Chapitre 133
Traductions WeTried
Traducteur/éditeur : ZERO_SUGAR
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◈ Ode of the Brave ◈
Chapitre 133
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* * *
La nuit tomba sur le désert désolé, et un feu de camp brûla au pied d’un brusque renflement du terrain.
Il n’y avait pas d’herbe, donc aucun insecte ne se faisait entendre. Seuls la lune et les étoiles étaient suspendues dans la mer noire du ciel. Crépite, crépite. Le bois qui brûlait avait des accents de berceuse.
« Ricky, je peux voir ton épée ? »
Assis sur un rocher, Ricart contemplait les flammes. Sans cérémonie, il tendit l’épée posée à côté de lui.
Hashim la prit délicatement dans ses mains ridées, pareilles à de vieux arbres, et la tira légèrement du fourreau. La lame luisait dans la lumière rougeâtre du feu, comme si elle venait d’être huilée et polie.
« Où as-tu trouvé une épée magique pareille ? »
« Ce n’est pas une épée magique. Je l’ai simplement utilisée si longtemps qu’elle a fini par devenir ainsi. Elle reste toujours tranchante, même sans entretien particulier. »
« Comme si elle avait une volonté propre ? Depuis combien de temps l’utilises-tu ? »
Ricart s’adossa à la paroi de pierre et ferma doucement les yeux, comme s’il se préparait à dormir. Ses pensées remontèrent dans le passé. Le feu de camp semblait l’inciter à poursuivre son récit.
Crépite. Pétillle. Crépite…
« Il était une fois un homme. Pour le dire gentiment, il était pur. Pour le dire plus crûment, il ne connaissait rien au monde. Il ignorait quand il était né, et qui l’avait mis au monde. Il avait vécu seul comme berger, puis, devenu adulte, il était descendu dans un village et avait épousé une jeune veuve. Il avait cru que c’était ça, le bonheur. Puis on l’avait appelé à la guerre. Après dix ans de combat, il était rentré chez lui et avait appris que sa femme avait fondé un nouveau foyer et qu’elle ne l’avait jamais aimé, pas une seule fois. Les villageois l’avaient eux aussi dupé pour l’envoyer à la guerre. Alors il les avait tous tués. Ensuite, il avait erré sans but à travers le monde, comme toi, et tué tous ceux qui se dressaient contre lui. À la fin, il était mort lui aussi, usé par ses blessures et la fatigue de longues années de combat. À ses yeux, la vie n’était qu’une mauvaise plaisanterie, servie par un destin odieux. Cette épée était la sienne. »
Ricart raconta sa vie passée comme s’il s’agissait de celle d’un autre. Il confiait à un mage païen une histoire qu’il n’avait jamais racontée, pas même à un ami proche ou à Marie.
Hashim l’écouta calmement, puis contempla la lame aux reflets rouges et dorés.
« … Et l’homme l’a regretté ? »
« Non. »
« Alors ? »
« Il n’éprouvait ni remords ni culpabilité. Il n’y avait que le vide. Il aurait seulement voulu devenir quelqu’un qui pleurait en silence. Je ne crois pas qu’il ait voulu donner un sens à ces larmes. Que ce soit le repentir ou le chagrin. »
« … Une épée forgée dans les flammes de la vengeance et trempée dans les larmes. C’est bien une épée magique, après tout. »
« La magie n’est-elle pas censée être une forme de sorcellerie plus noble ? Cette épée n’a rien de tout ça. »
« Qu’est-ce que la magie ? N’est-ce pas de la magie, que toi et moi parlions ensemble ici, en cet instant ? »
« Si tu le présentes comme ça, qu’est-ce qui ne relève pas de la magie ? Qu’est-ce qui n’est pas un miracle ? »
« Exactement. »
« Hein ? »
Ricart ouvrit les yeux et regarda Hashim. Celui-ci se contenta de rengainer la lame à moitié tirée, sans un mot, puis la posa tranquillement à côté de Ricart.
Une épée tirée de la fournaise du feu, de l’acier, du sang et de la mort, forgée par la vengeance et trempée dans les larmes. Que trancherait-elle ?
« L’épée a un nom ? »
« Non. Seuls les enfants donnent des noms aux armes. »
« Je ne suis pas un enfant, mais laisse-moi lui en donner un. Éclair foudroyant. Qu’en dis-tu ? Quand tu as tranché les barreaux de fer sur le bateau, on aurait dit un éclair qui fendait les ténèbres. »
« Pourquoi lui donner un nom comme ça, à ta guise, Hashim ? »
« Et toi, tu ne m’as pas appelé Hashim à ta guise, en me donnant un nom familier ? »
« … Je n’ai rien à répondre à ça. Alors, on est quittes ? »
« C’est comme ça. »
Un sourire se dessina sur les lèvres des deux amis, qui semblaient avoir une vingtaine d’années d’écart.
