Chapitre 106
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Traducteur/Éditeur : ZERO_SUGAR
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◈ Ode of the Brave ◈
Chapitre 106
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Ils ne voyaient que des traînées lumineuses. Certaines décrivaient de grands arcs, d’autres fendaient l’air droit vers le bas. On aurait dit que des éclairs de lumière brodaient la nuit noire.
Face à un spectacle trop stupéfiant, on ne pouvait que rester submergé par l’instant. C’est ce qui arriva à Kaspar et Yulia.
Ils n’avaient même pas assez de présence d’esprit pour ressentir de l’émerveillement ou de l’admiration. Ils étaient simplement dépassés.
Pour leurs ennemis, bien sûr, l’issue fut terrible. Le sang gicla, les corps s’effondrèrent, et l’obscurité de la nuit les recouvrit comme un linceul.
Les mouvements s’enchaînaient avec la fluidité de l’eau, à la fois violents et tranquilles, tandis que l’épée elle-même crépitait comme un éclair.
Chaque coup renfermait des contraires : simple et limpide, mais souple et puissant, rapide et lent.
Il était impossible d’expliquer l’escrime de Ricart avec des mots. Il fallait la voir, et même alors, on ne pouvait la comprendre.
Mais avant toute chose, Kaspar et Yulia la trouvèrent d’une beauté glaçante. Était-ce vraiment de l’escrime ? N’était-ce pas plutôt un tableau ?
Ricart balaya l’espace de son épée vers la droite, puis la leva bien haut au-dessus de sa tête. Les dents serrées, il l’abattit de toutes ses forces, comme s’il attirait quelque chose à lui, mettant fin aux derniers jours agités de Ringwald.
Une traînée diagonale semblable à un éclair demeura dans l’air, mais aucun tonnerre ne suivit.
Foudroyé par le choc, Ringwald resta planté là, hébété, incapable d’opposer la moindre résistance tandis que la lame le tranchait de l’épaule droite à la hanche gauche. Il était vraiment difficile de trouver la volonté de se battre lorsqu’on avait devant soi le plus grand Maître de l’Épée.
Le sang chaud et les entrailles se répandirent en un amas.
Au milieu des morceaux de son corps disloqué, Ricart saisit Ringwald par les cheveux et lui releva la tête. Des corps gisaient autour de lui ; certains respiraient encore, mais il n’y prêta aucune attention. Il les avait écrasés par une présence qui dépassait la simple force.
Les ennemis encore en vie ne purent que trembler. C’était comme s’ils avaient vu un fantôme ou un démon.
Ricart sortit du château en tenant Ringwald par les cheveux. À chacun de ses pas, le sang qui s’accumulait au sol faisait « floc, floc ».
Les épéistes s’étaient rassemblés autour du château, ayant senti que quelque chose clochait à l’intérieur. Quand Ricart apparut avec un morceau du corps de Ringwald, le bras ballant, leurs yeux s’écarquillèrent.
Ricart jeta devant eux les restes mutilés de Ringwald, puis prit la parole, son épée enflammée dans une main.
Des flammes couraient le long de la lame dans la nuit noire. Le feu doré qui vacillait n’éclairait que le profil de Ricart. Il ne ressemblait pas à un être humain capable d’exister dans le monde réel.
Il déclara :
« Ringwald est mort. C’est moi qui l’ai tué. Si vous n’avez pas quitté cet endroit avant l’aube, vous mourrez tous aussi. »
C’était à la fois une déclaration et une condamnation. Un seul contre une multitude ? Cela n’avait rien à voir. Celui qui accordait sa clémence en écrasant tout le monde n’était pas la foule, mais un seul homme.
Il ne s’agissait pas d’affronter des ennemis plus nombreux avec moins d’hommes et de survivre. Il voulait leur montrer clairement que leur vie et leur mort dépendaient de lui. Tous le comprirent parfaitement.
