Chapitre 3
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Traducteur/éditeur : ZERO_SUGAR
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◈ Ode of the Brave ◈
Chapitre 3
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* * *
Se réincarner, c’était garder de vagues souvenirs d’un passé lointain dès l’éveil de sa conscience, alors qu’on n’était encore qu’un tout jeune enfant.
À mesure que je découvrais cette nouvelle vie et vivais de nouvelles expériences, les souvenirs de mon ancienne existence s’estompaient et s’éloignaient toujours davantage. La forte odeur du fer et des brûlures avait cédé la place à des parfums agréables.
Mère souriait quand elle me voyait faire une bêtise. Je courais dans la forêt en riant avec mes frères. Je découvrais la sensation de chaussures neuves. Je tenais les promesses faites à mes amis. Les jours de fête, nous avions droit à des friandises.
Et puis il y avait Père, d’ordinaire si impassible, qui avait eu l’air surpris en me prenant dans ses bras.
Ces choses, comme autant d’étoiles, s’étaient amassées une à une pour combler le vide en moi. Chaque matin, à mon réveil, je me demandais ce qui pourrait bien arriver ce jour-là.
Comment appeler tout cela ? Je ne trouvais pas le mot juste. Je pensais seulement ceci : j’avais contracté une immense dette. Des souvenirs d’enfance qu’on ne pouvait ni acheter avec de l’argent ni obtenir par ses propres efforts.
C’était assez ironique que mon surnom soit Ricky. Ricart avait toujours détesté l’idée du destin, mais il ne la trouvait pas entièrement mauvaise.
« Comment tu te sens, maintenant ? »
Abelich posa la question en s’essuyant les mains pleines de graisse avec une serviette. Graut, sa femme et Bilter observaient Ricart depuis la table.
Les mains de Ricart, dont les muscles s’étaient déchirés à force de serrer le manche de sa lance, n’étaient plus bandées. Un mois s’était écoulé depuis l’incident.
La bouche encore pleine, Ricart la couvrit de sa main avant de répondre.
« Je vais bien. J’allais bien à l’époque et je vais bien maintenant. Ne t’inquiète pas. »
« … »
Un silence s’installa tandis qu’ils le regardaient répondre comme si rien ne s’était passé.
Quand on était témoin d’un événement choquant, il était d’abord difficile de l’accepter. Puis, inévitablement, on finissait par trouver une explication qui le rendait plus facile à admettre.
Ils s’étaient dit que la chance, envoyée par le ciel, avait dû être de son côté. Plusieurs coups de chance s’étaient cumulés. Sinon, comment un garçon de dix ans aurait-il pu tuer un sanglier aussi énorme d’un seul coup ?
Il n’en restait pas moins que Ricart n’avait ni perdu ses moyens ni fui, mais avait tenu tête au sanglier qui fonçait sur lui. Cela prouvait clairement qu’il était né avec une force de caractère peu commune.
Les gens ne regardaient plus Ricart de la même façon. Même leur manière de le traiter avait changé, si subtilement que ce fût. Il le sentait lui aussi.
« Tu aimerais apprendre le maniement de l’épée ? »
« … Je ne sais pas trop. »
Ricart répondit sans conviction.
Il n’avait pas fui devant un sanglier lancé à sa poursuite, et pourtant il avait peur de tenir une épée ? Sa famille se dit qu’après tout, il n’était encore qu’un enfant.
Mais ce n’était pas la raison de Ricart. Il ne voulait tout simplement plus reprendre une épée après avoir manié la sienne jusqu’à l’épuisement dans sa vie précédente.
« Je ne te comprends pas. À ton âge, quand j’ai eu le droit d’apprendre l’escrime, j’étais fou de joie. »
Bilter prit la parole.
Comme la plupart des garçons, ils trouvaient cool qu’on leur apprenne l’épée et l’idée leur plaisait au début.
Mais, dès qu’ils comprenaient qu’ils n’avaient aucun talent et que les interminables exercices fastidieux n’en finissaient pas, ils se lassaient vite.
Tout de même, apprendre pour la première fois aurait dû le rendre heureux. Bilter trouvait son petit frère vraiment un peu bizarre.
Voyant Ricart se tenir là, l’air un peu intimidé, Graut lui parla comme s’il lui faisait la leçon.
« En tant qu’homme, il y a des choses qu’il faut faire même si on n’en a pas envie. Apprendre l’escrime, surtout. Tu ne peux pas t’en détourner toute ta vie. Tu ne peux pas simplement refuser parce que ça ne te plaît pas. »
Pour un noble, apprendre l’épée était une compétence de base, bien au-delà d’un simple entraînement aux arts martiaux. Il n’était pas nécessaire d’exceller, mais il fallait au moins en connaître les rudiments.
Pourtant, Ricart ne répondit même pas à son frère aîné, qui avait huit ans de plus que lui. Un bref silence s’ensuivit.