La nuit s’avança. Les ténèbres s’épaissirent, les étoiles brillèrent plus fort, et le feu de camp dissipa l’obscurité entre eux.
À l’aube, Ricart et Hashim étouffèrent les braises noircies et froides, puis reprirent la route. Ils se dirigèrent vers l’ouest.
Ils mangèrent de la viande de lézard hachée, du pain et des dattes pour se remplir l’estomac, et burent de temps à autre un peu d’eau pour s’humecter la gorge.
Quand le soleil commença à leur brûler la peau et que la chaleur s’intensifia, Ricart et Hashim trouvèrent un village.
Il était constitué de maisons carrées en terre jaune, dépourvues de toit.
Ce n’était pas vraiment une oasis. Le village s’était formé autour d’un puits, et ses habitants avaient creusé des canaux d’irrigation pour cultiver la terre du mieux qu’ils pouvaient. Malgré tout, ils élevaient surtout des chèvres.
Qui protégeait des villages comme celui-ci ? Ricart avait entendu dire qu’il existait des gens de haut rang appelés émirs, semblables aux seigneurs de l’Empire, mais qu’ils gouvernaient généralement de grandes villes. Ils se moquaient bien que les petits villages des environs soient détruits ou que leurs habitants meurent.
La sécurité n’était pas meilleure ici que dans l’Empire. À vrai dire, elle était pire.
Lunadan était réputée pour ses nombreux chevaux de grande qualité, ce qui en faisait une région particulièrement infestée de voleurs de chevaux. Les villages comme celui-ci, à l’écart des puissantes forteresses protégeant les grandes villes, peinaient à survivre.
Les châteaux de l’Empire ne pouvaient rivaliser avec les forteresses de Lunadan. Celles-ci étaient véritablement grandioses et gigantesques, solides et bâties avec un soin méticuleux. Depuis l’Antiquité, prendre l’une de ses villes était considéré comme presque impossible.
Comme prévu, en approchant du village, ils découvrirent une bande de voleurs de chevaux rassemblés autour du puits.
Ils ne massacraient pas les gens au hasard, mais riaient en harcelant les femmes du village. Ils les traînaient de force jusqu’à eux, les asseyaient sur leurs genoux, les tripotaient et approchaient leurs lèvres sales des leurs.
Ils n’avaient l’air que de voyous, mais leur équipement était étonnamment excellent. Leur cotte de mailles écailleuse était recouverte d’un tissu fin, et leurs ceintures comme leurs chaussures étaient ornées.
Pourtant, la chose la plus frappante était un cheval rouge comme le sang ou les flammes. De la tête aux sabots, jusqu’à sa crinière, tout était rouge.
Sa taille, sa carrure et sa musculature étaient parfaitement équilibrées. C’était le genre de cheval exceptionnel qu’on avait de la chance de voir deux fois dans sa vie.
Malgré tout, la situation ne semblait pas bonne. Un jeune homme vêtu d’un vêtement de soie extrêmement coûteux était juché sur le cheval et peinait à le maîtriser. Qu’ils aient capturé un cheval sauvage ou qu’ils aient simplement échoué à le dresser, l’animal refusait d’obéir.
Plusieurs hommes se précipitèrent pour saisir les rênes et lui entraver les jambes avec des cordes afin de le mettre à terre, mais l’opération se passa mal.
Le cheval rouge se débattit et résista jusqu’au bout. Le jeune homme finit par tomber de son dos.
« M-Merde ! »
Par chance — ou par malchance —, il ne fut pas grièvement blessé. Mais à peine était-il tombé que ceux qui retenaient le cheval tirèrent précipitamment sur les cordes et le firent tomber.
Le jeune homme se releva d’un bond, haletant de rage. Il sortit une cravache et se mit à fouetter tous ceux qui se trouvaient près de lui, qu’ils soient ses subordonnés ou les serviteurs qui maintenaient le cheval au sol.
« Vous ne pouvez pas le tenir correctement !? Hein !? J’ai dit, tenez-le correctement ! Vous voulez ma mort, c’est ça !? Hein !? »
L’homme qu’on battait n’avait pas le temps de réfléchir. Il devait continuer à tirer sur les cordes pour retenir le cheval tout en encaissant les coups ; il ne pouvait que fermer les yeux et les supporter.
Le jeune homme fouetta les hommes et le cheval jusqu’à épuisement. Clac, clac. Les coups continuèrent un bon moment, sans s’interrompre.
C’est à ce moment-là que le jeune homme remarqua Ricart et Hashim, qui l’observaient en silence. À première vue, aucun des deux ne ressemblait à un villageois.