Surtout, l’odeur du sang se répandait au loin dans la nuit, faisant frissonner encore davantage ceux qui regardaient Ricart.
« Qu’est-ce que vous fichez là ? Dégagez ! Foutez le camp, vermines ! »
Au cri de Ricart, tous sursautèrent et se mirent à s’agiter en tous sens. Ils ramassèrent à la hâte leur butin et se dispersèrent dans toutes les directions.
C’était le genre de personnes qu’ils étaient. Ils étaient toujours prêts à fuir dès que la situation tournait mal.
Les maquereaux et les marchands qui s’étaient enrichis grâce aux truands, eux, se faufilèrent entre les maisons et se cachèrent. Le dirigeant semblait avoir changé ; ils comptaient lui offrir des pots-de-vin et continuer leurs affaires.
Ricart ne prit pas la peine de chasser ces parasites, eux aussi.
Une fois les choses réglées, Ricart rengaina son épée, retourna au château et entra dans le donjon intérieur.
Le château n’était pas très grand, aussi ne lui fallut-il pas longtemps pour trouver les richesses amassées par Ringwald.
Le butin des truands n’était qu’une poignée de miettes en comparaison de ce que Ringwald avait pris. Il détenait tous les véritables trésors.
Ricart appela Kaspar et Yulia, qui se tenaient toujours, hébétés, devant le donjon intérieur.
« Trouvez une charrette ou un chariot dehors. On va tout charger et l’emporter. »
Kaspar et Yulia obéirent comme des marionnettes, sans même avoir conscience de ce qu’ils faisaient. Leur visage était parfaitement vide.
Ils sortirent les bêtes de somme de l’écurie et les attelèrent, puis firent la navette dans le donjon intérieur pour charger des sacs de nourriture et des trésors. Ricart leur donna aussi un coup de main.
Ils emmenèrent également tout le bétail — vaches, cochons et poules —, puis quittèrent le château avec les chariots, avançant dans la boue mêlée de sang.
Certains truands s’étaient enfuis dans toutes les directions ; d’autres restaient plantés là, à regarder sans comprendre. Personne ne s’avança pour les arrêter ou venger leur chef. Ils se contentaient de fixer le groupe.
Ainsi, trois personnes à peine détruisirent la Fraternité de l’épée Ringwald et s’en allèrent tranquillement. Même si Ricart avait fait presque tout le travail à lui seul.
Ricart ouvrait la marche, tenant les rênes d’une main et une torche de l’autre. Dans la nuit noire, on ne voyait pas à plus de quelques mètres, mais il n’y avait qu’une seule route, alors cela suffisait.
Ce ne fut qu’aux premières lueurs froides de l’aube que Ricart, Kaspar et Yulia regagnèrent le village où leur groupe séjournait. Là aussi, il y avait des cadavres.
À la différence du château, qui avait été une mer de sang chaotique, les corps avaient au moins été disposés côte à côte près d’un bâtiment et recouverts d’un tissu.
Déjà épuisés, Kaspar et Yulia furent alarmés, craignant qu’un incident se soit produit, mais ce n’était pas le cas.
Marie se tenait là, les bras croisés, une épée à la ceinture, et regardait dans la direction où Ricart était parti. Mais il arrivait d’ailleurs, alors elle ne l’avait pas vu approcher.
« Marie ! »
À l’appel sonore de Ricart, Marie, qui avait attendu son mari sans dormir, se retourna brusquement. Puis elle courut vers lui et se jeta dans ses bras. Même pas un jour ne s’était écoulé.
« Pourquoi tu m’attends au lieu de dormir ? »
« Ça n’aurait pas dû prendre autant de temps, alors je trouvais ça bizarre… »
« Désolé. J’aurais dû envoyer quelqu’un vous prévenir. »
« Non, tu devais être occupé, toi aussi, là-bas. »
« Tout le monde va bien ? Et ces corps, qu’est-ce que c’est ? »
« Ce sont des gens qui passent de temps en temps juste pour tourmenter les habitants, alors je les ai tués. »
« Bien joué. J’ai tué l’homme qui s’appelait Ringwald, moi aussi, et j’ai mis un moment à rassembler tout ce qu’on pouvait emporter. »
Drôle de conversation pour un couple marié, mais ils étaient tous deux sains et saufs, alors tout allait bien.
