Chapitre 143
Sous le pavillon Kṣitigarbha.
Les anciens regardèrent l’Ancien Sun, curieux de connaître le bon plan qu’il avait en tête.
Sentant tous les regards braqués sur lui, l’Ancien Sun se caressa la barbe et prit la parole d’un ton posé.
« Inutile de vous montrer si anxieux et impatients.
— Et si nous évitions les manigances et préparions chacun un programme d’études pour enseigner à Ye Ping ce que nous maîtrisons ?
— Par exemple, je suis doué pour la lecture du qi. Si Ye Ping apprécie cette discipline et estime que je ferais un meilleur maître pour lui, nous n’aurons plus à nous battre.
— De même, s’il préfère l’alchimie, le raffinage des pilules ou les formations, il pourra choisir lui-même. Inutile de nous quereller : laissons Ye Ping décider. Qu’en pensez-vous ? »
L’Ancien Sun s’exprimait lentement : c’était la seule solution qui lui était venue à l’esprit.
À ces mots, les anciens furent quelque peu surpris.
Ils y réfléchirent longuement.
*Hé ! C’est une bonne idée, en fait.*
« C’est une bonne idée. Je pense que c’est faisable.
— Moi aussi, je trouve ça faisable. Pas mal.
— Ancien Sun, votre idée est excellente, cent fois meilleure que la suggestion du maître de l’Académie.
— C’est faisable. Chacun de nous transmettra une partie de son savoir à Ye Ping, et il choisira. C’est à nous de faire nos preuves si nous voulons le prendre comme disciple.
— Voilà une excellente idée. »
Les anciens acquiescèrent. Plus ils y réfléchissaient, plus ils trouvaient la solution brillante.
Chacun avait une chance de devenir le maître de Ye Ping ; tout dépendrait de la voie du Dharma qu’il préférait.
Soudain, tous reprirent confiance. Ils étaient convaincus que Ye Ping ferait sans aucun doute des merveilles s’il devenait leur disciple.
Mais, à cet instant, quelqu’un prit soudain la parole.
« Et si les aptitudes de Ye Ping étaient si exceptionnelles que, non seulement nous échouions à lui enseigner quoi que ce soit, mais que nous finissions par l’égarer ? »
Quelques anciens ne purent s’empêcher de protester, mécontents.
Pourtant, en entendant ces paroles, les anciens affichèrent un sourire méprisant.
« Ancien Zhou, vous n’exagérez pas un peu ? Ye Ping a peut-être des aptitudes hors du commun, mais il ne va tout de même pas nous tenir ce genre de discours, si ?
— Oui, oui, je n’y crois pas. Je suis le meilleur alchimiste du royaume de Jin, et c’est moi qui devrais recevoir des leçons de lui ?
— Vous avez beau manquer de confiance en vous, ne nous sous-estimez pas pour autant. Je suis le meilleur maître des formations du royaume de Jin. Est-il capable de tracer une formation que je ne saurais pas établir ?
— Vous vous faites trop de souci. »
Les anciens s’exprimèrent avec désinvolture, tandis que l’Ancien Zhou gardait le silence.
« À mon avis, l’Ancien Sun a tout à fait raison. Faisons comme il le propose. »
La foule estimait toujours que l’Ancien Sun avait raison.
Le maître de l’Académie acquiesça lui aussi, jugeant l’idée tout à fait réalisable.
« Dans ce cas, suivons la proposition de l’Ancien Sun et préparons un programme d’études. Celui qui parviendra à prendre Ye Ping comme disciple devra faire ses preuves.
— Cessons de nous quereller, de peur que Ye Ping ne nous voie et nous prenne pour des gens trop impulsifs et irascibles. Retournons dans la salle principale pour en discuter, dit Li Mocheng. »
Après tout, l’Académie du royaume de Jin accueillait rarement un génie. Si Ye Ping les voyait se chamailler, ils perdraient de leur prestige.