« Réponds-moi. »
« … D’accord. »
Ricart répondit à contrecœur.
Ces derniers temps, Bilter s’en prenait souvent à son frère aîné, peut-être à cause de l’adolescence. Mais, à vrai dire, Graut avait délibérément pris ses distances avec ses frères cadets.
Depuis quand ? Sans doute depuis son mariage, quand il avait commencé à suivre sérieusement sa formation d’héritier. Ricart avait clairement senti le changement, lui aussi.
Quand il était petit, il lui suffisait de courir dans les champs avec son frère aîné pour éclater de rire. Graut l’aidait à se relever quand il tombait et époussetait ses vêtements. Lorsqu’ils rentraient à la maison au coucher du soleil après avoir joué dehors, il le portait même sur ses épaules.
À présent, il était assez grand pour dire adieu à ces choses-là. Ni la tristesse ni le bonheur ne duraient éternellement. Ricart s’en rendit compte.
Après le repas, Ricart quitta le manoir. Il portait le gambison épais que ses frères avaient mis à son âge, des gants en forme de moufles et une épée d’entraînement émoussée.
Il n’y avait pas de terrain d’entraînement à proprement parler, aussi sa première leçon eut-elle lieu dans la cour. Bien sûr, les palefreniers et les gens qui s’occupaient des chiens de chasse se rassemblèrent pour regarder.
Père et Bilter observaient la scène à quelque distance, tandis que Graut tenait une épée d’entraînement et faisait tourner son poignet.
« La force vient d’une bonne posture. Ça te semblera peut-être maladroit au début, mais avec un entraînement régulier, tu devras pouvoir le faire dans n’importe quelle situation, aussi naturellement que tu respires. À terme, tu devras manier l’épée comme si c’était l’un de tes membres. C’est simple, mais pas facile. »
Après ces paroles, Graut fendit l’air d’un grand coup d’épée. Un menaçant fouit ! retentit, et son corps, qui ne vacilla pas sous la force de son propre coup, témoignait de sa discipline.
Ricart se contenta de rester planté là, l’air absent, tenant l’épée à deux mains, droite contre son épaule.
« Écarte les jambes comme ça. Ton pied gauche sert de pivot. Garde ton centre de gravité légèrement vers l’avant. Pied gauche. Pied droit. Depuis cette position, fais un grand pas du pied droit pour avancer. Pour te déplacer sur le côté, fais comme ça. Le jeu de jambes est important. Si tes appuis sont instables, tu ne peux pas frapper correctement. »
Graut enseigna les bases à son plus jeune frère. Il ne le fit cependant pas à la légère : il prit soin de lui apprendre correctement.
Ricart obéit à chacune de ses consignes. Pourtant, pour lui qui se souvenait de sa vie précédente, ces mouvements trop élémentaires ne faisaient que brider son savoir-faire.
Au fond, peu importait. Graut n’avait pas tort.
« Au lieu de penser que tu donnes un coup, imagine que tu pousses ton épée jusqu’au bout. Comme ça. Ça te permet de te défendre et d’attaquer en même temps. En combat réel, tu la ramènes et tu frappes de toutes tes forces. Il y a beaucoup de variantes, mais ça suffira pour aujourd’hui. Pour l’instant, contente-toi de répéter ce que je t’ai montré. »
Ricart fit comme son frère lui avait demandé. Il écarta les jambes, l’une devant l’autre, plia légèrement les genoux et projeta davantage son centre de gravité vers l’avant. Puis il fit un grand pas avec le pied arrière et poussa son épée.
Une fois, deux fois, trois fois, quatre fois…
L’épée fendait l’air dans un fouit, fouit, et les spectateurs ressentirent un léger malaise. Même s’il apprenait clairement l’escrime pour la première fois ce jour-là, il n’avait pas la maladresse habituelle des débutants. Ceux-ci perdaient généralement l’équilibre sous la force de leurs propres coups.
Ce n’était pas seulement sa posture. Ses mouvements étaient disciplinés. Il ne se contentait pas d’imiter superficiellement son frère aîné. Il en avait saisi l’essence et se l’était appropriée.
Il était incontestablement extraordinaire. À un point presque incroyable. À ce niveau, il ne s’agissait plus seulement de talent. N’était-il pas un génie ?
C’était peut-être pour cela qu’Abelich, en regardant son plus jeune fils, était partagé. Il ressentait une immense fierté, mais aussi un malaise.
Un talent trop exceptionnel n’était pas toujours une bonne chose, surtout s’il risquait de compromettre l’avenir qu’il avait imaginé.
« Graut, fais un assaut avec lui. »
Abelich lança ces mots depuis l’endroit où il observait la scène.
Graut se tourna vers son père. Il comprit qu’il lui demandait de donner une bonne leçon à Ricart.
