Chapitre 40
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Traducteur/éditeur : ZERO_SUGAR
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◈ Ode of the Brave ◈
Chapitre 40
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C’était presque gênant d’appeler ça un village. Ce n’était qu’un minuscule hameau perdu au milieu de nulle part, qui ne figurait probablement même pas sur les registres fiscaux du seigneur.
Il n’y avait qu’un temple en rondins et trois ou quatre maisons éparpillées.
Le temple qui abritait un dieu n’avait pas été construit avec des matériaux coûteux, mais on sentait le soin apporté par les bâtisseurs. Il paraissait droit et solide.
Pourtant, quelqu’un avait fracassé la porte, les fenêtres et d’autres éléments.
La lumière s’engouffrait par les brèches, tel le regard d’un dieu. En la suivant à l’intérieur, on découvrait une mer de sang, où des cadavres gisaient à perte de vue.
Ils ne semblaient pas morts depuis longtemps. Dans l’air froid, de la vapeur s’élevait encore de leurs corps.
« Hé, quand… quand le jour promis arrivera, le Dieu du Jugement vous punira, bande de salauds. »
Un prêtre, couvert de sang et effondré sur le sol, se traînait loin de quelqu’un en parlant.
Il était évident qu’il ne pouvait pas s’échapper, et l’homme qui l’avait mis dans cet état se contentait de le regarder.
L’épée de l’homme restait au fourreau, à sa taille, mais il tenait dans une main une sorte de faucille. Du sang épais en dégoulinait.
Les visages des gens rappelaient souvent ceux des animaux. L’homme à la faucille avait une mâchoire inférieure proéminente qui lui donnait un air indéniablement canin. Celui d’un chien de combat particulièrement féroce. Pourtant, son regard était d’un calme inattendu.
Son visage était couvert de petites cicatrices, dont une, en particulier, lui barrait l’œil droit.
L’homme prit la parole.
« Quand ? »
« Quoi ? »
« Quand exactement va-t-il me punir ? »
« De… de quoi parlez-vous ? »
« Tu ne comprends pas les mots les plus simples. Quand j’étais jeune, je priais tous les jours pour que le châtiment divin s’abatte sur moi. Je suppliais Dieu de tuer ces putains de parents. Ou de me tuer, moi, à leur place. Mais j’avais beau prier, il m’ignorait. Alors je les ai tués de mes propres mains. Et j’ai compris quelque chose. »
« … »
« Il n’y a pas de dieu. Rien qui y ressemble, de près ou de loin. »
L’homme blasphémait contre Dieu avec tant d’aisance, comme si cela ne signifiait rien. Les yeux du prêtre s’écarquillèrent, comme si cette déclaration le choquait davantage que son état épouvantable.
Un démon…
« Même si je te tue, aucun châtiment divin ne s’abattra sur moi. Mais si Dieu avait eu pitié de moi, il serait intervenu. S’il l’avait fait pour les autres gosses, tu les supplierais de te tuer, à l’heure qu’il est, au lieu de supplier Dieu. »
L’homme s’approcha du prêtre. Floc. Chaque pas résonnait dans le sang qui recouvrait le sol.
À mesure qu’il avançait, le prêtre ferma les yeux et se mit à prier.
« Ô Dieu, sauvez cette âme pitoyable… »
« Il n’y a ni châtiment divin, ni salut. Mais le salut est encore plus putain de dégoûtant que le reste. »
Fouish ! Boum !
La faucille de l’homme s’enfonça dans le crâne du prêtre. Celui-ci s’agita comme un poisson. Puis une voix féminine, enjouée, appela l’homme depuis l’extérieur du temple.
« Shuti ! Shuti ! Qu’est-ce que tu fabriques ? »
Cet homme appelé Shuti n’était autre que Steiner le Chien fou. Les cinq devaient être très proches, puisqu’ils s’appelaient par leurs surnoms.
Steiner baissa les yeux sur le prêtre qu’il venait de tuer. Le voir mort, une faucille plantée dans le crâne, était plutôt satisfaisant.
