Chapitre 150
Traductions WeTried
Traducteur/éditeur : ZERO_SUGAR
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◈ Ode du Brave ◈
Chapitre 150
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* * *
Les terres de l’ouest de l’Empire étaient d’une richesse remarquable. Leur sol brun foncé, profond et riche en nutriments, nourrissait à merveille tout ce qu’on y plantait, grâce aussi à la chaleur du soleil.
La vigne y prospérait tout particulièrement, si bien que la région était célèbre pour son vin. Celui de Mareng, dans le Royaume de Basque, passait pour le meilleur de tout l’Empire.
Il était si réputé qu’il constituait l’une des principales sources de revenus du roi. Certains affirmaient même que la région de Mareng rapportait plus de la moitié des finances royales. Ce n’était pas exagéré.
C’était l’été. Le soleil réchauffait la terre, et une brise passagère rendait le temps agréable.
Dans les champs, le blé mûrissait et prenait une teinte dorée, tandis que les paysans et les villageoises, pliés en deux, s’échinaient au travail.
C’étaient des gens qui travaillaient les yeux rivés sur la terre. C’était là toute leur vie. Une existence simple et modeste, sans avidité.
Leur quotidien ne changeait jamais. Chaque jour, chaque année, chaque vie s’écoulait à peu près de la même façon.
Puis, tandis qu’ils travaillaient, un bruit inconnu leur parvint de loin. Au début, ils n’y prêtèrent pas attention, mais il se fit peu à peu plus fort.
Doum. Doum. Doum. Doum. Doum. Doum ! Doum ! Doum ! Doum !
Les paysans dispersés dans les champs se redressèrent, alors que l’heure de la pause n’était pas venue. Ils aperçurent alors un spectacle aussi inconnu que ce bruit.
Une armée. Une grande armée marchant en rangs serrés et au pas cadencé, ce n’était pas quelque chose que l’on voyait souvent quand on avait passé toute sa vie à la campagne.
Les soldats avançaient, lances, fauchards et hallebardes posés sur l’épaule, le paquetage sur le dos. Ici et là, des chevaliers en cotte de mailles et en surcot chevauchaient lentement à leurs côtés.
Leur bannière portait une croix noire sur fond blanc, avec un crâne en son centre. Ce crâne représentait Bilter, leur saint patron. L’armée n’était autre que celle des Chevaliers d’Acier.
Le spectacle était si inhabituel que les paysans n’en eurent même pas peur. Ils regardèrent simplement passer l’armée, l’air hébété.
Si ces hommes s’étaient soudain montrés hostiles, ils n’auraient pas mis longtemps à ravager toute la région. Mais les paysans n’avaient pas conscience du danger et ne pouvaient que cligner des yeux.
« Chevaliers d’Acier ! Pour toujours ! Victoire ! »
« Chevaliers d’Acier ! Pour toujours ! Victoire ! »
Quelqu’un lança le cri, et les soldats lui répondirent d’une seule voix. Leurs voix éclatèrent comme le tonnerre, faisant sursauter les paysans. Ce n’est qu’alors qu’ils commencèrent à avoir peur.
« Caragosa est ma patrie, mon cœur. La piété des anciens saints habite mon âme. Je rafraîchirai ma lame brûlante dans le sang des païens. Je marche au combat, prêt à mourir : la défaite n’existe donc pas. Chantez notre rage. Chevaliers d’Acier, vivez à jamais. »
À l’initiative de l’un d’eux, les soldats se mirent à chanter. Le rythme s’accordait étrangement au bruit de leurs pas.
C’était un chant de marche transmis depuis longtemps chez les Chevaliers de la Flamme, réécrit pour les Chevaliers d’Acier. Un chant de marche unissait les soldats, atténuait la fatigue du voyage et leur donnait le sentiment d’appartenir à un groupe.
Personne ne leur en avait donné l’ordre. Ils avaient toujours fait ainsi, tout simplement.
À la fin du chant, un cavalier longea la route.
Clop, clop.