Il cligna des yeux en voyant ces deux inconnus surgis de nulle part, puis arbora brusquement un sourire. Il n’avait rien d’agréable.
Ricart s’adressa à Hashim à voix basse.
« Évite d’utiliser la magie. »
« Pourquoi ? »
« Parce que je ne veux pas que tu m’oublies. »
« Dans ce cas, je n’ai pas le choix. Il va falloir que j’utilise mon arme secrète. »
« Ton arme secrète ? »
« J’en ai une. »
« Au fait, Hashim, tu sais monter à cheval ? »
« Je n’en ai peut-être pas l’air, mais je suis un Impérial. Quel sens cela aurait-il, pour un Impérial, de ne pas savoir monter à cheval ? »
« Nous sommes l’Empire. »
« Eh bien, je crois que notre camp est plus légitime. »
« Et sur quoi tu te bases ? »
Leur conversation s’éloigna brièvement du sujet, mais, après avoir repris son souffle, le jeune homme interpella Ricart.
« Hé, toi. Franken. »
Ricart se tourna vers lui, interrompant sa conversation avec Hashim avant qu’elle ne tourne au débat. Le jeune homme lui fit signe d’approcher d’un doigt, d’un air arrogant.
Ricart le fixa un instant, puis s’avança, son épée et son sac en bandoulière.
Le jeune homme lui demanda :
« Un pèlerin ? »
« Disons que oui. »
« Espèce de barbare ! Tu sais qui est ce gentilhomme… ! »
L’homme à côté du jeune homme fronça les sourcils et s’apprêtait à parler, mais le jeune homme leva la main pour l’arrêter.
« Très bien. Tu n’as pas l’air d’un mercenaire. À en juger par la route que tu as prise, tu es allé jusqu’au lieu saint. Tu comptes chercher d’autres ruines ? »
« Quelque chose comme ça. »
« Franken, que penses-tu de ce cheval rouge ? »
« C’est un cheval exceptionnel qu’on a de la chance de voir deux fois dans sa vie. »
« Exact. C’est un cheval remarquable. Mais sais-tu pourquoi son corps est si rouge ? Parce qu’il mange les gens. C’est le cheval-bête du plateau de Yeren. »
Ce n’était pas un mensonge, mais ce n’était pas non plus la vérité. Ce n’était qu’une rumeur. Quel cheval mangeait les gens ?
« Alors, tu me le montres ? Tu n’avais pas l’air de réussir à le maîtriser. »
« Et toi, tu en es capable ? C’est pour ça que je t’ai fait venir. Essaie de le dresser, Franken. Si tu y arrives, je te donne le cheval. Tu pourrais acheter une ville entière avec. Qu’en dis-tu ? »
L’offre était inattendue. Le jeune homme était simplement persuadé que Ricart ne parviendrait jamais à dompter le cheval. Il voulait le voir tomber de selle et se blesser gravement, ou peut-être assister au moment où le cheval-bête dévorerait vraiment quelqu’un.
Le jeune homme semblait de haut rang, mais il était évident qu’il avait grandi de travers. Les types comme lui étaient si simples que Ricart les perçait à jour sans peine. Il ne tiendrait jamais parole.
« Et si je perds le pari ? »
« Tu pars, c’est tout. Bien, non ? Tu ne trouveras jamais de pari aussi généreux. »
« D’accord. J’accepte. »
Ricart savait ce que le jeune homme avait en tête, mais il ne refusa pas le pari.
Il jeta seulement un coup d’œil à Hashim, puis s’approcha du cheval à terre, les membres entravés. À mesure que Ricart approchait, le cheval rouge se débattait comme s’il avait une crise.
Une personne ordinaire aurait peut-être reculé de peur, mais Ricart resta calme.
« Doucement. Tout doux… »
Il l’apaisa patiemment, puis s’approcha avec précaution et lui caressa la tête et l’encolure.
Sous les regards de tous, Ricart murmura assez bas pour que seul le cheval l’entende.
« Je te le promets. Je ne te frapperai jamais et ne t’entraverai jamais. Si je romps cette promesse, mange-moi. »
Il fit cette promesse de tout son cœur et en toute sincérité. Le cheval à terre plongea son regard dans celui de Ricart.
Ricart glissa le pied dans l’étrier, grimpa sur son dos, puis fit signe aux hommes qui tenaient les cordes.
Ils les desserrèrent avec précaution. Soudain, le cheval rua et se redressa d’un seul mouvement, puis se mit à se cabrer avec violence. Il dressa les pattes avant, son corps presque à la verticale.
Hiiii !
Il poussa un hennissement puissant, puis lança ses pattes arrière comme s’il voulait bondir en avant pour désarçonner Ricart.
Un malheureux reçut un sabot en pleine mâchoire et s’effondra. Sa mâchoire était complètement broyée. Impossible de savoir s’il était vivant ou mort, étendu là, les membres en croix.
