Traducteur : Atlas Studios Éditeur : Atlas Studios
Toutes les épées regagnèrent les mains de leurs propriétaires.
Tout semblait calme et paisible, et l’ordre était rétabli.
Sans tous ces regards braqués sur Ye Ping, on aurait pu croire qu’il ne s’était rien passé.
À cet instant, Ye Ping ouvrit les yeux.
Il ignora les regards de la foule et se tourna plutôt vers Su Changyu, l’air honteux.
« Frère aîné, je suis peu doué et je n’ai pas réussi à comprendre l’intention du sabre. Veuillez me pardonner. »
Ye Ping fut envahi par la honte. Il était bel et bien sur le point de comprendre l’intention du sabre, mais il sentit, sans savoir pourquoi, que ni l’intention de la Technique des Quatre Tonnerres ni celle du Fleuve céleste ne lui convenait. Il renonça donc finalement à la condenser.
Pourtant, à ces mots, les centaines de milliers de cultivateurs se turent.
Les cultivateurs de Qingzhou étaient perplexes.
Xu Qiubai resta sans voix.
Le Seigneur de la ville de Qingzhou n’y comprenait rien non plus.
À part Su Changyu, tous les cultivateurs étaient quelque peu déconcertés.
Les paroles de Ye Ping leur paraissaient vraiment un peu blessantes.
Oui, elles leur faisaient mal aux oreilles.
*C’est ça, être peu doué ?*
*Il m’insulte ? Bon, passe encore s’il m’insulte, mais le Seigneur de la ville n’a pas non plus condensé d’intention du sabre. Il compte aussi l’insulter ?*
Mais avant que la foule ait repris ses esprits, Su Changyu s’était déjà remis de sa stupeur.
*Les combats acharnés sont terminés. À mon tour de me donner des airs d’expert.*
Il regarda Ye Ping d’un air serein. Il voulut d’abord lui répondre quelques mots, mais, après réflexion, il ne sut que dire. Il ne répondit donc pas à sa question et se dirigea simplement vers l’ancienne ville de Qingzhou sous les yeux de tous.
« Entrons dans la ville. »
Ces trois mots renforcèrent encore son aura d’Immortel du Sabre.
« Oui, Frère aîné. »
Ye Ping se releva à la hâte et rejoignit Su Changyu, sans prêter attention à Li Yu et aux autres.
« Maître ! Maître, attendez-moi, partons ensemble ! »
Voyant Ye Ping se diriger vers la ville, Li Yu se hâta de lui emboîter le pas.
À cet instant, le Seigneur de la ville de Qingzhou changea radicalement d’expression. Il fixait Li Yu, les yeux écarquillés de stupeur.
« Le Prince héritier ? »
Le Seigneur de la ville de Qingzhou était abasourdi : il ne s’était pas attendu à ce que le Prince héritier du royaume de Jin soit là.
« Pourquoi le Prince héritier est-il ici ? Et il a même appelé ce jeune homme son maître… Attendez ! »
À cet instant, le Seigneur de la ville de Qingzhou crut comprendre quelque chose et ne put s’empêcher de frissonner.
*Le commissaire d’inspection du royaume de Jin ?*
*Oui, c’est le commissaire d’inspection.*
« Je vois. Tout s’explique. »
Le Seigneur de la ville de Qingzhou était sous le choc. Il avait déjà deviné l’identité de Su Changyu et, une fois remis de sa stupeur, il en fut ravi.
Toutefois, même s’il avait deviné une partie de la vérité, il n’agit pas à la légère et quitta discrètement l’entrée de la ville.
À cet instant, à Qingzhou…
Lorsque Su Changyu et Ye Ping sortirent du passage, tous les regards se posèrent sur eux.
Certains étaient envieux ou jaloux, tandis que beaucoup les observaient avec admiration et affection.
Su Changyu sentit sa peau frémir de plaisir sous tous ces regards. S’il n’y avait pas eu tant de monde, il aurait probablement éclaté de rire.
*Excellent ! Merveilleux ! Sublime !*
*Qu’y a-t-il de plus agréable au monde que de se donner des airs d’expert ?*
*Dommage que les occasions se fassent si rares.*
*Au bout du compte, je ne suis qu’un bon à rien. Si seulement j’avais autant de talent que Ye Ping…*
Cette pensée arracha un soupir à Su Changyu.
À cet instant, les murmures de la foule leur parvinrent.
