Chapitre 139
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Traducteur/éditeur : ZERO_SUGAR
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◈ Ode of the Brave ◈
Chapitre 139
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* * *
Ricart traversa Valensha et s’enfonça dans les terres, loin de la côte.
Il avait tué quatre chevaliers, mais l’émir de Valensha n’avait pas réagi. Ricart ignorait s’il avait pris peur ou s’il n’avait tout simplement pas les moyens de riposter.
Mais n’y avait-il donc personne pour protéger ces gens ? Les réfugiés qui suivaient Ricart se comptaient probablement par milliers.
En les entraînant derrière lui sans le vouloir, Ricart atteignit le plateau de Keresi, où se trouvait, disait-on, le quartier général des Chevaliers de la Flamme. Un vent frais balayait les champs couverts de broussailles et d’herbes courtes, et l’eau du lac était limpide.
Alors, les milliers de personnes qui avaient suivi Ricart s’installèrent brusquement sur place. Il se retrouva incapable d’aller où que ce soit, comme si on lui avait attaché des chaînes aux chevilles.
Devait-il les abandonner ou faire quelque chose ? Mais que pouvait-il faire ?
« En y regardant de plus près, ces gens ont souvent un chef de village ou quelqu’un dans ce genre. Demande-leur ce qu’ils comptent faire. »
Hashim lui donna son avis. Ricart suivit son conseil et s’approcha des gens, se disant qu’il pouvait aussi bien le leur demander.
Il s’avança à cheval, monté sur sa bête rouge vif et vêtu d’une splendide armure. On le repérait facilement, même de loin, et les milliers de personnes tournèrent les yeux vers lui.
Ricart fit quelques allers-retours à cheval, balayant la foule du regard avant de prendre la parole.
« Y a-t-il un chef ici ? Un chef de village, par exemple. »
Les gens échangèrent des regards, puis tous se tournèrent vers quelqu’un. Bientôt, des personnes se levèrent à différents endroits et s’approchèrent de Ricart, l’air hésitant et effrayé.
Ils avaient la peau sombre. Ils n’étaient pas de la même race que Ricart.
« Je dois me rendre quelque part. Avez-vous décidé où aller ? Est-il prudent de rester ici ? »
Les chefs des habitants venus des mêmes villages ou régions se contentèrent de s’observer avec méfiance.
Alors, une personne âgée coiffée d’un turban s’avança, avec le courage particulier de ceux qui n’ont plus longtemps à vivre.
« Ceci est notre patrie. Si vous allez par là, vous trouverez un village nommé Musa. Là-bas, il y a un village appelé Al Fanti. Au-delà de ce col, au loin, se trouve le village de Jose, et si vous poursuivez dans cette direction… »
La personne âgée continua de désigner différents endroits, nommant les villages et les villes. Ricart ne comprenait pas où elle voulait en venir, mais il l’écouta calmement jusqu’au bout.
La personne âgée reprit :
« Pourtant, tous ces villages et toutes ces villes ont été détruits. El Cid ne le comprend peut-être pas, mais pour des gens comme nous, c’est toujours notre patrie, même détruite. Si nous avons un souhait, ce n’est pas de fuir loin d’ici, mais de reconstruire notre patrie et d’y vivre à nouveau. »
Les gens appelaient Ricart « El Cid ». En salaman, cela signifiait maître ou seigneur, un peu comme « monsieur ».
Il était rare de gagner le respect des païens, mais la situation ne lui permettait pas de s’en réjouir simplement.
« Qui a détruit vos villages et vos villes ? »
« Les Chevaliers de la Flamme. »
Ces mots serrèrent le cœur de Ricart et lui coupèrent le souffle.
Comme on pouvait s’y attendre, un rassemblement de cette ampleur ne pouvait qu’attirer l’attention. Des cavaliers approchaient au loin.