Mais ce plaisir inutile ne dura qu’un instant. Steiner se détourna et quitta le temple. Trois personnes avaient déjà terminé leur travail et l’attendaient dehors.
La femme qui l’avait appelé dansait avec légèreté, comme si quelque chose la mettait en joie. Plusieurs morceaux de peau pendaient lâchement sur son corps.
C’étaient des peaux humaines, et les morceaux recousus ensemble avaient des couleurs et des textures étrangement différentes.
Pourtant, la peau de la femme elle-même ressemblait à celle d’un crapaud sombre couvert de verrues. C’était le résultat d’un entraînement déraisonnable à la Conduite du mana. Cette femme, c’était Erze the Skin Collector.
« Shuti, pourquoi tu as mis autant de temps ? Ohohoho ! Regarde-moi ça. »
Elle s’approcha de Steiner, leva le bras comme pour le lui montrer et le caressa de la main.
« Elle est douce, hein ? Ma peau devient de plus en plus lisse. Ohohoho. »
« Ouais… Où est Tony ? »
Tony était le surnom de Reto. Reto the Experimenter, le nécromancien des Cinq d’Ernberg.
« Ce salaud de sinistre a dit qu’il avait trouvé tout ce qu’il cherchait et qu’il était parti avant nous. »
L’homme vêtu de noir de la tête aux pieds prit la parole. C’était Ghost, aussi appelé l’Épée fantôme. À vrai dire, c’était de loin le plus lugubre de tous.
« J’ai dit qu’on se retrouverait au point de rendez-vous quand j’aurais fini. Tu ne lui as pas transmis le message ? »
« Ce n’était pas à toi de le faire ? »
Ghost posa la question en regardant Erze.
« Pourquoi est-ce que je lui aurais parlé ? Je croyais que Hati s’en était chargé. »
L’homme qu’on appelait Hati était d’une taille et d’une carrure inhumaines, comme un géant de légende. Le bouclier carré posé à côté de lui était aussi grand qu’une personne ordinaire. C’était Hanet, le Rempart de fer.
Les bras croisés, il s’appuyait contre le mur ; sa tête touchait presque le plafond.
« Pourquoi vous me rejetez la faute dessus, tout à coup ? Et je le lui ai bien dit. »
Les trois autres, Steiner excepté, se renvoyaient la responsabilité. Ils étaient moins organisés que leur réputation ne le laissait croire. Mais ils semblaient aussi d’autant plus proches.
Ils venaient tous de la même académie. Ils se chamaillaient, mais se considéraient comme des frères et sœurs. Leur lien était peut-être encore plus fort que celui d’une vraie famille.
Ils avaient toutefois un grave problème : ils avaient grandi sans jamais devenir des adultes comme il faut, et étaient irrémédiablement tordus.
« Hati dit qu’il lui a transmis le message. »
« Hah… »
Steiner soupira, puis s’adressa à Erze, qui se tenait près de lui.
« Eri, va le chercher. »
« Quoi ? Moi ? Pourquoi ? »
« Ce loser t’écoute plus que n’importe qui. »
« Héhé, c’est vrai. Ce n’est pas facile d’être belle. »
Erze lança ces mots en tournoyant sur elle-même, comme si elle exhibait sa beauté. Pourtant, elle était tout le contraire. Elle était grotesque, horrible et complètement folle.
« Alors, nous trois, on continue devant. Eri, je compte sur toi. »
« D’accord… »
« Hé, Shuti, t’as entendu ? »
Ghost posa la question au moment où ils s’apprêtaient à partir.
« Quoi ? »
« Il paraît que des héros sont apparus récemment à Sigpringer. Ils démantèlent la guilde des voleurs et éliminent les bandits, tout en sauvant des gens. Sans rien demander en échange. Hasphil serait mort, lui aussi. Et tante Lily. »
Steiner sembla réfléchir un instant, puis lâcha nonchalamment :
« Ça doit être de sacrés pervers. »
Sauver les autres sans rien attendre en retour ? Aux yeux de Steiner, c’étaient des pervers qu’il ne pouvait absolument pas comprendre. Des pervers particulièrement tordus.