Son cheval était d’un rouge saisissant. Quelques chevaliers le suivaient.
Le cavalier, qui avait galopé depuis l’arrière de la colonne pour rejoindre l’avant, était Ricart. Il examina le terrain alentour et toute l’armée, puis arrêta son cheval en tête de colonne.
Il demanda aux paysans qui se trouvaient là : « Les vignobles de Mareng sont devant nous, n’est-ce pas ? »
Le paysan leva vers Ricart un regard déconcerté. Il portait une robe de guerre en soie rouge et montait un cheval rouge.
Aux yeux du paysan, il semblait venir d’un autre monde.
Ou peut-être était-il un ange descendu du ciel, l’épée enflammée à la main.
« Euh… oui, enfin… nous sommes bien à Mareng… au village de Cevond… Il y a des vignobles partout, cela dit… »
« Je parle des vignobles royaux. »
« Les vignobles appartiennent tous à la famille royale… surtout ceux qui produisent du vin. C’est Azuel qui possède le plus grand chai. J’ai entendu dire qu’on y rassemble les meilleurs raisins pour faire du vin. Suivez cette route, puis tournez à gauche : vous verrez une petite colline. Le chai occupe toute la colline, vous le reconnaîtrez tout de suite. »
« Je comprends. Puisse votre sueur porter ses fruits, paysan. »
« … Pardon ? »
Cette salutation raffinée, qu’il n’avait jamais entendue de sa vie, le déconcerta encore davantage.
Mais il n’obtint aucune réponse. Ricart éperonna son cheval et partit en avant, accompagné d’une petite escorte, en direction de sa destination.
L’armée le suivit.
Vers Azuel.
Le village de Cevond resta à l’abri. Bien sûr, les paysans n’avaient aucune idée du danger qu’ils avaient couru.
Les Chevaliers d’Acier s’arrêtèrent au pied de la colline que le paysan leur avait indiquée. Elle était quelque peu fortifiée, car toute richesse devait être protégée par la force.
Mais, aussi solides que fussent ses défenses, elles ne pouvaient rivaliser avec les redoutables forteresses de Sinatria.
Elles étaient conçues pour repousser des bandes de brigands des montagnes ou de cavaliers pillards, pas une véritable armée.
De toute façon, aucune bande de brigands sensée n’aurait attaqué un domaine royal. Il n’avait donc jamais été nécessaire de le défendre contre de véritables ennemis.
Qu’il s’agît du mur ou du rempart, les fortifications qui entouraient la colline ne dépassaient pas la poitrine d’un homme.
Il y avait moins de dix gardes et, en cas d’urgence, les ouvriers du chai étaient censés prendre les armes et se battre.
Les gens du chai réagirent donc à peu près comme les paysans : ils regardèrent simplement, l’air hébété, l’immense armée qui grouillait au pied de la colline.
C’était tout bonnement absurde. Que faisait une armée pareille ici ?
Personne ne donna donc l’alarme.
Ricart se dirigea à cheval vers la porte principale, qui ressemblait à peine à une porte de château, et s’adressa au gardien qui se trouvait de l’autre côté.
« Vous l’ouvrirez après qu’on aura fait couler le sang, ou vous allez le faire vous-mêmes ? »
Grincement.
La porte s’ouvrit d’elle-même.
Ricart remonta la colline. Pour le commandant d’une armée, c’était une conduite quelque peu dangereuse, mais sa force lui permettait de se le permettre.
Le flanc de la colline avait été taillé en terrasses, chacune consacrée à une étape différente : le tri des raisins, leur foulage aux pieds, leur vieillissement, et ainsi de suite.
En remontant la colline à cheval, Ricart aperçut les ouvriers du chai qui le fixaient, l’air hébété.
Au sommet se dressait un manoir où vivait le maître vigneron du chai d’Azuel avec sa famille.
Le vin étant l’une des principales sources de revenus de la famille royale, le maître vigneron, dont la famille servait la maison royale depuis des générations, jouissait d’un statut presque égal à celui d’un seigneur.