À leur tête chevauchait un porte-étendard, qui brandissait une bannière triangulaire. Une flamme était représentée sur le fond blanc, et leurs surcots, portés par-dessus leurs cottes de mailles, arboraient le même motif blanc et rouge. Il s’agissait sans aucun doute des Chevaliers de la Flamme.
Ils s’approchèrent de Ricart, et un homme coiffé d’un casque à nasal s’avança.
« Je suis Raimund, chevalier des Chevaliers de la Flamme. Êtes-vous celui qui a tué les chevaliers de Valensha et protège les païens ? »
Les gens avaient suivi Ricart de leur plein gré, mais, contrairement à ce qu’il aurait voulu, la rumeur semblait s’être répandue ainsi. Les rumeurs étaient souvent comme ça. Elles se propageaient sans se soucier des intentions de la personne concernée.
Ricart répondit tout de même par l’affirmative.
« C’est bien moi. »
« Pourquoi protégez-vous les païens ? »
« Nous adorons tous le même Dieu, même si nos façons de croire diffèrent. Et regardez-les. Ont-ils la force de se défendre ? Tourmenter des innocents, seuls les démons en seraient capables. Les protéger, c’est ce que Dieu nous commande. Je ne fais donc que suivre la volonté de Dieu. »
Ricart leva les yeux au ciel et exprima sans retenue ce qu’il pensait au plus profond de lui-même, même si la tournure des événements risquait de l’obliger à combattre un Chevalier de la Flamme.
Pourtant, Raimund observa Ricart et les gens, puis lui donna une réponse inattendue.
« Voilà des paroles remarquablement sensées pour notre époque. Comment vous appelez-vous ? »
« Je suis Ricart, de la famille Calderbern, à Stormhertz. Je mène une guerre à Adelorne et je suis venu demander l’aide des Chevaliers de la Flamme. Je souhaite aussi voir mon frère, qui appartient à l’ordre, et honorer la demande d’Edmund, mort injustement. »
Ricart exposa ouvertement ses trois objectifs : obtenir le soutien des Chevaliers de la Flamme, retrouver son frère Bilter et leur remettre le coffret-reliquaire.
Mais lorsque Raimund entendit le nom de sa famille et de son lieu de naissance, il parut visiblement surpris.
« Grands dieux… Vous avez un frère nommé Bilter ? Bilter le Faucheur rouge ? »
« Le Faucheur rouge ? »
« C’est ainsi qu’on l’appelle ici. Mais la situation est préoccupante… »
« Pourquoi ? »
« Je ne sais pas par où commencer, mais pour vous donner d’abord la conclusion : les Chevaliers de la Flamme sont actuellement divisés en deux camps. Votre frère s’est emparé de la forteresse de l’ordre et en est devenu le commandant. Le reste d’entre nous n’a pas pu se résoudre à le suivre, alors nous avons trouvé refuge auprès du roi Santonio. »
Ricart resta bouche bée devant cette nouvelle tout à fait inattendue. Voyant sa réaction, Raimund lui donna quelques explications.
« L’ordre était déjà divisé dans une certaine mesure depuis longtemps. Puis, avec l’oppression récente de l’Empereur, la division a éclaté au grand jour. Une faction veut fonder un État réservé à l’ordre, tandis que l’autre souhaite simplement remplir son devoir. J’appartiens à la faction du Devoir. Je m’oppose au Faucheur rouge. »
Le plateau de Keresi était un paysage magnifique à perte de vue. Le vent était frais et le lac limpide. Pourtant, au-delà de ce beau plateau, le sang et les flammes les attendaient.
Ce paysage rappelait un peu à Ricart Haiden Fields, même si elles se trouvaient loin au nord. Là-bas, il faisait froid ; ici, il faisait chaud. C’était la seule différence.
« Je dois rencontrer Billy moi-même. Puis-je vous confier ces gens ? »
On ne demandait généralement pas un tel service à quelqu’un qu’on venait de rencontrer, et Raimund avait encore moins de raisons d’accepter.
