Chapitre 136
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Traducteur/éditeur : ZERO_SUGAR
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◈ Ode of the Brave ◈
Chapitre 136
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Le désert semblait être le meilleur endroit pour admirer les plus belles étoiles. Même celles qui brillaient au-dessus des Haiden Fields n’avaient jamais illuminé le ciel à ce point.
En contemplant le magnifique ciel nocturne du désert, Ricart songea que les plus belles choses fleurissaient dans les lieux les plus rudes et les plus hostiles.
Ricart et Hashim tenaient chacun deux chevaux par les rênes. En suivant Auku, ils ne purent détacher leurs yeux du grand panorama du temps, de l’espace et de l’univers.
Les voyageurs venus d’ailleurs étaient bouleversés par les mystères du désert, mais Auku semblait y être habitué. Le garçon avançait en sautillant joyeusement.
Ce qui était un trésor incomparable pour l’un n’était que le quotidien de l’autre.
« Par ici, les oncles. Dépêchez-vous. »
Auku les héla en prenant de l’avance.
Après avoir franchi une crête à la suite du garçon, ils découvrirent que le sol aussi était constellé d’étoiles. Ricart resta un instant sans voix devant cette beauté indescriptible.
Étrangement, une prairie s’étendait au milieu du désert, couverte de cactus de toutes les tailles, certains plus hauts qu’un homme, d’autres plus petits, telle une forêt.
Une fleur unique poussait sur chaque cactus, diffusant une lueur douce comme celle de la lune. Les mystères de la nature et de la vie étaient vraiment bouleversants.
Ricart et Hashim s’approchèrent des cactus. Ils examinèrent attentivement les fleurs de cristal. La nuit était un peu froide, mais l’air autour des fleurs était particulièrement glacial.
« Quand les héros meurent, ils deviennent des étoiles dans le ciel. Les gens ordinaires deviennent des fleurs de cristal. Chacune de ces fleurs est l’âme d’un mort. Alors ne les manipulez pas à la légère. Et n’en cueillez pas trop. Vous seriez punis. »
Telle était apparemment la croyance de la tribu Azur. Ou peut-être était-ce la vérité. Les fleurs de cristal étaient si douces, si belles et si inquiétantes.
« Cueillez-en une chacun en pensant à quelqu’un qui est mort. Tant que vous la cueillerez, cette personne vous protégera. »
Ricart regarda Hashim, absorbé par les fleurs de cristal, puis interrogea Auku.
« Comment fait-on pour retrouver des souvenirs perdus ? »
« On écrase la fleur et on la fume. Si vous voulez rencontrer les morts, vous la faites bouillir et vous buvez l’infusion. Mais rien ne garantit que vous rencontrerez la personne que vous cherchez. »
Ricart ne savait pas dans quelle mesure il devait y croire, mais l’existence même des fleurs de cristal était difficile à concevoir, alors qu’il les avait sous les yeux.
Il baissa la tête et réfléchit en silence. Puis il se souvint de sa mère qui lui souriait dans la lumière du soleil filtrant par une fenêtre. Avec précaution, il cueillit une fleur.
Il n’en avait pas vraiment besoin, mais Auku avait dit que chacun pouvait en cueillir une, alors il la garda simplement avec lui.
Au lieu d’une fleur fraîche, il avait l’impression de toucher du cristal. Elle était glacée ; Ricart la rangea donc rapidement dans son sac.
Lorsqu’il se tourna vers Hashim, le mage contemplait toujours les fleurs. Ricart ne sut pas s’il hésitait ou s’il pensait simplement aux morts.
Ricart ne lui dit rien et ne le pressa pas. Il se contenta d’attendre.
Enfin, après avoir apparemment pris sa décision, Hashim cueillit une fleur.
« Elle est froide. Comme un cadavre refroidi. »
Ricart ouvrit une poche de son sac et la lui tendit ; Hashim y glissa la fleur.
« Allons-y. »
Après avoir regardé les deux hommes cueillir chacun une fleur, leur jeune guide prit la parole. Ricart et Hashim reprirent les rênes et marchèrent dans la nuit du désert, suivant le garçon sous les étoiles.
L’oasis n’était vraiment pas loin. Une montagne rocheuse se dressait devant eux. Elle était faite de grès rouge, mais dans la nuit, ils ne pouvaient pas apprécier la beauté de sa couleur.