Un coq vigoureux poussa alors un cri depuis le chariot que Ricart avait ramené. L’aube approchait.
« Enfin, je suis soulagée. J’ai dit à tout le monde qu’on devrait partager un peu de nourriture, parce que les gens d’ici avaient l’air affamés. Je me sentais mal, ils ont accepté alors qu’ils n’en avaient pas vraiment envie. »
« Tu as bien fait. Très bien fait. »
Ricart félicita Marie en lui caressant l’épaule.
Les autres pouvaient bien détester cela et s’y opposer, Marie était heureuse tant que Ricart la reconnaissait. Et puis, les choses s’étaient bien passées.
Les gens commencèrent à se réveiller peu à peu, tandis que ceux qui avaient monté la garde étaient déjà debout et contemplaient les énormes provisions rapportées par Ricart.
Après avoir vécu sans rien avoir à manger ou à posséder en quantité suffisante, ils virent pour la première fois depuis longtemps une lueur dans leurs yeux éteints.
Ricart distribua tout entre eux. Il ne garda rien pour lui. À l’origine, tout cela leur appartenait.
En observant Ricart et Marie, Bremen et les autres voyageurs en route vers la frontière orientale ressentirent quelque chose d’étrange.
Était-il possible d’aider les autres quand on avait déjà du mal à prendre soin de soi et de sa famille ?
On aurait dit qu’une pluie douce s’était abattue sur leurs cœurs aussi arides qu’une terre stérile, permettant à de jeunes pousses de surgir. Une émotion légère leur chatouilla la poitrine.
Tout le monde portait un démon dans son cœur, mais aussi un ange. On aurait dit que des anges morts depuis longtemps s’éveillaient.
Aider les autres même en luttant pour survivre. Dans ce monde sauvage, c’était une façon de se rappeler qu’on était humain.
« Mais ces gens seront-ils en sécurité après notre départ ? »
Bremen semblait toujours inquiet. Ricart lui répondit d’un ton amer.
« Tout ce que je peux faire, c’est leur donner un peu de répit. Ce serait mieux qu’ils partent ailleurs, mais ils ne quitteront probablement pas cet endroit. »
Ricart n’était pas du genre à protéger les gens du commun. Il n’en avait pas l’obligation. Avant de repartir avec le groupe, il se contenta de leur mettre entre les mains les armes prises à leurs ennemis.
« Si quelqu’un essaie de vous prendre vos biens par la force, unissez-vous et résistez. Si vous avez du courage, vous devriez pouvoir repousser la plupart de ces vauriens. »
Qu’il ait raison ou non, c’était la plus grande aide que Ricart pouvait leur apporter. Et ses paroles parvinrent à ceux que Ringwald avait exploités avec une brutalité sans nom.
Jusqu’alors, ils n’avaient même pas eu la force de se méfier des étrangers, mais leurs cœurs s’ouvrirent enfin.
Un vieillard voûté et ridé s’approcha péniblement de Ricart et demanda :
« Puis-je connaître le nom du héros ? »
« Hum… »
Rien ne l’empêchait de donner son nom, mais Ricart leva les yeux au ciel comme s’il réfléchissait, puis sourit d’un air malicieux.
« Ce sont Kaspar et Yulia, du Clan Viola. »
« Je vois. Je vous en prie, acceptez ceci. »
Ils étaient en haillons et mouraient de faim, mais ils avaient encore un cœur humain et souhaitaient témoigner leur gratitude.
Aider quelqu’un et lui exprimer sa reconnaissance. Peut-être que cela seul avait un sens, tandis que la façon de faire et le résultat importaient peu.
