Chapitre 156
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Traducteur/éditeur : ZERO_SUGAR
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◈ Ode of the Brave ◈
Chapitre 156
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L’amitié avait moins de flamme que l’amour passionné, mais elle était plus chaleureuse que l’indifférence glaciale. Comme un feu de camp qui réchauffait juste ce qu’il fallait.
Ricart avait fait un rêve agréable. Il ne se rappelait pas de quoi il s’agissait, mais c’était le genre de rêve qui vous donnait envie de garder les yeux fermés, même après le réveil.
Il entendit ceux qui s’étaient levés les premiers rassembler leurs affaires. Le grincement des ceintures de cuir qu’on serrait, le crissement des bottes sur le sol, le bruissement des effets qu’on rangeait.
Puis une voix familière retentit.
« Je sais que tu es réveillé. Ta respiration a changé, Ricky. »
Ice avait parlé. Ricart était allongé sur le côté et n’ouvrit que les yeux.
Le feu de camp brûlait encore doucement. Quelqu’un avait dû l’entretenir pour qu’il continue à réchauffer les lieux. Veiller naturellement sur quelqu’un, sans en faire tout un plat. Voilà la chaleur de l’amitié.
La pluie s’était calmée, mais tombait encore dehors, dans la grotte. Malgré cela, il ne se sentait pas humide. Ses vêtements avaient suffisamment séché, et le tissu contre sa peau était agréable.
Au-delà de la grotte, le monde était d’un bleu éclatant. C’était le matin.
Quand Ricart se redressa, ses cheveux étaient aplatis d’un côté ou partaient dans tous les sens, à force d’avoir dormi sur le flanc. Il les lissa de la main, mais cela ne changea pas grand-chose.
L’un des chevaliers lui apporta de la soupe. C’était moins une soupe qu’une eau épaisse où avaient bouilli de la farine de maïs, de la viande séchée et du pain dur.
Il souffla dessus avant de boire. C’était un peu farineux et salé, mais tout à fait mangeable. Une douce chaleur se répandit dans son ventre.
Après avoir fini sa soupe, il se rinça la bouche à l’eau et l’avala. Puis il se leva.
Il remit ses vêtements en place et ajusta sa ceinture, tira légèrement son épée pour en examiner la lame, puis la rengaina. C’était tout ce dont il avait besoin pour se préparer.
Tout le monde attendait déjà à l’entrée de la grotte. Ice était là aussi.
Ricart observa les disciples d’Ice. Il y avait deux filles et trois garçons. Ils avaient encore des visages d’enfants, mais n’étaient pas de simples novices. Ils avaient probablement déjà tué.
« Depuis combien de temps vous entraînez-vous à l’épée ? »
« … »
Ricart leur posa la question, mais les disciples ne répondirent pas. Ils n’avaient pas l’air gênés ou timides. Ils se méfiaient simplement d’un inconnu, comme les enfants le font souvent.
« Je n’ai jamais pris pour disciples des imbéciles incapables de répondre à une question. »
Ice, qui observait la scène à l’écart, prit la parole.
À cet instant, Ricart sentit toute la différence entre Bori et Ice. Bori semblait apprécier ses disciples, tout en restant indifférente à leur sort. Ice, lui, paraissait strict, mais affectueux.
Ricart vit qu’Ice était un peu contrarié que ses disciples ne sachent pas répondre.
« Nous sommes quatre à étudier depuis quatre ans, et elle depuis trois ans. »
« Alors vous avez suffisamment appris. À vrai dire, un an suffit. Vous savez qui je suis ? »
« Non. »
Ils ne semblaient pas appartenir à l’Ordre. La seule chose qu’ils avaient en commun, c’était de n’avoir aucun parent. Ils considéraient Ice et les nonnes comme leur père et leur mère.
« Je sais. Vous êtes le commandant des Chevaliers de la Flamme. »
L’une des disciples prit la parole.
