçons avaient fait leur choix. Il ne restait plus qu’à régler les formalités. À cette époque, chacun devait se débrouiller par lui-même.
« Bonne route. Transmettez mes salutations au comte. »
« Je n’oublierai jamais votre bonté. Prenez soin de vous, jeunes maîtres. Ah, j’aimerais vous donner un conseil. Ne croyez jamais ce que disent les marchands et ne fréquentez surtout pas les magiciens. »
« … Pourquoi ? »
Bilter posa la question.
« Les marchands seraient prêts à vendre leur âme aux démons pour de l’argent, et les magiciens méprisent les autres. Ce sont des salauds égoïstes qui n’ont aucune conscience. Ils ne pensent tout simplement pas comme nous. Vous feriez mieux de ne pas les approcher. »
Sur ces dernières paroles, il enfila un bonnet de fourrure pour protéger son crâne dégarni du froid et quitta le domaine.
Sans que personne le leur demande, Bilter et Ricart grimpèrent dans la tour de guet pour regarder le docteur Reno s’éloigner. Le vent glacial de l’hiver soufflait avec violence, mais les garçons ne se laissèrent pas décourager.
Lorsqu’il approcha de l’horizon et fut presque hors de vue, il leva la main et leur adressa un grand signe. Les deux garçons lui répondirent avec tout autant d’enthousiasme.
Après cette visite, l’inquiétude et l’irritation de Bilter cédèrent la place à l’excitation, à l’impatience et à une pointe de peur.
Ricart, lui, était surtout curieux de savoir comment le monde avait changé en cent ans. Il était loin d’être aussi excité que son frère Bilter.
Un mois environ passa. Alors que l’hiver touchait à sa fin, le sol gelé commença peu à peu à dégeler. Quand les villageois épandirent du fumier dans les champs, tout le domaine empesta la bouse.
Un chevalier inconnu fit alors son apparition, monté sur un cheval. Il portait une cotte de mailles et un surcot blanc orné d’un blason en forme de flamme.
Un casque, un bouclier, une lance, une hache et d’autres pièces d’équipement pendaient à sa selle. Leurs rayures et leurs bords usés prouvaient qu’il ne s’agissait pas de simples ornements.
On racontait qu’un seul Chevalier de la Flamme pouvait affronter au moins quarante Salamans. Son regard et son maintien semblaient le confirmer. On aurait dit qu’une aura émanait de ses épaules.
Lorsqu’il entra dans la cour et balaya les personnes présentes du regard, quelque chose dans ses yeux les fit reculer. Tous les serviteurs de Stormhertz évitèrent son regard.
Il resta à cheval jusqu’à ce qu’Abelich, qui avait tout l’air du seigneur des lieux, sorte du manoir. Alors seulement il mit pied à terre. Puis, d’un ton qui pouvait passer pour de l’arrogance ou de l’assurance, il se présenta.
« Edmund, chevalier supérieur des Chevaliers de la Flamme. »
« Je suis Abelich, seigneur de Stormhertz. Les Chevaliers de la Flamme ont-ils l’habitude d’arriver sans prévenir ? »
« Votre maison a déposé une demande, que nous avons acceptée. Quelle autre formalité faudrait-il ? Je ne suis pas venu en invité. Et je ne m’attends pas à être accueilli. »
« … »
« Qui est le volontaire ? Je l’emmène tout de suite. »
Il avait débarqué sans prévenir et annoncé qu’il emmènerait Bilter sur-le-champ. La situation était si absurde que tout le monde en resta sans voix.
Tous les regards se tournèrent spontanément vers Bilter. Celui-ci fixa le Chevalier de la Flamme, ébahi. Son excitation et son impatience semblèrent s’effondrer d’un coup, tandis que la peur prenait le dessus.
C’est alors qu’une voix étonnamment jeune retentit.