Le vieillard, qui semblait être le chef du village, lui offrit en signe de gratitude un bracelet d’or en bon état. Puisqu’ils l’avaient gardé au lieu de le vendre alors qu’ils étaient presque morts de faim, ce devait être un objet très précieux.
Le bracelet avait la forme d’un anneau de corde torsadée, dont les extrémités ne se rejoignaient pas tout à fait. Aux deux bouts ouverts, des têtes de dragon finement sculptées se faisaient face.
« Un bracelet viking. »
Marie, qui observait la scène à ses côtés, prit la parole.
Autrefois, on appelait Vikings les Nords, lorsqu’ils étaient des envahisseurs. À présent, ils s’étaient installés dans l’Empire et assimilés à la population, ou vivaient principalement du commerce.
Il se disait que certaines côtes restaient indisciplinées, mais comparé à l’époque de la fondation de l’Empire, cela ne représentait presque rien.
On offrait un bracelet viking à un garçon lorsqu’on le reconnaissait comme guerrier, ou lorsqu’un père guerrier le reconnaissait comme son fils. On ne le retirait jamais de toute sa vie et l’on jugeait plus honteux de se le faire prendre par un ennemi que de mourir.
Ricart ignorait pourquoi un tel objet se trouvait là, et sa signification s’était estompée au fil des ans. Il l’accepta néanmoins avec plaisir et le passa à son bras sous les yeux du vieillard. Il lui allait parfaitement.
« Merci. J’en prendrai soin. »
Ricart sourit, puis reprit la route. Le bœuf qui portait la charge avançait d’un pas placide et fidèle.
Après plusieurs heures de marche, arrivés à un carrefour, ils aperçurent les corps de ceux que Ricart, Kaspar et Yulia avaient tués la veille, éparpillés sur le sol.
Comme s’il venait seulement d’y penser, Kaspar demanda à Ricart :
« Mais pourquoi leur avez-vous donné nos noms ? »
« Hum ? Qu’est-ce que tu veux dire ? »
« Au vieillard du village. On n’a rien fait, en réalité. »
Ricart sourit d’un air cruel.
« La célébrité, ce n’est pas une bonne chose. Les gens vous provoquent à cause de la valeur de votre nom. Dans les monts Kaits, ça m’a un peu servi, mais c’est une vraie plaie. Alors je ne leur ai pas donné vos noms pour vous rendre service. Je leur ai dit ça pour que vous en portiez le poids. »
« … »
« Si quelqu’un vous cherche des noises ou vous provoque sur la route, dites-vous : “Cette personne est venue me tuer pour se faire un nom.” »
La réputation était à double tranchant. Elle pouvait apporter des avantages sociaux, mais aussi transformer quelqu’un en cible.
Chez les épéistes surtout, se faire un nom signifiait qu’on vous demandait sans cesse de faire vos preuves. Et pour cela, il fallait se battre en duel.
Ricart avait souffert de cette situation un certain temps ; à ses yeux, la célébrité n’était donc qu’un fardeau. C’est pourquoi il l’avait tout bonnement refilée à ses deux jeunes disciples inexpérimentés.
Si la nouvelle se répandait que Kaspar et Yulia avaient tué le chef de la Fraternité de l’épée Ringwald et détruit le groupe, ils pourraient se faire une réputation impressionnante pour des novices. Mais si leur niveau ne suivait pas, ils risquaient surtout de devenir la risée de tous. Et s’ils avaient la malchance de tomber sur un adversaire redoutable, ils pourraient même y laisser la vie.
La réputation du clan pouvait également en souffrir. Mais la vie avait toujours eu deux faces.
« Vous devez être fatigués. Continuons encore un peu, puis on se reposera. Faites une sieste si vous voulez. Vous avez travaillé dur. Vous avez bien fait. »
Peut-être parce que tout s’était bien terminé, ou peut-être parce qu’il le pensait vraiment, Ricart les félicita. Kaspar sentit quelque chose enfler en lui, et ses yeux rougirent.