Comme prévu, le maître vigneron descendit précipitamment de la colline, alarmé, sans même avoir pris le temps de s’habiller correctement.
Il était entièrement chauve sur le sommet du crâne, et n’avait gardé des cheveux qu’au-dessus des oreilles. Ses vêtements étaient faits d’une soie très fine, ornée de délicates broderies.
« P-pour entrer ici, il vous faut un m-motif… Qui êtes-vous… ? »
Son regard allait sans cesse de Ricart aux Chevaliers d’Acier, en contrebas.
« Veuillez m’excuser de ne pas vous avoir prévenu à l’avance, monsieur… »
« Je suis Geoffroy de la maison Azuel. »
Geoffroy d’Azuel. Il n’était pas seulement un producteur de vin, mais aussi un noble.
Ricart hocha la tête et s’adressa à lui, toujours perché sur son cheval.
« Je suis Ricart de la maison Calderbern, à Stormhertz. Je dirige désormais les Chevaliers d’Acier. Jusqu’à récemment, ils s’appelaient les Chevaliers de la Flamme. »
« Les Chevaliers de la Flamme ? »
« Exactement. Je suis venu réclamer le prix du sang de mes frères d’armes. Faites donc sortir tout le vin et toutes les richesses entreposés dans vos réserves. Ce n’est pas une requête. C’est un ordre. »
Ses paroles étaient polies, mais pas leur contenu. C’était une menace sans détour, ainsi que l’annonce de son intention de les piller, sans chercher le moins du monde à l’adoucir.
« M-mais ce chai appartient à la famille royale… »
« Et alors ? »
« Pardon ? »
« Qu’attendez-vous de moi ? »
« Pardon ? »
« Le roi de Basque n’a-t-il pas injustement accusé et exécuté un frère de l’ordre ? Geoffroy, trouvez-vous cela juste ? Alors vous devez nous prendre pour des enfants de démons. Voulez-vous que je vous montre comment se comportent les vrais démons ? »
Geoffroy faillit bondir en secouant violemment la tête. Il agita les deux mains pour nier avec force.
« Ah, non ! Non ! Je ne sais rien de la politique ! Ma famille ne fait que du vin depuis des générations, je ne sais rien de la politique ! Je ne sais vraiment pas ce qui se dit à la cour royale ! »
« Alors cessez de parler et faites tout sortir. J’espère que vous avez assez de bon sens pour comprendre que vous n’avez rien à gagner à m’irriter. »
Ricart fronça légèrement les sourcils, comme s’il était agacé.
Geoffroy était déconcerté et accablé, mais il n’avait pas le choix. L’armée en contrebas regardait vers la colline, et il avait l’impression que tous les soldats le fixaient.
Il finit par ordonner aux ouvriers du chai de tout sortir : le vin mis en cave l’année précédente, celui qui vieillissait depuis plus longtemps, et même de précieuses bouteilles datant de plusieurs décennies.
Ils sortirent aussi tout l’argent destiné à la famille royale.
Les vins les plus chers étaient en bouteilles de verre, mais la plupart étaient conservés dans des tonneaux de chêne. Plusieurs Chevaliers d’Acier s’y mirent ensemble pour charger les marchandises sur des charrettes et des chariots.
Geoffroy observa la scène, accablé, puis demanda : « Q-qu’est-ce que je suis censé faire, maintenant ? »
« À propos de quoi ? »
« Des biens destinés à la famille royale… »
Qu’était-il censé faire s’il demandait cela à Ricart ? Celui-ci trouvait cet homme assez agaçant, mais comprenait son désarroi.
« Très bien. Faisons comme ça. Je vais vous rédiger un document. Ça vous donnera au moins un prétexte. »
Ricart rédigea un document pour Geoffroy. Ce n’était pas un contrat, mais un certificat attestant que le pillage était légal et que Geoffroy n’avait pas été en mesure de résister.
Le pillage n’avait rien de légal, et ce document était parfaitement saugrenu. Il sembla toutefois réconforter Geoffroy, qui le signa sans hésiter.