« Qui a dit que quelqu’un vous traiterait en invité ? Vous êtes à Stormhertz, pas dans votre ordre de chevalerie. Quand on entre sur les terres d’autrui, on doit montrer le respect qui convient à leur seigneur. »
Tous se tournèrent vers l’intervenant, surpris. C’était Ricart.
Le chevalier nommé Edmund fixa en silence Ricart, qui le foudroyait du regard, puis lâcha un bref rire.
« Alors, c’est toi le volontaire ? Tu as l’air prometteur. Mais ne te montre pas insolent. L’Ordre ne te traitera pas comme un jeune maître. »
« Tss. Regardez-vous. N’est-ce pas vous qui vous montrez insolent, en débarquant chez les gens ? »
« … »
Tous les autres étaient trop impressionnés par la présence de l’inconnu pour prononcer un mot, mais Ricart, le plus petit de tous, lui tenait tête avec fougue.
Pourtant, son visage était mignon, sa façon de parler mature et sa voix juvénile. Ses paroles ne portaient pas bien loin.
Ricart n’avait pas tort, cela dit. Il s’était avancé parce qu’Edmund semblait mépriser son père, ses frères et les habitants de sa maison.
« Ricky, ça suffit. Veuillez excuser l’insolence de mon fils. Edmund, vous n’avez rien fait de mal. Comme vous l’avez dit, nous avons déposé une demande et l’Ordre l’a acceptée. Toutefois, le volontaire n’est pas Ricky, mais mon deuxième fils, Bilter. Attendez un instant. J’ai quelque chose à lui donner. »
Abelich interrompit Ricart et rentra dans le manoir.
En apprenant que Ricart n’était pas le volontaire, Edmund parut légèrement surpris. Le garçon lui avait plutôt plu.
Qu’il s’agisse de venin ou d’un tempérament querelleur, les enfants de cette trempe avaient tendance à tenir bon.
Les ordres de chevalerie, et surtout les Chevaliers de la Flamme, comptaient parmi les plus impitoyables. Non, ils étaient sans conteste les plus durs, et c’était pour cela que les meilleurs combattants de l’Empire s’y rassemblaient.
Un entraînement intensif, une discipline stricte et d’innombrables batailles où les vies ne tenaient qu’à un fil. Nul ne pouvait survivre en pareil lieu sans une volonté ou un tempérament hors du commun.
Et ne pas tenir bon signifiait le plus souvent mourir. Une fois entré dans l’Ordre, impossible de démissionner ou de s’enfuir. La désertion était un crime grave au regard du droit militaire.
Même après le départ d’Abelich, Ricart garda la bouche close et continua de foudroyer Edmund du regard.
Le regard noir d’un enfant de dix ans ne pouvait effrayer un chevalier qui avait traversé toutes sortes d’épreuves. Pourtant, les yeux noisette de Ricart mirent Edmund mal à l’aise.
C’était un avertissement instinctif du danger, affûté par les combats, même si Edmund lui-même jugeait cette impression impossible.
À côté de Ricart, Bilter affichait en revanche l’air effrayé d’un garçon ordinaire.
L’intérêt que Ricart avait brièvement éveillé en lui s’évanouit rapidement.
« As-tu déjà servi comme écuyer ? »
Edmund s’adressa à Bilter.
« … »
Mais Bilter semblait si hébété qu’il n’avait pas entendu la question. Sans quitter Edmund des yeux, Ricart donna un coup de coude à son frère.
« Ah ! Quoi, pourquoi ? »
« Il te demande si tu as déjà servi comme écuyer. »
Ricart lui souffla la question.
« É-écuyer ? Eh bien, je sais entretenir les armures et les armes, dans une certaine mesure… »
« As-tu déjà combattu ? »
Quand la malchance s’en mêlait, certains nobles combattaient dès l’âge de quatorze ans. Les grands héros, eux, se distinguaient souvent au combat dès leur plus jeune âge.
Heureusement ou malheureusement, Bilter n’avait jamais combattu.