Entre les montagnes rocheuses serpentait toutefois un sentier, peut-être creusé par l’eau dans un lointain passé, ou peut-être par le vent.
Il était assez large pour laisser passer des gens et des chevaux, mais, comparé aux montagnes colossales, il ressemblait à une mince fissure.
Après avoir traversé le passage sinueux, ils découvrirent une majestueuse construction sous la lumière de la lune.
La montagne elle-même avait été taillée et sculptée pour lui donner forme. Les piliers aux courbes douces et les sculptures étaient d’une délicatesse inouïe. Pourtant, cette délicatesse, assemblée pièce après pièce, créait une impression de grandeur. Les mains humaines n’avaient rien à envier aux merveilles de la nature.
« C’est ici. Le tombeau de l’Empereur. »
Auku le leur annonça, même s’ils auraient pu le deviner sans qu’on le leur dise. Seule la personne la plus honorée au monde pouvait être enterrée dans un endroit pareil.
Ricart prit une torche sur sa selle et l’alluma. En approchant du mausolée de l’Empereur, il aperçut une inscription ancienne gravée sur une dalle de pierre, à l’entrée.
Heureusement, Ricart avait appris l’écriture ancienne et pouvait la lire.
<Un Dieu, un Empire, un Empereur.
Seigneur d’Auguste, roi des rois, maître des terres les plus vastes, celui qui vit l’est et l’ouest, le sud et le nord jusqu’à leurs confins, maître de la guerre, toujours victorieux, guide des hommes, sans égal et le plus exalté.
Ne troublez pas le repos éternel d’Augustus Actobus Caesar.>
Ces mots laissèrent Ricart partagé. Dans un passé lointain, un homme avait accompli des exploits qu’il ne pouvait même pas imaginer. Il y avait là de la solennité, mais aussi le caractère éphémère du temps.
Jadis, l’Empire des Franken et des Salaman avait reposé aux pieds d’un seul homme. Son immensité, et les capacités extraordinaires de celui qui l’avait conquis, imposaient naturellement l’humilité à Ricart.
Aussi, plutôt que d’entrer dans l’espoir d’y trouver un trésor, Ricart pénétra dans le mausolée parce qu’il voulait le voir de ses propres yeux.
À l’intérieur, il n’y avait qu’une vaste pièce carrée, avec des débris de poterie éparpillés dans les coins.
Le mausolée n’était pas très complexe. Des entrées sur trois côtés menaient à d’autres salles. En regardant à gauche et à droite, Ricart ne vit que des squelettes.
Peut-être que des pilleurs de tombes qui se faisaient appeler aventuriers avaient déjà tout emporté depuis longtemps. Il ne restait rien qui vaille la peine d’être emporté.
Au-delà de l’entrée centrale, un sarcophage de pierre reposait au sommet d’un escalier de douze marches. Torche à la main, Ricart gravit les marches une à une jusqu’à lui.
Comme prévu, le sarcophage avait déjà été ouvert, et il ne contenait aucun reste.
Mais ce sarcophage n’était pas un simple couvercle. Il semblait sculpté à l’image de l’Empereur Caesar de son vivant, ce qui en faisait un artefact précieux à lui seul. C’était la seule chose du mausolée qui paraissait avoir de la valeur.
Des mots étaient également gravés sur le sarcophage. Ricart se pencha, approcha sa torche et les lut attentivement.
<Pour un guerrier, briser une épée renommée et perdre un bon cheval relève du destin. Pourtant, tant qu’il lui reste un souffle, un véritable guerrier se bat jusqu’au bout. Ainsi, les héros ne choisissent pas leur lieu de sépulture. Un héros peut être enterré n’importe où dans le monde.
Ici reposent des héros. Être enterré auprès d’eux est le plus grand honneur qui me soit accordé.>
Il n’y avait pas de trésor, et même les restes avaient disparu, mais l’esprit de ces paroles restait fier. Ricart en fut sincèrement impressionné.
Pour honorer cet esprit, il offrit sa seule fleur de cristal en guise d’offrande funéraire. Il la déposa délicatement sur le sarcophage vide et prit la parole.
