Chapitre 148
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Traducteur/éditeur : ZERO_SUGAR
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◈ Ode of the Brave ◈
Chapitre 148
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La toile des tentes claquait dans le vent nocturne. Dans le camp, on n’entendait ni les rires gras des soldats ivres ni leurs cris, si habituels dans une armée.
La nouvelle s’était répandue parmi les soldats : plutôt que de sacrifier d’innombrables vies, les commandants décideraient de la victoire et de la défaite au cours d’un duel.
Les soldats savaient aussi que Ricart et Bilter étaient frères.
La guerre était fertile en tragédies, mais aucune n’était plus douloureuse que de voir des parents par le sang tirer l’épée l’un contre l’autre après avoir été envoyés dans des camps opposés.
Dans la tente sombre, Ricart était assis, voûté sur une chaise, la tête entre les mains. Impossible de savoir s’il dormait ou s’il était mort. Il resta ainsi longtemps, sans sangloter.
Hashim ne savait vraiment pas quoi dire à Ricart. Voir plus loin que tout ça ? L’accepter ?
Au bout du compte, chacun devait trouver sa propre réponse.
À la surprise de Hashim, Ricart releva la tête et lui adressa le premier la parole. Son expression était calme.
« S’il m’arrive quelque chose, Hashim, dis à ma famille que je suis mort au combat. Je te laisserai mon épée, mon armure et mon cheval. Vends-les, et tu ne devrais pas avoir trop de mal à vivre. »
« … C’est ton testament ? »
« On peut dire ça. »
« Tu n’arrives pas à te décider ? »
« Non. »
« Alors, qu’est-ce qu’il y a ? »
« Je crois que je ne le saurai qu’au moment venu. D’ici là, j’aurai beau essayer de me décider, je n’y arriverai pas. Je n’ai jamais hésité en tirant mon épée du fourreau, que ce soit à juste titre ou non. C’est peut-être pour ça que je n’ai jamais été vaincu. Alors, si l’hésitation s’empare de la pointe de mon épée, je ne sais pas ce qui m’arrivera. Je n’ai jamais connu ça. »
« Pourquoi te bats-tu contre ton frère, Ricky ? »
« Je n’en sais rien, moi non plus. C’est idiot, hein ? Hahaha… »
« Et si tu voyais les choses ainsi ? Si tu ne l’arrêtes pas, la situation ne fera qu’empirer. Pour ton frère lui-même, mais aussi pour les innocents. Des horreurs continueront de se produire, alors tu n’as pas d’autre choix que de te battre pour protéger quelqu’un. »
« Tu as toujours la bonne réponse, Hashim. Mais pour l’instant, je veux rester dans l’ignorance. Je ne veux rien justifier. Demain, l’un de nous deux tuera son propre frère. C’est la seule vérité qui soit claire. »
« Ne sois pas si dur avec toi-même… Personne ne te condamnera pour ça. »
Ricart esquissa un faible sourire en entendant Hashim le réconforter.
« Merci. Mais j’aimerais rester seul, maintenant. »
Hashim acquiesça. Cependant, avant de quitter la tente, il posa une dernière question.
« Qu’as-tu demandé au lieu sacré ? »
« C’est un peu gênant à dire, maintenant. »
« Je me souviens que je te l’avais dit. J’avais prié pour que tu retrouves ton frère. »
« Alors ton souhait s’est réalisé. Le mien n’avait rien de particulier. Au bout du compte, j’ai dit que je voulais devenir quelqu’un qui pleure en silence. Je crois que j’ai souhaité en être capable. C’est drôle, non ? »
« Non. Ton souhait se réalisera aussi. »
« Peut-être… »
« Repose-toi. »
Hashim quitta la tente. Les feux de camp allumés par les soldats brûlaient dans tout le campement.
Hashim n’avait presque rien qu’on aurait pu appeler des bagages. Ni nourriture, ni vêtements. Quand ses chaussures étaient usées, il marchait simplement pieds nus.