« N-non… »
« Si tu t’es porté volontaire pour l’Ordre parce que son apparence te plaît, tu ferais mieux d’oublier cette idée. Si ta famille a pris cette décision sans tenir compte de tes souhaits, le plus simple est de l’accepter. Tu ne peux plus revenir en arrière. À partir de maintenant, il n’y aura que le service et le dévouement envers l’Empire. Ne te pose pas trop de questions. Ça ne fera qu’user ta volonté. Contente-toi d’endurer en silence. »
« … »
Cela ressemblait moins à un conseil qu’à un sombre avertissement. Et la vie dans l’Ordre était effectivement sombre.
Abelich ressortit alors du manoir. Il tenait un bouclier à écu orné du blason familial.
Le blason représentait un champ rouge divisé en quatre par des lignes blanches, un emblème accordé par l’empereur.
« Prends-le. J’espère que ce bouclier te protégera. »
Bilter accepta le bouclier en silence, le cœur lourd. Edmund observa la scène sans mot dire, puis remonta à cheval.
« Suis-moi. Je pars, seigneur Abelich. »
Sur ces mots, il tourna son cheval et quitta la cour.
Bilter promena son regard de sa famille à Edmund, puis laissa échapper un son confus. Une fois parti, il ne savait pas quand il reviendrait. Peut-être ne reviendrait-il jamais.
Il sentait qu’il devrait dire quelque chose, mais aucun mot ne lui venait. Que pouvait-il bien dire ? Devait-il leur dire au revoir ?
Edmund s’éloignait toujours davantage, et Bilter n’eut d’autre choix que de se mettre en marche. Les chevaliers montaient à cheval ; les écuyers, eux, marchaient généralement à pied.
Le voyage s’annonçait difficile dès le départ. Le quartier général des Chevaliers de la Flamme se trouvait à au moins un mois de marche.
Ricart regarda Bilter s’éloigner jusqu’au bout. Bilter courait pour rattraper Edmund, puis reprenait la marche, encore et encore. Et chaque fois, il se retournait à d’innombrables reprises.
Puis il disparut derrière l’horizon.
Même après le départ de Bilter, rien ne changea à Stormhertz. On laboura les champs, on sema les graines, on arracha les mauvaises herbes…
Les garçons plus âgés du village, qui avaient joué avec Bilter quand ils étaient petits, s’efforcèrent de ne pas montrer à quel point il leur manquait. Dès qu’on parlait de lui, ils disaient :
« Ce n’est pas comme s’il était parti mourir. »
C’était vrai. Il n’était pas parti mourir. Et c’était son propre choix. Tout ce qu’ils pouvaient faire, c’était croire qu’il s’en sortirait. Peut-être qu’un jour, quand ils le reverraient, il serait devenu un chevalier digne de ce nom.
Ricart garda en lui ses regrets et sa solitude. À présent, c’était son tour.
Il passait son temps à parcourir le domaine avec un chien de chasse encore trop jeune pour être pleinement dressé.
Il s’asseyait dans les champs où pointaient les jeunes pousses et regardait le chien courir avec excitation. Quand celui-ci s’approchait et s’allongeait, Ricart lui caressait la tête et le dos.
À présent, courir dans les champs ne le faisait plus rire comme autrefois.
Au coucher du soleil, il rentrait avec le chien, mangeait avec sa famille, se lavait et allait dormir. C’était son quotidien.
Environ une semaine après le départ de Bilter, Ricart rentra au crépuscule après une nouvelle journée passée dehors avec le chien. Graut, qui s’apprêtait à sortir et faisait les cent pas dans la cour, l’interpella.
« Ricky, tu arrives juste à temps. J’allais venir te chercher. Va vite au bureau. »
Au lieu de se dire que le moment était enfin venu, Ricart resta aussi calme que d’habitude. Ce qui devait arriver arriverait.