Ricart n’avait jamais rencontré de terrain pareil, ni dans sa vie précédente ni dans celle-ci.
Le sol couvert de mousse paraissait simplement inégal, mais dès qu’il posait le pied dessus, il oscillait comme si de l’eau se trouvait juste sous la surface.
En réalité, le sol pouvait s’affaisser brusquement et engloutir quelqu’un, qui mourait alors sur-le-champ.
Et la neige qui le recouvrait rendait impossible de savoir où poser le pied. C’était un marécage étrange et dangereux.
Il était difficile d’imaginer par où commencer pour retrouver le laboratoire de Reto dans cette contrée désolée.
Heureusement, il n’avait pas neigé récemment, ce qui leur permettait de repérer des empreintes. À en juger par leur taille, elles appartenaient sans aucun doute au Nameless One.
« Oh ? Ce sont les empreintes de monsieur. »
Cette fois, Boribori les remarqua avant Ricart, pourtant doté d’une vue perçante.
Les empreintes se dirigeaient vers le nord. Ricart et Boribori suivirent la piste. À chacun de leurs pas, le sol faisait un bruit de succion.
Après avoir marché un certain temps, les deux garçons tombèrent sur un spectacle incroyable.
« Grrr… »
Des cadavres en décomposition bougeaient. Il n’y en avait pas qu’un ou deux.
Certains des corps éparpillés dans les environs remuaient encore. À l’évidence, ils étaient morts depuis longtemps.
Leurs yeux livides roulaient frénétiquement, et certains rampaient péniblement alors qu’ils n’avaient plus rien sous la taille.
« U-un nécromancien… »
Boribori murmura. Face à un spectacle aussi insensé, Ricart resta un instant sans voix. La magie était-elle vraiment si terrible ?
Lorsqu’il reprit enfin ses esprits et examina attentivement la scène, les cadavres lui parurent avoir été attaqués par une bête gigantesque. Ils avaient été écrasés, piétinés et frappés à coups de hache.
« C’était monsieur. Il a dû se battre ici. »
À ces mots, Boribori traversa aussitôt l’horrible scène sans se retourner et suivit les empreintes. Ricart se dépêcha de le rattraper.
À un moment donné, une brume pâle se mit à se former, bien qu’il fût midi.
Elle n’était pas assez épaisse pour masquer complètement les empreintes, et ils parvinrent à les suivre de justesse. La piste s’arrêtait devant une cabane à l’aspect sinistre, bâtie sur l’un des rares îlots de terre ferme du marécage.
Ricart prit l’épée qu’il portait sur l’épaule et la tint d’une main, prêt à la dégainer à tout moment en s’approchant de la cabane.
Il ouvrit prudemment la porte, qui n’était pas correctement verrouillée, et découvrit un autre spectacle horrible et répugnant.
Toutes sortes de morceaux de corps avaient été conservés dans des bocaux remplis de liquide. Beaucoup s’étaient brisés, et leur contenu jonchait le sol sans le moindre soin. Le liquide dégageait une odeur étrange qui lui piquait le nez.
Et, sur ce qui semblait être le bureau du nécromancien, trônait une tête tranchée. C’était celle de Reto the Experimenter. Le Nameless One l’avait déjà tué.
Il devait déjà être grotesque de son vivant, mais il paraissait encore plus étrange dans la mort. Après ce qu’ils venaient de voir, Ricart avait l’impression que la tête allait soudain ouvrir les yeux.
« Il nous l’a laissée. »
Boribori prit la parole.
« Hein ? »
« Sinon, monsieur ne lui aurait pas tranché la tête pour la poser ici. »
« Peut-être… »
En effet, le Nameless One n’aurait pas fait une chose pareille au cours d’un combat. Il avait donc une autre raison, et Boribori avait sans doute raison.