« Ce sont les Chevaliers d’Acier, maintenant. Le nom a changé. Enfin, vous, ces messieurs et moi avons du travail à faire ensemble. Vous en sentez-vous capables ? »
« Quel genre de… ? »
« Quel genre ? Vous comptiez bien exterminer les brigands, non ? »
« C’est vrai, mais nous suivons notre maître, alors… »
« Faites ce qu’on vous dit. »
Ice s’adressa aux disciples, qui semblaient réticents.
Ice connaissait suffisamment Ricart, mais il était tout naturel que les enfants, qui le rencontraient pour la première fois, aient du mal à accepter la situation.
Ricart esquissa un sourire et leur parla d’un ton rassurant.
« Ice m’a raconté. Vous les combattez en réduisant leurs effectifs petit à petit. Pas mal. C’est une méthode simple. Mais je n’ai pas beaucoup de temps. Aujourd’hui, nous allons tuer tous les brigands. Je préfère vous prévenir, parce que ça risque d’être difficile. »
« … Aujourd’hui ? »
Les disciples du monastère de Mikela écarquillèrent les yeux. Cela leur semblait impossible.
Il était une chose d’éliminer facilement des ennemis grâce à un écart de niveau considérable. Le problème, quand un petit groupe affrontait des adversaires plus nombreux, c’était l’endurance. Tuer beaucoup de gens était un véritable travail de force.
Surtout que les brigands menés par Yeux-de-Serpent Ashtad étaient près d’une centaine. Le groupe qui venait d’arriver n’était composé que de onze personnes, Ricart compris.
À moins que les brigands ne restent plantés là sans bouger, tuer une centaine de personnes en un jour était, selon le bon sens…
« Rien n’est impossible en ce monde. Il n’y a que des gens qui le croient. Une fois que vous l’aurez fait, vous verrez que ce n’était pas si terrible. Si vous n’arrivez vraiment pas à me croire, croyez votre maître, qui, lui, me fait confiance. Allons-y. »
Ricart rabattit sa capuche. Quand il sortit de la grotte, la pluie ne tombait plus aussi fort que la veille.
Ricart prit la tête, suivi par les chevaliers. Les disciples du monastère suivirent Ice, qui suivait Ricart. Ils ressemblaient à une meute de loups en chasse.
Le repaire des brigands menés par Yeux-de-Serpent Ashtad n’était pas loin. Après une dizaine de minutes de marche régulière, ils arrivèrent sur un promontoire qui le surplombait.
C’était un village de montagne bordé par un ruisseau qui s’écoulait dans une vallée. La mousson avait rendu son courant impétueux.
Le village n’était pas très vaste, mais ses bâtiments s’élevaient en gradins dès l’entrée.
Son emplacement et sa structure en faisaient d’emblée une sorte de forteresse de montagne. L’endroit semblait idéal pour que des brigands s’y installent et tiennent bon. Les palissades renforcées et les tours de guet lui donnaient l’allure d’un véritable fort militaire.
Les six mille soldats ne pourraient pas tous loger dans les bâtiments, mais avec des tentes et le terrain alentour, ils pourraient s’abriter de la pluie et reprendre suffisamment de forces.
Ricart balaya le terrain du regard et un plan lui vint aussitôt. Il lui suffisait de voir. Quoi faire, et comment. Comme toujours.
« L’endroit est isolé, ce qui permet de résister à une grande armée. Mais cela les empêche aussi de se déplacer librement. Voilà ce qu’on va faire. D’abord, on les attire dehors. Quand ils seront sortis, vous prendrez le contrôle de la porte et vous la fermerez. Ice et moi nous battrons ; vous n’aurez qu’à garder ces deux chemins. Ils ne pourront pas nous foncer dessus tous en même temps, alors on en viendra facilement à bout. »
La stratégie était d’une simplicité extrême. Attirer l’ennemi hors du repaire, refermer la porte derrière lui et régler l’affaire à l’extérieur.
Les chevaliers s’empareraient de la porte, tandis que les disciples du monastère barreraient les chemins.
Bloquer les chemins serait relativement plus facile. Les disciples du monastère avaient l’air assez doués, du moins pour l’escrime.
« Cet endroit est dégagé. »
Ice désigna un point.