Quand il entra dans le bureau, quelqu’un était assis sur le canapé. La personne était mince, avait l’air particulièrement rapide et portait un sac en cuir en bandoulière.
Elle n’avait rien à voir avec Edmund, le chevalier supérieur. Assise là, elle fixait Ricart d’un air absent et semblait tout à fait ordinaire, sans la moindre présence imposante.
Elle ne paraissait pas très âgée, peut-être à peu près du même âge que Graut, le frère aîné de Ricart.
Après avoir discuté un moment avec Abelich, la personne chargée du courrier regarda Ricart et prit la parole.
« Ah, je suis coursier pour le Bureau de la Guilde impériale. Je suis venu vous remettre quelque chose. Vous êtes bien le jeune maître Ricart ? »
« Oui. »
Le Bureau de la Guilde impériale ? Cette institution existait donc ? Quoi qu’il en soit, le coursier sortit de son sac un cylindre en cuir rigide. À l’intérieur se trouvait un parchemin scellé de cire, qu’il tendit à Ricart.
Ricart brisa le sceau et déroula le parchemin. C’était une autorisation d’admission dans une académie. Une académie ? Une admission ?
Rédigée d’une écriture élégante, la majeure partie de l’autorisation faisait l’éloge de l’académie elle-même.
Cette académie perpétue une longue tradition, enseigne l’écriture ancienne, les techniques de survie et d’autres arts martiaux, développe l’esprit d’équipe par la compétition, et ainsi de suite…
<… Nous accueillons Ricart au sein de l’Académie et souhaitons à la maison Calderbern de briller dans les arts martiaux. Puisse Sa Majesté l’empereur jouir d’une santé éternelle. Vive l’Empire. — Académie de Beringen —>
Le bord de l’autorisation était orné de motifs élaborés en feuilles d’or, et les blasons de la famille impériale et de l’académie y avaient été frappés côte à côte.
Ricart tendit l’autorisation à son père pour qu’il puisse la lire à son tour, puis s’adressa au coursier.
« Si j’ai bien compris, cette académie était censée former des aventuriers professionnels. »
« Eh bien, jeune maître, je ne suis qu’un coursier, alors je n’en sais pas grand-chose. Mais beaucoup de gens n’ont pas une très bonne opinion du mot “aventurier”, n’est-ce pas ? “Académie”, ça fait un peu plus respectable… Je n’ai pas vu beaucoup d’endroits qui emploient ouvertement le mot “aventurier”. »
« … En tout cas, c’est une académie parrainée par la famille impériale ? »
« C’est bien ça. À ma connaissance, c’est la guilde qui la dirige. »
« La Guilde des aventuriers ? »
« Ha ha… probablement ? »
« De quelle Guilde des aventuriers s’agit-il ? »
« Si c’est l’Académie de Beringen, ce doit être la Guilde des aventuriers de Beringen, non ? »
Beringen était un nom de lieu. La ville se trouvait au nord-est de l’Empire, sans être aussi septentrionale que Haiden.
En fait, la plupart des académies d’aventuriers se trouvaient dans l’est de l’Empire, car elles étaient proches de Fernland.
L’objectif ultime de ces académies était de partir pour Fernland afin d’y découvrir des reliques ou des codex anciens. Fernland servait de ville-base, tandis que les régions alentour demeuraient des territoires inconnus.
Abelich lut l’autorisation en silence, puis interrogea le coursier.
« Il est écrit qu’il doit s’inscrire avant le quatorze mars. Est-ce vous qui allez le guider ? »
« Non, mon seigneur. Je ne suis qu’un coursier. Je peux vous accompagner jusqu’à Rainfurt, mais aller jusqu’à Beringen me serait difficile. J’ai d’autres missions à remplir… »
Les Chevaliers de la Flamme avaient envoyé le chevalier supérieur Edmund chercher leur volontaire. L’académie, elle, ne faisait apparemment pas de même. Ricart devrait arriver par ses propres moyens à la date prévue.