Le certificat affirmant qu’il avait été légalement pillé fut ensuite envoyé à la cour royale de Basque.
Dans l’ouest de l’Empire, où les montagnes étaient rares, la plupart des châteaux se dressaient dans les plaines. Ils étaient peut-être un peu plus vulnérables que ceux des régions centrale, septentrionale ou orientale, mais ils étaient plus agréables à habiter.
Le château royal du Royaume de Basque ne faisait pas exception. Souvent surnommé le Palais des Eaux, il possédait un sol de marbre noir poli comme un miroir, qui reflétait tout ce qui se trouvait au-dessus comme si cela flottait sur l’eau.
Il était magnifique, presque irréel.
Pourtant, le roi Leonar, assis sur son trône, arborait un froncement de sourcils prononcé.
Il avait la quarantaine et semblait en bonne santé. À le juger sur son apparence, il n’inspirait aucun sentiment particulier de majesté royale. Il avait simplement l’air ordinaire.
Il lisait un document. Son contenu était simple, mais il avait beau le relire, il n’arrivait pas à le comprendre.
Tout d’abord, il n’avait jamais entendu parler d’un tel certificat. Un certificat de pillage ? Qu’était-ce censé vouloir dire ?
Il renonça donc à en comprendre le contenu et s’intéressa à l’élégante écriture de la signature.
Ricart von Calderbern.
Le roi se répéta plusieurs fois le nom de Ricart, puis posa le document.
« Trésorier Odor. N’aviez-vous pas dit qu’il ne se passerait rien ? »
Le trésorier nommé par le roi ne cessait de se lécher les lèvres sèches. Le spectacle était pitoyable.
En vérité, la cour royale de Basque savait déjà que les Chevaliers d’Acier étaient entrés dans l’Empire.
Mais ils étaient trop nombreux et leur puissance de combat trop redoutable. La cour ne savait donc pas comment réagir. En fin de compte, le conseil royal avait décidé d’attendre et de voir comment les choses évolueraient.
« C’est-à-dire qu’à l’époque, on pensait qu’ils avaient connu des dissensions internes et qu’ils n’étaient probablement pas si nombreux. Plutôt que de les provoquer sans raison… »
« Mais ce n’était pas le cas, n’est-ce pas ? »
Le roi interrompit le trésorier, les sourcils toujours froncés.
Il n’était pas du genre à faire tuer les gens à la légère, mais si le trésorier se trompait de mots à présent, il aurait du mal à échapper à de graves conséquences.
En vérité, c’était le trésorier qui avait proposé cette conduite à tenir. Mais le roi n’était pas innocent pour autant : c’était ce qu’il avait voulu entendre. Le trésorier s’était contenté de lui dire ce qu’il voulait entendre.
Le roi avait espéré que tout se passerait sans incident.
Mais le chai avait été pillé, et la situation avait changé. Il ne s’agissait plus d’éviter les ennuis. De graves ennuis étaient déjà là.
« N-nous pourrions annuler la cérémonie de l’année prochaine et suspendre temporairement la construction du temple. Ça devrait nous permettre de combler le manque à gagner, d’une façon ou d’une autre. »
« Mais si le chai n’avait pas été pillé, nous n’aurions rien eu à annuler ni à suspendre, n’est-ce pas ? Est-ce que je suis stupide ? »
« N-non, Votre Majesté. »
Tandis que le trésorier encaissait les reproches, une autre personne s’avança. Il s’agissait du commandant chargé de la défense royale.