Sur ces mots, les anciens approuvèrent et suivirent Li Mocheng jusqu’à la salle principale.
La méthode était bonne, mais il restait à décider qui enseignerait à Ye Ping en premier. Voilà ce dont ils devaient maintenant discuter.
Pendant ce temps, au Pavillon des Sutras.
Ye Ping était assis en tailleur dans un coin désert, une pile de livres devant lui.
Les anciens pouvaient lire dix lignes d’un seul coup d’œil, mais Ye Ping, lui, était capable de lire cent livres à la fois.
Des centaines de livres s’étalaient devant Ye Ping. Leurs pages tournaient toutes seules, tandis qu’une masse d’informations affluait dans son esprit.
Le pavillon Kṣitigarbha du royaume de Jin comptait en tout 1 432 650 livres.
La plupart traitaient de divers sujets : récits historiques, anecdotes étranges et autres informations. Ce n’étaient pas des manuels secrets de cultivation.
Pourtant, Ye Ping tirait de sa lecture une quantité considérable de connaissances.
À mesure qu’il accumulait le savoir, son état d’esprit évoluait.
Le temps s’écoula ainsi, peu à peu, et sept jours et sept nuits passèrent en un clin d’œil.
Durant ces sept jours, toute l’Académie du royaume de Jin ne parla que de Ye Ping.
Comment l’arrivée d’un nouveau disciple qui avait à lui seul rossé ceux des troisième et quatrième générations aurait-elle pu ne pas faire sensation à l’Académie ?
Même les disciples des première et deuxième générations étaient stupéfaits et brûlaient d’envie de voir qui était Ye Ping.
Mais depuis que Ye Ping s’était rendu au pavillon Kṣitigarbha, sept jours plus tôt, il n’en était pas ressorti, ce qui ne faisait qu’attiser leur curiosité.
Les hauts responsables de l’Académie avaient pourtant ordonné de ne pas ébruiter l’affaire Ye Ping et d’interdire toute discussion à son sujet. Malgré cela, quelques informations avaient filtré.
Après tout, rien ne pouvait rester secret éternellement.
Ce jour-là, Li Yue se rendit au pavillon Kṣitigarbha.
Elle tenait à la main une feuille rose pâle et pénétra dans le pavillon.
Elle aperçut bientôt Ye Ping.
Au loin, il continuait à tourner les pages. Il n’avait pas fermé les yeux depuis sept jours et sept nuits et avait lu au moins plusieurs centaines de milliers de livres, acquérant ainsi une foule de connaissances.
Voyant qu’il était toujours plongé dans sa lecture, Li Yue se tint tranquillement à l’écart, sans oser le déranger.
Ainsi, un autre jour passa en un clin d’œil.
Enfin, lorsque Ye Ping eut terminé le dernier livre, il expira longuement un souffle chargé d’impuretés.
En huit jours et huit nuits à peine, il avait lu 795 432 livres.
Il avait presque avalé cent mille ouvrages anciens par jour et les avait tous terminés.
Une vitesse et un volume de lecture pareils dépassaient les capacités du commun des mortels.
Seul un monstre comme Ye Ping pouvait venir à bout de près de huit cent mille livres en huit jours.
Après avoir expiré un souffle chargé d’impuretés, Ye Ping ferma les yeux pour se reposer un peu.
Ces huit cent mille livres de récits étranges lui avaient donné une nouvelle vision du monde.
Les informations couvraient toutes sortes de domaines.
En huit jours, Ye Ping avait considérablement enrichi son savoir. Et comme il en savait désormais tant, son état d’esprit avait lui aussi subi de subtils changements.
Mais ce qui le surprit le plus, ce furent les renseignements sur ce monde.
Selon Ye Ping, le monde de la cultivation immortelle ne devait pas être si vaste : les gens cultivaient pour atteindre le Dao, puis s’élevaient au rang d’immortels et d’ancêtres.