Ricart avait lui aussi entendu son père et cessa de fendre l’air. Son corps était encore celui d’un enfant ordinaire, et il était un peu essoufflé.
Graut regarda son frère cadet. L’hésitation se lisait dans ses yeux.
Ricart croisa calmement le regard de son frère, puis baissa la tête.
Graut se résolut en regardant son petit frère.
« Tu te souviens de ce que je viens de t’apprendre ? Essaie sur moi. Ne t’inquiète pas à l’idée de me faire mal. »
Mais Ricart ne répondit pas. Il resta simplement là, la tête baissée.
Après un moment de silence, il prit la parole.
« … Non. »
« Qu’est-ce que tu as dit ? »
« J’ai dit non. Je n’en ai pas envie. »
C’était la première fois que cela arrivait. Ricart, d’ordinaire doux et obéissant, leur tenait tête.
Graut se tourna vers son père. L’homme d’âge mûr, impassible, les observait sans ciller. Graut reporta son attention sur Ricart.
« Tu te mets à répondre comme Billy, maintenant ? »
« Ce n’est pas ça… »
Graut donna un coup dans la poitrine de Ricart avec son épée d’entraînement émoussée. Ricart recula en titubant.
« Alors, qu’est-ce que ça veut dire, ces paroles et cette attitude ? Je t’ai dit clairement de manier ton épée comme je te l’ai appris. Allez, dépêche-toi. »
« … Non. »
« Espèce de petit… ! »
Graut frappa soudain Ricart au bras. Même à travers l’épais gambison, le coup n’avait pas pu ne pas lui faire mal.
« Aïe ! »
Ricart ferma les yeux, rentra les épaules et trembla de douleur.
« Je te le répète une dernière fois. Manie ton épée. »
« Non. »
« Tu te moques de moi. »
Cette fois, Graut frappa son autre bras. Un clac retentit, puis il le frappa encore et encore. Les cuisses, les épaules, partout.
Clac. Clac. Clac. Clac…
Malgré tout, Ricart resta simplement courbé, serrant l’épée à deux mains tandis qu’il encaissait les coups. Les yeux fermés, le visage tordu par la douleur.
Les spectateurs se sentaient peut-être mal à l’aise au fond d’eux, mais ils observaient la scène d’un air calme. Ils savaient que les nobles pouvaient être encore plus durs précisément parce qu’ils étaient nobles.
Il était impensable de refuser un ordre d’un ancien de la maison, surtout s’il s’agissait du chef de famille.
« Je te laisse une dernière chance. Manie ton épée. Si tu refuses encore, je te frapperai à la tête. »
Même s’il s’agissait d’une épée d’entraînement, elle était en métal. Un coup à la tête pouvait causer de graves blessures.
« Non. Je ne le ferai pas. »
Ricart parla d’un ton ferme. La main de Graut trembla autour de l’épée. Puisqu’il l’avait dit, il devait frapper Ricart à la tête, mais cela lui semblait trop cruel.
Il se tourna donc de nouveau vers son père, presque suppliant. À côté de lui, Bilter trépignait d’inquiétude.
Abelich acquiesça d’un air accablé. Il lui donnait la permission de frapper Ricart à la tête. Non, c’était un ordre.
Graut se tourna vers son frère cadet et lui parla assez bas pour que personne d’autre ne l’entende.
« Donne juste un coup. Je t’en prie. Moi non plus, je n’ai pas envie de faire ça. »
« C’est justement pour ça que je ne peux pas. »
« Qu’est-ce que tu veux dire ? »
« … »
Graut ne comprenait pas pourquoi Ricart allait aussi loin. C’était la première fois qu’il frappait son frère cadet de cette manière, et la première fois que Ricart lui tenait tête.
Ricart refusait de frapper son frère aîné parce que l’escrime qu’il connaissait n’était pas faite pour les assauts. C’était une technique forgée uniquement dans le sang, sur des champs de bataille désespérés.
Sachant que seule une pure intention meurtrière pouvait en habiter la pointe, Ricart ne pouvait pas la diriger contre son frère aîné.
Même si leur relation s’était distendue ces derniers temps, il ne pouvait pas lever sa lame contre les souvenirs qu’ils avaient partagés ni contre l’affection tendre de son frère. Cela aurait été bien pire que de se blesser lui-même.
Et il ne savait pas jouer la comédie, faire semblant de mal manier son épée et perdre exprès. Alors il ne pouvait que rester immobile.
Mais, aux yeux des témoins, Ricart leur tenait simplement tête sans raison. Il avait toujours été doux et obéissant. Avait-il pris exemple sur Billy ?
Graut était visiblement décontenancé par l’opposition de Ricart. Aussi minime que fût la faute, dès lors que Père avait donné un ordre, il fallait l’exécuter.
