Chapitre 110
WeTried Translations
Traducteur/éditeur : ZERO_SUGAR
Discord : <a target="_blank" rel="noopener noreferrer nofollow" href="https://dsc.gg/wetried">https://dsc.gg/wetried</a>
◈ Ode of the Brave ◈
Chapitre 110
──────
L’espace d’un instant, ils avaient goûté au paradis. À présent, ils étaient de nouveau rejetés dans un monde de froid, de faim, de lits inconfortables et de bandits à chaque tournant.
Son père, d’ordinaire si ferme, ne dit rien. Sa mère et sa sœur se contentèrent de veiller sur Roy. Aucun reproche ne franchit leurs lèvres.
En observant la famille de Hartmann, Ricart pensa à la sienne. À leur soutien inconditionnel, à leur attention et à leur amour.
Il l’avait déjà pensé autrefois. J’ai déjà tout ce qu’il me faut.
Roy avait semblé tout avoir lui aussi, mais la réalité n’était pas aussi clémente.
Le garçon avait le cœur lourd de culpabilité. Sa famille souffrait à cause de ce qu’il avait fait.
Est-ce que tout se serait bien passé si j’avais simplement dit que je ne l’avais pas fait, que j’étais innocent et que Les était le responsable ? J’aurais survécu, mais qu’est-ce qui serait arrivé à Les ?
Peut-être que ce n’était pas l’amitié qui le faisait taire. Peut-être qu’il détestait simplement l’idée de dénoncer quelqu’un. Il ne voulait pas devenir une balance. Ami ou pas, il ne voulait pas vendre quelqu’un pour sauver sa peau.
Malgré tout, il ne pouvait pas savoir si son choix avait été le bon. Son père, qu’il respectait tant, l’ignorait lui aussi. Sa mère bien-aimée également.
C’était pour cela que les enfants avaient besoin de maîtres. De quelqu’un pour les façonner et les élever là où leurs parents et leur famille ne le pouvaient pas.
Les enfants avaient besoin de quelqu’un capable de tailler des gemmes et de forger des étoiles qui brilleraient un jour de mille feux.
Malheureusement, Ricart n’avait guère de talent pour enseigner.
C’était une fraîche journée de printemps. Le monde avait beau être dangereux, la plupart du temps, il ne se passait rien, jusqu’à ce qu’une violence brutale s’abatte soudainement.
C’était le quotidien de cette époque : l’ennui, puis des horreurs insoutenables qui éclataient sans prévenir.
Heureusement, le calme régnait pour l’instant.
Ricart se tenait dans une herbe qui lui arrivait aux genoux et fixait Roy d’un air renfrogné, comme s’il venait d’avaler un insecte. Roy s’appliquait à manier son bâton, mais il était terriblement maladroit.
Ricart avait corrigé sa posture plusieurs fois, mais rien ne changeait vraiment. N’y tenant plus, il finit par lâcher :
« Hé, tu as des bras et des jambes, moi aussi. Alors pourquoi tu n’y arrives pas ? »
Roy cessa de faire tournoyer son bâton. Après avoir réfléchi en silence au reproche de son maître, il répondit :
« Euh… Maître, vous en avez l’habitude parce que vous l’avez fait tant de fois. Moi, je viens juste de commencer, non ? »
Ricart resta un instant interdit devant cette réponse inattendue, mais se reprit vite.
« J’y arrivais dès le début. Personne ne m’a appris non plus. »
« Je vois. »
« Tu vois ? »
« Si je travaille dur, est-ce qu’un jour je pourrai trancher le cou des gens avec un bâton comme vous le faites, maître ? »
« Tu crois que n’importe qui peut faire ça ? Il te faudra atteindre cent ans avant d’être aussi doué. »
Impossible de savoir s’il essayait d’enseigner à Roy ou de lui saper le moral, mais heureusement, le garçon ne se découragea pas.
En vérité, Roy n’était pas dépourvu de talent. Il n’avait rien d’exceptionnel non plus. Il était tout simplement au niveau d’un enfant ordinaire de son âge.
Mais ce niveau ordinaire exaspérait Ricart. Il ne comprenait pas qu’il faille répéter le même mouvement encore et encore pour le maîtriser. Le répéter pendant des jours, voire des mois.
Les choses vraiment importantes étaient ailleurs. Ce genre de geste devrait venir rapidement. Ces pensées lui tournaient dans la tête.