Mais les deux garçons tenaient davantage à retrouver le Nameless One qu’à emporter sa tête.
Et puisqu’il s’agissait d’un contrat d’assassinat, pas de la traque d’un criminel recherché, ils n’avaient qu’à tuer leurs cibles. Inutile de rapporter une tête : une oreille, un signe distinctif ou un objet permettant de les identifier suffirait.
« Oh là là, d’où sortent ces adorables petits choux ? »
Une voix féminine enjouée retentit soudain derrière eux. Ricart et Boribori se retournèrent d’instinct.
Ils virent une femme qui ressemblait à un crapaud. Pas simplement quelqu’un qui lui ressemblait : on aurait dit qu’un véritable crapaud s’était changé en humaine. Et elle portait une peau humaine.
Ricart la reconnut aussitôt.
« Erze ? »
« Oh ? Tu connais mon nom ? Après tout, une beauté comme moi ne peut qu’être célèbre. »
Erze exhiba sa laideur par des gestes étrangement élégants.
« Où sont les autres ? »
« Hum ? »
« Tu fais partie des Cinq, non ? »
« Mon chou, on ne peut pas toujours rester ensemble. Ils doivent être à Lindveil. »
C’était à Lindveil que les Cinq avaient perpétré leur premier massacre à l’échelle d’un village.
Coïncidence, cruel destin ou dessein plus malveillant, Lindveil était aussi le village où le Nameless One avait vécu autrefois.
Quoi qu’il en soit, Erze venait de révéler sans gêne leur lieu de rendez-vous secret. Elle ne se sentait peut-être nullement menacée par les deux garçons devant elle.
Ou peut-être n’avait-elle jamais eu l’intention de les laisser repartir.
« Vous êtes un peu vieux, tous les deux, mais votre peau est encore très jolie. Hmm, j’ai décidé : je vais l’ajouter à ma collection. Vous êtes contents ? »
Ricart et Boribori n’avaient jamais entendu personne les traiter de vieux. Tout le monde les avait toujours considérés comme jeunes, mais Erze, apparemment, ne partageait pas cet avis.
La femme-crapaud eut un rire gras et tira un poignard acéré. Ce n’était pas une arme ordinaire, mais plutôt un outil à dépecer.
En s’approchant des deux garçons, elle aperçut quelque chose derrière eux : la tête posée sur le bureau. Erze se figea un instant, puis se mit à trembler.
« T-Tony ? »
D’ordinaire, ils s’ignoraient et se chamaillaient, mais ce n’était qu’une méchanceté affectueuse. Les Cinq d’Ernberg étaient sa famille.
Erze ne parvenait pas à accepter la réalité. Puis la fureur s’alluma dans ses yeux et son visage se tordit hideusement. Elle était si laide qu’elle semblait tout droit sortie d’un cauchemar.
« Qu’est-ce que vous avez fait à Tony… ! »
Erze hurla, mais n’eut pas le temps de terminer.
Ricart et Boribori avaient dégainé leurs épées et frappé d’estoc dans la foulée.
Clang ! Crac !
À la stupéfaction générale, leurs deux épées n’abîmèrent que la peau qu’elle portait, celle d’autres personnes à l’origine. Elles ne parvinrent pas à percer sa propre peau.
L’épée en fer météorique de Ricart était une lame si exceptionnelle qu’elle ne se brisa pas, mais l’épée de Boribori, imprégnée de mana, se fendit en deux.
Alors qu’elle pouvait trancher presque n’importe quoi.
On aurait dit qu’il frappait un rocher avec son épée. La violente vibration lui remonta dans la main et fit trembler ses os. Il fronça les sourcils et recula précipitamment.
À cet instant, Erze se rua sur Ricart comme si elle voulait le tuer.
« Ricky ! »
Boribori s’écria en se tenant le poignet blessé. Pendant un instant, pourtant, Ricart crut qu’Erze faisait semblant. Son attaque était beaucoup trop maladroite.
