Chapitre 14
Traductions WeTried
Traducteur/éditeur : ZERO_SUGAR
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◈ Ode of the Brave ◈
Chapitre 14
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* * *
Il avait fallu plus d’un mois pour atteindre Fernland, et ce voyage avait été un enfer à lui tout seul. Les soldats qui s’y trouvaient étaient affalés, apathiques, vaincus et désespérés.
Quand Ricky fut affecté à une unité et entra dans la tente du camp, une odeur impossible à décrire lui prit le nez. Le feu, l’acier, le sang et la mort, tout se mélangeait.
Cette nuit-là, on le recouvrit de force d’une couverture avant de le rouer de coups. Il s’accrocha à peine à la conscience jusqu’à ce que ça s’arrête. Un soldat chevronné lui lança alors avec un sourire :
« Pour survivre en enfer, il faut devenir un démon. Bienvenue, bleu. »
Au début, Ricky ne partait pas au combat. Il se tuait à la tâche en exécutant toutes les corvées que lui ordonnaient les anciens.
S’il hésitait devant un terme inconnu qu’il n’avait jamais entendu, un poing finissait toujours par lui voler en pleine figure. On lui expliquait après.
Il vidait les seaux des latrines, entretenait les armes et devait rapporter toutes les affaires dont ils avaient besoin au quotidien, quitte à les voler.
Après avoir participé à sa première bataille et avoir fait sa part, les corvées se firent moins fréquentes. Les insultes et les coups s’estompèrent peu à peu, eux aussi.
Puis, quand il eut acquis un peu d’expérience, il prit part à une bataille qui fit de nombreuses victimes.
Il ne savait même pas s’ils avaient gagné ou perdu. Enfoncé dans la boue comme dans une vasière, Ricky tira de là un soldat chevronné mourant et le porta sur son dos. Cet homme l’avait battu plus que tous les autres.
À chaque pas, ses jambes s’enfonçaient jusqu’aux cuisses dans la boue. Les dents serrées, il marcha toute la journée pour atteindre la garnison.
Le blessé se soulagea même sur le dos de Ricky. L’odeur était assez forte pour percer l’épais relent de sang.
Quand Ricky lui eut enfin sauvé la vie, le soldat lui dit :
« Je ne te remercierai pas. »
Par la suite, le soldat chevronné se rétablit et participa à plusieurs autres batailles. Puis, au cours de l’une d’elles, il se jeta en avant pour sauver Ricky et reçut une lance à sa place.
À l’agonie, il sourit et lui dit :
« Ne me remercie pas. Je peux enfin me reposer. Toi, continue de te casser le cul. »
« … »
Ce jour-là, Ricky apprit comment se bâtissait la confiance. Il comprit aussi qu’elle devait se montrer par les actes, pas par les mots.
Les plaisanteries grossières des soldats, leurs blagues salaces et leurs traditions parfois violentes n’étaient rien d’autre qu’un remède contre la fièvre pour ceux qui vivaient sur le champ de bataille. Ce n’était pas ce qu’ils étaient vraiment.
Voilà pourquoi Ricart essayait de comprendre les intentions derrière les paroles plutôt que de les prendre au pied de la lettre.
C’était aussi pour cela que, lors de son arrivée au dortoir de l’Académie de Beringen, il ne s’était pas mis en colère et avait à peine réagi aux provocations dont les autres enfants l’avaient accablé.
Il avait vécu parmi des soldats brutaux et combattu face à l’hostilité frénétique des barbares. Aussi agressivement que ces enfants tentassent de le provoquer, ils avaient du mal à éveiller en lui la moindre émotion.
Puis Ricart remarqua soudain la couverture qu’il tenait à la main.
Ah. C’était une initiation. Si ce n’était que ça, il aurait simplement dû se laisser tabasser.
« Ah, c’était une initiation ? Désolé. Tu veux recommencer ? »
Malheureusement, il était déjà trop tard. Quatre enfants gisaient autour de lui en gémissant. Le silence envahit la pièce.