« C’est difficile à croire : deux experts aussi puissants se trouvent à Qingzhou en même temps. En plus, ils sont jeunes et beaux, et leur aura est remarquable. Le plus incroyable, c’est qu’ils sont aussi extrêmement doués. Je suis en admiration. »
« Ça me rend fou ! Le titre du plus bel homme de Qingzhou m’a été arraché par deux hommes le même jour. Je dois maintenant me contenter de la troisième place. »
« Quoi ? Camarade taoïste, tu n’as donc aucune honte ? C’est moi qui suis clairement troisième, voyons ! »
« Arrêtez de vous chamailler. Vous êtes troisième et quatrième, et moi, je suis cinquième, d’accord ? »
« Bon, je vais prendre sur moi et me contenter de la sixième place. »
« Puisque vous êtes tous aussi effrontés, je prendrai la septième. »
« Moi, je serai huitième. »
Les cultivateurs masculins parlaient plus bas, surtout pour éviter de se couvrir de ridicule. Ils étaient jaloux, certes, mais trop gênés pour hausser la voix.
Les cultivatrices, elles, discutaient tout autrement.
« J’aime tellement ce Frère aîné ! Il est si froid et dominateur, c’est tout à fait mon genre. Ah, je n’en peux plus ! »
« Moi aussi, je l’aime beaucoup. Frère aîné, on pourrait sortir ensemble ? Je ne suis pas collante. »
« Ah, je vois bien que vous manquez d’expérience. Ce Frère aîné est certes beau, mais son petit frère martial est une perle rare. Il a l’air si lettré et son aura est remarquable. Le Frère aîné est manifestement entièrement dévoué à la Voie du Sabre : si vous sortez avec lui, vous ne serez sûrement pas heureuses. »
« Oui, oui, moi, c’est son petit frère martial que j’aime bien. Ah, je n’en peux plus non plus. J’ai décidé de devenir sa prétendante. »
« Mes sœurs, j’ai une question. La femme de mon maître m’a dit que les beaux hommes avaient souvent un petit membre. C’est vrai ? »
« Euh… Je n’en sais pas trop. »
« Ma sœur, ta question dépasse mes connaissances. »
« La taille ne compte pas pour moi. Au pire, je m’en occuperai toute seule. »
« Si tous les beaux hommes en ont un petit, je choisirai le petit frère martial et lui demanderai de comprendre un mouvement de sabre de temps en temps. »
« Ah ! Vous en savez vraiment beaucoup, vous m’avez battue à plate couture. »
La voix des cultivatrices n’était pas très forte, mais certainement pas discrète non plus. Et elles abordaient en plein jour un sujet aussi explicite. Ye Ping, qui marchait derrière Su Changyu, ne put s’empêcher d’être encore plus convaincu que Xiao Muxue maîtrisait une technique de chasteté.
« Maître, oncle martial, j’ai déjà réservé une chambre privée à l’Auberge du Grand Fleuve. C’est calme là-bas, et la Rencontre de la Voie du Sabre approche. Nous pourrons bien nous reposer sans être dérangés. Qu’en pensez-vous ? »
À cet instant, Li Yu rejoignit Ye Ping et lui fit cette proposition.
Ye Ping secoua toutefois la tête. « Le Maître de secte nous a appris à ne pas profiter des autres quand nous sommes à l’extérieur. Sinon, nous leur devrons toujours quelque chose. »
« Li Yu, tu as sûrement des choses importantes à faire, toi aussi. Pourquoi ne pas aller t’en occuper ? »
Ye Ping avait une bonne opinion de Li Yu, mais il ne voulait pas lui être redevable.
Su Changyu, qui marchait devant eux, ne put s’empêcher de hocher la tête en entendant cela.
Autrefois, il aurait sans hésiter profité de l’occasion, mais, maintenant qu’il avait quelques centaines de taëls d’or en poche, il n’avait pas besoin qu’on lui paie une auberge.
Cependant, l’instant d’après, Li Yu insista de nouveau.
« Maître, j’ai déjà réservé la chambre. Si vous et mon oncle martial n’y allez pas, elle sera perdue. Et puis, ce n’est pas si cher. Ça ne coûte que cent taëls d’or par jour. »
Li Yu ne se souciait effectivement pas de l’argent. Il voulait surtout se faire bien voir de Ye Ping et de Su Changyu.
« Non, je n’irai pas. »
Ye Ping ne s’intéressait pas non plus à l’argent et secoua directement la tête.
Mais Su Changyu resta bouche bée en entendant cela.
