Chapitre 25
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Traducteur/éditeur : ZERO_SUGAR
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◈ Ode of the Brave ◈
Chapitre 25
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Contrairement aux autres endroits, l’air de la forêt avait une fraîcheur bien à elle. Les senteurs des arbres, de la terre, de la mousse, de l’herbe et de minuscules créatures invisibles se mêlaient et inspiraient la paix.
Le souffle des arbres, anciens comme jeunes, semblait purifier les poumons.
La forêt était un lieu où l’on sentait la vie, un endroit vivant qui respirait de lui-même.
Cette sensation était particulièrement forte à l’aube. C’était comme si l’on se faisait laver le cœur et l’esprit embrouillés.
Mais au milieu de cet air agréable, une étrange odeur de poisson effleura le bout du nez.
L’odeur du sang.
Des corps jonchaient le sentier sinueux de la forêt. Un groupe de personnes errait parmi eux.
Un homme au menton couvert d’une barbe hirsute et aux cheveux bruns, coupés court et retombant jusqu’au menton, contemplait les cadavres.
Les nombreuses blessures d’épée et de lance ne laissaient aucun doute : un combat avait eu lieu. Au premier regard, on ne le remarquait pas forcément, mais chaque cadavre avait les yeux fermés.
Comme si quelqu’un leur avait rendu hommage.
« Maître de clan. Par ici. »
Quelqu’un appela l’homme aux cheveux courts depuis le sentier forestier.
Il s’appelait Lorenz et dirigeait le clan Rubens.
Un maître de clan gérait plusieurs clans au sein d’une guilde. Maître de guilde, conseil consultatif, maître de clan, chef de clan, puis aventuriers : la plupart des guildes d’aventuriers suivaient cette structure.
Les aptitudes au combat d’un maître de clan comptaient, mais cette fonction exigeait aussi une grande expertise.
Les aventuriers étaient des gens libres d’esprit qui tenaient souvent la désobéissance pour acquise ; les gérer n’avait donc rien de facile. Il fallait savoir s’y prendre avec délicatesse. Trop de sévérité ne convenait pas, mais trop de laisser-aller non plus.
Diriger des opérations impliquant plusieurs clans exigeait également des connaissances complexes et variées, ainsi qu’une vaste expérience du terrain.
À l’appel, Lorenz s’approcha, ses pas crissant sur le sol.
Non loin gisait un cadavre dans une posture grotesque. Il était à genoux, le torse renversé en arrière et, surtout, il n’avait plus de tête.
La position semblait terriblement inconfortable. Enfin, cela n’avait peut-être plus d’importance, maintenant que la personne était morte.
Lorenz devinait tout de même comment elle avait péri.
La tête avait été tranchée alors que la victime était debout. Telle était sa conclusion.
À en juger par la coupure, le cou n’avait pas été scié à plusieurs reprises. Il semblait avoir été sectionné d’un seul coup. À moins d’allonger volontairement le cou comme une victime d’exécution, décapiter quelqu’un debout en un seul coup n’avait rien de facile.
Et, surtout, il n’y avait pas d’autres blessures.
Tout s’était joué en un coup.
La tête tranchée gisait à proximité. Lorenz la poussa du pied pour voir le visage, puis marmonna :
« C’est insensé… »
Son expression changea à peine, mais Lorenz trouvait vraiment la situation insensée.
Le décapité comptait parmi les meilleurs éléments de la guilde.
Plusieurs stades précédaient celui de Maître de l’Épée. Les classifications variaient d’une guilde à l’autre, mais la Guilde Rubens distinguait le stade des pétales et celui de la floraison.
Au stade des pétales, lorsqu’on frappait la lame contre quelque chose, des formes de mana semblables à des pétales ondulaient à sa surface. Au stade de la floraison, un mouvement d’épée laissait des traînées de mana dans son sillage. Enfin, quand on devenait Maître de l’Épée, une lumière jaillissait de la lame.