Pourtant, le monde où il vivait était loin d’être aussi simple.
Dans les romans, la cultivation immortelle paraissait souvent très facile. Il suffisait d’absorber continuellement de l’énergie spirituelle pour s’élever rapidement.
Mais dans ce monde, l’Ascension immortelle était extrêmement difficile et complexe.
La difficulté de la cultivation immortelle se résumait ainsi : dans l’Antiquité, un immortel apparaissait tous les cent ans ; aujourd’hui, il en apparaissait un tous les mille ans.
C’était simple : dans l’Antiquité, on s’élevait au rang d’immortel en moins de cent ans, tandis qu’à présent, il fallait attendre des milliers d’années pour qu’un immortel voie le jour. Voilà à quel point l’Ascension immortelle était difficile.
Ye Ping avait également découvert que le royaume où il se trouvait s’appelait le royaume de Jin et qu’il existait en tout dix royaumes.
Les royaumes de Li, de Chen, de Jing, de Nan, de Qing, de Zhao, de Chu, de Yan, de Jin et de Wei.
Parmi eux, les royaumes de Li, de Chen et de Jing étaient les plus réputés. Le royaume de Jin, lui, occupait l’avant-dernière place, la neuvième. C’était aussi pour cela que Ye Ping désapprouvait de plus en plus les méthodes d’enseignement de l’Académie du royaume de Jin.
Puisqu’ils étaient déjà bons derniers, ils finiraient tôt ou tard par être exclus des Dix Royaumes s’ils ne se réformaient pas.
D’autres royaumes existaient, mais ces dix-là étaient les plus puissants sous l’autorité de la Grande dynastie Xia.
La Grande dynastie Xia dominait les Dix Royaumes.
C’était un véritable État, auquel on donnait le nom de dynastie. La Grande dynastie Xia régnait sur 321 royaumes, dont les dix plus puissants formaient les Dix Royaumes.
La Grande dynastie Xia se trouvait au nord. Plus loin encore, le reste du monde se divisait en cinq régions.
La Grande dynastie Qian occupait le centre du monde.
La Grande dynastie Zhou se trouvait dans sa partie orientale.
La Grande dynastie Li occupait sa partie méridionale.
La Grande dynastie Ze se trouvait dans sa partie occidentale.
La Grande dynastie Xia occupait la partie septentrionale du monde.
Ces cinq grandes dynasties gouvernaient le monde entier de la cultivation immortelle.
Bien sûr, d’autres puissances redoutables existaient en dehors des cinq dynasties, mais celles-ci étaient les plus terrifiantes.
Les livres en faisaient état.
Il y avait aussi les Palais divins, les Terres saintes, les Terres démoniaques, les Terres interdites, trente-trois autres îles immortelles et trois mille immortels.
On pouvait dire sans exagérer que des experts se cachaient partout.
Cependant, à la lecture de ces ouvrages, Ye Ping avait compris que tout reposait sur une lutte pour la fortune.
Cette fameuse lutte pour la fortune était la clé de l’Ascension immortelle.
Les anciens classiques racontaient qu’autrefois, les cultivateurs devaient obtenir un rang immortel pour devenir immortels et se métamorphoser en saints afin d’accomplir l’Ascension immortelle.
Il arrivait donc qu’un immortel apparaisse tous les cent ans, voire tous les dix ans.
Mais la gloire de l’Antiquité s’était éteinte. Les hypothèses sur les raisons de sa chute étaient nombreuses, mais une chose était sûre : elle avait disparu.
Les rangs immortels aussi.
Depuis la fin de l’Antiquité, les rangs immortels avaient eux aussi disparu. Personne n’avait donc pu accomplir l’Ascension immortelle pendant des dizaines de milliers d’années.
Alors que le monde croyait qu’aucun nouvel immortel ne verrait jamais le jour dans cet univers de cultivation, un empereur d’une ancienne dynastie s’éleva au rang d’immortel sous les yeux de tous.
