Traducteur : Atlas Studios Éditeur : Atlas Studios
Tard dans la nuit, sur la falaise, à l’arrière de la Secte Qingyun Dao.
À cet instant, l’univers se dessina dans l’esprit de Ye Ping.
Il était sans limites et infini.
C’était le ciel et la terre dans l’esprit de Ye Ping.
C’était l’univers depuis la nuit des temps, immense et pourtant minuscule.
L’univers dans le cœur de Ye Ping était vaste et sans limites, mais un Dieu-Démon contemplant le ciel y apparut.
Il ne fallait pas regarder ce Dieu-Démon, qui dégageait une aura terrifiante. Le moindre de ses souffles faisait rugir l’univers.
Son corps semblait forgé dans un fer divin indestructible. Debout au milieu de l’univers, le Dieu-Démon maîtrisait le Dao et foulait les cinq éléments du yin et du yang, embrassant tout du regard.
C’était le Dieu-Démon du Grand Dao.
Ye Ping fut stupéfait.
Il observa le Dieu-Démon dans son cœur et, en un clin d’œil, une multitude de lois mystérieuses lui vinrent à l’esprit.
C’était la technique suprême pour activer la trempe corporelle du Dieu-Démon.
« Fais du ciel ton marteau et de la terre ton fourneau. Absorbe tout et évolue. »
Une voix ancienne résonna dans l’esprit de Ye Ping.
Il venait de comprendre la version intégrale de la Technique ancienne de trempe corporelle du Dieu-Démon.
Une heure plus tard, Ye Ping ouvrit les yeux.
Il connaissait désormais la méthode de cultivation de la Technique ancienne de trempe corporelle du Dieu-Démon.
Il lui fallait contempler le Dieu-Démon avec son cœur, transformer le ciel et la terre en marteau divin et en fourneau, puis tremper son corps.
La Technique ancienne de trempe corporelle du Dieu-Démon comptait cinq niveaux.
Petit Dieu-Démon, Grand Dieu-Démon, Dieu-Démon Suprême, Dieu-Démon du Grand Dao et Ancêtre du Grand Dao.
Ye Ping se trouvait pour l’instant au niveau du Petit Dieu-Démon. Il pouvait atteindre la perfection en faisant tremper son corps quatre-vingt-une fois à l’aide du ciel et de la terre, jusqu’à condenser le corps du Petit Dieu-Démon.
À ce stade, son corps serait semblable à celui d’un Vrai Dragon et sa vitalité, aussi puissante que le soleil.
La Technique ancienne de trempe corporelle du Dieu-Démon reposait sur deux éléments essentiels.
Le premier consistait à contempler le Dieu-Démon avec son cœur. Si le Diagramme du Dieu-Démon n’apparaissait pas dans son esprit, il aurait beau chercher une solution, il lui serait impossible de forger le corps du Dieu-Démon.
Le second était le Marteau céleste et le Fourneau terrestre. Cette méthode consistait à attirer les dieux avec le qi, puis le corps avec les dieux. On faisait du ciel un marteau et de la terre un fourneau pour tremper son corps.
Une fois le Diagramme du Dieu-Démon apparu dans son cœur, il fallait recourir à cette méthode pour communiquer avec le ciel et la terre grâce à l’énergie spirituelle, puis s’appuyer sur la puissance terrestre afin de former un fourneau suprême et sur la majesté céleste pour façonner le Marteau divin céleste. En martelant ainsi son corps, on forgeait celui du Dieu-Démon.
Le processus était extrêmement dangereux, mais la méthode, simple. Avec suffisamment d’énergie spirituelle, une seule trempe suffisait.
Toutefois, sans une volonté particulièrement forte, l’âme essentielle et le corps physique s’effondraient, entraînant la mort.
« Je pensais qu’il serait très difficile d’avoir une illumination, mais la cultivation est encore plus ardue. Cela dit, c’est logique. Plus une technique de cultivation est puissante, plus elle est difficile. Si on pouvait la maîtriser facilement, tout le monde serait cultivateur, non ? »
Après cette illumination, Ye Ping ne put s’empêcher de soupirer.
Un autre problème se posa cependant.
Pour condenser le Marteau céleste et le Fourneau terrestre, il lui fallait une grande quantité d’énergie spirituelle. Or, il en manquait.
Ces derniers jours, il avait eu des illuminations sur les techniques de sabre, sans jamais cultiver. Il n’avait donc naturellement pas la moindre énergie spirituelle.
De plus, à mesure qu’il progresserait dans l’étude de la Technique ancienne de trempe corporelle du Dieu-Démon, ses besoins en énergie spirituelle ne feraient qu’augmenter.
Mais surtout, son plus gros problème était son piètre talent pour la cultivation, ce qui était extrêmement embêtant.
Ye Ping connaissait assez bien ses aptitudes. En six mois, il avait participé à plus de cinquante Grands rassemblements de l’Ascension immortelle, et les examens de centaines de sectes avaient tous prouvé qu’il n’avait aucune racine spirituelle.
Il en déduisit que son talent pour la Voie du Sabre n’était peut-être pas si mauvais, mais que celui qui laissait le plus à désirer était probablement son talent pour la cultivation.
« Que faire ? »
Les ennuis lui tombaient dessus et Ye Ping sentit poindre un mal de tête.
« Devrais-je aller voir le Grand frère martial aîné ? »
Ye Ping y réfléchit, mais renonça presque aussitôt à cette idée.
« Non. Mon talent pour la cultivation est trop médiocre. Si je vais voir le Grand frère martial aîné, il risque de me mépriser à cause de ça. »
« Mais si je ne vais pas le voir, je ne pourrai pas cultiver. Et si je ne peux pas cultiver, je ne pourrai pas comprendre la Technique ancienne de trempe corporelle du Dieu-Démon. »
Ye Ping fronça les sourcils et réfléchit.
