Chapitre 199
Dans la Cour d’hommage du royaume de Wei.
Plusieurs étudiants des Dix Nations étaient également présents pour l’épreuve finale.
Après avoir franchi la pagode du corps physique, de nombreux cultivateurs se précipitèrent directement vers la Cour d’hommage.
Ils ne voulaient pas perdre davantage de temps. Après avoir compris qu’ils ne pourraient pas battre le record, ils avaient décidé qu’il valait mieux se rendre au plus vite à la Cour d’hommage pour réviser.
De plus, comme le troisième tour consistait en une épreuve littéraire, une foule de cultivateurs s’était rassemblée devant la Cour d’hommage.
Après avoir assisté à tant d’affrontements entre des experts, rien de tel qu’un bon duel littéraire pour se divertir.
« C’est l’expert Ye !
— Le frère martial aîné Ye est là.
— Tss, tss, quelle chance d’avoir un fils comme l’expert Ye.
— Je me demande quel est le niveau littéraire du frère martial aîné Ye.
— Le frère martial aîné Ye a vraiment l’allure d’un lettré. Je parie qu’il est excellent en littérature.
— Oui. Il a l’air d’un homme instruit, ça ne peut pas être si mauvais. »
Les gens en discutèrent entre eux. Tous trouvaient que Ye Ping avait l’aura d’un lettré confucéen et en concluaient instinctivement qu’il était très cultivé.
Dans la Cour d’hommage du royaume de Wei, Ye Ping salua poliment la foule.
À ce moment-là, de nombreux livres étaient disposés sur des tables de part et d’autre, en contrebas de la Cour d’hommage, sous la surveillance de plusieurs anciens.
« Ye Ping, les sujets de l’épreuve littéraire se trouvent dans les livres disposés de chaque côté. Vous pouvez les consulter avant de commencer.
— Une fois entré dans la Cour d’hommage, vous ne pourrez plus en sortir. Soyez prudent. »
L’ancien informa Ye Ping que les sujets de l’épreuve littéraire se trouvaient parmi les livres disposés des deux côtés.
Une fois entré dans la Cour d’hommage, il ne pourrait plus en ressortir.
« Merci de m’avoir prévenu, Ancien. »
Ye Ping hocha la tête. Il n’était pas très sûr de lui pour cette épreuve littéraire, même s’il s’était appuyé sur la littérature étudiée dans sa vie antérieure pour attirer tous les regards, à son arrivée dans ce monde.
Pourtant, l’épreuve littéraire était différente : peu importait la qualité d’un texte, si celui-ci était hors sujet, on échouait.
Ye Ping parcourut donc consciencieusement les livres posés sur les tables, de part et d’autre, et les lut attentivement.
Il y en avait plusieurs centaines, pour la plupart des récits d’événements et de personnages. Ye Ping les lut avec attention, sans oser en négliger un seul détail.
Deux heures entières s’écoulèrent.
Ye Ping avait lu les centaines de livres et s’en souvenait parfaitement.
Après s’être assuré qu’il n’avait plus aucune question, il entra dans la Cour d’hommage.
À cet instant…
Dans la Cour d’hommage, des centaines de livres étaient posés sur les tables. Seule la moitié des candidats était présente ; la plupart se trouvaient encore dans la pagode du corps physique ou consultaient des ouvrages à l’extérieur.
Après tout, l’épreuve littéraire donnait du fil à retordre à nombre de cultivateurs.
Même ceux qui étaient instruits peinaient à rédiger des textes.
« Immortel exalté, suivez-moi. »
À cet instant, le jeune garçon qui se trouvait dans la Cour d’hommage guida Ye Ping jusqu’à une table.
Trois blocs de bois rouge y étaient posés.
Le garçon les désigna : « Immortel exalté, les sujets de l’épreuve se trouvent sur ces blocs. »
Ye Ping hocha la tête, le remercia, puis retourna les blocs.
Le mot « Persuasion » était gravé sur le premier.
Le mot « Fortune » était gravé sur le deuxième.
Le mot « Personnage remarquable » était gravé sur le troisième.
Cette épreuve littéraire consistait à rédiger un texte à partir de l’un de ces sujets. Ces trois thèmes servaient à évaluer les aptitudes des lettrés.
Si un texte répondait parfaitement au sujet, il serait jugé d’une qualité supérieure, même si son contenu était médiocre.
Un texte restait un texte. Une épreuve littéraire restait une épreuve littéraire.
Pour l’épreuve, l’essentiel était de répondre à la question et de rester dans le sujet ; pour un texte, c’était son sens profond qui comptait.
À la lecture des sujets, Ye Ping ne put s’empêcher de rester un instant stupéfait.
