Chapitre 145
Traductions WeTried
Traducteur/éditeur : ZERO_SUGAR
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◈ Ode of the Brave ◈
Chapitre 145
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* * *
Le soleil et les hauts plateaux, le vent et la mer, et les oranges.
Ricart ignorait quelle influence ces éléments avaient sur les habitants, mais les Sinatriens avaient un côté plutôt sentimental et passionné.
Pour Ricart, originaire du nord et du centre de l’Empire, où l’on valorisait la retenue, le travail, le courage et l’honneur, cela avait quelque chose d’inconnu et d’étrange.
Mais peut-être Ricart lui-même avait-il été influencé sans s’en rendre compte. Par le soleil et les hauts plateaux, le vent et la mer, et les oranges.
À l’ouest des plaines de Valensha, le terrain s’élevait peu à peu pour former des terres montagneuses. Les montagnes n’étaient pas particulièrement hautes, mais plusieurs chaînes traversaient la région.
Cinq itinéraires pouvaient être empruntés par une armée étrangère pour envahir le pays. Il était donc difficile de défendre le territoire, à moins de se replier dans la ville et de tenir bon.
Mais, dans ce cas, ils n’auraient eu d’autre choix que d’abandonner toutes les récoltes qui commençaient tout juste à mûrir.
La réponse était évidente. Ils devaient sortir dans les plaines et combattre.
Pourtant, même si la réponse était limpide, certaines choses étaient inévitables dans ce monde, comme dans la vie de chacun.
Il était encore plus difficile de prendre des risques inconsidérés dans une bataille où l’on jouait sa vie.
Malgré tout, Ricart persuada, menaça, amadoua et fit bon sang tout ce qu’il put pour enfin conduire les troupes dans les plaines.
En vérité, le plus difficile dans le commandement d’une bataille n’était pas d’élaborer des stratégies ou des tactiques ingénieuses. C’était de convaincre les gens et de les mener.
Heureusement, malgré leur réticence, les chevaliers et les soldats finirent par obéir.
Le ciel était couvert, comme s’il menaçait de pleuvoir. Le soleil, d’ordinaire si ardent, avait disparu.
Le vent soufflait plus fort que d’habitude et faisait claquer violemment les étendards colorés. Ricart, qui contemplait le ciel, avait cependant le visage sombre.
Avant une bataille, l’inquiétude et l’angoisse rendaient forcément les gens plus sensibles. Ricart ne faisait pas exception. La seule différence, c’était qu’il percevait une autre facette de l’humanité, une autre facette du monde.
Il pouvait surmonter l’inquiétude et l’angoisse par lui-même. Mais quand ses nerfs étaient à vif, il lui arrivait de croire à des superstitions auxquelles il n’aurait jamais prêté attention en temps normal.
Une bourrasque soudaine, des nuages aux formes étranges. Était-ce bon ou mauvais signe ? S’il pleuvait, qui en profiterait et qui en pâtirait ?
Mais il ne servait à rien de s’attarder là-dessus. Ils avaient déjà établi leur camp et attendu la bataille pendant deux jours.
Naturellement, les soldats n’avaient pas l’air réjoui non plus. Certains fronçaient les sourcils en scrutant le ciel immense, comme Ricart, tandis que d’autres regardaient l’horizon, au bord de la plaine.
Des éclaireurs à cheval tournoyaient autour de l’armée comme des libellules. Ils faisaient sans cesse la navette, apportant des nouvelles et des rapports ; au fil du temps, leurs allées et venues se firent plus fréquentes et plus rapides.
Plus les éclaireurs s’activaient, mieux les soldats comprenaient.
La bataille approchait.
Puis un faible Boum, boum, boum se fit entendre.
Le bruit enfla peu à peu, jusqu’à donner l’impression que le sol lui-même tremblait.
Quelques chevaux s’agitèrent. Chevaliers et soldats s’efforcèrent de les calmer.
Enfin, l’ennemi commença à apparaître, un homme après l’autre, au sommet de la crête lointaine. Ils ne semblaient pas très nombreux au début, mais ils déferlèrent sans s’arrêter dans les plaines, jusqu’à bientôt couvrir tout le champ.