Il n’avait jamais connu les difficultés et les obstacles auxquels se heurtaient les gens ordinaires, et ne pouvait donc pas les comprendre. Tout ce qu’il savait faire, c’était mettre Roy au défi en lui demandant pourquoi il n’y arrivait pas.
« Regarde bien. L’important, c’est de déplacer ton centre de gravité et de mettre ton poids dans le mouvement. Tu ne peux pas trancher la chair et les os en ne donnant qu’un coup de bras. Concentre-toi sur ton appui. Ton bras ne fait que guider la trajectoire de l’épée. Mais ne te relâche pas trop non plus. Franchement, c’est frustrant. »
Essayer de mettre en mots des mouvements qui lui venaient naturellement lui donnait la nausée.
« Donnez-moi un peu de temps. Je vais m’entraîner dur et m’y habituer aussi vite que possible. »
« … Tu as vraiment la répartie facile. Tu aurais dû te défendre aussi bien, à l’époque. »
Parmi tous ceux qu’il avait entraînés, même brièvement, personne ne lui avait jamais autant répondu. Mais Roy n’était pas insolent, alors Ricart ne lui en voulait pas.
« Je ne sais pas mentir. Mais dire la vérité telle qu’elle est, ce n’est pas facile non plus. Je me demande quand même si j’aurais pu m’y prendre plus intelligemment. »
Roy baissa la tête, comme s’il se souvenait de cette période, et son visage s’assombrit. Le voir ainsi déplut à Ricart.
« … Petit garnement. »
Ricart lui ébouriffa les cheveux. Le garçon avait à peu près l’âge que Ricart avait eu en quittant sa maison. Roy avait neuf ans et en aurait bientôt dix, après son anniversaire.
Il avait les cheveux blonds et hérité de la carrure robuste de son père. À bien des égards, il ressemblait à Ricart. Quiconque les aurait vus aurait pu prendre Roy pour son petit frère ou pour un fils qu’il aurait eu jeune.
Ricart ne dit pas à son disciple ce qu’il aurait dû faire ou non. Parce que moi non plus, je ne sais pas.
Il ne pouvait que veiller sur Roy, en espérant que le garçon réfléchirait profondément et grandirait grâce à ses réflexions.
Roy avait une nature forte et belle. Ricart croyait qu’il deviendrait quelqu’un de bien. C’était d’ailleurs pour cela qu’il l’avait accepté comme disciple ; peu importait donc qu’il soit mauvais à l’épée.
« Ricky ! Roy ! »
C’était la voix de Marie. Quand Ricart se retourna, il la vit qui les appelait depuis le pied d’un arbre. C’était l’heure de manger.
« Bon, vas-y doucement. J’ai juste peur que tu meures de vieillesse avant d’y arriver. »
Ricart guida Roy jusqu’à l’arbre.
Une fois assis près de Marie, Roy se comporta en disciple modèle et veilla à ce que Ricart ait à manger avant de se servir. Tout le monde sourit en voyant le petit garçon s’affairer autour de lui.
Rassemblés sous l’arbre pour manger ensemble, ils avaient vraiment l’air d’une famille. Bremen était le grand-père, Hartmann et Ricart des frères, chacun avec une épouse, quelque chose comme ça.
Le bruissement des branches agitées par le vent leur chatouillait les oreilles tandis qu’ils mangeaient à l’ombre.
Roy regarda en silence sa mère racler son assiette et manger seulement les restes, après s’être occupée de tout le monde. Il y avait eu de quoi manger, là-bas. Et sa mère avait été éblouissante de beauté.
« Maman… »
« Oui ? »
« Je suis désolé… »
À ces excuses, Elia sourit avec une douceur sans pareille.
« Non, c’est moi qui suis désolée. Ce qui nous rend le plus heureux, c’est d’être ensemble, mais je l’ai oublié pendant quelque temps. Je ne savais même pas que tu avais traversé quelque chose comme ça. »
La famille savait que Roy était innocent. Elle avait aussi appris par la suite qu’il avait été harcelé pendant cinq jours.
« … J’ai plus faim. Mange ça, maman. »
Roy cessa de manger son simple gruau de riz et le lui tendit. Elia n’en prit qu’un peu, puis dit :
« Moi aussi, je n’ai plus faim. Mange-le. »
Ils continuèrent à se dire l’un à l’autre de manger le peu de gruau qui restait. Bremen intervint alors :
« Je n’ai pas très faim, vu que je vais bientôt mourir. Tiens, prends ça. »
Il posa le bol dont il mangeait, se leva et s’éloigna. La scène était chaleureuse, mais leur serrait le cœur.