En repensant aux livres qui se trouvaient dehors, Ye Ping comprit soudain.
En effet, les sujets étaient dissimulés dans les livres.
Ye Ping ne prit pas tout de suite son pinceau et se mit plutôt à réfléchir.
Il cherchait quel texte il allait écrire.
Persuasion, fortune, personnage remarquable.
Il n’avait qu’à choisir.
Mais pour obtenir une bonne note, il lui faudrait rédiger un texte en rapport avec le sujet.
Ye Ping était persuadé de pouvoir écrire un texte parfait sur chacun des trois thèmes.
Mais il aurait du mal à les traiter tous les trois.
« Ah !!! Mais comment faut-il que j’écrive ça ? »
Dans la Cour d’hommage, un cultivateur fronça les sourcils, lâcha son pinceau et éclaboussa son texte d’encre. Les yeux injectés de sang, il poussa un hurlement.
« Personne ne doit faire de bruit dans la Cour d’hommage. Qu’on le chasse ! »
Soudain, une voix tonitruante retentit.
C’était celle de l’examinateur, un grand lettré des Dix Nations. En un instant, une force invisible expulsa le candidat de la Cour d’hommage.
Telle était la puissance d’un grand lettré versé dans l’art du langage.
En voyant cela, Ye Ping fut saisi d’émotion. Il n’aurait jamais cru que les lettrés possédaient réellement une telle aptitude. S’il l’avait su plus tôt, il aurait peut-être choisi la voie du confucianisme.
Mais ce n’était pas le moment d’y penser.
Ye Ping ferma étroitement les yeux.
Plongé dans ses réflexions, il vit défiler dans son esprit plusieurs textes remarquables.
Malheureusement, aucun ne correspondait au sujet. À vrai dire, aucun ne convenait aux trois thèmes proposés.
« Ah… »
Il avait mal à la tête.
Deux heures entières s’écoulèrent.
Tandis que Ye Ping réfléchissait, une brise fraîche souffla doucement.
Elle froissa sa longue robe.
Pourtant, Ye Ping eut l’impression qu’une révélation venait de s’imposer à lui.
*« Persuasion, fortune, personnage remarquable ? »*
À cet instant, un texte prit forme dans son esprit.
L’instant suivant, il lui apparut aussi éclatant qu’un soleil.
« C’est ce texte-là !
— C’est ce texte-là !
— C’est ce texte-là ! »
Ye Ping serra le poing, fou de joie. Pour un lettré, avoir une révélation et l’esprit soudain limpide était une occasion rare.
Après deux heures de réflexion acharnée, cette illumination soudaine lui fit frissonner le cuir chevelu.
Pfiou !
Ye Ping expira profondément, puis agita la main. Un pinceau à poils de loup vert pâle apparut entre ses doigts.
L’instant d’après, il se mit à écrire sur une feuille de papier de riz vierge.
« En ce monde, tout est imprévisible. La vie connaît des hauts et des bas.
— Le mille-pattes a cent pattes, mais il avance moins vite que le serpent.
— Le coq a beau avoir des ailes, il ne vole pas comme l’oiseau.
— Un bon coursier peut parcourir des milliers de kilomètres, mais encore faut-il que quelqu’un le monte.
— Chacun a ses ambitions, mais il faut la fortune et une occasion favorable pour s’illustrer. »
Ye Ping reposa son pinceau. Il avait mis toute son essence et toute son énergie dans chacun des mots qu’il avait tracés.
Pourtant, dès qu’il posa son pinceau, une lumière dorée jaillit de toute la feuille de papier de riz.
Boum !
À cet instant, une statue de pierre trembla dans la cour. Ces statues représentaient les grands lettrés des Dix Nations, et ceux qui avaient l’honneur d’en avoir une dans la Cour d’hommage n’étaient pas des confucéens ordinaires.
C’étaient de grands lettrés reconnus par le Ciel et la Terre, qui avaient maîtrisé le pouvoir du langage. Chacun de leurs mots, prononcé ou écrit, pouvait transmettre les ordres célestes. Ils détenaient une véritable autorité et chacun de leurs décrets s’accomplissait.
Les trois examinateurs de cette épreuve étaient eux aussi de grands lettrés des Dix Nations, mais ils n’étaient pas dignes d’avoir leur statue dans la Cour d’hommage.
Or, la statue d’un grand lettré dans la cour venait soudain de trembler, attirant l’attention d’innombrables spectateurs.
« Que se passe-t-il ?
— Qu’est-ce qui est arrivé ?
— Regardez, les gars ! Le texte du frère martial aîné Ye brille !