Les bannières des Salaman claquaient furieusement au vent. Contrairement à celles d’ici, elles étaient pour la plupart d’une seule couleur, jaune ou noire. Au lieu de motifs géométriques ou d’images d’animaux et de plantes, beaucoup étaient couvertes de lettres aux formes sinueuses.
Mais là, c’était trop.
Les éclaireurs avaient transmis les mêmes rapports au cours des deux derniers jours, alors tout le monde le savait déjà. Mais le voir de ses propres yeux, c’était autre chose.
Vingt mille hommes.
Ce n’était pas qu’un chiffre. C’était une force capable de tout détruire au monde.
Même le cœur de Ricart trembla ; inutile de regarder les soldats. Leurs mains tremblaient tandis qu’ils serraient boucliers et armes.
Pour apaiser leur inquiétude et leur remonter le moral, Ricart parcourut délibérément le front du camp sur son cheval rouge.
Regardez-moi, et trouvez du courage.
Pourtant, les mains tremblantes des soldats ne se calmaient pas facilement. Ricart longea donc le front du camp et lança d’une voix forte :
« Gens de Sinatria ! Écoutez-moi ! »
Ricart ne s’adressa pas aux soldats de haut.
« Pourquoi portez-vous ces armures lourdes et encombrantes, et pourquoi tenez-vous des armes entre vos mains ? Parce que le roi vous l’a ordonné ? Pour l’argent ? Comme vous le savez tous, je suis un étranger venu de loin. Pourtant, à mes yeux, tous les hommes de Sinatria que j’ai rencontrés étaient braves et ne connaissaient pas la peur. Me suis-je trompé ? »
Ricart titilla l’orgueil des soldats. Que cela ait du sens ou non, il était prêt à tout vendre et à dire n’importe quoi pour leur remonter le moral.
Il serra le poing, le leva bien haut et reprit :
« Trois hommes chacun ! Si chacun de vous en tue seulement trois, nous les tuerons tous ! N’importe quel homme de Sinatria peut bien s’occuper de trois païens ! Me suis-je trompé ? Répondez-moi ! »
Par endroits, les soldats brandirent leurs armes semblables à des lances en criant : « Non ! » et « On peut le faire ! »
Mais tous n’étaient pas convaincus.
« Je ne vous donne pas d’ordre difficile ! Ne reculez pas ! Ne tournez pas les talons ! Et, pour finir, gagnez ! »
C’était précisément ce qui rendait les choses difficiles, mais il semblait avoir atteint son but, du moins en partie. Il avait changé des cœurs battant de peur en cœurs galvanisés, et réveillé leur volonté de combattre.
Au combat, l’essentiel était le placement des troupes et leur formation. Ricart avait étudié et analysé le terrain alentour, puis achevé le déploiement de ses forces deux jours plus tôt. L’ennemi, lui, venait tout juste d’arriver.
Étaient-ils imprudents, ou était-ce simplement difficile de commander une armée si vaste ? Au loin, l’ennemi se contentait d’étaler ses troupes en une ligne désordonnée.
Avec plus de trois fois leurs effectifs, trop de prudence pouvait devenir un poison. Ils n’avaient qu’à avancer. S’ils se perdaient en détails et s’emmêlaient les pinceaux, ce serait un problème.
Malgré tout, même déployer les troupes en ligne exigeait de régler soigneusement les intervalles ; ce n’était donc pas une opération qui pouvait se faire rapidement.
Pendant ce temps, Ricart enfourcha son cheval rouge, leva sa lance et partit seul en direction du camp ennemi.
Boum, boum, boum.
Tandis qu’il traversait seul les plaines en direction de l’ennemi, Ricart attira naturellement l’attention des deux camps. Des dizaines de milliers de regards se tournèrent vers lui, sur son cheval rouge, et suivirent ses mouvements.
Ricart ne s’approcha de l’ennemi que pour une seule raison : il voulait voir sa cible de ses propres yeux.