Personne ne connaissait la méthode exacte pour devenir Maître de l’Épée. S’entraîner uniquement à la Conduite du mana ne suffisait pas, pas plus que de pratiquer seulement l’escrime.
Toutes les guildes s’accordaient sur un point : il fallait une véritable expérience du combat.
Elles estimaient que tuer quelqu’un ou prendre part à une bataille où sa vie était en jeu pouvait servir de déclencheur et transformer son état d’esprit ou son processus mental.
Le décapité devant Lorenz avait atteint le stade des pétales. L’Académie Rubens ne formait un talent pareil qu’une fois tous les quelques ans.
La mort d’un tel élément était insensée et, en tant que maître de clan, Lorenz ne pouvait guère échapper à ses responsabilités.
Ni ceux qui avaient atteint le stade des pétales ni les Maîtres de l’Épée n’étaient immortels. Eux aussi étaient faits de chair et de sang. Ils pouvaient tomber d’une montagne en l’escaladant, être frappés par une flèche ou mourir empoisonnés.
Pourtant, ils ne mouraient pas facilement.
Surtout pas dans un duel à l’épée.
Et pourtant, celui-ci était mort.
Pourquoi ? Comment ?
Qui pouvait tuer un épéiste ayant atteint le stade des pétales ?
« Ils ont compris… ? C’est étrange… C’est impossible… »
Lorenz marmonna en retirant son pied de la tête.
Il ne comprenait pas.
Le but essentiel de cette opération était de tuer les aventuriers de la Guilde de Beringen, et ils y étaient déjà parvenus en attaquant leur repaire.
Pendant le raid, ils avaient appris que des élèves de l’Académie venaient prêter main-forte. Pour obtenir quelques résultats supplémentaires, ils avaient ordonné à des hommes de se poster sur la route afin de tendre une embuscade.
Ils auraient pu le faire ou s’en abstenir.
Mais, au bout du compte, anéantir une guilde rivale était le seul moyen pour la leur de survivre et de se rapprocher du pouvoir. S’ils en avaient l’occasion, ils devaient la saisir.
Mais à présent, l’un des meilleurs éléments de la guilde était mort.
Était-ce une perte ou un gain ?
Lorenz pesait mentalement le pour et le contre.
Douze aventuriers en activité, ou un talent prometteur qui aurait pu devenir Maître de l’Épée.
Lequel valait le plus ?
La différence n’était pas énorme, mais, quelle que fût la façon dont il retournait la question, le bilan penchait du côté de la perte.
Il devait donc compenser cette perte.
Comment ?
Lorenz se caressa la barbe, plongé dans ses pensées.
Si un élève de l’Académie avait tué un talent prometteur, peut-être avait-il atteint un niveau comparable. Le tuer compenserait alors leur perte.
Ils devaient le tuer.
Ce n’était plus une simple opération pour obtenir quelques résultats supplémentaires. S’ils avaient subi une lourde perte, l’autre camp devait en subir une aussi.
Parvenu à une conclusion provisoire, Lorenz regarda sur le côté. Six ou sept jeunes gens se tenaient là, l’air coupable.
« À quoi ressemblaient-ils ? »
« I-ils étaient petits et portaient une cape rouge. Ils avaient l’air jeunes, aussi, et maniaient une grande épée qui ne leur allait pas. C’était une épée longue dont le ricasso était entouré de cuir. »
« S’ils étaient jeunes, ce n’étaient pas des aventuriers en activité ? »
« Oui… Ils avaient vraiment l’air d’être élèves… C’est ce qu’on s’est dit, nous aussi… »
Lorenz en fut certain.
À l’Académie de la Guilde de Beringen, quelqu’un avait atteint le stade des pétales, voire un stade supérieur.
Il devait tuer ce salaud.
Une fois la cible identifiée, Lorenz sut aussitôt ce qu’il avait à faire.