Tenant la bouteille qui contenait la fleur de cristal, il sortit du camp. Il gravit une petite colline rocheuse des environs, s’assit bien droit, ferma les yeux et entra en profonde contemplation.
Il y avait une chose qu’il n’avait pas dite à Ricart : ses souvenirs ne comptaient plus pour lui.
Tout ce qu’il voulait, maintenant, c’était que Ricart surmonte sa culpabilité et son chagrin, puis retrouve une vie heureuse et saine.
Existait-il une magie capable de rendre cela possible ? Il l’ignorait, mais peut-être le saurait-il s’il retrouvait ses souvenirs perdus.
Pourtant, il craignait que leur retour ne vienne ébranler sa détermination actuelle. C’était pour ne pas vaciller qu’il s’était plongé dans la contemplation.
Hashim remonta le fil de son passé, comme s’il comptait les grains un à un.
Sans s’en rendre compte, il avait comblé les lacunes de ses souvenirs fragmentés par des explications plausibles. Il brisa tous ces liens et contempla chaque souvenir tel qu’il était.
Malgré tout, il lui était difficile de comprendre cet être qu’on appelait « moi ». Il ne savait ni ce qu’il était ni qui il était, autrefois comme aujourd’hui.
Pourtant, si la chair était prisonnière du temps et de l’espace, les pensées et le cœur pouvaient voyager dans le passé. Hashim s’enfonça toujours plus profondément dans sa contemplation. Ses sens s’émoussèrent et il commença à oublier le temps qui s’écoulait dans le monde réel.
La nuit s’épaissit, l’aube se leva et le soleil pointa à l’horizon. Quand il rouvrit les yeux, rien n’avait changé. Et, d’une certaine façon, cela lui sembla une chance.
Cependant, lorsque sa contemplation prit fin et qu’il se retrouva face à la réalité, le duel était déjà sur le point de commencer. Le ciel était couvert de nuages noirs.
Près de dix mille hommes des deux camps remplissaient le champ. Leurs murmures étaient discrets, et l’atmosphère ressemblait à celle d’immenses funérailles.
Bilter apparut le premier. Il montait un cheval gris et ne portait pas de casque. Lors d’un duel, on s’en passait souvent, car cela gênait la vue et l’ouïe.
Peu après l’arrivée de Bilter, Ricart s’avança sur un cheval roux, une lance à la main. Tous les hommes présents observaient les deux frères.
Il n’y avait ni juge ni héraut. Ricart et Bilter se contentaient de se regarder de loin.
Bilter s’élança le premier ; Ricart fit de même. Bilter accéléra et chargea son petit frère, qui enfonça les talons dans les flancs de sa monture et partit au galop.
En un instant, tous deux atteignirent leur vitesse maximale. Sans passé ni avenir, les pointes de leurs lances transpercèrent le temps, ne cherchant que la mort.
Un seul choc suffirait-il à décider de l’issue du duel ? Hashim et les autres spectateurs sentirent leur cœur se serrer.
Au moment décisif, les deux fers de lance ne fendirent que le vide. Les frères se croisèrent à toute allure, puis firent rapidement volte-face.
Le cheval de Ricart était bien meilleur, ce qui lui permit de tourner plus vite et de repartir à la charge. Mais il ne pouvait plus aller aussi vite que lors de son premier assaut.
La lance de Ricart sembla sur le point de frapper Bilter. Mais celui-ci ne chargea pas droit sur lui. Il esquiva de justesse sur le côté, lâcha sa lance, dégaina son épée et trancha le manche de celle de Ricart.
Comme s’il s’y était attendu, Ricart ne paniqua pas le moins du monde. Il jeta sa lance sans regret et dégaina sa propre épée.
Des flammes dorées s’élevèrent le long de la lame. Celles de l’épée de Bilter aussi.
Leurs couleurs différaient. L’une était dorée, tandis que celle de Bilter était rouge, chargée de vengeance et de rancœur. Leurs montures s’emmêlèrent dans un chaos de sabots tandis que les épées s’entrechoquaient.