Le monde en fut bouleversé. Après des centaines d’années de calculs, on finit par découvrir la possibilité d’accomplir l’Ascension immortelle.
La fortune.
L’ère des rangs immortels de l’Antiquité était révolue ; celle de la fortune lui avait succédé.
Dans cette nouvelle ère, il fallait rivaliser en fortune pour devenir immortel.
La lutte pour la fortune avait l’approbation du Ciel et de la Terre.
Le moyen le plus simple consistait à unifier le monde et à faire rivaliser les dynasties pour la fortune.
En fondant une dynastie et en unifiant le monde, on pouvait obtenir la fortune céleste et accomplir directement l’Ascension immortelle. En réalité, ce n’était pas un individu seul qui devenait immortel, mais tout un groupe.
Ceux qui ne souhaitaient pas emprunter cette voie pouvaient en choisir une autre, par exemple atteindre l’extrême de la Voie du Sabre et prouver la Voie suprême du Sabre à l’aide de l’intention suprême du sabre.
Il y avait également la voie de l’alchimie et celle des formations.
Nul ne savait vraiment quelle méthode employer ; les manuels secrets n’en donnaient pas le détail.
La seule certitude était qu’il existait trois mille Grands Dao et de nombreuses façons de prouver le Dao. Peu importaient la voie, les convictions ou le camp choisi : l’essentiel était que ses idées soient conformes à la volonté du Ciel.
Ainsi, la foi, les dynasties, l’invincibilité, la téléologie, et même la littérature pouvaient mener au Dao.
Il n’y avait qu’un seul principe fondamental : « rivaliser ».
Quelle que soit la voie choisie, il fallait s’efforcer d’exceller.
La fortune du monde était limitée : elle ne pouvait être répartie entre tous, et tout le monde ne pouvait pas devenir immortel.
D’après les déductions de quelques grands personnages, la fortune du Ciel et de la Terre ne permettait qu’à un petit nombre de personnes de devenir immortelles à la fois.
Si quelqu’un accomplissait l’Ascension immortelle, personne d’autre ne pourrait devenir immortel pendant des centaines, voire des milliers d’années. Non par manque de puissance, mais faute de fortune.
Cependant, si une dynastie régnait sur le monde entier, il se pourrait qu’aucun immortel ne voie le jour pendant des dizaines de milliers d’années dans l’univers de cultivation.
Il pourrait même se produire des événements extraordinaires, susceptibles de nuire au monde de la cultivation immortelle.
C’était aussi pour cela que tant de sectes s’opposaient aux dynasties.
Les grandes dynasties ne se contentaient pas de vouloir régner sur les autres dynasties : elles cherchaient à unifier toutes les sectes.
Mais elles n’osaient pas les attaquer, de peur de provoquer des troubles.
Bref, ce monde était bien plus vaste, tumultueux et grandiose qu’on ne pouvait l’imaginer.
C’était aussi pour cette raison que Ye Ping trouvait la secte taoïste du Nuage d’Azur remarquable.
Ye Ping ne s’était pas contenté de lire des récits étranges : il avait aussi étudié des théories sur les aptitudes, les talents, les niveaux de cultivation, la Voie du Sabre et bien d’autres sujets.
Il comprenait enfin à quel point il était puissant.
Par exemple, il existait une classification précise des aptitudes dans la Voie du Sabre.
Parvenir à condenser le potentiel du sabre en cent ans était considéré comme un résultat supérieur.
En dix ans, on était considéré comme un génie.
En un an, on était un génie à l’échelle d’un royaume.
Si l’on mettait un mois à condenser l’élan du sabre, on serait un génie de la Voie suprême du Sabre.
Et si l’on parvenait à condenser le potentiel du sabre en une journée ?
Même sans tout connaître, Ye Ping comprenait parfaitement à présent à quel point il était puissant.