— Quelle sorte de pouvoir divin est-ce là ? Je veux apprendre ça, moi aussi.
— Chacun de ses mots vaut de l’or. Chacun de ses mots vaut vraiment de l’or.
— Qu’est-ce que ça veut dire ?
— Qu’a donc écrit le frère martial aîné Ye ? Comment chacun de ses mots peut-il valoir mille pièces d’or ? »
Tous les candidats présents dans la Cour d’hommage furent stupéfaits, en particulier quelques-uns qui comprirent aussitôt ce qui se passait. Les yeux écarquillés, ils fixèrent Ye Ping.
« Qu’est-ce que ça signifie, que chaque mot vaille mille pièces d’or ? C’est si précieux que ça ? »
Certaines personnes ne comprenaient toujours pas et ne purent s’empêcher de demander.
« Quel ignorant ! Ça signifie simplement que le texte est très précieux. C’est une figure de style : chaque mot ne vaut pas réellement mille taëls d’or. On veut seulement dire qu’il est d’une grande valeur. »
« Exactement. Seuls les textes capables de stabiliser un royaume provoquent généralement de tels phénomènes. Chacun d’eux est précieux et peut affermir la fortune d’un royaume. Je ne pensais pas que le frère martial aîné Ye serait aussi doué en cultivation qu’en littérature.
— Il doit s’agir d’un texte capable de stabiliser un royaume. Mon Dieu, même un grand lettré n’est pas forcément capable d’en écrire un. Depuis toujours, de tels textes n’apparaissent qu’au tournoi des Dix Nations. Celui-ci va affermir la fortune d’un royaume.
— Ce texte stabilise le royaume. Si le frère martial aîné Ye le termine, il pourra directement accéder au rang de grand lettré et progresser à pas de géant. »
Dans la Cour d’hommage, certains cultivateurs connaissaient les épreuves littéraires et la hiérarchie des lettrés. Ils ne purent donc retenir leur stupeur.
« Quoi ? Il peut devenir un grand lettré avec un seul texte ?
— C’est vrai ? On peut devenir un grand lettré avec un seul texte ?
— Il n’y a que sept grands lettrés dans tout le royaume de Wei, et vous prétendez qu’il suffit d’écrire n’importe quel texte pour le devenir ? »
Certains furent toutefois choqués et refusèrent de croire qu’un texte suffirait à faire de quelqu’un un grand lettré.
À leurs yeux, aussi bon qu’il soit, un texte ne pouvait pas faire de son auteur un grand lettré sur-le-champ.
« Absurde ! Vous croyez que le confucianisme fonctionne comme la cultivation ? En confucianisme, on peut atteindre la Voie en un jour. Et puis, qu’est-ce que vous entendez par “n’importe quel texte” ? Ouvrez les yeux et regardez bien : c’est un texte capable de stabiliser un royaume. Même un grand lettré pourrait ne pas être capable d’en écrire un.
— Oui, c’est bien un texte de ce genre. Le royaume de Wei compte sept grands lettrés, mais un seul a écrit un texte capable de stabiliser le royaume et d’être reconnu par le Ciel et la Terre. En tant que grand lettré du monde, ses paroles sont investies d’une immense puissance et peuvent atteindre le ciel.
— J’en suis tellement jaloux… Le frère martial aîné Ye est vraiment prodigieux. Sa cultivation est terrifiante et son corps physique impressionnant. Je n’aurais jamais cru que son talent littéraire serait aussi extraordinaire. Il a réussi à écrire un texte capable de stabiliser un royaume. Quel exploit ! »
À cet instant, ceux qui se trouvaient hors de la Cour d’hommage sentirent eux aussi que quelque chose se passait.
Une aura indescriptible se répandit dans toute la Cour d’hommage, tandis que le grand lettré tremblait sans discontinuer.
« Silence ! »
Mais à cet instant, au fond de la Cour d’hommage…
Une voix retentit. Elle appartenait au grand lettré et semblait chargée d’un pouvoir divin. Chacun de ses mots réduisit au silence tout l’intérieur de la Cour d’hommage, ainsi que ses alentours.
Les statues elles-mêmes s’apaisèrent.
C’était la Cour d’hommage, qui servait aussi de lieu d’examen. Le silence y était bien sûr de rigueur.
Dans la Cour d’hommage,
les trois grands lettrés étaient assis dans la salle. C’étaient des anciens qui, d’ordinaire, gardaient leur calme, mais ils ne parvenaient pas à dissimuler leur stupeur.
« Je ne pensais pas qu’un homme si jeune serait capable d’écrire un texte capable de stabiliser un royaume. La jeune génération finit vraiment par surpasser l’ancienne.