« Fouillez les environs et bloquez leurs issues. Pas un seul ne doit s’échapper. Si la nouvelle parvient à Beringen, toute l’opération sera annulée. Et vous pourrez oublier votre récompense. Je suis dans la merde, et vous aussi. Compris ? »
Le but initial de l’opération était d’infliger des pertes unilatérales à la Guilde de Beringen grâce à une attaque surprise.
Mais si la Guilde de Beringen s’en apercevait, même avec du retard, et déployait toutes ses forces, les deux camps subiraient des pertes. À ce stade, poursuivre l’opération n’aurait servi à rien.
Ricart, pourtant, avait déjà prévu cet ordre.
Les ennemis bloqueraient peut-être les routes vers Beringen, mais ils ne s’attarderaient pas près du repaire qu’ils avaient déjà visité ni aux abords de Griffinswald.
À l’inverse, Lorenz n’avait pas imaginé que de simples élèves de l’Académie choisiraient de poursuivre leur requête au lieu de fuir.
Griffinswald signifiait « forêt des griffons ».
Mais les griffons, des créatures proches des bêtes sacrées, étaient si difficiles à trouver que le nom du village semblait plutôt mal choisi. Il y en avait peut-être eu beaucoup autrefois.
Pour se défendre, le village avait été bâti au sommet d’une colline assez escarpée, dont on avait taillé les alentours. Une solide palissade de bois en faisait le tour.
Un unique temple dédié à un dieu se dressait au centre ; tout le reste n’était que huttes. La population n’était pas nombreuse et la plupart des habitants vivaient de la cueillette des herbes, de la chasse et de la récolte de produits sauvages.
La région se prêtait mal à la survie d’une grande population, mais convenait à un petit groupe.
Un peu comme Stormhertz.
Rien n’était certain, mais une théorie sur l’origine du village était probablement vraie.
Un garde forestier impérial y aurait séjourné et travaillé, épousé une elfe et s’y serait installé. Leurs descendants auraient ensuite fait de cet endroit leur foyer.
Ils n’avaient plus aucun lien avec la famille impériale.
Malgré tout, la plupart des hommes du village étaient des gardes forestiers. Mieux valait ne pas s’y montrer imprudent, à moins de vouloir se retrouver avec une flèche plantée entre les sourcils sans même s’en rendre compte.
Les étrangers passaient rarement par le village, et pourtant neuf d’entre eux y déambulaient à présent. Ils portaient tous des capes, mais leurs armes étaient bien visibles à leur ceinture.
L’un d’eux, vêtu d’une cape rouge vif et portant une épée sur l’épaule, se détachait de loin comme une cible évidente.
Les villageois se contentaient d’observer le groupe. Les enfants le regardaient, les yeux brillants de curiosité.
Du haut de la tour de guet, un homme montait la garde et observait en silence le groupe de Ricart.
Il tenait un arc entre les mains.
En balayant les environs du regard, Ricart remarqua une maison. Dans la cour, des arbalètes inachevées étaient suspendues comme du linge mis à sécher. Le propriétaire devait être arbalétrier.
Les arbalètes étaient réputées être une spécialité locale.
Un vieil homme rabotait un morceau de bois.
Ricart s’approcha de lui et prit la parole.
« Puis-je vous poser une question ? »
« … »
Le vieil homme s’arrêta, releva la tête et fixa Ricart et ses compagnons.
On aurait pu s’attendre à ce qu’il ait peur en voyant ces gens armés, mais il n’en montra pas la moindre trace.