« Pardonnez l’impudence dont j’ai fait preuve par curiosité. Votre trésor a disparu et même les restes de votre corps se sont évanouis, mais votre esprit vivra dans les mémoires. Je me souviendrai de vous, Empereur Caesar. »
Ricart ferma les yeux, inclina la tête et lui rendit hommage à sa manière.
Alors, la fleur de cristal posée sur le sarcophage se dispersa doucement, comme de la neige qui fond.
À cet instant, Ricart entendit des pas derrière lui, à une certaine distance. Ils résonnèrent bruyamment dans la vaste salle.
Un pas…
Ricart se retourna.
Auku et Hashim avaient disparu. À leur place se tenait une silhouette vêtue d’une robe à capuche, comme celle d’un moine, qui couvrait tout son corps et dissimulait même son visage.
Sans un mot, la silhouette observa Ricart, les deux mains cachées dans ses manches. Puis elle se détourna et sortit. Ricart la suivit.
L’inconnu quitta le mausolée et traversa le ravin. Le sentier tournait dans tous les sens, et Ricart le perdit presque de vue à plusieurs reprises. Il marcha néanmoins rapidement et courut parfois pour le suivre jusqu’au bout.
L’homme s’arrêta alors.
Non loin du mausolée, la montagne rocheuse était criblée de trous comme un nid d’abeilles.
Ils semblaient avoir été creusés exprès. Des gens avaient peut-être vécu là autrefois, ou peut-être s’agissait-il, là aussi, d’un tombeau.
L’homme gravit la montagne et entra dans l’une des cavernes. Ricart se hâta derrière lui, mais le trouva immobile à l’intérieur, à l’attendre.
« Où mène ta route, étranger ? »
La voix provenait de l’ombre épaisse de la capuche, qui ne laissait rien voir du visage de l’interlocuteur. Elle était grave et solennelle.
« Au quartier général des Chevaliers de la Flamme. »
« Non. Je parle de la route qui vient après. »
La route qui venait après ? Ricart fut un peu déconcerté, mais il comprit bientôt. L’homme lui demandait quel genre de vie il comptait mener.
« Il y a quelque chose que je dois faire. Je dois sauver les gens que la guerre a brisés. »
« Pourquoi ? Pourquoi le dois-tu ? »
« Je ne saurais pas le dire avec certitude. Mais j’ai été élevé par une bonne famille. J’ai grandi entouré d’amour et d’affection. C’est le trésor le plus précieux que je possède. Pourtant, dans ce monde, trop de gens n’ont jamais connu cela. Est-ce leur faute ? Et puis la guerre a détruit leurs maisons, tué leurs familles et les a abandonnés à la douleur et au chagrin. Je compte lutter contre cette douleur et ce chagrin. C’est tout. »
« Je vois… Alors, tu as toujours été épargné par le destin d’un souverain. »
« Qu’entendez-vous par là ? »
« Perdre des soldats, des villes, des sujets et son pouvoir, voilà le destin d’un souverain. Un souverain avance sur une route où pères et enfants cherchent à s’entretuer, où l’on porte une couronne tachée du sang de ses frères. Mais tu ne t’es jamais intéressé à ces choses. Tu possèdes déjà le trésor le plus précieux. »
« Je crois que celui qui a grandi dans l’amour possède déjà tout. À côté de cela, même le pouvoir ne vaut rien. C’est ce que je crois. J’en suis certain. »
« Pourtant, souviens-toi de ceci, toi qui as ramassé Éclair et t’en sers comme d’une arme. Depuis le commencement, l’histoire des hommes se répète. Ne laisse pas la douleur et le chagrin te détruire. N’oublie pas que tes véritables armes ne sont pas Éclair, mais l’amour et l’espoir. »
En parlant, l’homme sortit une main de sa manche et désigna un endroit sur le côté. Cette main n’était qu’un assemblage d’os.
« Puisse ceci protéger ton cœur pur. »
Ricart regarda dans la direction indiquée. Il n’y avait qu’une paroi de grès. Perplexe, il se retourna vers l’inconnu, mais celui-ci avait disparu comme s’il n’avait jamais été là.
Stupéfait, Ricart s’approcha de la paroi que l’homme lui avait montrée. Il la tâta des mains, mais n’y trouva rien d’anormal.
Il serra alors le poing et frappa doucement dessus.
Toc, toc.