« Euh, euh, euh ! »
Les hommes reculèrent, désemparés. Même les gardes qui avaient harcelé les femmes du village les repoussèrent, bondirent sur leurs pieds et regardèrent Ricart et le cheval.
Ricart serra le cheval de ses jambes, maintint fermement sa taille et accompagna avec souplesse chacun de ses mouvements. Il agrippa les rênes si fort qu’on aurait cru voir du sang perler de ses mains.
Le cheval se débattait comme s’il allait s’envoler droit vers le ciel, mais Ricart ne tomba pas. À mesure que le temps passait, les yeux des spectateurs s’écarquillaient.
La force de Ricart était remarquable, mais son équilibre et sa capacité à garder son centre de gravité dépassaient l’entendement. Ils avaient passé leur vie à monter à cheval ; ils le comprenaient mieux que quiconque.
Après s’être cabré un moment, le cheval chargea soudain en avant, comme s’il était à bout de patience. Il fila hors du village comme une flèche. Sa fougue et son accélération étaient incroyables.
Les habitants sortirent en masse du village et continuèrent de regarder. Ils virent le cheval rouge traverser les terres désolées comme dans un tableau.
Peut-être à cause de la poussière pâle, il semblait laisser derrière lui une image rémanente rouge. On aurait dit une comète écarlate. Ainsi, il pouvait courir avec une telle beauté. Comme il avait dû se sentir frustré et prisonnier jusqu’ici.
Sur son dos, Ricart sentait devant lui le vent comme un mur solide. Le vent de face était si violent qu’il craignait de se briser la nuque s’il se relâchait.
Son turban se défit et s’envola. Ses cheveux blonds, un peu longs parce qu’il ne les avait pas fait couper depuis quelque temps, fouettaient l’air avec frénésie.
Aux yeux des spectateurs, Ricart et le cheval rouge étaient déjà devenus minuscules au loin.
Ce ne fut qu’alors que le jeune homme en vêtements coûteux reprit ses esprits et cria des ordres à ses subordonnés.
« Rattrapez ce salaud ! Vite ! On ne peut pas les laisser partir avec le cheval ! »
C’était lui qui avait proposé le pari. Mais les gens comme lui accordaient toujours aux promesses autant de valeur qu’à une plume, et ne pensaient qu’à eux-mêmes.
Les guerriers se hâtèrent de monter à cheval, mais, par chance — ou par malchance —, Ricart revint au galop.
Clop-clop-clop-clop !
Il était parti incroyablement loin, et pourtant il revint en un instant. Ricart tira sur les rênes et le cheval, déjà parfaitement dompté, s’arrêta net.
Ricart tourna la tête et cria à Hashim :
« Maintenant ! Ton arme secrète ! »
Les hommes regardèrent autour d’eux, perplexes, incapables de comprendre ce qu’il voulait dire. Puis Hashim tira une dague de ses vêtements dans un chuintement et la planta dans le cou d’un guerrier, le tuant.
Ricart lui-même en resta stupéfait. Quoi ? C’était ça, son arme secrète ?
Hashim maniait franchement mal son couteau, mais il n’hésita pas ; il n’eut donc pas de grande difficulté à tuer un guerrier pris au dépourvu.
Il vola rapidement le cheval du guerrier, monta en selle et s’enfuit. Ricart s’apprêtait à repartir, mais le cheval rouge chargea soudain le jeune homme vêtu de soie.
Avant que quiconque ait pu réagir, le cheval rouge mordit sauvagement le jeune homme au visage.
« AAAAAARGH ! »
À son cri, il ne semblait pas mort. Mais la peau de son visage avait été arrachée, le rendant méconnaissable.
Le cheval rouge le fixait de ses yeux furieux, le sang dégoulinant de sa gueule. Ricart en resta lui aussi sidéré.
Les subordonnés, sous le choc, se précipitèrent vers le jeune homme à terre pour l’examiner.
« Votre Altesse ! »
Il avait l’air d’un noble, mais c’était un prince ? Un prince avait amené des serviteurs et des subordonnés dans un village pour s’amuser à maltraiter les habitants ? Impressionnant.
Ricart ne le condamna pas. Au contraire, il lui était reconnaissant. Il n’eut simplement pas le temps de remercier le prince pour le pari : il tourna vite son cheval et s’éloigna au galop. Les événements avaient déjà suivi leur cours.
Le cheval rouge ne semblait pas fatigué du tout. Il courait comme un rayon de lumière et rattrapa en un instant Hashim, qui avait déjà pris beaucoup d’avance.
Derrière Ricart, le cri du prince retentit, presque un hurlement. Le cheval rouge allait si vite que le cri s’évanouit peu à peu.
« Rattrapez ces salauds ! »
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