Alors retentit un son que personne n’avait jamais entendu de sa vie, assez fort pour parvenir jusqu’à Hashim, pourtant loin de là.
Clang !
L’onde de choc se propagea et coucha l’herbe sur toute l’étendue du champ. De loin, les deux combattants paraissaient minuscules, mais toute la sauvagerie de leur affrontement portait jusqu’aux spectateurs.
Dans ces conditions, nul ne pouvait dire qui l’emporterait. Hashim, de plus en plus inquiet, brisa sans y penser la bouteille contenant la fleur de cristal.
Il plaça la fleur dans un petit bol et la broya soigneusement avec un bâton. Comme de la glace ou du verre qui se brise, la fleur de cristal se réduisit en poudre. Hashim y mit le feu.
La fumée s’éleva. Hashim la porta à son nez et inspira profondément. Un parfum glacial, pareil au froid des enfers, lui traversa les narines, frappa son cerveau, puis atteignit directement quelque chose au-delà.
Son corps tressaillit. Ses souvenirs perdus se déployèrent comme un panorama et s’imprimèrent dans ses yeux.
Sur un quai, il vit un jeune esclave. Son corps terriblement maigre était vêtu de haillons, et les marques de mauvais traitements étaient évidentes. Ses yeux semblaient morts depuis longtemps. Hashim s’approcha et lui demanda :
« Comment t’appelles-tu ? »
« Armand. »
« Tu ne trouves pas que ce monde est maudit ? »
« Je suis juste… seul. »
« Alors, veux-tu que je t’enseigne une méthode secrète ? Tu aimerais avoir une famille ou des amis ? »
« Oui. »
« En échange, ton âme ne t’appartiendra plus. »
« Je n’ai déjà plus d’âme. Pour vivre, je dois tuer mon âme. »
« Je comprends… »
Il ignorait depuis combien de temps remontait ce souvenir. Mais, à en juger par le paysage alentour, il datait d’un passé si lointain qu’il en devenait inimaginable.
Un autre souvenir. Une majestueuse chaîne de montagnes, couronnée de neiges éternelles, s’étendait devant lui. À ses côtés se tenait un grand homme à l’air honnête, qui portait les cheveux courts.
« Non, écoute, je te dis que si on lui arrache les cornes, elle ne pourra plus utiliser ses pouvoirs. Tu connais le dicton, pas vrai ? Il faut saisir le taureau par les cornes tant qu’elles sont encore chaudes. »
« Ce dicton ne s’applique pas à la situation. Et les cornes dont tu parles n’appartiennent pas à une vache, mais à un dragon. »
« Des cornes, c’est des cornes. Quelle différence ? »
« Haa… »
« Fais confiance à Dame Ilya ! Si tu t’inquiètes vraiment, vieux, tu n’as qu’à te cacher ! Je m’occupe de tout ! Nous retrouverons tous tes souvenirs d’un coup grâce à la magie du dragon ! C’est un plan parfait ! »
Le grand homme contracta les deux bras, comme pour montrer sa force. Son sourire rude, mais éclatant, avait vraiment quelque chose de solaire.
Mais cette lumière devint un soleil brûlant, et Hashim s’enfonça plus loin dans le passé.
Il faisait si chaud qu’on transpirait rien qu’en restant immobile. Des cigales chantaient au loin. Il se tenait au milieu d’un champ de blé. Les épis mûrs, d’un jaune doré, lui arrivaient à la taille.
« Répète ça ! »
« Ah, j’ai dit que c’était un accident ! Tu es vraiment pénible. Je t’ai dit que j’étais désolé ! »
« C’est comme ça que se comporte quelqu’un qui regrette son geste ?! Tu l’as fait exprès, pas vrai ?! Tu as délibérément laissé les moutons entrer dans mon champ, pas vrai ?! »
« Je t’ai dit que non ! Pourquoi est-ce que j’aurais fait ça exprès ?! »
Le garçon tourna brusquement les talons et reprit son chemin. La rage submergea soudain Hashim. Il le poussa violemment, lui grimpa dessus après l’avoir renversé, ramassa une pierre toute proche et la brandit au-dessus de sa tête.