— Oui, écrire un tel texte à un âge si jeune, c’est vraiment enviable.
— Quel dommage. S’il était déjà un grand lettré, son texte aurait pu être reconnu par le Ciel et la Terre et lui permettre de devenir un grand lettré du Ciel et de la Terre.
— Ce n’est pas la peine de le déplorer. Il semble avoir moins de vingt-cinq ans, et un grand lettré aussi jeune est rare en ce monde. Il deviendra sans aucun doute un grand lettré du Ciel et de la Terre d’ici un siècle. La lignée confucéenne vient enfin de produire un génie exceptionnel. »
Les trois hommes échangèrent quelques mots. Ils étaient profondément stupéfaits, mais, en tant que grands lettrés, ils n’allaient pas perdre contenance pour un texte capable de stabiliser un royaume.
En temps normal, ils auraient peut-être réagi avec davantage d’émotion. Mais, comme il s’agissait d’une épreuve littéraire, ils devaient soigner leur image d’examinateurs.
Ils restèrent donc assis en silence, sans réagir outre mesure.
Bien sûr, une fois le texte de Ye Ping achevé, ils se disputeraient ouvertement pour pouvoir le lire.
Devant la Cour d’hommage,
Ye Ping maniait son pinceau avec vivacité et fut bientôt absorbé par son écriture. Chaque caractère doré qui apparaissait sur le papier de riz était précieux.
Derrière Ye Ping se déployait également une certaine érudition.
Il y en avait huit en tout.
Le texte écrit par Ye Ping s’intitulait « Persuasion ».
C’était une œuvre célèbre, transmise depuis des milliers d’années.
Elle convenait parfaitement au thème.
Le texte invitait le monde à suivre la volonté du Ciel, à ne pas se sous-estimer et à cesser de toujours vouloir défier le Ciel. Il défendait l’idée que parfois, laisser les choses suivre leur cours était une bonne chose.
De plus, le texte évoquait plusieurs personnages célèbres, pour la plupart des méchants.
Ye Ping ne s’était évidemment pas tourné les pouces. Il avait lu de nombreuses histoires de personnages puissants dans la Cour d’hommage et les avait remaniées tout en préservant leur sens profond.
En poésie, un seul mot suffit à modifier la rime.
Mais dans un texte, le sens général et la portée comptaient davantage que les mots eux-mêmes. L’essence du texte et le message qu’il voulait transmettre en constituaient le cœur.
Vers la fin, Ye Ping accéléra et laissa libre cours à son inspiration.
« Les pauvres s’enrichissent et les vieux deviennent plus forts. Les filles du palais deviennent des concubines, et les femmes de mauvaise vie deviennent des épouses.
— Le temps et le lieu sont défavorables, le monde est plongé dans l’obscurité, la terre est stérile, les flots déchaînés, la fortune fait défaut : tout est déjà fixé dans cette vie. Qui n’aime pas le luxe ? Mais si votre thème de naissance ne le permet pas, comment pourriez-vous devenir ministre ? »
Ye Ping écrivait de plus en plus vite et, vers la fin, il se remémora même l’époque où il venait tout juste de transmigrer.
Il avait lutté de toutes ses forces pour accéder à la voie immortelle, mais le hasard lui avait fait rencontrer le Daoïste Tai Hua. Il s’était alors engagé sur le chemin de l’immortalité.
Quinze minutes s’écoulèrent.
Après avoir écrit le dernier mot, Ye Ping expira longuement.
À cet instant, son essence et son énergie avaient atteint leur plénitude, et son esprit était limpide. Il avait temporairement oublié tous ses soucis et ses tourments.
Pourtant, à ce moment-là, toute la cour se teinta soudain de vert. L’instant d’après, des rafales de vent soufflèrent et un arbre bodhi apparut derrière Ye Ping.
Ses branches — ,000 au total — retombaient vers le sol, tandis que des chants sacrés emplissaient l’air et semblaient les libérer de leurs soucis.
La Roue dorée d’expiation apparut derrière la tête de Ye Ping, lui donnant l’allure d’un bouddha.
Mais à cet instant…
Boum !
Boum !
Une lumière dorée infinie jaillit du papier de riz posé sur la table et s’élança vers le ciel.
Toutes les statues de pierre de la cour tremblèrent. Même les paroles véridiques du grand lettré ne purent les réprimer.
Des silhouettes apparurent même au-dessus de la cour.
Elles tenaient des rouleaux entre leurs mains et dégageaient un flot de talent littéraire.
« En ce monde, tout est imprévisible. La vie connaît des hauts et des bas.