C’était extrêmement dangereux. Des chevaliers pouvaient surgir du camp ennemi pour l’attaquer ou le capturer.
Mais Ricart n’avait pas l’air inquiet le moins du monde. Comme s’il assistait à une parade militaire organisée en son honneur, il chevaucha hardiment jusqu’aux lignes ennemies.
Les troupes ennemies étaient si nombreuses qu’il ne pouvait en voir toute l’étendue, de gauche à droite. Elles le fixaient pourtant, comme si elles se demandaient ce que cet homme faisait à s’approcher ainsi.
Contrairement à Ricart, le sultan Yusuf était introuvable ; il se trouvait apparemment au cœur du camp. Ricart ne pouvait que supposer qu’il était là où se rassemblaient les soldats bien équipés et les splendides bannières.
Ricart pointa sa lance dans cette direction et cria :
« Ce lâche a trop peur pour montrer son visage ? »
Un chevalier salaman lui répondit avec colère :
« Le sultan n’a pas de temps à perdre avec un type comme toi ! Dégage ! »
« Dites-lui de continuer à se cacher ! Mais quand je reviendrai, qu’il ne s’attende pas à des égards ! »
Ricart n’avait pas été courtois depuis le début, et pourtant il leur lança ces paroles avec aplomb avant de faire demi-tour et de regagner son camp.
Heureusement ou malheureusement, aucune troupe ne sortit pour le poursuivre.
Ricart rejoignit ses hommes et cria :
« Le sultan Yusuf est sans aucun doute un lâche ! On imagine facilement ce que valent ses hommes ! Nous gagnerons aujourd’hui ! J’en suis certain ! Dieu en a déjà décidé ainsi ! »
Les soldats se mirent à scander ces mots comme un slogan militaire :
« Yusuf est un lâche ! Dieu en a décidé ainsi ! »
On pouvait appeler ça de la mise en scène. La conduite téméraire de Ricart était indéniablement efficace pour galvaniser ses troupes malgré leur infériorité numérique.
Le temps passa et l’ennemi acheva de déployer ses troupes. Puis il se mit à avancer lentement, dans un grondement caractéristique qui semblait faire trembler la terre.
Ricart avait placé ses troupes près d’un énorme rocher, sur leur gauche, tirant parti du terrain pour compenser leur infériorité numérique. L’ennemi détacha cependant des soldats afin de contourner la colline rocheuse. Une fois de l’autre côté, ils pourraient attaquer par-derrière.
Bien sûr, même après avoir détaché ces hommes, l’armée ennemie qui avançait de front restait plus de deux fois supérieure en nombre à celle de Ricart.
Alors, l’impensable se produisit.
Une longue sonnerie de cor retentit depuis le camp de Ricart, et près de six mille hommes se mirent en marche.
Vouuuuuuh !
Grondement… !
Le commandement du sultan resta un instant interdit. Il ne s’était pas attendu à ce que Ricart abandonne sa position avantageuse pour avancer.
Y avait-il une variable imprévue ? Était-ce un acte suicidaire ? Étaient-ils fous ?
Mais c’était le pari de Ricart.
Et ses soldats lui faisaient assez confiance pour le suivre.
Le pari de Ricart n’avait rien de compliqué.
Enfoncer les lignes en un point.
Ignorer leur nombre et concentrer toutes leurs forces là où se trouvait le sultan.
La cavalerie lourde était normalement gardée en réserve jusqu’au tout dernier moment. Mais Ricart se tenait devant les Chevaliers de la Flamme, qui attendaient derrière les lignes. Sous leurs casques, leurs yeux luisaient comme ceux de bêtes affamées.
À peu près à ce moment-là, la pluie commença à tomber du ciel couvert depuis le matin.
« Bon signe ou mauvais signe ? »
demanda Ricart à Raimund.