« Je m’appelle Ricky. Je suis élève à l’Académie de la Guilde de Beringen. Vous connaissez la Guilde des aventuriers de Beringen ? Il devrait y avoir un repaire dans les environs, ainsi que des aventuriers qui opéraient surtout dans cette région. »
« … J’ai entendu dire que ces idiots étaient morts. »
« Nous le savons aussi. Mais je me demandais si vous saviez qui les a tués. »
« Les aventuriers s’entretuent à l’épée, et tu voudrais que je m’en mêle ? Si je te le dis, je t’aide. Ceux d’en face nous en voudront ensuite. »
« Hum. Je n’ai pas réfléchi. Alors, avez-vous entendu parler de déserteurs ? »
Le vieil homme regarda le garçon qui avait reconnu son erreur sans discuter, puis répondit :
« … Il faudrait aller dans une ville, non ? Les fugitifs se fondent dans la foule des villes. Ils ne restent pas dans des endroits comme celui-ci. »
« Je vois. Quelle est la ville la plus proche ? »
« Thorweil. Une journée de marche vers le sud. Si vous partez maintenant, vous devriez sortir de la forêt au coucher du soleil. »
« Compris. Mais pourriez-vous nous fournir quelques herbes ou de la nourriture ? Je demanderai à la guilde de vous rembourser plus tard. »
Dans leur fuite précipitée, plusieurs élèves avaient perdu leurs bagages. Ils s’étaient partagé ce qui leur restait et manquaient de nourriture.
Ils avaient aussi besoin de provisions pour la route, mais n’avaient pas d’argent.
Ricart avait dépensé tout le sien avant de venir. Les autres élèves avaient perdu le peu qu’ils possédaient.
Le vieil homme fronça légèrement les sourcils.
« Pourquoi te ferais-je confiance pour la nourriture ? »
« À votre instinct, monsieur. »
« Quoi ? »
« Regardez-moi dans les yeux et décidez si je suis digne de confiance. »
Le vieil homme trouva peut-être cela absurde, car son froncement de sourcils s’atténua et il eut un rire creux. Il observa Ricart en silence, puis appela vers la maison.
« Lester ! Lester ! »
« Oui, grand-père ! »
On entendit du remue-ménage dans la hutte, et un jeune homme robuste en sortit bientôt.
Le vieil homme lui dit :
« Il restait quelques morceaux du cerf qu’on avait attrapé l’hiver dernier et salé, non ? Donne-leur tout ce qu’il reste. Et apporte-leur quelques brins d’herbes. »
« Oui, grand-père. »
Le jeune homme obéit sans se plaindre. Il rentra dans la hutte, puis revint avec de la viande salée et plusieurs bottes d’herbes médicinales destinées aux plaies externes.
Ricart les prit, les remit aux élèves, puis s’adressa de nouveau au vieil homme.
« Je n’oublierai pas votre bonté. »
« Ce n’est pas gratuit, alors tu n’as pas à te souvenir d’une quelconque bonté. J’ai du travail. Si vous avez fini, allez-vous-en. »
Ricart s’inclina profondément devant le vieil homme, puis se détourna.
Il quitta ensuite le village et prit la direction du sud.
« Tu n’étais pas un peu trop humble ? Ce n’est qu’un vieux de rien, dans un village perdu. »
demanda Volka.
« Quand on se trouve dans un endroit inconnu, mieux vaut obtenir l’aide des habitants. Mais si on ne le peut pas, il ne faut surtout pas s’en faire des ennemis. Les gens du coin sont encore plus redoutables que les ennemis. Quelqu’un a dit un jour qu’il se mettrait même à genoux devant un roturier s’il pouvait ainsi obtenir l’aide des habitants. Cette personne était de sang royal. »
C’était Caldebert qui l’avait dit.
Son seul ami proche dans sa vie précédente, et désormais son ancêtre.
Caldebert le Briseur.
Caldebert avait d’abord appartenu à la famille royale d’Adelorne. Après s’être illustré à Fernland, il avait fondé une branche cadette. Cette famille était désormais celle de Ricart.
« Menteur. »
« C’est vrai. Quand on a frôlé la mort sur un champ de bataille, on change beaucoup. Ceux qui ne changent pas meurent généralement. »
« … Mais comment tu sais ça ? »
« Disons que je l’ai entendu de mon père. »
Volka fronça légèrement les sourcils, comme si quelque chose clochait.
« Les villageois n’avaient pas l’air si forts. »
« Quoi qu’il en soit, on a de la viande et on sait où aller. En route. Il y a peut-être une antenne de guilde à Thorweil. »
« Ouais, c’est vrai. »
Volka acquiesça sans hésiter.