Le repas devint soudain silencieux. On n’entendait plus que le vent qui effleurait l’herbe.
Marie ramollit alors dans sa bouche un morceau de pain dur avec un peu d’eau, puis regarda Ricart.
« Tu ne l’enseignes pas aussi durement que je le pensais. »
« Tu crois que j’aime tourmenter les gens ? »
« Vraiment ? D’après ce que j’ai entendu, Volka a appris en se faisant battre à plate couture, Bori se faisait constamment réprimander, et tu as appris à Ice et à moi en nous affrontant si durement que ça en avait l’air cruel. C’était qui, déjà, récemment ? Kaspar, peut-être ? Enfin bref, j’ai entendu dire que ces gamins ont failli y laisser la peau. »
« Vous êtes mes amis, pas mes disciples. Kaspar et Yulia sont les disciples de Bori. Roy est mon disciple. »
« Oh… Tu sais donc faire la différence ? »
« Quoi ? Pourquoi tu cherches la dispute tout d’un coup ? »
« Je dis ça parce que je suis impressionnée. »
Marie sourit, amusée de taquiner Ricart. En même temps, elle savait que son mari peinait à enseigner.
« Quand même, Ricky, tu as formé trois Maîtres de l’Épée. C’est déjà une belle réussite. Roy s’en sortira bien, lui aussi. »
« Marie et les autres sont devenus ce qu’ils sont par eux-mêmes. Ce n’est pas grâce à ce que j’ai fait pour eux. »
« Oh… Tu fais preuve d’humilité ? »
« Sérieusement ! Qu’est-ce qui te prend aujourd’hui ? »
Quand Ricart s’emporta, Marie éclata de rire et lui donna un coup d’épaule.
« Je lui enseignerai cet après-midi. Puisqu’il est le disciple de mon mari, c’est aussi le mien. »
« Ça marche comme ça ? »
« Mari et femme ne font qu’un. »
Ricart n’était pas certain que ce raisonnement tienne debout, mais après le repas, Marie prit Roy à part pour lui enseigner l’escrime.
Ricart les observa de loin, sans grand intérêt, persuadé que ça ne pouvait pas être si différent. Pourtant, au bout d’un moment, Roy se débrouillait bien mieux qu’avec Ricart.
Quoi ?
L’escrime de Marie reposait sur celle de la famille Kelbron. Affinée au fil des ans, elle s’appuyait sur des bases solides et méthodiques.
Depuis l’enfance, Marie s’était aussi entraînée plus dur et plus sévèrement que quiconque. Elle connaissait chaque étape de la progression ; elle pouvait donc saisir immédiatement les capacités d’apprentissage, le talent et le niveau actuel de Roy, puis adapter son enseignement en conséquence.
Ricart avait du mal à accepter ce qu’il voyait. Ce n’était pas possible !
« Et si je lui apprenais le matin, et que Ricky le supervisait l’après-midi ? »
Marie dit cela alors qu’ils s’apprêtaient à reprendre la route, après avoir entraîné Roy pendant quelque temps.
« … »
« Quoi ? Tu es contrarié parce que j’ai l’air meilleure que toi ? »
« Non ? »
« Si, tu l’es. »
« Pas du tout. Je vais très bien, parce que je suis le meilleur professeur. »
Après avoir vécu quatre ans à l’écart du monde avec Ricart, Marie le lisait mieux que personne. Elle savait aussi comment le prendre.
« Ricky, tu ne peux vraiment aider quelqu’un qu’une fois qu’il a atteint un certain niveau. Alors je vais d’abord lui donner de bonnes bases. Comme ça, tu ne seras pas frustré et Roy comprendra mieux tes leçons. Ça te va ? »
À l’entendre, ça semblait juste. Ricart sentit une partie de son aigreur s’apaiser.
« Si tu y tiens vraiment… »
Marie ne put retenir son rire. Elle savait que le seul point faible de son mari, c’était son désir ardent d’enseigner correctement, mais il était si pressé que rien ne se passait comme prévu et qu’il finissait toujours frustré.