*Cent taëls d’or par jour ?*
*C’est quoi, cette auberge ? C’est hors de prix !*
*Attends…*
*L’Auberge du Grand Fleuve ?*
*La célèbre Auberge du Grand Fleuve, dans l’ancienne ville de Qingzhou ?*
*L’auberge cinq étoiles ?*
Il inspira brusquement.
Su Changyu se rappela soudain ce qu’était l’Auberge du Grand Fleuve. Voilà pourquoi son nom lui avait paru familier.
C’était la seule auberge cinq étoiles de Qingzhou, et elle était d’un luxe extrême. On racontait que chaque pièce de bois y était en bois de rose.
À cette pensée, Su Changyu ne put s’empêcher de dire : « Petit frère martial, j’y ai réfléchi et je me dis que Li Yu est ton disciple, après tout. Ce n’est pas un étranger. Pourquoi ne pas aller nous reposer là-bas ? »
Su Changyu s’efforça de garder un air calme et de ne pas passer pour un snob intéressé.
« Oui, Maître. Puisque mon oncle martial le propose, allons à l’Auberge du Grand Fleuve. »
Li Yu renchérit avec enthousiasme.
Ye Ping ne se posa pas davantage de questions. Puisque Su Changyu l’avait proposé, il n’avait rien à ajouter.
C’est ainsi qu’ils arrivèrent à l’Auberge du Grand Fleuve.
Six heures passèrent.
Une silhouette apparut lentement aux abords de Qingzhou.
Li Changye contempla l’ancienne ville de Qingzhou.
Il était extrêmement beau et froid. Cette fois, il avait spécialement acheté une robe blanche brodée de grues et de nuages, dans l’espoir de mettre en valeur son aura d’Immortel du Sabre.
Li Changye avait certes une belle allure, mais il était loin d’égaler Su Changyu.
Aux abords de l’ancienne ville de Qingzhou,
le visage serein, Li Changye contemplait l’antique cité et ne put s’empêcher de marmonner :
« Est-ce ici que commencera mon chemin vers l’invincibilité ? »
« Ha… J’ai vraiment hâte. »
Sur ces mots, Li Changye pénétra lentement dans l’ancienne ville.
Plusieurs regards se posèrent sur lui.
Sentant qu’on l’observait, Li Changye ne montra aucun signe de trouble. Au contraire, il se fit encore plus serein.
Il savait qu’il était un génie, et que tous le regardaient avec envie.
*Ah, voilà la vie des génies, surtout de ceux qui sont aussi beaux que moi.*
*Changye, tu es vraiment brillant.*
À cette pensée, Li Changye ne put s’empêcher de sourire et d’avancer à grands pas.
Pourtant, les conversations de la foule lui parvinrent, et elles étaient pour le moins étranges.
« Les gars, regardez vite, un imitateur vient d’arriver. »
« Tss, le Frère aîné vient à peine d’arriver que quelqu’un essaie déjà de l’imiter. C’est écœurant. »
« Oui, oui, il y a tellement d’imitateurs de nos jours. »
« Bon sang, regardez-le, il sourit encore, en plus. Sérieusement ? Il se croit vraiment beau ? »
Les cultivateurs parlaient sans trop hausser la voix, mais ils fanfaronnaient à mi-voix, tandis que les cultivatrices discutaient ouvertement.
« J’en ai eu un haut-le-cœur. Comparé au Frère aîné, il est vraiment laid. Et il porte les mêmes vêtements que lui. Qui lui a donné cette confiance ? »
« Arrêtez, mes sœurs. Je vais me laver les yeux. »
« C’est le genre de bon à rien qui a belle allure mais n’a aucun talent. Mes sœurs, faites attention à ne pas vous laisser berner par des types pareils, compris ? »
Malheureusement, Li Changye n’entendit pas ces paroles…
Deux heures de plus passèrent.
Wang Minghao apparut à son tour aux abords de l’ancienne ville de Qingzhou.
Il était indifférent.
Encore plus indifférent que Li Changye.
Il venait d’une véritable secte secrète d’experts, d’une puissance considérable.
Il avait donc un sentiment de supériorité tout naturel.
À ses yeux, Qingzhou n’était qu’un tremplin.
L’air distant, Wang Minghao franchit le passage.
Lui aussi attira de nombreux regards.
Sentant ces regards, Wang Minghao garda son calme : il savait que les génies méritaient une telle attention.
Il ne fanfaronnait pas : il était déjà extrêmement prétentieux.
Ainsi, il poursuivit son chemin jusqu’à tard dans la nuit.