— Quand le temps est défavorable, le soleil et la lune disparaissent. Quand la terre est ingrate, l’herbe ne pousse pas. »
Des chants sacrés retentirent.
Ils se répandirent dans tout le royaume de Wei, et d’innombrables cultivateurs comme gens du peuple sentirent que le texte avait été écrit par un grand lettré.
Dans la Cour d’hommage,
les trois grands lettrés furent complètement sidérés.
« Un texte suprême ! C’est un texte suprême ! Voilà donc ce qu’est un texte suprême !
— Un texte suprême capable de se répandre à travers des milliers de mondes ?
— Comment est-ce possible ? En quoi est-ce un texte suprême ? »
Les trois grands lettrés étaient médusés, les yeux emplis d’incrédulité et de stupeur.
Le texte de Ye Ping n’était pas le fameux texte capable de stabiliser un royaume, mais un texte suprême de très haut niveau.
Les textes étaient répartis en cinq catégories.
Les textes d’une ville, les textes d’une nation, les textes capables de stabiliser un royaume, les textes millénaires et les textes littéraires suprêmes.
Les textes d’une ville pouvaient se répandre dans toute une cité ancienne.
Les textes d’une nation pouvaient se répandre à travers les royaumes.
Les textes capables de stabiliser un royaume en affermissaient la fortune.
Les textes millénaires se transmettaient dans le monde pendant des milliers d’années. Si un grand lettré devenait un saint, il pouvait les diffuser auprès de tous les lettrés du monde.
Les textes suprêmes étaient sans pareils et uniques. Ceux qui en écrivaient un devenaient des demi-saints parmi les lettrés de ce monde.
La dynastie impériale leur rendait hommage et les lettrés du monde entier les révéraient.
De tels textes n’apparaissaient qu’une fois tous les cinq mille ans.
Pourtant, ils n’auraient jamais cru qu’un texte suprême apparaîtrait au grand tournoi des Dix Nations.
Frouf !
À cet instant, une silhouette apparut au milieu de la Cour d’hommage du royaume de Wei. C’était un puissant expert de l’Académie des Dix Nations, arrivé en toute hâte, le visage empreint d’une stupeur sans pareille.
Dans le palais impérial du royaume de Wei, les lettrés discutaient.
Soudain, une voix forte et claire retentit.
« En ce monde, l’imprévu est inévitable.
— Quand le temps est défavorable, le soleil et la lune disparaissent. Quand la terre est ingrate, l’herbe ne pousse pas. »
Cette voix ancienne résonna. C’était l’esprit d’un grand lettré du Ciel et de la Terre qui récitait des écrits sacrés.
Elle se répandit dans tout le royaume de Wei.
Les gens du palais impérial furent naturellement les premiers à l’entendre.
En un instant, tous les fonctionnaires de la cour se figèrent, sans comprendre ce qui se passait.
Mais le chancelier de la dynastie du royaume de Wei se raidit soudain, sidéré, puis sortit du hall en tremblant.
« C’est bel et bien un texte suprême ! Quelqu’un a écrit un texte suprême. Un saint va-t-il donc apparaître dans la lignée confucéenne ? »
Fou de joie, il se précipita vers la Cour d’hommage sans se soucier de l’empereur.
« Quoi ? Un texte suprême ? Xu Xiang, attendez-moi !
— Ah, un saint ne paraît en ce monde qu’une fois tous les cinq mille ans. Se pourrait-il que l’un des nôtres soit sur le point de devenir un saint ?
— Vite, vite, vite ! C’est à la Cour d’hommage du royaume de Wei. Allons-y ! »
Aussitôt, tous les fonctionnaires civils se précipitèrent vers la Cour d’hommage du royaume de Wei.
Même devenus fonctionnaires de la cour, ils avaient conservé la fierté des lettrés.
En apprenant que quelqu’un avait écrit un texte suprême, ils étaient naturellement surexcités.
*« Et l’empereur ? »*
Au pire, ils seraient punis à leur retour. S’ils ne pouvaient pas lire le texte suprême, ils le regretteraient pendant dix mille ans.
Tous les fonctionnaires civils s’enfuirent.
À cet instant, les gens présents à la cour étaient complètement abasourdis.
« Votre Majesté, ces fonctionnaires civils se moquent des lois ! Comment osent-ils quitter la cour sans permission ?
— À cet instant, certains officiers militaires crièrent furieusement et voulurent les rejoindre.
— Mais l’empereur du royaume de Wei prit aussitôt la parole.
— Attendez-moi, les gars, je viens avec vous. La séance est levée, la séance est levée ! »
Sur ces mots, l’empereur du royaume de Wei disparut à son tour.