« Tiens ? Le Grand frère martial aîné m’a donné des Pilules de raffinement du qi. Je me demande si elles sont efficaces. »
Ye Ping y pensa soudain.
Sur cette pensée, il sortit aussitôt le flacon de Pilules de raffinement du qi.
Il en fit tomber une pilule blanc pâle dans sa paume.
Elle était petite, de la taille d’un grain de riz. D’un blanc pur, elle dégageait un parfum frais, sans la moindre odeur d’herbes médicinales.
Mais au moment où Ye Ping s’apprêtait à l’avaler, il s’immobilisa soudain.
« Tout médicament a ses effets secondaires. C’est une Pilule de raffinement du qi, et je n’ai même pas encore atteint le royaume du Raffinement du qi. Qui sait si elle ne va pas provoquer quelque chose de fâcheux ? Je ne peux pas agir à la légère. »
Ye Ping se rappela tout à coup qu’il n’avait pas encore atteint le royaume du Raffinement du qi et qu’il ignorait donc s’il pouvait avaler une telle pilule.
Et s’il explosait après l’avoir prise ?
À cette pensée, Ye Ping remit la Pilule de raffinement du qi dans son flacon de jade.
La prudence était toujours de mise.
Dans le Monde immortel, les cultivateurs étaient répartis en sept royaumes.
Raffinement du qi, Établissement des fondations, Noyau d’or, Âme naissante, Âme essentielle, Transcendance de la tribulation et Grand Véhicule.
Un fossé infranchissable séparait chaque royaume : ceux qui le franchissaient devenaient immortels, les autres restaient mortels. La différence était absolue.
Bien que Ye Ping n’eût jamais pratiqué la cultivation immortelle, il avait lu quelques informations à ce sujet.
Comme il ne pouvait pas cultiver la Technique ancienne de trempe corporelle du Dieu-Démon, Ye Ping cessa de s’en préoccuper. Après tout, il avait déjà compris la méthode ; ce n’était qu’une question de temps avant de pouvoir la cultiver.
Il se remit bientôt à contempler la marque du sabre, dans l’espoir d’avoir une illumination.
Il voulait essayer de comprendre plus vite l’intention du sabre des Quatre Tonnerres.
Il poursuivit ses efforts jusqu’au lendemain.
Su Changyu arriva.
Depuis qu’il avait remis à Ye Ping le manuel secret de la Technique ancienne de trempe corporelle du Dieu-Démon, il avait passé les trois jours précédents à étudier le Sabre de Chuanhe. Mais, hélas, ses efforts étaient restés vains. Su Changyu n’avait pas fermé l’œil depuis trois jours et trois nuits.
Il n’y comprenait pourtant rien. Cela le rendait fou : il lui faudrait des décennies pour comprendre les Techniques des Quatre Tonnerres, et voilà qu’il devait aussi cultiver le Sabre de Chuanhe. Celui-ci était certes moins bon que les Techniques des Quatre Tonnerres, mais il n’avait absolument aucun talent.
À cette pensée, Su Changyu sentit soudain la colère monter.
*Pourquoi faut-il que j’apprenne une technique de sabre, comme ça, sans raison ? Je ne peux pas enseigner autre chose à Ye Ping ?*
Mais ce n’était pas cela qui le mettait le plus en colère. C’était de ne pas oser exprimer son mécontentement.
Le Daoïste Tai Hua attendait qu’il enseigne le Sabre de Chuanhe à Ye Ping. S’il découvrait que Su Changyu n’avait rien appris du tout, celui-ci aurait des ennuis.
Su Changyu devinait les intentions du Daoïste Tai Hua.
Il voulait que Ye Ping participe à la Rencontre de la Voie du Sabre de Qingzhou.
Su Changyu trouvait toutefois cette idée peu fiable.
Ye Ping avait peut-être un grand talent pour la Voie du Sabre.
Mais le problème, c’était qu’il ne possédait aucun pouvoir du Dharma.
Certes, le règlement de la Rencontre de la Voie du Sabre de Qingzhou stipulait que seuls les cultivateurs n’ayant pas atteint l’Établissement des fondations pouvaient y participer. Pourtant, la plupart des concurrents étaient au septième ou au huitième niveau du Raffinement du qi, et certains avaient même atteint la perfection de ce royaume.
Même si Ye Ping avait condensé le potentiel du sabre, il ne possédait aucun pouvoir du Dharma. Face à des cultivateurs de cinquième ou de sixième niveau, il aurait encore quelques chances de l’emporter.
Contre ceux qui excellaient dans la cultivation de la Voie du Sabre, il n’aurait probablement aucune chance.
Bien sûr, c’était surtout parce que Su Changyu ignorait la puissance du potentiel du sabre des Quatre Tonnerres. À ses yeux, il n’existait que deux sortes de personnes :
Celles qui étaient plus faibles que lui et celles qui étaient plus fortes.
Aussi, pour faire renoncer le Daoïste Tai Hua à son idée, Su Changyu décida de continuer à enseigner des absurdités à Ye Ping.
Il se résolut à ignorer le Sabre de Chuanhe et à enseigner Ye Ping à sa manière.
La veille au soir, il avait rédigé un nouveau manuel de sabre.
Une partie en reprenait les principes essentiels de la Technique de l’épée de Chuanhe, mais le reste était en grande majorité inventé de toutes pièces.
Il ne croyait pas une seconde que Ye Ping réussirait à comprendre.
S’il y parvenait, Su Changyu jura qu’il mangerait les sabres de tous les participants à la Rencontre de la Voie du Sabre de Qingzhou.
Sur ce, Su Changyu se rendit au bord de la falaise.