Que ce soit son royaume, son corps physique, son qi, son sang ou sa technique du sabre, il était au sommet.
C’était aussi ainsi que Ye Ping avait compris à quel point la secte taoïste du Nuage d’Azur était terrifiante.
Il n’était qu’un bon à rien, pourtant il était devenu si puissant en moins de trois mois au sein de la secte taoïste du Nuage d’Azur.
*Si j’avais eu de meilleures aptitudes, ne serais-je pas devenu immortel ?*
Cette pensée attrista quelque peu Ye Ping.
Mais ce n’était pas grave : au moins, il se débrouillait bien à présent.
Bien sûr, après avoir passé tant de jours à lire, Ye Ping avait vu une de ses intuitions se confirmer.
L’Académie du royaume de Jin était bel et bien médiocre.
Elle ne comptait pratiquement aucun talent, et même son maître semblait ordinaire.
Mais Ye Ping n’avait aucun regret. Si son maître lui avait conseillé de rejoindre l’Académie du royaume de Jin, c’était qu’il avait ses raisons.
L’intention suprême du sabre y était bel et bien cachée.
Mais il devait la comprendre par lui-même.
À cette pensée, Ye Ping se fixa un objectif.
Il voulait comprendre l’intention suprême du sabre.
S’il y parvenait, il partirait et retournerait à la secte.
Bien sûr, s’il comprenait vraiment cette intention suprême, il aurait une dette envers l’Académie du royaume de Jin.
Si l’Académie du royaume de Jin rencontrait des difficultés, il pourrait lui venir en aide.
Ye Ping n’avait pas l’intention de se choisir un maître après avoir rejoint l’Académie du royaume de Jin. Mais s’il comprenait l’intention suprême du sabre, il aurait une dette envers l’Académie.
À cet instant, il reporta son attention sur lui-même.
Il avait appris trop de choses d’un coup et devait prendre le temps de les assimiler.
« Ah… »
Ye Ping s’étira et sourit.
Le savoir, c’était le pouvoir. Après avoir appris tant de choses d’un seul coup, il avait l’impression de s’être élevé.
Surtout, il avait appris beaucoup de choses et en avait compris les bases. Il ne serait donc plus complètement ignorant.
S’il se montrait trop timoré dans tout ce qu’il entreprenait, il ne ferait que se frustrer.
Cette compréhension transforma profondément l’état d’esprit de Ye Ping.
C’était un véritable progrès.
Un progrès indescriptible.
À cet instant, Ye Ping sortit enfin de ses pensées et remarqua Li Yue.
« Frère martial aîné, vous êtes réveillé ?
— En voyant Ye Ping ouvrir les yeux, Li Yue, qui se tenait non loin, ne put s’empêcher de lui parler aussitôt.
— Oui. Que se passe-t-il, Sœur martiale cadette Li ?
— Ye Ping sourit avec douceur en regardant Li Yue et lui posa la question.
— Frère martial aîné Ye, le maître de l’Académie m’a demandé de vous remettre ce programme d’études.
— Li Yue lui tendit le document en répondant.
— Un programme d’études ?
— Ye Ping le prit, assez curieux, et examina le document.
— En règle générale, à l’Académie du royaume de Jin, les disciples étaient instruits par les frères martiaux aînés de la génération précédente, et un ancien venait leur enseigner une fois par mois.
— Dites-moi simplement de quoi il s’agit.
— Oui, nous aussi, ça nous a surpris. L’Académie a établi ce programme il y a sept jours. Une telle initiative n’avait jamais été prise auparavant.
— Cependant, j’ai entendu dire qu’elle voulait renforcer les disciples en vue du Grand Tournoi des Dix Royaumes. Mais je ne connais pas la raison exacte.
— Li Yue lui expliqua la situation.
— Je ne peux pas m’abstenir ?