« Le quatorze, c’est bientôt… »
Abelich se plongea dans ses réflexions. En tant que seigneur, il ne pouvait pas quitter son domaine à la légère ; c’était également le cas de Graut, son héritier.
Même s’il envoyait quelqu’un d’autre, la période des semailles battait son plein et les bras ne manquaient pas de travail. Le domaine n’était pas riche, et l’absence d’une seule personne faisait une grande différence.
En vérité, la maison principale payait intégralement les frais d’entrée de Bilter dans l’Ordre et ceux de l’inscription de Ricart à l’académie.
Il ne pouvait pas envoyer n’importe qui. Ricart avait besoin de quelqu’un qui puisse le protéger, au moins dans une certaine mesure, mais les personnes capables de le faire étaient particulièrement occupées en cette saison.
« À Rainfurt, vous trouverez une succursale de la Guilde de Beringen. Il pourrait aussi voyager avec un autre coursier qui se rend dans cette direction. Mais comme le voyage est long, le tarif serait un peu… »
Le coursier parla comme s’il ne comptait pas accompagner Ricart lui-même, mais pouvait arranger le voyage contre une certaine somme.
Abelich ne faisait pas entièrement confiance à la personne du peuple qui se tenait devant lui. Cependant, comme le coursier travaillait pour le Bureau de la Guilde impériale, il lui accordait un minimum de crédit.
« Ça ira, père. Je partirai demain avec ce coursier. Que ce soit Billy ou moi, nous allons tous les deux quitter la maison. Il ne nous reste qu’à nous souhaiter bonne chance. »
Ricart parla d’un ton ferme. Abelich ne trouva rien à répondre.
Quelle que soit la manière de présenter les choses, on écartait les autres fils pour que l’aîné légitime puisse hériter.
La maison principale s’était intéressée à lui et avait même payé ses dépenses, tandis que son père avait pris soin de lui à sa façon. Il aurait été malvenu d’en demander davantage.
Il était temps qu’Abelich et Ricart se préparent à cette épreuve.
Abelich ouvrit un tiroir de son bureau. Il en sortit un objet enveloppé dans plusieurs couches de tissu et le tendit à Ricart.
« Il a été fabriqué sur commande à la forge d’armes de la maison principale, pas chez le forgeron d’ici. Prends-le. »
Tout comme il avait offert un bouclier à Bilter, il avait donc quelque chose à donner à Ricart aussi.
Ricart le prit et défit le tissu. C’était une dague.
« Elle a été forgée à partir de la pointe de la lance qui t’a servi à tuer le sanglier. La chance ne sourit pas à ceux qui se contentent de parler. Elle sourit à ceux qui agissent. J’espère que celle qui t’a favorisé continuera de t’accompagner. »
Ricart tira la dague de son fourreau. Elle était un peu plus large et plus longue qu’une dague ordinaire.
Il la rengaina et l’enveloppa de nouveau dans le tissu. Un sourire lui vint aux lèvres.
« Ce n’était pas de la chance, père. »
« Hmm ? »
« Merci. J’en prendrai soin. »
Sans ajouter un mot, Ricart glissa la dague dans ses vêtements.
Tôt le lendemain matin, Ricart mangea à sa faim et quitta la maison avec le coursier. Il était encore si tôt que personne d’autre ne s’était réveillé. Son père regarda son fils s’éloigner depuis la fenêtre.
Ricart aurait menti en disant qu’il n’éprouvait aucun regret, mais il s’efforça de garder au fond du cœur les choses qui lui étaient chères et qui lui manqueraient. Contrairement à Bilter, il ne se retourna pas une seule fois.
Sur la route qu’il avait choisie, aucun horizon ne l’attendait pour le faire disparaître.
Rejoignez notre Discord : <a target="_blank" rel="noopener noreferrer nofollow" class="link" href="https://dsc.gg/wetried">https://dsc.gg/wetried</a>