Quelqu’un s’adressa alors à Ricart depuis une couchette supérieure. Il ne voyait pas qui c’était.
« Hé, tu sais te battre ? »
« Eh bien, toi, tu te débrouilles comment ? »
Quelqu’un ricana. Puis l’inconnu sauta de la couchette supérieure et se montra.
C’était un élève aux cheveux blonds coupés court. Son visage paraissait si âgé qu’on aurait dit qu’il avait menti sur son âge. Pourtant, sa peau était assez nette pour qu’il ait peut-être vraiment l’âge qu’il prétendait. Ricart n’arrivait pas à le déterminer.
Mais surtout, il dépassait Ricart d’au moins une tête. Torse nu, il avait des muscles bien dessinés.
« À mains nues ou avec des couteaux ? »
« Comme tu préfères. »
« Bien. Ça devient intéressant. Pankration ! »
Son adversaire poussa soudain un cri. Et pas un petit cri : il hurla à pleins poumons. Les enfants les plus timides sursautèrent, et Ricart lui-même fut pris de court.
Qu’est-ce qui lui prenait ?
Mais, comme pour répondre à son cri, les autres enfants se mirent à hurler à leur tour. Des dizaines de voix s’élevèrent en même temps, avec une telle force que tout le dortoir sembla trembler.
« Pankration ! Pankration ! Pankration ! »
C’était une sorte de chant ?
Ricart resta là, perplexe, tandis que son adversaire se retournait et se dirigeait vers la porte opposée. Comme il semblait vouloir se battre, Ricart le suivit.
Derrière l’autre porte se trouvait la cour du dortoir, qui ressemblait à un terrain d’entraînement.
Le sable était parsemé de vieilles taches de sang et de fraîches éclaboussures. Sur les côtés se dressaient des barres parallèles, des barres de traction, des structures d’escalade et des mannequins d’entraînement en bois.
Certains enfants s’entraînaient au combat, faisaient de l’exercice ou pelotaient des filles. Quand les élèves sortirent en masse du dortoir, ils interrompirent leurs activités et se tournèrent vers eux.
Dans un coin du terrain se trouvait un ring circulaire de sable. Celui qui avait entraîné Ricart dehors y entra pieds nus.
Les enfants formèrent naturellement un cercle autour du ring. Ricart ôta sa cape et ses chaussures, puis entra à son tour dans le sable.
Certains regardaient, les bras croisés et l’air ennuyé. D’autres avaient les yeux brillants, excités par la situation. Les derniers semblaient effrayés par ce qui allait se produire.
L’adversaire de Ricart souriait avec assurance, comme s’il savourait tous ces regards posés sur lui. Il appréciait surtout l’attention des filles.
« Ce combat ne peut se terminer que de deux façons : tu abandonnes ou tu meurs. Tout est permis, sauf mordre et frapper dans les couilles. Voilà, la pankration. »
« Vraiment ? Alors, tu es prêt à mourir ? »
« Quoi ? Hahaha, intéressant. Très intéressant. Hé, que quelqu’un lui bande les mains. »
Aussitôt, Boribori fendit la foule, prit les mains de Ricart et les banda.
Ces bandes servaient à protéger les poings, pas à empêcher de blesser l’adversaire.
La petite amie de Volka lui banda les mains, tandis que Boribori s’occupait de celles de Ricart. En voyant que les mains de Ricart n’avaient pas la moindre callosité, Boribori crut que l’issue du combat était déjà décidée.
« Quand il te frappera, fais comme si tu avais mal et tombe. Volka ne te tuera pas, mais tu risques quand même d’être sérieusement blessé. »
Boribori avait parlé à voix basse. L’adversaire de Ricart s’appelait donc Volka.
« Tu n’as pourtant pas l’air très prêt à te battre. »
« … Hein ? »
Boribori le regarda d’un air perplexe, incapable de comprendre ce qu’il voulait dire.