Pourquoi fallait-il que cela arrive le jour de sa première leçon d’escrime ? Devait-il le frapper en se retenant ? Ou faire semblant de viser sa tête et le frapper à l’épaule ? Père s’en apercevrait-il de là où il se tenait ?
Graut se posa mille questions. Puis il décida qu’il était tout simplement hors de question de frapper Ricart à la tête.
Il empoigna donc son épée et frappa violemment Ricart à l’épaule. De côté ou de derrière, on aurait cru qu’il l’avait frappé à la tête.
Clac !
« Argh ! »
Ricart s’effondra.
Jusque-là, il était resté debout malgré tous les coups, mais il finit par tomber. Il essaya de se relever, mais son corps ne répondait plus.
Les yeux de Graut s’agitèrent en voyant son frère à terre. À présent, il ne savait plus quoi faire. Il regardait tour à tour son père et son frère. Graut n’était pas encore pleinement adulte, lui non plus.
Abelich s’avança alors à grands pas. Il baissa les yeux vers Ricart et parla d’un ton indifférent.
« Lève-toi. Manie ton épée. »
Face à l’ordre catégorique de son père, Ricart ne fit que trembler comme un oiseau pris sous la pluie.
Puis il ouvrit les yeux qu’il avait serrés très fort. Il leva les yeux vers son père, serra les dents et parla.
« Je ne le ferai pas. Même si je dois mourir. »
Il ne l’avait pas dit à la légère. Ses yeux noisette si particuliers brûlaient comme le feu.
Son regard était si intense qu’Abelich sentit soudain un frisson lui parcourir la nuque. Le froid lui descendit le long du dos et les poils de son corps se hérissèrent.
Le silence se prolongea un long moment. Graut baissa la tête, l’épée pendant le long de son flanc. Il semblait honteux devant son père et désolé envers son frère cadet.
Ricart baissa de nouveau la tête et se mit à pleurer. Des gouttes sombres tombèrent sur le sol sec.
Abelich ressentit quelque chose qu’il ne sut nommer. Pourtant, il n’en laissa rien paraître et parla, toujours aussi impassible que d’habitude.
« … La leçon est terminée. »
Bilter se précipita vers Ricart, l’aida à se relever et le soutint jusqu’à sa chambre.
Tout le corps de Ricart lui faisait si mal qu’il avait même du mal à s’allonger dans son lit.
« Quel idiot… »
Bilter le réprimanda sans raison, submergé par l’inquiétude. Ricart ne répondit pas, allongé dans son lit. Il se contenta d’arborer un sourire indéchiffrable.
Un peu plus tard, on frappa à la porte et quelqu’un entra. C’était sa belle-sœur. Enceinte, elle avait pourtant apporté elle-même de la pommade, des bandages et d’autres fournitures.
Elle avait dû voir ce qui s’était passé par la fenêtre. Bilter sortit discrètement, et sa belle-sœur prit la parole.
« Je vais te mettre un peu de pommade. »
Ricart prit sur lui malgré la douleur et redressa le haut de son corps. Puis il retira sa chemise et baissa son pantalon.
Ses deux bras et l’extérieur de ses cuisses étaient déjà couverts d’ecchymoses bleutées. Son épaule, rouge et bleue, était presque noire.
Sa belle-sœur sembla bouleversée par le spectacle. Tandis qu’elle appliquait la pommade, ses mains tremblaient légèrement.
Elle était venue lui dire que Graut ne l’avait pas fait exprès, qu’il n’avait pas eu le choix et que Ricart ne devait pas trop lui en vouloir. Mais elle ne parvint pas à prononcer ces mots.
Ricart sentait pourtant très bien, à travers ses gestes tremblants, la confusion et les regrets qui l’agitaient.
« Ça va. La douleur m’est plutôt familière. C’est presque une vieille amie. »
« … Quoi ? »
« Je crois que j’ai déjà connu plus de bonheur que je n’en mérite. Je ne sais pas si c’est un mirage, comme certains le disent. Ce qui m’inquiète davantage, c’est que Grand Frère se sente affreusement mal. Il fait semblant, mais il a encore le cœur tendre. Alors, dis-lui ceci, s’il te plaît : je comprends tout. Je n’ai pas le cœur blessé. Je l’aime toujours. »
La main de sa belle-sœur s’immobilisa tandis qu’elle appliquait la pommade. Ses yeux s’écarquillèrent ; elle semblait incapable de comprendre tout de suite ce qu’elle venait d’entendre.
Il y avait une limite à la maturité dont on pouvait faire preuve. Elle n’aurait jamais imaginé que Ricart puisse dire de telles choses, ni qu’il puisse avoir des pensées aussi profondes.
Sa belle-sœur se contenta de cligner des yeux, déconcertée, tandis que Ricart supportait la douleur de son corps meurtri et lui adressait un faible sourire.
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