Pourtant, en regardant le frère du Faucheur rouge, qui lui ressemblait tant, Raimund éprouva une étrange confiance en lui.
Leurs idées différaient, tout comme leurs objectifs, mais, parmi les chevaliers que Raimund connaissait, Bilter était le plus puissant. Peut-être était-ce une forme de respect née de ce constat.
Ricart lui ressemblait, et pourtant, il dégageait quelque chose de totalement différent.
« C’est absurde. Il y a des terres en abondance, mais personne pour les cultiver. Il y a une forteresse à Saramusa, avec beaucoup de terres en friche devant elle. Je les y conduirai pour le moment. Je parlerai au roi Santonio plus tard. Allez à Caragosa. Votre frère s’y trouve. »
À l’accord de Raimund, Ricart hocha simplement la tête, sans rien laisser paraître. Il jeta un dernier regard aux gens, puis repartit avec Hashim.
Depuis des centaines d’années, les Chevaliers de la Flamme défendaient les frontières de l’Empire. Ils avaient fait vœu de chasteté, mais cela signifiait aussi que, depuis des siècles, des chevaliers libérés de leurs obligations ou retraités s’étaient établis ici, avaient fondé une famille et s’étaient bâti un foyer.
Les premières années avaient dû être marquées par de nombreuses grandes guerres, mais le temps avait mêlé leur sang et les avait amenés à vivre côte à côte.
À mesure que les années passaient, des questions avaient forcément fini par se poser. Qui était l’ennemi, au juste ? Que protégeaient-ils, et contre quoi ?
On désignait généralement les païens sous le nom de Salamans, mais en vérité, ils avaient une apparence différente, même de celle des véritables Salamans.
Peut-être que, comme un objet qui s’use et perd son utilité à force de servir, les nobles idéaux d’autrefois avaient eux aussi vieilli.
À la tombée du jour, Ricart arriva enfin à destination. Après plus de vingt jours de voyage, il avait atteint la forteresse de Caragosa, le quartier général des Chevaliers de la Flamme.
La forteresse de Caragosa avait été bâtie à l’origine sous l’Ancien Empire. Les Salamans s’en étaient ensuite emparés et l’avaient agrandie. Puis les chevaliers l’avaient conquise à leur tour et agrandie encore, en faisant une forteresse d’une grandeur écrasante et d’une solidité inexpugnable.
Elle n’avait rien à voir avec les châteaux minables qu’on trouvait ailleurs dans l’Empire. Dressée au sommet d’une colline escarpée, la forteresse était robuste, dotée de murs épais et empreinte d’une majesté écrasante.
Les bannières des Chevaliers de la Flamme flottaient partout. Au pied de la forteresse s’étendait un grand ensemble de baraquements, semblable à un village, où vivaient les soldats du rang de l’ordre.
Ricart et Hashim chevauchaient côte à côte tandis que les gens les observaient d’un œil hostile. Ils semblaient prêts à se jeter sur eux à tout instant.
Avant même qu’ils s’en rendent compte, des gens s’étaient rassemblés autour d’eux, encerclant les deux hommes comme s’ils assiégeaient la forteresse. Ils tenaient des lances, des hallebardes et des serpes.
Alors qu’ils atteignaient l’entrée de la forteresse, au pied de la colline, un chevalier s’approcha. Sous son casque, ses yeux brillants trahissaient l’expression dure de quelqu’un qui avait tué d’innombrables personnes.
« Si vous êtes venus pour rien, je ne réponds pas de votre vie. Qui êtes-vous, d’où venez-vous et pourquoi approchez-vous de cette grande forteresse ? »
« Je suis Ricart, de Stormhertz, de la famille Calderbern. Je suis venu voir mon frère Bilter. Et, à la demande d’Edmund, un chevalier des Chevaliers de la Flamme, je suis venu remettre un coffret-reliquaire. »
Ricart répondit calmement à cette question menaçante. Le chevalier resta un instant immobile, visiblement surpris de voir arriver le frère du commandant qu’ils suivaient.