« Il n’est pas trop tard. Convoquez vos vassaux. Si nous ne faisons rien, même eux commenceront à vaciller. »
« Mais ils ne m’écoutent déjà pas en temps normal. Vont-ils se rassembler simplement parce que je le leur demande ? Et s’ils ne viennent pas, ne serait-ce pas humiliant ? »
« Si vous les aviez convoqués quand l’ordre a franchi la frontière, au moins cinq mille hommes seraient déjà rassemblés. S’ils franchissent la frontière sans encombre après avoir ravagé le royaume et que nous restons sans rien faire, ce serait encore plus humiliant. »
« C’est vrai… »
« Il est trop tard, à présent. Faites comme si vous ne réagissiez pas, mais envoyez les convocations. Rassemblez-les à la frontière et combattez avant que l’ordre ne la franchisse. Nous sommes sur nos terres, et leurs lignes de ravitaillement seront mauvaises. Ils seront épuisés. Si nous adoptons une stratégie défensive, nous pourrons les repousser. Ces gens n’ont pas de pays ; ils se disperseront et s’effondreront. Nous pourrons alors les éliminer un par un. »
Le commandant devait connaître un peu la guerre, car il proposa une stratégie au roi.
En vérité, le commandant avait préconisé de se battre dès le début, mais le roi avait refusé. Il avait donc l’air quelque peu mal à l’aise.
Le conseil royal comprenait le chancelier, le trésorier, le commandant et d’autres encore. Chacun avait ses propres fonctions, mais lorsqu’on discutait des affaires de l’État, tous donnaient leur avis, quel que soit leur poste. Le roi décidait s’il en tenait compte ou non.
Le roi Leonar regrettait d’avoir écouté le trésorier et d’avoir ainsi compliqué les choses.
Il ne voulait ni voir le royaume sombrer dans le chaos ni avoir à affronter de graves problèmes. Il avait opprimé les Chevaliers de la Flamme simplement parce que tous les autres pays le faisaient, et il s’était dit qu’il pouvait donc en faire autant.
Le roi Leonar était timoré et manquait de cran pour gérer les grandes affaires. S’il avait été un homme ordinaire, il aurait pu mener une vie ordinaire. Mais il n’était pas fait pour être roi. En temps de paix, il aurait pu se débrouiller sans trop de difficultés.
Convoquer ses vassaux et leur donner des ordres était un travail compliqué, difficile et épuisant. Pour être honnête, le roi Leonar n’en avait tout simplement pas envie.
Il fallait amadouer, menacer et commander ses vassaux, leur lancer des choses comme : « Venez ici. Pourquoi ne venez-vous pas ? Vous voulez mourir ? » et leur promettre des récompenses s’ils se présentaient. Ce n’était pas une tâche facile.
Nous n’étions pas à une époque où les gens obéissaient sagement aux ordres du roi. Les vassaux réagissaient différemment selon les capacités et le charisme du souverain. Malheureusement, le roi Leonar ne possédait ni l’un ni l’autre.
Pour l’instant, tout allait assez bien. Avait-il vraiment besoin de faire tout ça ? Le pillage du chai lui faisait mal, mais peut-être pouvait-il simplement passer l’éponge cette fois-ci. S’il ne bougeait pas, peut-être que tout finirait par s’arranger.
Mais il pouvait difficilement exprimer ces pensées devant le conseil royal.
Les membres du conseil n’étaient toutefois pas stupides. Ils savaient tous ce que le roi pensait.
Ce salaud n’avait aucune intention de se battre.
Le commandant ne tenta donc pas de convaincre le roi avec passion. Le royaume tout entier ne serait sûrement pas détruit, et ce ne serait pas eux qui auraient à gérer les conséquences.
Aucun d’eux n’était stupide, et pourtant, ils agissaient sottement. Les affaires du monde n’étaient pas simples et, surtout, le courage ne venait pas de l’intelligence.
Le conseil royal ne parvint donc à aucune conclusion. Le temps passa, frustrant, jusqu’à ce qu’une personne inattendue mette fin à cette impasse.
Ricart.
Ils s’attendaient à ce qu’il ne fasse que passer, mais il marcha sur la capitale royale et adressa une lettre au roi.
Le ton de la lettre était poli, mais pas son contenu. En bref, elle disait ceci :
Sortez, mettez-vous à genoux et excusez-vous d’avoir tué notre frère.
Après avoir reçu la lettre, le roi Leonar fixa d’un air absent la signature de Ricart. Ce ne fut qu’alors qu’il se dit :
Ça ne va pas…
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