« Cela n’a pas d’importance. »
« C’est vrai. Cela n’a pas d’importance. »
Tenant l’étendard-lance, Ricart se plaça devant les chevaliers et cria :
« Je sais que vous avez souffert dans votre cœur tout ce temps. Malgré cela, nous sommes ceux qui combattent. Nous sommes des chevaliers. Peu importe le nombre de nos ennemis ! Gagner ! La victoire ! Voilà notre seule raison d’exister ! Qu’il pleuve ! Nous deviendrons nous-mêmes la tempête ! »
Ricart enfourcha son puissant destrier et longea les rangs des chevaliers, l’étendard-lance représentant les flammes à la main, en criant :
« Montrez à l’ennemi notre courage ! Notre fureur ! Notre justice ! Chevaliers de la Flamme ! Debout ! Levez une tempête ! »
Les deux cents imposantes machines de guerre prirent une profonde inspiration et rugirent.
« Levez une tempête ! »
« Chevaliers de la Flamme ! Chaaaargez ! »
En donnant l’ordre de charger, Ricart s’élança lui-même en tête. Raimund et les Chevaliers de la Flamme tonnèrent à sa suite. Ils se trouvaient sur la droite de leur formation.
Du point de vue de l’ennemi, Ricart semblait avoir utilisé bien trop tôt son dernier recours. Mais s’ils parvenaient à neutraliser les chevaliers, tout imprévu disparaîtrait ; ils lancèrent donc aussitôt leur propre cavalerie lourde.
Alors, quelque chose d’étrange se produisit.
Ou plutôt, rien d’étrange : les choses commencèrent simplement à mal tourner.
Normalement, la cavalerie lourde chargeait en ligne, frappant la plus grande surface possible avec un maximum de force pour briser la formation ennemie. Mais les chevaliers s’élancèrent à la suite de Ricart, qui menait la charge en tête, tel le fer de lance d’une flèche.
Leur formation prit naturellement la forme d’un coin, et ils pouvaient changer de direction plus facilement que les chevaliers du sultan.
D’abord, ils tournèrent progressivement. Puis de plus en plus brusquement, jusqu’à donner l’impression qu’ils ne se dirigeaient pas vers le flanc gauche ennemi, mais vers son centre.
La cavalerie lourde ennemie se déplaça pour affronter les chevaliers, mais sa formation ne pouvait pas changer de direction facilement. Les soldats s’emmêlèrent les uns aux autres.
Ricart les dépassa sans peine.
Leur unité la plus puissante était devenue inutile en un instant.
Le gros des troupes de Ricart continua d’avancer, tandis que celui-ci s’engouffrait dans l’espace entre le flanc gauche ennemi et son centre.
Les clameurs retentissantes des chevaliers firent trembler tout le champ de bataille.
Comme des flammes déchaînées, leur charge explosa au cœur des lignes ennemies.
« Waaaaah ! »
Boum, boum, boum, boum, boum, boum, boum, boum, boum !
Crac ! Craquement ! Boum ! Craac ! Boum ! Crac !
Deux cents énormes destriers lourds piétinèrent les hommes sans pitié. Les coups de lance comptaient à peine. Ricart, à lui seul, en avait empalé deux.
Son féroce cheval rouge déchira les rangs ennemis comme un véritable dragon sur le point de cracher des flammes.
Il chargeait avec la force écrasante d’un taureau lancé au galop, écartant les ennemis sur son passage tandis qu’il s’enfonçait dans leur centre, telle une lance acérée plantée dans le flanc d’un homme.
Après avoir fendu les rangs ennemis pendant un moment, Ricart sembla ralentir. Il tira sur les rênes.
Le cheval rouge leva haut ses pattes avant, comme s’il allait bondir dans le ciel. Ricart brandit son épée vers les cieux et hurla de toutes ses forces.
Sous le ciel gris, les flammes dorées qui couraient le long de l’épée sacrée ondulèrent comme une bannière.
« Levez une tempête ! »
Les cris désespérés de l’ennemi et les innombrables bruits du champ de bataille étaient assourdissants.
Pourtant, les soldats qui avançaient lentement entendirent distinctement cet appel.
Ils chargèrent tous ensemble, couvrant les autres sons.
« Levez une tempêêête ! »
Quelqu’un avait dit un jour que la bataille n’était qu’une affaire d’élan.