« Tu comptes les bander encore longtemps ? Tu veux nous regarder baiser ? »
« Hahahahaha ! »
Les paroles de Volka déclenchèrent un éclat de rire général. Sa petite amie fit semblant de ne pas apprécier, mais son plaisir se lisait sur son visage.
« Ça suffit. Vas-y. »
Ricart s’adressa à Boribori. Trouvant quelque chose d’étrange, Boribori sortit du ring de sable.
Volka sautilla légèrement sur place, puis tourna autour de Ricart comme s’il se promenait. Il se rapprocha peu à peu, avança son pied avant et décocha un coup de poing.
Pan !
Non, il essaya de décocher un coup de poing.
Un éclair jaillit devant les yeux de Volka. Sa tête partit en arrière, son poing fendit l’air selon une trajectoire étrange et un genou heurta le sol.
Un silence de mort tomba sur la foule, comme si on venait de lui jeter un seau d’eau glacée.
Volka s’accrocha de justesse à la conscience. Il tituba en tous sens, essayant tant bien que mal de retrouver son équilibre. Mais un nouvel éclair jaillit devant ses yeux, puis il perdit connaissance.
Ricart lui avait décoché un coup de pied haut en pleine tête. Pour les spectateurs, le voir frapper ainsi un adversaire plus grand que lui ressemblait à un tableau parfait.
Si le silence avait eu un poids, on aurait dit qu’un énorme rocher venait de s’abattre sur eux. On n’osait même plus respirer librement.
Les sourires s’effacèrent lentement des visages des élèves, qui le regardaient tous bouche bée. Même ceux qui avaient les bras croisés les laissèrent retomber sans s’en rendre compte.
Trois ou quatre secondes passèrent. Volka reprit connaissance. D’abord perplexe, il remua à peine ses membres raides et essaya de se relever. Il ne se rendait même pas compte que du sang lui coulait du nez et de la bouche.
« J’aurais pu te tuer vingt fois de plus. Tu ne veux pas abandonner ? »
Ricart resta immobile, les yeux fixés sur Volka. Ce n’est qu’alors que celui-ci comprit qu’il avait perdu connaissance.
Puis il remarqua tous ces regards stupéfaits braqués sur lui, et la honte l’envahit. Parmi eux se trouvait celui de sa petite amie.
« … Va te faire foutre… ! »
Volka, brûlant d’envie de se battre, balança un large coup de poing.
Non, avant même qu’il puisse le lancer, un nouvel éclair jaillit devant ses yeux.
Pan !
Son poing fendit le vide et Volka tomba à genoux.
Cette fois, il ne perdit pas connaissance. Il s’accrocha obstinément à la conscience et tendit les bras pour tenter de l’empoigner et de l’entraîner au sol. Mais ils n’avaient aucune force et ne faisaient que s’agiter en vain.
Le genou de Ricart percuta la mâchoire de Volka, qui perdit à nouveau connaissance.
Crac !
Flop.
Cette fois, Volka mit environ cinq secondes à ouvrir les yeux. Il était face contre terre dans le sable. Ce n’était pas que son corps refusait de lui obéir : il n’avait tout simplement plus de force.
Il tourna péniblement la tête et leva les yeux. Ricart le regardait de haut.
« C’est toi qui l’as dit. Le combat ne se termine que lorsque l’un de nous abandonne ou meurt. »
Le sang coulait à flots de son nez cassé et de ses lèvres fendues. Les yeux mi-clos, Volka parvint à peine à articuler entre deux respirations sifflantes :
« … Va te faire… foutre. »
« Ah bon ? Alors j’ai perdu. Ça te va ? »
Ricart défit ses bandages, les jeta sur Volka et s’en alla.
L’un des enfants qui avaient assisté au combat lui rendit sa cape. Ricart ramassa ses chaussures et s’éloigna sans se retourner.
Un silence encore plus lourd s’abattit sur le terrain d’entraînement. Les enfants n’arrivaient pas à reprendre leurs esprits et à comprendre ce dont ils venaient d’être témoins.