« Je le laisse ouvert exprès. Pour qu’ils puissent fuir par là. Et quand ils le feront, ils finiront par s’entretuer. »
« Ils vont s’entretuer ? »
Un disciple posa la question.
« Quand trop de gens s’entassent dans un passage étroit, la panique se propage vite et ils se mettent à se bousculer. Alors ils tombent dans la vallée et meurent. »
L’explication semblait plausible, mais ils ne la comprenaient pas tout à fait.
« Mais comment allez-vous les faire sortir ? »
« Ice et moi nous en chargeons. Allez vous placer. Quand vous serez prêts, on passera à l’action. »
Ricart donna ses ordres. Les chevaliers obéirent sans broncher, tandis que les disciples du monastère semblaient un peu perplexes.
Après avoir regardé tout le monde prendre position le long du flanc de la montagne, Ricart se retrouva seul avec Ice.
« Ice, tu sais bien mentir ? »
« Comme ça, sans prévenir ? »
« On va tuer ceux qui traînent dehors, mais on en laissera un s’échapper. Dis-lui qu’on les laissera tranquilles s’ils nous paient. Qu’on est prêts à négocier et qu’on veut rencontrer leur chef en personne. Yeux-de-Serpent attend sûrement une occasion de nous tomber dessus. S’il croit qu’on n’est que deux, il fera sortir ses hommes. »
« … C’est moi qui dois le faire ? »
Ricart eut un sourire en coin.
« On finit par mieux mentir à force de s’exercer. »
Puis il descendit la montagne avec Ice.
Même retranchés dans leur repaire, les brigands devaient envoyer régulièrement des hommes à l’extérieur. Pour trouver à manger, cueillir des herbes, chasser ou vendre des esclaves. Il fallait bien survivre d’une façon ou d’une autre.
Ils savaient que des inconnus rôdaient autour du repaire et tuaient leurs hommes.
C’était peut-être pour cela que les groupes qu’ils envoyaient dehors avaient peu à peu grossi. À présent, ils se déplaçaient par groupes d’une dizaine.
Ils avaient pris le contrôle du village de montagne des années plus tôt. Il était évident qu’ils avaient fait subir aux habitants d’origine. Les hommes avaient été tués, les femmes violées et les enfants vendus.
Il ne restait plus depuis longtemps personne qui vaille la peine d’être vendu comme esclave. Ils étaient nombreux, mais leurs revenus étaient maigres, et il leur était chaque jour plus difficile de survivre.
Comme chacun avait son destin, les brigands finissaient inévitablement par se diviser et s’effondrer une fois leur groupe devenu trop important. Tel était le destin d’une bande de brigands.
Leur ressentiment grandissait ; ils devenaient égoïstes et de plus en plus cruels. Un homme affamé était bien plus dangereux qu’une bête affamée.
Et, par-dessus le marché, quelqu’un les tuait. Ils ne pouvaient donc que vivre sur les nerfs.
« Putain, si on vendait une des esclaves sexuelles du chef, on pourrait se goinfrer pendant dix jours. »
Un brigand parla en descendant un sentier étroit. Ils étaient dix à voyager ensemble et ressemblaient tous à des mendiants. Des traînées de crasse séchée leur barraient le visage.
« Vous trouvez pas qu’on a trop la trouille ? Qu’est-ce qu’ils ont de si spécial, ces chevaliers ? C’est normal qu’on ait rien pu faire depuis des jours ? »
Un autre brigand prit la parole. Par « faire », il voulait dire « piller ».
« C’est toujours mieux que de crever. Qu’est-ce qu’on peut faire d’autre ? »
« Hé, crever de faim ou se faire poignarder, c’est pareil. »
« Tu penseras autrement quand ça t’arrivera. Et à vous entendre vous plaindre, vous avez encore de quoi vivre. »
Quand trois personnes ou plus se rassemblaient, il y en avait forcément une de raisonnable. Contrairement aux autres brigands, qui ne faisaient que râler, celui-ci était relativement lucide.