Mais il existait différentes sortes d’élan. Celui-ci était le choc d’une gigantesque explosion.
À y regarder froidement, il n’était pas impossible d’y réagir. Mais la stratégie de Ricart était un coup si puissant qu’on ne pouvait pas s’en relever.
Et puisque tout, en ce monde, dépendait des hommes, il était difficile de résister à la peur et à cette atmosphère inexplicable.
Les troupes qui contournaient la colline au loin, ainsi que les flancs gauche et droit, ne savaient plus quoi penser et peinaient à comprendre ce qui se passait. Au centre, l’ennemi frôlait la panique.
« Waaaaah ! »
Un rugissement prodigieux monta du centre, et les flancs gauche et droit sentirent qu’ils devaient tourner leur avancée ordonnée dans cette direction. Mais c’était plus facile à dire qu’à faire. Même les commandants des unités subalternes ne savaient plus quoi faire.
Le centre devint un véritable chaos, un champ dévasté. Ricart et les Chevaliers de la Flamme fonçaient vers le sultan, tandis que les soldats les soutenaient par-derrière.
La pluie tombait. Des cadavres gisaient, tordus et écrasés de façon grotesque, et le sang recouvrait le sol.
La fièvre du combat était montée à la tête de Ricart. Ses yeux grands ouverts étaient féroces.
Dans cet état, il chargea sans hésiter vers un endroit abrité par un somptueux dais. Des dizaines de personnes portaient une sorte de palanquin gigantesque, tandis que des gardes à cheval se précipitaient pour affronter Ricart.
Face à la vitesse et à la force prodigieuses du cheval rouge, alliées à l’épée enflammée, ils ne pouvaient que finir en morceaux de viande.
Fff ! Boum ! Fff !
Ricart n’en abattit rapidement qu’un ou deux, puis dépassa les autres à cheval.
Les serviteurs ou les esclaves qui portaient le palanquin, pris de panique, s’éparpillèrent. Celui-ci bascula et s’écrasa sur le côté.
Ricart se rua instinctivement sur la personne qui en était tombée.
La personne avait heurté le sol la tête la première et essayait tout juste de se relever.
Ricart passa comme le vent en brandissant son épée enflammée.
Alors, le sultan leva les yeux vers Ricart.
Leurs regards se croisèrent.
Quoi ? C’est un enfant ?
Il avait l’air d’avoir quatorze ou quinze ans. À cet âge, Ricart avait parcouru le monde et combattu pour sa vie, mais le garçon devant lui n’avait manifestement jamais connu la moindre difficulté.
Il se contentait de regarder Ricart de ses yeux innocents et ébahis, sans rien savoir de la guerre.
Un autre parti politique semblait avoir déclenché la guerre, mais Ricart ne pouvait pas rappeler l’épée qu’il avait déjà lancée.
Au moment où la lame atteignit le cou du garçon, Ricart lui adressa brièvement quelques mots en son for intérieur.
Il n’avait pas le temps de les prononcer à voix haute ; il espéra donc que son regard suffirait à les transmettre.
Pardonne-moi.
Fff ! Boum !
Avec un tel vide, avec une telle facilité, la tête du sultan vola dans les airs.
Les gardes qui s’étaient précipités pour protéger le sultan, tandis que les Chevaliers de la Flamme les massacraient, restèrent figés sur place.
Ricart fit demi-tour et transperça de sa lance la tête du jeune sultan, tombée à terre. Puis il la brandit bien haut, à la vue de tous, et conduisit ses troupes à l’assaut.
Tous les ennemis qui aperçurent la tête du sultan furent profondément choqués et prirent la fuite. Les soldats les balayèrent à leur guise, comme des glaneurs ramassant le grain.
Quand la bataille prit fin, la pluie tombait à verse.
Mais elle ne parvenait pas à refroidir la chaleur qui brûlait en eux.
Ricart n’avait presque subi aucune perte, et le champ de bataille était un chaos absolu.
Vraiment, comme s’ils avaient levé une tempête.
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