Volka resta longtemps étendu face contre terre dans le ring de sable, incapable de se relever. Ses épaules tremblaient comme s’il pleurait.
Les bandages que Ricart avait portés reposaient en désordre sur la tête de Volka. Même si Ricart n’avait pas voulu faire cela, ils ressemblaient à une insulte adressée au vaincu.
Ricart ne savait pas quel lit il devait prendre. Il resta donc planté là, à regarder autour de lui. Les enfants qui entrèrent ensuite le virent et s’arrêtèrent sur place.
Aucun n’osait s’approcher de Ricart ni lui demander de bouger. Le passage était bouché par une foule d’enfants, comme dans un embouteillage.
Puis Ricart aperçut dans la foule l’enfant qui lui avait bandé les mains. C’était Boribori.
« Hé, toi. Tu me connais, non ? Tu m’as bandé les mains tout à l’heure. »
« … Moi ? Moi ? »
« Oui, toi. Où est ta place ? »
« Moi ? Moi ? »
« Tu imites un animal qui fait “mêêê” ? »
« Moi ? Moi ? »
« … »
Ricart avait essayé de poser sa question le plus gentiment possible, avec une pointe d’amusement dans la voix. Mais il se demanda si Boribori ne se moquait pas de lui, et son visage se ferma.
Les enfants autour de Boribori l’attrapèrent et le poussèrent presque de force vers Ricart.
Ricart et Boribori se retrouvèrent face à face. Boribori ne faisait que rouler les yeux et n’arrivait même pas à le regarder.
« Si tu as un handicap, fais oui de la tête. Je comprendrai. »
« … »
Boribori resta immobile.
« Alors, si tu te moquais de moi, arrête. Tu peux faire ça ? »
« O-Oui. Non, je ne me moquais pas de vous… »
« Où est ta place ? »
Boribori leva la main et désigna un endroit près du fond des couchettes du bas.
« Il y a de la place à côté de toi ? »
Boribori regarda derrière lui. L’élève qui occupait la place en question secoua vivement la tête.
« … Non. »
« Vraiment ? Alors on restera ensemble. Tu es blessé quelque part ? »
« N-Non. Ça va. »
« C’est la première fois que je viens ici, alors il y a plein de choses que je ne sais pas. Aide-moi un peu. »
« D’accord… »
Une fois sa place choisie, Ricart rejoignit son nouveau coin et déballa ses affaires. Il poussa sur le côté les objets en désordre qui s’y trouvaient.
Un nouveau venu n’aurait pas dû se permettre d’agir aussi librement, mais personne ne dit rien.
L’atmosphère du dortoir était tendue et, comme personne ne parlait, la pièce était aussi silencieuse que si on l’avait aspergée d’eau froide. Ricart se dit que l’endroit était simplement calme.
Boribori s’assit silencieusement juste à côté de Ricart, mais il était évident qu’il faisait attention à lui.
Ricart demanda :
« Comment se passent les cours ? »
« Les cours ? »
« Ouais. On nous apprend des choses, non ? »
« Eh bien… Ils disent que pendant environ un an, on va en ville pour gagner de l’argent. Pendant ce temps, on s’entraîne ou on se fait des amis par nous-mêmes. Ensuite, l’année suivante, on paie des frais de donation avec l’argent qu’on a économisé et on suit des cours. »
« J’ai un peu d’argent. Tu crois que ça suffira ? »
Ricart dénoua sa bourse et en versa le contenu sur le lit.
Cling, cling.
C’était l’argent qu’il avait tiré de la vente des objets de valeur trouvés sur les corps des frères Biltun et récupérés après leur mort. Il y avait plusieurs dizaines de pièces d’argent et quelques pièces d’or.
Boribori ouvrit de grands yeux. Il n’avait jamais vu autant d’argent de sa vie.
« Euh… J-Je ne sais pas. »
Boribori était arrivé avant Ricart, mais n’était là que depuis un mois. Il ne connaissait pas tous les détails.