Puis il l’abattit.
Thud !
« Aah ! Qu’est-ce que tu fais ?! »
Thud !
« N-non, arrête ! Je suis désolé ! J’ai eu tort… ! »
Thud !
« Pardonne-moi, s’il te plaît ! »
Thud !
« Cain, je t’en prie… pardonne… »
Thud ! Thud ! Thud ! Crac !
« Hah ! »
Cain ouvrit brusquement les yeux. Il avait les yeux et la bouche grands ouverts. Son corps entier tremblait violemment sous le choc immense. Des larmes coulaient sur son visage figé.
Bien que cela se fût produit dans un passé inimaginablement lointain, la sensation atroce restait vive dans ses mains.
Cain était submergé par un immense regret, la culpabilité et sa propre lâcheté, insupportable. Il avait abandonné ses souvenirs pour échapper à cette culpabilité.
C’était en grande partie pour cette raison qu’il avait développé la magie et qu’il avait commis à maintes reprises cette folie : perdre ses souvenirs, puis réapprendre la magie auprès des disciples qu’il avait lui-même formés.
Une souffrance qui lui broyait le cœur et l’âme s’abattit sur lui. Puis les cris des deux frères le ramenèrent à la réalité.
« Lâche ! »
« C’est toi, le lâche ! »
Le duel des frères avait déjà tourné à la bagarre. Leur affrontement, profondément empreint d’émotion, n’avait plus rien d’élégant ni de technique.
Ils étaient tombés de leurs chevaux et roulaient dans le champ, agrippés l’un à l’autre. Tantôt Bilter chevauchait son petit frère, tantôt Ricart renversait la situation et se retrouvait au-dessus de lui.
Ils se frappaient sauvagement à coups de poing, prêts à abattre sur l’autre tout ce qui leur tombait sous la main.
« Non ! »
Cain cria, mais sa voix était trop lointaine pour les atteindre. De la magie, il lui fallait de la magie !
Cain s’empressa de recourir à la magie, mais maintenant qu’il avait retrouvé ses souvenirs, il ne pouvait plus utiliser son pouvoir. L’essence de sa magie était l’oubli.
À cet instant, Ricart tendit le bras et saisit son épée, qui gisait tout près.
Sa posture se déséquilibra légèrement. Bilter le repoussa et s’échappa. Lui aussi empoigna son épée. Dès qu’ils les eurent en main, les deux frères s’élancèrent l’un contre l’autre.
Ce fut à un cheveu près. L’épée de Ricart transperça l’abdomen de Bilter.
« Guh ! »
Clang.
Bilter lâcha son épée. Dix mille braves remplissaient le champ, mais le silence était celui d’une tombe. Cain fixait la scène d’un regard vide.
Le sang coulait du ventre de l’homme né du même sein que lui et inondait la main de Ricart. Les émotions qui avaient brûlé si fort en lui se refroidirent comme si elles n’avaient été qu’un mensonge. Qu’ai-je fait ?
La vision de Ricart se troubla un instant. Mère, j’ai tué ton enfant. Qu’est-ce que je suis censé faire ?
Les jambes de Bilter cédèrent et il s’effondra. Ricart tomba à genoux et le recueillit dans ses bras. Il n’arrivait même pas à lui dire qu’il était désolé. Ses pensées s’embrouillaient, et sa bouche ne faisait que s’ouvrir et se refermer.
Bilter tendit une main tremblante et toucha la joue de Ricart. Ce ne fut qu’alors qu’il parla du fond du cœur.
« Tu m’as manqué, Ricky… »
Des larmes coulèrent sans discontinuer sur le visage égaré de Ricart.
« En vérité, je suis un lâche. Notre père et notre frère aîné me manquent aussi… J’ai tellement appris à prendre sur moi, mais… Je suis désolé de t’avoir dit des choses aussi cruelles… Pardonne-moi… Hah… »
Dans son dernier souffle, la tête de Bilter retomba mollement. Son âme quitta ses pupilles ouvertes.