— Ye Ping jeta un coup d’œil au document et constata que son emploi du temps était extrêmement chargé : il avait pratiquement quelque chose à faire tous les jours.
— Frère martial aîné Ye, c’est le règlement de l’Académie, donc la présence est obligatoire. Mais si vous obtenez une bonne évaluation, vous n’aurez plus besoin d’y aller.
— Li Yue ne savait si elle devait rire ou pleurer.
— En général, ceux qui intégraient une académie venaient pour y apprendre quelque chose, et les anciens de l’Académie du royaume de Jin représentaient à peu près tout le royaume.
— Tous les anciens de l’Académie du royaume de Jin étaient des personnalités influentes.
— Sans eux, personne n’aurait quitté sa ville natale pour étudier à l’Académie du royaume de Jin. Après tout, le royaume comptait bien des génies, comme le meilleur alchimiste et le meilleur maître des formations.
— Ne serait-il pas plus agréable de rester dans sa secte ?
— Une bonne évaluation ?
— Ye Ping marmonna, sans comprendre ce que cela signifiait.
— Une bonne évaluation, cela voulait dire qu’en alchimie comme en formations, on devait comprendre trois phrases pour chaque phrase prononcée par un ancien.
— Ainsi, après plusieurs mois d’études, on pouvait choisir de ne plus assister aux cours.
— Il ne s’agissait pas d’apprendre absolument tout, mais il fallait tout de même étudier les autres matières pour le bien des autres disciples.
— On ne pouvait pas demander aux autres de renoncer à apprendre sous prétexte qu’une personne avait réussi.
— Bien sûr, si quelqu’un avait du talent, les anciens faisaient généralement quelques exceptions et le laissaient approfondir ses études.
— Voilà ce qu’on entendait par une bonne évaluation.
— À cette pensée, Ye Ping hocha la tête et contempla le programme d’études qu’il tenait à la main.
La première rubrique indiquait : « Voie du Sabre ».
« Très bien, j’y assisterai demain à l’heure prévue. Merci, Sœur martiale cadette Li.
— Ye Ping hocha la tête en répondant.
— Vous êtes trop poli, Frère martial aîné Ye, répliqua Li Yue avec un sourire. Au fait, une fête des lanternes aura lieu dans quelques jours. Je ne sais pas si cela vous intéresserait. De nombreux disciples talentueux y assisteront ; c’est l’événement le plus grandiose de la capitale du royaume de Jin.
Li Yue l’invitait à participer à cette fameuse fête des lanternes.
« Une fête des lanternes ? On verra.
— Ye Ping connaissait la fête des lanternes, la célébration la plus grandiose du royaume de Jin. Ce royaume était réputé pour sa civilisation et sa culture lettrée ; les fonctionnaires et le peuple se montraient donc plus accueillants et respectueux envers les lettrés. Ainsi, dans les Dix Royaumes, la fête des lanternes était un grand événement pour les gens de lettres.
Mais, pour l’heure, le plus important était de comprendre l’intention suprême du sabre de l’Académie du royaume de Jin.
Ye Ping préférait la cultivation à ce genre de divertissement tranquille.
« Très bien, j’attendrai quelques jours avant de vous reposer la question, Frère martial aîné. Je ne suis pas pressée. Dans ce cas, Frère martial aîné Ye, je vais vous laisser.
— Sur ces mots, Li Yue se retourna et s’en alla.
Après son départ, Ye Ping reprit sa lecture.
Cette fois, cependant, il ne lisait plus de récits étranges, mais des ouvrages sur la Voie du Sabre.
Ainsi, le lendemain arriva en un clin d’œil.
Le soleil n’était pas encore levé.
Pourtant, l’Ancien Li était déjà arrivé au Bassin du Lavage de l’Épée de l’Académie du royaume de Jin, le regard plein d’espoir.
Car ce jour-là, il allait transmettre à Ye Ping ses techniques de sabre.