« Attendez ici. »
Le chevalier fit porter un message dans la forteresse. Ricart et Hashim attendirent au milieu de la foule hostile qui les encerclait. Aucun des deux ne montra le moindre signe de peur.
En vérité, Ricart n’avait pas peur du tout. Non, il avait peur. Pas de leurs menaces, mais de voir une angoisse sans nom se réaliser. Son cœur battait à tout rompre et refusait de se calmer.
Enfin, quelqu’un sortit de la forteresse. La personne murmura quelque chose au chevalier, qui hocha la tête en signe d’assentiment.
« Entrez. »
Heureusement, on ne les repoussa pas à la porte. Ricart gravit la colline à cheval et pénétra dans la forteresse. Des chevaliers s’y tenaient, certains en armure, d’autres non.
Un serviteur prit les rênes et Ricart mit pied à terre. Tous les chevaliers regardèrent Ricart et Hashim. Ils ne les foudroyaient pas ouvertement du regard, mais leurs yeux durs suffisaient à les menacer férocement.
Personne ne dit un mot, comme s’ils cherchaient à les intimider par le silence.
Au lieu de conduire Ricart et Hashim dans le château intérieur, le serviteur leur fit contourner celui-ci et les emmena dans le jardin arrière. Un grand arbre y poussait, et Bilter était assis au pied de son tronc, le dos tourné vers eux.
« Je les ai amenés, commandant. »
Le serviteur prit la parole. Bilter ne se retourna pas et ne répondit pas. Lorsque le serviteur s’en alla, aucun chant d’oiseau ne se fit entendre dans le jardin. Il ne resta que le silence.
Bilter se tourna soudain vers Ricart. Des yeux bleus. C’était la seule différence. Sa taille, sa carrure, ses cheveux dorés et ses traits étaient si semblables aux siens qu’il avait l’impression de se regarder dans un miroir.
Mais le regard indifférent, dénué de la moindre émotion, lui fit l’effet d’une dague.
Ricart avait désespérément voulu le revoir, mais la scène n’avait rien à voir avec ce qu’il avait imaginé. Son cœur battait à tout rompre, sans qu’il sache pourquoi. Dis quelque chose, Billy…
Quelque chose sembla remonter des profondeurs de Ricart, d’un endroit dont il ignorait jusqu’à l’existence, et il dut lutter de toutes ses forces pour le retenir.
Pourtant, à l’inverse de Ricart, Bilter se détourna de nouveau, baissa les yeux vers le sol et demanda d’un ton sec :
« Qu’est-ce qui t’amène jusqu’ici ? »
Ricart déglutit avant de répondre.
« Edmund, tu sais, le chevalier qui t’a emmené, Billy. Je l’ai vu brûler vif sur le bûcher à Nibelungen. Avant de mourir, il m’a demandé de veiller à ce que ceci soit remis au quartier général. »
Ricart sortit le coffret-reliquaire grossièrement décoré. Bilter ne lui accorda même pas un regard.
« Pose-le là. »
« C’est tout ? Tu n’as rien d’autre à dire ? »
« Qu’y a-t-il de plus à dire ? Et c’est quoi, cette bête à côté de toi ? »
Il parlait de Hashim. Ricart sentit que quelque chose n’allait vraiment pas.
Surpris, il se tourna vers Hashim, mais celui-ci resta simplement là, impassible.
« Qu’est-ce que tu racontes ? Hashim est mon ami. Il m’a guidé jusqu’ici. »
« Ton ami ? Qu’est-ce qui ne va pas chez toi ? Tu t’es lié d’amitié avec un païen ? »
Bilter se retourna vers Ricart, les yeux pleins de venin, comme si celui-ci était devenu son ennemi juré. Ils semblaient brûler.
« … Pourquoi es-tu aussi furieux ? On dirait que tu n’es plus le Billy que j’ai connu. »
Bilter eut un petit rire et secoua la tête.