Avait-elle perdu le contrôle de ses émotions après la mort d’une camarade ? Sa peau seule était-elle résistante, tandis que ses talents martiaux laissaient à désirer ? Ou était-ce un piège ? Une foule de questions lui traversèrent l’esprit en un instant.
Mais Ricart, qui avait connu plus de combats réels qu’il n’aurait pu en raconter, trouva sa réponse en une fraction de seconde.
Il lâcha son épée, se déplaça à une vitesse fulgurante et lui brisa l’articulation du bras sur-le-champ.
Crac !
« Aaah ! »
Profitant de l’ouverture, Boribori bondit sur le dos d’Erze. Il enroula ses jambes autour de sa taille et s’agrippa à elle comme une carapace de tortue. Puis il lui enfonça les deux mains dans la bouche, saisit sa mâchoire supérieure et sa mâchoire inférieure, et les écarta de force.
Le mana circula dans ses veines et ses muscles, libérant une force monstrueuse.
« Ghhk ! »
Crac.
« Aaaah ! »
La mâchoire d’Erze se déboîta, et sa bouche béa comme celle d’un serpent. Elle se débattit violemment, mais Boribori ne lâcha pas prise.
Cependant, lorsqu’il finit par lui arracher la mâchoire inférieure, il perdit l’équilibre et fut projeté au loin.
Crac !
Boribori fut envoyé à bonne distance, avant de se remettre aussitôt sur pied.
« Grrr… »
Erze ne produisait plus qu’un faible son, comme une créature morte-vivante. Sa langue, n’étant plus maintenue par sa mâchoire, pendait mollement sous sa bouche tandis qu’elle titubait en tentant de fuir.
« Où crois-tu aller ? »
Ricart la poursuivit à mains nues. Erze s’enfuit, terrorisée, mais Ricart était bien plus rapide.
Il la rattrapa en un instant, lui saisit la jambe et la fit tomber, puis lui tordit la cheville.
« Aaaah ! »
Erze se tordit de douleur sur le sol. Elle tenta d’attraper Ricart, mais il avait déjà bondi hors de portée. Puis il sortit un poignard de ses vêtements et prit la parole.
« Tes globes oculaires sont aussi résistants ? »
« Urgh… »
« Je l’espère. »
Sans attendre de réponse, il lui enfonça le poignard dans l’œil de toutes ses forces. Quand la lame transperça son globe oculaire et atteignit le cerveau, plus mou, Erze fut prise de convulsions. Puis elle se relâcha bientôt.
Contre un adversaire ordinaire, une peau qu’aucune épée ne pouvait entailler aurait été un avantage écrasant. Mais les deux garçons n’étaient pas des adversaires ordinaires.
« Ouf, ouf, ouf… »
Boribori s’approcha et baissa les yeux sur le corps inerte d’Erze.
Ricart demanda à Boribori, qui haletait :
« Ça va ? »
« Oui. Et toi, Ricky ? »
« Moi aussi. »
« Alors, allons-y. »
« Oui. »
Après avoir prélevé des preuves de la mort de Reto et d’Erze, les deux garçons prirent aussitôt la route de Lindveil.
Même après avoir tué Reto et Erze et rempli leur contrat, le voyage de Ricart et Boribori n’était pas terminé. Ils n’avaient pas l’intention de s’arrêter là.
Ricart avait néanmoins une inquiétude. Il ne craignait pas simplement que le Nameless One meure. Ricart avait tendance à accepter la mort avec détachement.
C’était seulement que si le Nameless One se punissait lui-même jusqu’à en mourir, à quoi cela servirait-il, qu’il obtienne sa vengeance ou non ?
Ricky, dans sa vie précédente, et le Nameless One avaient vécu dans des circonstances différentes, mais ils se ressemblaient indéniablement sur certains points. Ricart craignait que le Nameless One ne suive les traces de Ricky.
Car, au bout de ce chemin, il n’y avait aucun salut.
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