L’espace derrière la paroi était creux.
Ricart frappa le mur de toutes ses forces. Il s’effrita comme de l’argile sèche. Sentant qu’il y avait quelque chose derrière, il arracha les morceaux à mains nues et découvrit, de l’autre côté, une armure abandonnée, comme si elle avait attendu son propriétaire pendant des siècles.
Ricart la sortit.
C’était une armure de style antique, datant de l’ancien Empire. Des muscles étaient sculptés sur la poitrine et l’abdomen, tandis qu’un dragon crachant du feu ornait le plastron. À la lumière de la torche, elle brillait d’un éclat rouge et doré.
Des siècles s’étaient écoulés, mais, hormis un peu de poussière, elle ne portait aucune trace de rouille. Elle semblait en métal, et pourtant elle était légère. Une arme devait avoir un certain poids, mais une armure, plus elle était légère, mieux c’était.
« Ricky ! Ricky ! Hé ! Rickyyy ! »
« Oncle Ricky ! Où es-tu passé ? Oncle Rickyyyy ! »
À cet instant, les appels pressés de Hashim et Auku retentirent à l’extérieur de la caverne. Ricart se dépêcha de sortir.
Hashim et Auku le cherchaient du regard quand ils le repérèrent aussitôt. Les yeux écarquillés, Auku s’écria avec un grand sourire :
« Tu as vaincu le démon et trouvé le trésor ! »
Il courut vers Ricart comme s’il volait. Ricart ne comprenait rien.
Hashim s’approcha à son tour.
« Je croyais que le fantôme de l’Empereur t’avait entraîné dans l’autre monde. »
« Je vous l’avais dit, oncle Ricky en était capable ! »
Hashim et Auku accueillirent Ricart avec soulagement et joie. Toujours aussi perplexe, il se contenta de regarder la caverne.
Il n’y avait vraiment personne.
« Je crois que j’ai rencontré l’Empereur. »
« Alors, tu dois être le véritable héritier de l’ancien Empire. Augustus Ricart, peut-être ? Ricky, tu as gagné. »
Ricart et Hashim s’étaient souvent chamaillés pour savoir lequel d’eux avait hérité du véritable legs de l’ancien Empire. Hashim plaisantait maintenant à ce sujet.
En vérité, aucun d’eux ne s’était jamais disputé sérieusement là-dessus. Qu’importait lequel était l’héritier ? Ce n’était pas important, même si aucun des deux ne l’était.
« Ce n’était pas comme ça. »
« Quoi qu’il en soit, c’est un soulagement. Ce garçon imprudent a failli nous envoyer aux Enfers. »
« Je vous l’avais dit, j’étais sûr qu’oncle Ricky y arriverait ! »
« La tribu Azur n’est vraiment qu’à moitié honnête et complètement inconsciente. »
« On appelle ça du courage. Enfin, le trésor a été trouvé, alors j’ai tenu ma promesse, pas vrai ? »
« Oui. »
« Au fait, qu’est-ce que c’est ? On dirait un artefact de l’ancien Empire. C’est en or ? »
« Je ne crois pas. C’est trop léger pour être de l’or. »
« Alors ce n’est pas du laiton non plus. Si tu comptes la vendre, tu devrais d’abord découvrir de quoi elle est faite. Et elle n’est pas un peu trop voyante pour que tu la portes ? »
« Je peux la couvrir avec quelque chose, comme une cotte d’armes. »
« Essaie-la. »
L’armure se composait d’une seule pièce couvrant le torse, sans épaulières, brassards ni jambières ; il ne fut donc pas difficile de l’enfiler. Ricart leva les bras au-dessus de la tête et se pencha en avant tandis que Hashim l’aidait à la passer.
Elle lui allait comme si elle avait été faite pour lui. Il pourrait faire fabriquer les autres pièces sur mesure plus tard, mais celle-ci protégerait suffisamment son torse et son dos.
Pendant que Ricart portait l’armure de l’Empereur, Auku rit et lui donna un petit coup de poing joueur.
« Waouh ! Elle est incroyablement solide ! C’est l’armure de l’Empereur ? Ça veut dire que tu es l’Empereur, maintenant, oncle Ricky ? »
Ricart ébouriffa les cheveux courts, raides et bouclés du garçon.