C’était peut-être parce qu’il n’avait pas dormi, qu’il était à bout de nerfs et physiquement épuisé. Mais quand quelqu’un qui semblait incapable de vous féliciter finissait par le faire, l’effet était extraordinaire.
Yulia ferma très fort les yeux, baissa la tête et laissa couler ses larmes.
En les voyant, Marie écarquilla les yeux et demanda à Ricart :
« Tu les as poussés jusqu’où pour qu’ils soient dans cet état ? »
« Je n’ai rien fait. »
« Ricky, tu ne leur as pas encore parlé de risquer leur vie et tout ça, hein ? »
Ricart se sentit coupable et songea : *Elle peut entendre les conversations à des kilomètres ?* Mais il secoua la tête.
Marie ne baissa pas son regard soupçonneux.
« Ils ont seulement besoin de savoir se défendre. Tout le monde n’a pas à devenir Maître de l’Épée. J’ai assez souffert à cause de ça, et toi, tu vas mettre la pression aux gamins ? »
« Je t’ai dit que je n’avais rien fait. Et ce ne sont pas des gamins. Vous avez quel âge, tous les deux ? »
« Quinze ans. »
« Tu vois ? Ils sont déjà adultes. Réfléchis. Toi, moi et les autres, on était encore plus jeunes quand on… »
« Le monde était dangereux à l’époque, et il l’est toujours, mais nous n’avions aucun abri. Ce n’est plus le cas. On nous a chassés et on n’avait pas le choix. Mais maintenant ? On ne peut pas les obliger à vivre comme nous. »
« … S’ils restent bien à l’abri, ils ne feront que s’affaiblir. Alors pourquoi porter une épée ? Si vous vous y mettez, faites-le correctement. Bori et toi, Marie, vous êtes trop tendres. »
« Te voilà encore à t’entêter. »
Ricart était obstiné de nature. Au lieu de poursuivre la dispute ou la conversation, il pinça les lèvres et se tut.
Quand il avait rédigé le manuel d’escrime, Bori et Marie avaient eu beau lui faire remarquer toutes sortes de choses, il avait refusé de changer d’avis. Son caractère n’avait pas changé.
Marie faillit rire en voyant Ricart faire la tête. Autrefois si déterminé qu’il avait saisi une lame pour tenter de se transpercer le cœur, il cédait désormais un peu de terrain, même sans renoncer à sa position. Mais seulement pour Marie.
Pourtant, dès que l’atmosphère prit un tour où Ricart semblait se faire réprimander, Kaspar et Yulia détournèrent eux aussi discrètement le regard.
Après avoir franchi la frontière de Rotheim et suivi la route, ils aperçurent un grand chêne solitaire au milieu d’un champ.
Heureusement, personne n’y était pendu. L’arbre n’offrait qu’une ombre fraîche aux voyageurs épuisés.
Le groupe décida de s’y arrêter pour se reposer et manger. Kaspar et Yulia purent enfin dormir après avoir veillé toute la nuit.
Leurs corps et leurs esprits étaient si épuisés qu’ils avaient tout oublié pendant un moment ; dans leur demi-sommeil, les événements de la nuit précédente leur revinrent naturellement en mémoire.
L’épée enflammée, les coups d’épée semblables à des éclairs. Il ne leur restait que des images rémanentes sous les yeux, et ils ne parvenaient pas à se rappeler clairement ce qu’ils avaient vu. Une chose était sûre : ils avaient assisté à un niveau tout à fait différent.
Quand ils comprirent qu’ils n’avaient que trois ans de moins que Ricart, le dégoût d’eux-mêmes les submergea.
En même temps, la somnolence les gagna et les paroles de leur maître résonnèrent à leurs oreilles. Enfin, elles pénétrèrent dans leur cœur. Elles leur enseignaient non pas l’arrogance, mais l’humilité.
Il n’y avait pas de génies dans le monde.
À part Ricky.
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