Elle l’avait compris dès qu’il avait écrit son manuel d’escrime. C’était elle qui l’avait aidé à l’époque.
Et ce n’était pas tout à fait faux. Même quelqu’un qui avait presque atteint le sommet de la maîtrise ne comprenait qu’une petite partie de ce que disait Ricart.
Quoi qu’il en soit, Roy y gagnait. L’un des rares Maîtres de l’Épée au monde lui enseignait les bases, tandis qu’un homme qui avait dépassé jusqu’aux Maîtres de l’Épée guidait ses pas. Même un roi aurait du mal à s’offrir un tel luxe.
Puisqu’ils enseignaient déjà à Roy, ils intégrèrent aussi sa sœur Beka. À en juger par le seul talent, Beka semblait plus douée.
En entraînant les deux enfants ensemble, ils pouvaient s’affronter, et leurs aptitudes progressaient rapidement. Malgré tout, rien ne changea de façon spectaculaire ni évidente.
Le groupe continua simplement sa route vers la Frontière orientale, sans un mot. À présent, il était difficile de dire pourquoi ils s’y rendaient. Pour être sauvés ? Pour trouver un nouveau foyer ? À cause du crime de Hartmann, qui avait tué un prêtre ? Personne ne le savait.
Suivre le chemin de la vie, c’était faire face à des questions sans fin. À un moment, on trouvait une réponse, et cette réponse en soulevait une autre.
Certains s’arrêtaient en chemin et trouvaient le repos. D’autres continuaient d’avancer.
Et la foi fleurissait parmi eux. Lentement, mais sûrement. Ceux qui s’étaient d’abord montrés méfiants et distants se protégeaient à présent les uns les autres.
« Que ferez-vous quand nous arriverons à la Frontière orientale, Bremen ? »
Ricart posa la question alors qu’ils gravissaient un col. Le sud-est de l’Empire comptait un nombre particulièrement élevé de chaînes de montagnes basses et de bassins.
« Je suppose que je retournerai au Carrefour pour guider à nouveau les gens. »
« Pourquoi ? Vous ne vous installerez pas là-bas ? »
« Eh bien, je crois que je suis devenu accro au regard de ceux qui portent leur dernier espoir. C’est aussi comme ça que je continue à vivre. »
« Je ne comprends pas vraiment. »
« Ma famille est morte. Les gens que je connaissais aussi. Rien de très spectaculaire. Ils sont tombés malades, ils ont vieilli et, l’un après l’autre, ils sont partis. Quand je me suis retrouvé seul dans ma maison, j’ai voulu mourir. Puis j’ai vu des gens partir vers la Frontière orientale et j’ai commencé à les guider sans trop y réfléchir. J’ai été mercenaire autrefois, alors je connais le terrain. »
Ricart ne trouva rien à répondre. Il n’avait jamais vécu une chose pareille ; il se tut donc.
« Ça vous amuse ? »
« Non. Je me disais juste que vous étiez comme un papillon. »
« Un papillon ? Moi ? »
« Un papillon attiré par la fleur qu’est le dernier espoir. Un papillon qui mourrait s’il ne pouvait pas boire le nectar de cette fleur. »
« … Je vois. C’est peut-être vrai. Vous êtes plutôt poète. »
Ricart esquissa un sourire en se faisant traiter de poète.
« Qu’en pensez-vous, cette fois ? Est-ce qu’on ira jusqu’au bout ? »
« Ha ha, je n’en sais rien. Mais la famille de Hartmann est admirable. Et vous êtes un excellent maître. »
« Et vous êtes un excellent guide, Bremen. »
« Non. Quand le nectar de l’espoir sera épuisé, je m’enfuirai. Ne suis-je pas un papillon ? »
« Même ainsi, ce n’est pas grave. »
Bremen, dont la moustache blanche était saisissante, regarda Ricart et sourit, le visage marqué par les années. Un sourire comme une fleur sauvage, rare à voir.
Ricart gravit le chemin escarpé, couvert de pierres tranchantes. En se retournant, il vit Hartmann le suivre en silence, un lourd fardeau sur le dos. Les membres de sa famille portaient eux aussi des charges, petites ou grandes.
Ils portaient ces lourds fardeaux pour un espoir flou, dont ils ne pouvaient saisir la forme.
À bien y penser, l’espoir n’était qu’une chose à laquelle on s’accrochait en avançant. Même si la destination réservait quelque chose de différent de ce qu’on attendait, même si la déception nous attendait, il ne fallait pas lâcher prise.