Le garçon de mes plus beaux souvenirs, mon grand frère, Billy, n’avait jamais disparu. Nous avions ri ensemble, couru à travers les champs, fait des farces, dormi côte à côte et, au moment de nous séparer, il avait eu l’air si effrayé…
Qu’est-ce qui avait poussé ce garçon jusque-là ?
Incapable d’accepter la réalité, Ricart resta longtemps sans bouger. Puis, serrant contre lui le corps de son frère mort, il baissa la tête. Il serra les dents au point de les briser.
Au lieu sacré, il avait prié pour devenir quelqu’un qui pleure en silence. Il semblait que son souhait ne se réaliserait pas.
Ricart rejeta la tête en arrière vers le ciel gris, chargé de nuages noirs, et laissa éclater un chagrin trop grand pour être supporté.
« Aaaaaah ! »
Le cri de Ricart parvint aux dix mille hommes présents dans le champ et à Cain, juché sur la colline rocheuse.
Cain ferma les yeux. Ses paupières tremblèrent et ses cils s’humidifièrent. Au bout du compte, ce qui devait arriver arrivait. Comme il l’avait enseigné à Armand.
Mais, désormais, il n’avait plus besoin de l’oubli. Il comprenait vaguement l’œuvre de Dieu et n’avait plus qu’un vœu sincère.
Je ne fuirai plus et porterai une souffrance éternelle. Je t’en prie, fais retomber sa faute sur moi. Laisse-moi absorber son chagrin et sa douleur…
Soudain, comme si sa prière était vraiment parvenue jusqu’aux cieux, une brèche s’ouvrit dans le ciel couvert de nuages noirs. De là, une lumière se déversa sur Ricart.
C’était un pilier de lumière dorée qui reliait la terre au ciel et s’écoulait comme une cascade.
On aurait dit que Dieu désignait quelqu’un avec précision du doigt. Celui qui voyait le commencement et la fin de l’univers, la totalité du temps, désignait avec précision cet instant, ce présent, une personne.
Tous ceux qui étaient là furent témoins d’un événement qu’on ne pouvait qualifier que de miracle, et leurs visages se figèrent sous le choc.
Les cheveux de Ricart flottaient au vent tandis qu’il levait les yeux vers la lumière qui tombait sur lui. Elle n’éblouissait pas : elle était d’un blanc pur.
Dans cette blancheur immaculée se trouvaient l’absolution, le pardon, la compassion et l’amour. Le chagrin et la douleur demeuraient, mais au-delà d’eux, Ricart aperçut la guérison et la joie.
Le cœur, déchiré en des milliers, en des dizaines de milliers de morceaux, se répara vite, même si cela lui sembla lent.
Puis, à un moment, le rayon de lumière se rétrécit et disparut. La brèche resta dans le ciel tandis que les nuages la comblaient lentement.
Ricart sentit soudain que les bras qui tenaient Bilter étaient devenus légers. Il baissa les yeux : Bilter avait disparu. Seule son épée gisait sur le sol.
Sur la colline rocheuse, des vêtements éparpillés au sol et des cendres s’envolaient dans le vent.
Il y avait eu un premier meurtre, et il s’était produit entre deux frères. Enfin, la longue chaîne du péché avait pris fin.
Tous les hommes présents dans le champ s’agenouillèrent devant le chevalier choisi et consacré par Dieu, ôtèrent ce qu’ils portaient sur la tête et firent le signe de croix.
Ricart baissa la tête ; il ne ressentait plus de chagrin et ne sanglotait plus. Des larmes coulaient simplement en silence.
C’est ainsi que Dieu sauva tout le monde, et nul ne pouvait le comprendre.
Notes :
« Il faut saisir le taureau par les cornes tant qu’elles sont encore chaudes » est un proverbe coréen qui incite à agir sans attendre et prépare le malentendu littéral d’Ilya.
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