« Non. »
« Alors, tu es qui ? »
« Je suis Ricky. C’est tout. »
« Oh… C’est pas drôle. »
« Tant pis. Mais un jour, il y aura de bons moments dans la vie. »
« C’est vrai. On se repose ici un peu avant de repartir ? »
« D’accord. »
Ricart, Hashim et Auku retournèrent là où ils avaient attaché les chevaux et allumèrent un feu sous un rocher.
Dans ce lieu où perdurait l’esprit fier des héros de l’Antiquité, au milieu des mystères de la nature, les trois passèrent la nuit. Ricart comprit alors pourquoi le ciel nocturne comptait tant d’étoiles. Elles étaient toutes devenues des étoiles.
Au matin, ils se réveillèrent et reprirent leur marche vers l’ouest. Lorsqu’ils quittèrent les montagnes rocheuses, le soleil sembla ouvrir grand les yeux pour fixer le monde, et la chaleur de la journée commença peu à peu à monter.
Pourtant, grâce à leur jeune guide, le voyage restait supportable. Ils trouvaient parfois de longs passages ombragés. Ils fendaient les cactus pour en boire la sève et laissaient refroidir l’eau bouillie avant de la boire.
Après avoir marché deux jours entiers, ils arrivèrent dans le Sultanat de Tujis, le dixième jour après le naufrage.
À partir de là, l’herbe poussait. De l’herbe rase et des oliviers couvraient les champs où des chèvres broutaient paisiblement.
Quand Ricart tourna la tête à droite, il aperçut la mer bleue au loin. Des mouettes blanches volaient çà et là, et la brise marine semblait porter des nouvelles de contrées lointaines.
Au-delà de cette mer, au nord-est, se trouvait la frontière sud de l’Empire, tout près. Autrement dit, le continent où Ricart était né et avait grandi n’était pas loin.
Ricart ignorait comment le naufrage l’avait entraîné si loin vers l’est. Pourtant, après avoir traversé le lieu sacré, le Sultanat de Mayub et le désert, il avait enfin atteint une région proche du quartier général des Chevaliers de la Flamme.
« Bon, je vais devoir y aller. Ne te perds plus dans le désert, d’accord ? »
Debout au milieu des champs verdoyants, profitant de la brise fraîche, Auku prit joyeusement la parole. Son sourire était ce qu’il y avait de plus frais au monde.
Ils ne se connaissaient que depuis trois jours, mais Ricart avait du mal à se résoudre à le quitter. Il s’inquiétait aussi pour lui.
« Ne fais pas trop confiance au Peuple d’Acier ni au Peuple d’Or. Ils ne sont pas tous comme nous. »
« Je le sais bien. Mais les gens qui portent leurs bagages au lieu de les faire transporter par des bêtes ne peuvent pas être mauvais, si ? »
Auku avait observé Ricart et Hashim de loin avant de les approcher, et seulement après avoir décidé qu’ils avaient l’air corrects. Il ne s’était pas avancé sans la moindre prudence.
« Oui, enfin, le désert te protégera. »
« Et cette armure protégera oncle Ricky. Le cheval rouge vous emmènera partout dans le monde. Cette épée d’acier tranchera n’importe quoi. Et oncle Hashim est sage, alors il vous expliquera tout. »
« Il y a aussi beaucoup de choses que j’ignore, Auku. »
« Enfin, vous devez trouver vous-mêmes la route que vous suivrez. Au revoir ! »
Auku se retourna et courut dans le désert. Ricart et Hashim restèrent immobiles, le regardant s’éloigner. À plusieurs reprises, Auku se retourna pour leur faire signe.
Puis il disparut derrière le mirage brûlant.
« Peut-être que l’innocence de cet enfant est le véritable trésor. Il se peut que seule une vie dans le lieu le plus hostile permette de préserver une telle pureté. Le monde dans lequel nous vivons en est incapable. Allons-y. »
Hashim monta à cheval en parlant. À partir de là, ils pourraient progressivement reprendre la route à cheval.
Ricart monta lui aussi sur le cheval rouge. Songeant aux paroles du plus grand Empereur, repensant au garçon qu’ils venaient de quitter, il prit la direction du lieu où Salaman, Franken et métis vivaient côte à côte.
Vers l’endroit où deux civilisations se rencontraient, ou s’affrontaient.
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