« Et si on renversait la situation tant qu’on a encore de quoi vivre ? »
« Renverser quoi ? »
« La situation. Tu vois bien ce que je veux dire, non ? »
« T’en as les moyens ? »
« J’ai des relations. En ce moment, le sous-chef s’en sort mieux que le chef. Vous le savez tous, non ? Il est plus viril, plus malin et sait mieux prendre soin de ses hommes. »
« Ce salopard essaie de nous monter les uns contre les autres… »
« Pense ce que tu veux. Mais si notre vie est merdique en ce moment, c’est pas parce que j’essaie de vous monter contre lui. Pas vrai ? »
Qu’il s’agisse d’un royaume, d’une compagnie marchande ou d’une bande de brigands, tout groupe avait une structure. Une hiérarchie. Un chef, des officiers pour le soutenir et ceux qui se trouvaient en dessous.
Les brigands formaient un groupe qui parlait sans cesse de loyauté, mais dont la cohésion était la plus fragile. Quand une crise survenait et que l’inquiétude se répandait, des fissures apparaissaient rapidement.
Si on les laissait faire, ils risquaient de se détruire eux-mêmes. Mais cela ne signifiait pas qu’ils disparaîtraient.
Divisés en petits groupes, les brigands se disperseraient ailleurs. Comme les spores de champignons vénéneux.
Les paroles de trahison coulaient naturellement, comme une conversation de tous les jours. Mais avant qu’elles puissent se concrétiser, les brigands tombèrent sur des inconnus qui leur barraient la route.
Deux hommes, la capuche de leur manteau rabattue sur le visage. Les bosses à leur taille laissaient deviner des épées sous leurs manteaux. Une pluie fine tombait autour d’eux.
Les dix hommes se figèrent aussitôt en les voyant. Après un instant, l’un d’eux murmura :
« Puutain… »
« Q-Qui êtes-vous ? Vous savez au moins sur le territoire de qui vous vous trouvez ? C’est celui du seigneur Yeux-de-Serpent Ashtad ! »
À l’instant, ils parlaient de trahison ; maintenant qu’ils se retrouvaient face à de prétendus ennemis, ils se réfugiaient derrière la réputation de leur chef.
« Je laisserai l’un de vous en vie. Qui veut survivre ? »
L’un des deux bretteurs prit la parole. Impossible de savoir si ces mots étaient cléments ou impitoyables.
« C-C’est vous, hein ? C’est vous qui tuez nos hommes depuis quelque temps ? Hein ? Qui vous envoie ? Les types de la montagne d’Arn ? La Confrérie sinistre ? »
Le brigand débita tout ce qui lui passait par la tête. Pendant ce temps, les autres dégainèrent à la hâte des armes grossièrement fabriquées. La plupart étaient courtes ou avaient été bricolées à partir d’outils ordinaires : des faucilles, des marteaux et des objets qui ressemblaient à de longs couteaux de cuisine.
Quand les brigands sortirent leurs armes, l’un des bretteurs dégaina la sienne. L’autre ne bougea pas.
Ricart s’adressa à Ice, qui avait tiré son épée.
« Ne la fais pas briller. Ils pourraient prendre peur et ne pas sortir. »
« Compris. »
Ice hocha la tête et s’avança d’un pas lourd. Le sol était boueux, mais pas assez pour que ses pieds s’y enfoncent.
Les brigands étaient perplexes : un homme restait immobile tandis que l’autre seul avait dégainé et s’approchait. Bluffait-il, ou était-ce vraiment un maître bretteur ?
Le sentier était trop étroit pour l’encercler. Pourtant, comme c’était souvent le cas avec ce genre de types, leur nombre leur donnait du courage.
Quelqu’un lança un objet qui ressemblait à un clou de fer. Pour un brigand ordinaire, le lancer était plutôt habile. Il semblait s’être entraîné à ce seul geste sans relâche.
Malheureusement pour eux, Ice inclina simplement la tête pour l’éviter. Puis, comme s’il avait chargé depuis le lointain, il fondit soudain sur eux.
Les brigands ne purent réagir à un mouvement plus rapide que tout ce qu’ils avaient imaginé. Ils tressaillirent. Ce fut leur dernier instant.