« Donc, je n’ai qu’à trouver un endroit où dormir ici, gagner de l’argent de mon côté, payer les frais de donation pour suivre les cours, passer deux ans ici, partir et travailler trois ans dans une guilde, puis devenir un véritable aventurier ou passer l’examen final ? »
« Euh… Peut-être ? Ça doit être ça. Mais ils nous donnent du pain matin et soir. Il y a un endroit où on peut en prendre. Il est tellement dur que c’est difficile à manger, par contre. De toute façon, si tu veux de vrais repas et une vie décente, il te faut de l’argent… »
Ricart avait déjà largement de quoi faire. Bien sûr, il n’aurait pas assez plus tard s’il voulait de bonnes armes et un équipement convenable, mais il avait largement de quoi vivre pour l’instant.
« Je vois. Merci. »
« Hein ? M-Mais tu n’es pas censé dire merci ici… »
« Ah bon ? Ah, je vois ce que tu veux dire. Désolé. »
« … Tu n’es pas censé dire désolé non plus… »
« Haha, ouais. C’est un peu comme dans l’armée. »
« L’armée ? »
« Ouais. De vrais frères d’armes n’ont pas besoin de se remercier ni de s’excuser. Parce que je sais que je risquerais ma vie pour sauver mes compagnons et qu’ils feraient pareil pour moi. »
Boribori jeta un regard prudent à Ricart. Il paraissait bien trop jeune pour avoir connu l’armée. Boribori se demanda s’il fanfaronnait, mais, vu sa façon de se battre, il se demanda si ce n’était pas vrai.
« Au fait, le rang compte beaucoup ici. Il détermine des choses comme l’endroit où tu dors ou qui doit s’écarter quand deux personnes se croisent dans ces couloirs étroits. »
« Le rang ? Qui le décide ? »
« Personne. Tout le monde le connaît, c’est tout. »
Il n’y avait pas de classement officiel, mais tous les enfants savaient qui se battait le mieux et qui venait après. Ils se défiaient et se battaient, ce qui rendait la hiérarchie plus concrète.
Assis à sa place, Ricart passa la tête dans l’allée et observa les enfants du dortoir. Il avait beau les regarder, ce n’étaient que des enfants. Ils avaient tous l’air complètement inoffensifs, et il se demanda pourquoi ils s’embêtaient à établir un classement.
« Et toi, tu es à quel rang ? »
demanda Ricart.
« J’en ai pas. Je suis tout en bas de l’échelle. »
« Tout en bas ? C’est dur. Alors, pour vivre tranquillement ici, mieux vaut être bien classé ? »
« Ils disent que c’est plus facile si on renonce à tout et qu’on baisse la tête. Au bout de deux ans, on s’en va et on fait autre chose. »
« … C’est un peu triste. Au fait, je ne t’ai pas demandé ton nom. Moi, c’est Ricky. Et toi ? »
À mesure qu’ils parlaient, la peur que Ricart inspirait à Boribori semblait s’atténuer. Au début, il lui avait fait penser à un fantôme, mais il était peut-être vraiment une personne comme les autres.
« Je m’appelle Boribori. »
Mais dès que Boribori donna son nom, le silence retomba.
Le visage de Ricart, qui avait parlé avec une pointe d’amusement, se referma de nouveau.
« Tu te moques vraiment de moi, hein ? »
« N-Non ! C’est vrai ! Je m’appelle vraiment Boribori ! »
Ricart continua de le regarder d’un air soupçonneux. À cet instant, la porte opposée s’ouvrit et quelqu’un entra.
C’était Volka.
Il avait du sang sur le nez et la bouche. Il tituba dans la pièce, puis s’affala sur une couchette du bas qui n’était pas la sienne.
« Il est à quel rang ? »
demanda Ricart.
Boribori calma son cœur affolé et répondit :
« … C’est notre chef… »
Notes :
L’échange « Moi ? Moi ? » joue sur « na », qui signifie « moi » en coréen et ressemble aussi au bêlement d’un animal.
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