Ainsi, au lieu de rentrer à leur Académie, les neuf élèves prirent la direction d’une nouvelle ville.
Pendant ce temps, Lorenz fouilla la forêt et en bloqua toutes les issues, mais ne retrouva pas le groupe de Ricart.
Il retourna donc au repaire qu’ils avaient attaqué.
C’était sous la lampe que l’ombre était la plus épaisse. C’est là qu’il trouva des traces laissées par les élèves.
Lorenz en resta une nouvelle fois abasourdi.
À ses yeux, ces élèves écervelés avaient perdu toute notion du danger et étaient revenus ici.
Quoi qu’il en soit, persuadé que les élèves de l’Académie de Beringen s’étaient arrêtés au village, il s’y rendit avec une trentaine d’aventuriers et d’élèves.
Un jour s’était écoulé depuis le départ de Ricart.
Lorenz retrouva aussi le vieil homme à qui Ricart avait parlé.
« Hé, le vieux. »
Lorenz l’interpella, une main posée sur la poignée de l’épée à sa ceinture.
Le vieil homme rabotait de nouveau un morceau de bois avec application. Il releva la tête en entendant Lorenz.
« Des jeunes inconnus sont passés par ici, pas vrai ? Je suis déjà au courant, alors ne me raconte pas de conneries. Où sont allés ces salauds ? »
« … Je n’ai pas l’intention de m’interposer dans un combat à l’épée entre aventuriers. Si je vous le dis, je vous aide. Ceux d’en face nous en voudront ensuite. »
Le vieil homme répondit à Lorenz exactement comme il avait répondu à Ricart la veille.
Mais Lorenz réagit tout autrement.
Il plissa les yeux en regardant le vieil homme.
« Vous êtes vraiment incroyables, bande de salauds… Vieux, tu ne comprends pas dans quelle situation tu te trouves ? On est trente, et on est bien armés. Incendier un village paumé dont tout le monde se fout et tuer tous ses habitants, ce serait facile. Tu comprends ce que je dis ? Où sont allés ces salauds ? Je devrais commencer par tuer ton petit-fils sous tes yeux, hein ? »
Le vieil homme leva tranquillement les yeux vers Lorenz, avec un regard qui ressemblait presque à un défi.
« … Thorweil. Hier. »
« Si tu mens, je reviendrai vous tuer jusqu’au dernier. En route. »
Lorenz quitta le village sans attendre, suivi de ses hommes, et prit la direction de Thorweil.
Le vieil homme le regarda partir, puis cria en direction de la hutte :
« Lester ! Lester ! »
« Oui, grand-père ! »
Comme la veille, le jeune homme accourut aussitôt.
Mais l’ordre du vieil homme n’avait plus rien à voir avec celui de la veille.
« Rassemble les gars. Puis rattrape ces salauds qui viennent de partir et tue-les tous. »
« Oui, grand-père. »
Lester répondit calmement, comme s’il venait de recevoir une simple commission.
Puis il fit le tour du village pour rassembler les hommes.
Ils étaient tous gardes forestiers et portaient des arcs ou des arbalètes.
On disait qu’un garde forestier habile pouvait arrêter la progression d’une armée.
Cela semblait exagéré, mais il y avait du vrai là-dedans.
Les armées avaient déjà du mal à traverser les forêts. Quand les soldats se retrouvaient pris dans toutes sortes de pièges et se faisaient tirer dessus à distance, ils cédaient à la peur et s’effondraient.
Si les bêtes féroces et les monstres se faisaient si rares dans cette forêt, la laissant aussi paisible, c’était peut-être entièrement grâce aux gardes forestiers de Griffinswald.
Ils étaient les prédateurs au sommet de la chaîne alimentaire de ce territoire.
Et ils se mirent à suivre Lorenz et ses hommes en silence.
Leurs carquois étaient remplis de flèches.
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