« Tu n’as toujours pas grandi, Ricky. »
« Et toi, tu as grandi, peut-être ? »
Ricart posa la question, s’agitant malgré lui.
« Comme tu le vois. Je suis le commandant des Chevaliers de la Flamme. »
« Et alors ? Le travail d’un commandant se résume à tuer des gens incapables de se défendre ? »
« Ne sois pas naïf, Ricky. Tout ne s’arrêtera que lorsqu’ils seront tous morts. Les païens, surtout, souillent cette terre. En tant que commandant, mon devoir est de purifier le pays et de fonder une nation pure. »
« Ne te mens pas à toi-même, Billy ! Ce n’est pas comme ça qu’on bâtit une nation ! Tu commets un péché ! »
Ricart cria. Bilter se leva d’un bond, le saisit au col et le fixa comme s’il allait le tuer.
« Qu’est-ce que tu en sais ? As-tu vu tes frères mourir ? Connais-tu la guerre ? Si tu veux parler comme un gamin immature, va-t’en. »
Ricart repoussa la main de son frère, le saisit à son tour par le col et cria :
« Ressaisis-toi ! Qu’est-ce que l’ordre t’a fait pour que tu deviennes comme ça ? Tu n’as jamais été comme ça ! Pense à la famille ! »
Leurs émotions montèrent jusqu’à menacer d’exploser. Non, peut-être avaient-elles déjà explosé.
Bilter repoussa de nouveau la main de son frère, puis le poussa violemment à la poitrine. Il serra les poings et cria :
« Ne me parle pas de famille ! Ce n’est pas elle qui m’a abandonné ? C’est l’ordre qui m’a élevé ! La guerre m’a élevé ! Le feu et l’acier ! Le sang ! La mort m’ont élevé ! »
Ricart fut si stupéfait que sa respiration s’interrompit. Son corps trembla comme s’il avait été frappé par la foudre. Alors qu’il fixait Bilter, les yeux tremblants, celui-ci ressemblait trait pour trait à ce que Ricart avait été dans sa vie précédente.
La vengeance, le ressentiment et la haine l’habitaient ; plus profondément encore, il y avait un homme habitué au massacre.
Ricart resta muet de stupeur. Bilter respirait lourdement. Il finit par dominer sa colère, puis se détourna brusquement.
« Ne fais rien d’inutile ici. Retourne d’où tu viens. Rentre chez toi ou amuse-toi à jouer les aventuriers, ou je ne sais quoi. Je te laisse partir par égard pour notre parenté, dans un dernier geste de clémence. Ne me retrouve pas sur le champ de bataille. Même si c’est toi, je te tuerai. »
Sur ces mots, Bilter s’éloigna à grands pas. Les jambes de Ricart cédèrent et il s’effondra au sol.
Toute sa force l’abandonna d’un coup, comme si tout ce qu’il avait en lui s’était vidé. Ce que je fais, ce que je veux faire, ce que j’ai fait…
La tristesse, la douleur et la culpabilité tourbillonnèrent alors dans son cœur. Ricart était d’ordinaire calme et se laissait rarement submerger par ses émotions, mais cette fois, il ne put s’empêcher de craquer.
Son enfance avec Bilter sembla défiler devant ses yeux. Ils couraient ensemble dans les champs de Stormhertz, dormaient la main dans la main, le parfum de l’herbe et des fleurs, la lumière du soleil couchant, les sourires de Bilter quand il le prenait dans ses bras et le portait sur son dos, et cette douceur qui émanait de lui.
Mais ce garçon avait disparu.
Il avait l’impression qu’on lui broyait le cœur. Bientôt, ces souvenirs si précieux se brouillèrent derrière ses larmes. Un ressentiment sans issue, perdu et incapable d’atteindre qui que ce soit, s’écoula goutte à goutte avec ses larmes.
La faible lueur rouge du soleil couchant enveloppa le dos de Ricart.
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