Ice tenait son épée d’une main et trancha de l’intérieur vers l’extérieur. La lame étincelante balaya deux hommes à la fois.
Puis, dans ce qui sembla être le même mouvement, il saisit son épée à deux mains, frappa dans l’autre sens et se glissa sur le côté.
Après deux coups sifflants, quatre hommes tombèrent.
Pour une personne ordinaire, il fallait du temps rien que pour voir ses compagnons mourir et comprendre ce qui s’était passé.
Et le temps qu’il fallait pour accepter la réalité et décider de fuir était bien trop long face à un maître.
Au moment où leurs yeux s’écarquillèrent de stupeur, l’épée d’Ice se mit en mouvement avec une précision mesurée. Bien sûr, les brigands ne la virent même pas. Tout ce qu’ils aperçurent fut son manteau légèrement mouillé qui voltigeait.
Il ne fallut pas longtemps pour que neuf cadavres jonchent le sol. Pas tout à fait aussi vite qu’un clignement d’œil, mais presque. Plus étonnant encore, aucun des hommes n’avait été blessé. Chacun était mort d’un seul coup.
Les jambes du dernier survivant cédèrent et il s’effondra sur le sol détrempé. Puis il croisa le regard froid qui le fixait sous la capuche.
Le beau visage d’Ice était dissimulé. Il ne ressemblait à rien d’autre qu’à un fantôme.
« Dis ça à Yeux-de-Serpent : s’il ne veut pas subir d’autres pertes, il ferait mieux de payer. Dis-lui que nous sommes prêts à négocier et que nous voulons le rencontrer en personne. »
Sa voix était aussi froide que son regard. Il n’y avait pas la moindre trace d’humanité envers un autre être humain.
Impossible de savoir si le dernier brigand avait bien compris. Sa mâchoire tremblait si fort que ses dents claquaient. Incapable de se relever, il se repoussa à reculons avec les pieds, loin d’Ice.
Lorsqu’il eut mis une certaine distance entre eux, il se redressa tant bien que mal et prit la fuite.
Ce ne fut qu’alors que Ricart, qui était resté derrière, s’approcha.
« Tu mens très bien. »
« Tu crois que je l’ai appris auprès de qui ? »
« Hein ? C’est pas comme si je mentais si souvent. »
« Qui sait. »
Ice lui adressa un sourire dont Ricart ne parvint pas à deviner le sens.
Ricart trouva cela absurde, mais répondit avec un sourire en coin. Ils échangeaient des plaisanteries sans la moindre tension quand, peu après, Yeux-de-Serpent Ashtad sortit véritablement avec tous ses hommes.
L’une de ses pupilles était fendue verticalement. Elle n’était pas aussi fine et nette que celle d’un véritable serpent, mais plutôt de forme arrondie. Cela semblait être une sorte de malformation.
Sa barbe était hirsute et il n’était pas aussi imposant que Ricart l’avait imaginé. Les sourcils profondément froncés, il prit la parole.
« Je me suis tenu tranquille à cause de l’ordre de chevalerie, et voilà que des putains d’ordures se croient tout permis. »
« Tu ne te surestimerais pas un peu ? Tu crois que l’ordre de chevalerie se soucierait de déchets comme toi ? »
Ricart s’exprima calmement. Mais pendant qu’il parlait, des brigands apparurent sur le chemin derrière eux. Ils semblaient avoir contourné la pente pour leur couper la retraite.
« Qu’est-ce qu’un bretteur ordinaire comme toi peut savoir ? Ça, c’est de la stratégie. Tu auras beau être doué à l’épée, tu ne tueras que trois ou quatre hommes avant de crever. »
Le chef des brigands parlait de stratégie. Ricart en resta tellement abasourdi qu’il ne sut que répondre. L’autre ne l’aurait jamais cru s’il lui avait dit qu’il était commandant des chevaliers.
C’était le genre de situation où dire la vérité l’aurait fait passer pour un menteur.
« … C’est ridicule. Vraiment. »
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