Que se passait-il quand on lâchait prise ? Ricart le savait mieux que quiconque.
On devenait un démon. Un monstre. C’était ce qui lui était arrivé, et ce qui était arrivé à l’Ordre.
La vie et l’espoir, ces choses qui dépassaient les rêves. Ricart voulait protéger ceux qui les possédaient. Il n’y aurait plus de feu ni d’acier.
Était-ce vraiment possible ?
Alors qu’ils approchaient du sommet du col, Ricart aperçut des gens qui se tenaient plus haut. Des voyageurs ou des bandits ?
Il leva la main pour arrêter le groupe, puis grimpa seul. Les hommes qui se tenaient là portaient des épées à la ceinture et étaient légèrement équipés, mais leur apparence soignée et leur teint ne les faisaient pas ressembler à de vulgaires voleurs.
Même en voyant Ricart approcher par le bas, ils ne se méfièrent pas particulièrement et ne dégainèrent pas leurs armes pour le menacer.
Lorsqu’il fut assez près, Ricart prit la parole.
« Je veux passer. »
« Passez. »
« Vous ne réclamez pas de péage ? »
Les bandits et les brigands prenaient toujours prétexte d’un péage pour extorquer de l’argent, d’où la question de Ricart. Les trois épéistes laissèrent échapper un petit rire.
« Nous ne sommes pas des bandits. Nous cherchons seulement quelqu’un. Passez donc. Ah, avant ça, avez-vous vu un épéiste qui voyage à dos d’âne ? »
Ricart secoua la tête.
« Non. »
« Il est plutôt petit et porte une coupe au bol châtain clair. Mais si cette épée noire vous tombe dessus, il vous arrivera de gros ennuis. On l’appelle l’Épée noire. Vous le connaissez ? »
« … »
Ricart ne s’attendait pas à entendre parler de Bori ici et resta un instant sans voix.
Mais quand son expression changea, les trois épéistes devinèrent qu’il savait quelque chose.
« Vous le connaissez, n’est-ce pas ? Bori, l’Épée noire. »
« Pourquoi la cherchez-vous ? »
« Elle a volé le manuel secret de notre clan et s’est enfuie. Nous allons le récupérer et lui faire payer son vol. Peu importe sa force ou les moyens qu’il faudra employer. Alors répondez gentiment. Évitons de nous compliquer la vie. »
L’un d’eux dégaina son épée en parlant.
Ils ne pouvaient pas être certains que Ricart connaissait vraiment Bori, mais ils pensaient qu’ils le sauraient bientôt, après lui avoir coupé quelques doigts.
Pendant ce temps, les trois épéistes lorgnaient le bracelet en or au poignet de Ricart. Ils n’étaient peut-être pas des bandits, mais la vue des objets de valeur éveillait la convoitise.
Encore une fois chassée du quartier général du clan pour vol, et maintenant voilà qu’elle recommençait ? Ricart avait entendu dire qu’elle était partie chercher le Codex. Avait-elle vraiment volé le manuel secret d’un autre clan ? Quelle petite garce, cette Bori.
Trouvant la situation vraiment étrange, Ricart dégaina à son tour.
« J’ignore à quel clan vous appartenez, mais choisissez bien votre adversaire avant de tirer l’épée. »
« Hmph. Si vous osez dégainer devant nous, c’est seulement parce que vous ignorez à quel clan nous appartenons. »
« De quel clan s’agit-il ? »
« Rubens… »
Rubens avait autrefois été une Guilde des aventuriers, mais était depuis devenu un clan établi, comme le Clan Viola.
C’était le clan qui avait tendu une embuscade à Ricart pendant le Tournoi impérial d’escrime et l’avait empoisonné. Ricart avait failli l’anéantir, mais Rubens s’était rendu et avait offert ses trésors.
Quelle étrange coïncidence de les retrouver ici après tout ce temps. Pour être honnête, Ricart était même un peu content de les revoir. Il ricana donc et lança :
« Vous êtes toujours aussi obstinés et inutiles. Mais contrairement à la dernière fois, personne ne peut m’arrêter maintenant. Bande d’idiots. »
Rejoignez notre Discord <a target="_blank" rel="noopener noreferrer nofollow" href="https://dsc.gg/wetried">https://dsc.gg/wetried</a>