Chapitre 7 275
« Les Barbares de Terre sont toujours là ! Personne ne les a encore emmenés ! »
Au moment où les Barbares de Terre venaient de faire leurs bagages et s’apprêtaient à quitter leur foyer, d’innombrables Démons extérieurs surgirent de l’horizon. En les apercevant, ils crurent les avoir surpris en pleine tentative de fuite. Quelle aubaine ! Ils étaient si ravis qu’ils ne remarquèrent même pas l’odeur de sang qui flottait encore dans l’air depuis la dernière bataille.
« Vite, capturez-les vivants ! »
Le chef était un Souverain céleste à demi-pas au visage vert, dont les crocs dépassaient de la bouche. Ils venaient tout juste d’apprendre où se trouvait le village des Barbares de Terre. À leurs yeux, ces gens étaient des pilules médicinales sur pattes ; ils avaient aussitôt mobilisé toutes leurs forces. Une armée de plusieurs milliards était menée par une douzaine de Souverains célestes à demi-pas.
En un coup d’œil, ils comprirent que les Barbares de Terre ne pourraient pas leur résister. Ils n’avaient qu’un seul Souverain céleste à demi-pas, et l’un des autres n’avait même pas encore franchi le seuil du royaume.
Avec un tel avantage, inutile d’élaborer une stratégie. Ils n’avaient qu’à fondre sur eux. Il fallait en finir vite, avant que d’autres tribus ne surgissent et ne leur disputent leur proie.
À peine les Souverains célestes à demi-pas s’étaient-ils élancés que des pétales couleur sang, irradiant une lueur glaciale et démoniaque, apparurent devant eux.
« Qu’est-ce que c’est ? »
Les Démons extérieurs n’avaient jamais vu une telle arme. Alors qu’ils restaient interdits, les pétales transpercèrent leurs corps.
« Hein ? Les Souverains célestes à demi-pas des Démons extérieurs sont donc si faibles ? » Long Chen en fut surpris. À l’instant, il avait accidentellement tué un groupe de Souverains célestes à demi-pas. Ils lui avaient paru vraiment faibles, bien plus que ceux des neuf cieux.
Il avait cru à un accident, ou s’était dit que sa soudaine montée en puissance y était peut-être pour quelque chose. Mais à présent, il en était certain : aucune de ces hypothèses n’était la bonne. Ces Souverains célestes à demi-pas avaient l’aura et la pression propres à leur royaume, mais pas la puissance qui aurait dû les accompagner. Même s’il était désormais un Souverain Divin de dixième palier céleste et avait gagné en force, les Souverains célestes à demi-pas ne pouvaient pas être aussi faibles.
« Un humain ! »
Le chef aperçut soudain Long Chen et son expression changea du tout au tout.
En un éclair, Long Chen se retrouva devant lui. Le vieil homme agita précipitamment le bâton qu’il tenait à la main.
PAF !
D’une seule gifle, Long Chen lui fit exploser la tête.
« Trop faibles ! C’est tellement absurde ! »
Il en eut la confirmation. Long Chen n’avait même pas mis de force dans son coup ; il avait seulement voulu étourdir le vieil homme et le capturer vivant pour fouiller son âme.
Il y a quelque chose qui cloche… !
Long Chen tenta aussitôt de rappeler les pétales, mais il était trop tard. Ces prétendus Souverains célestes à demi-pas avaient déjà été tués.
« Guerriers de la race des Barbares de Terre, chargez ! N’en laissez pas un seul en vie… Non, pas vous ! Les anciens, les enfants, les femmes et les malades n’ont pas à se battre ! » cria Long Chen.
Les femmes, les enfants et les anciens tenaient déjà des armes et semblaient prêts à se battre. Cet ordre les stupéfia. Après tout, chaque membre de leur race était un guerrier : ils naissaient guerriers et se battraient jusqu’à leur dernier souffle.
Bien sûr, Long Chen ne faisait aucune distinction entre eux. Mais il savait que leur participation entraînerait d’immenses pertes. Ils se battraient jusqu’à la mort, uniquement pour prouver qu’ils étaient utiles à Long Chen. Même si l’armée ennemie n’était pas puissante, ses effectifs considérables ne manqueraient pas de causer de nombreuses pertes parmi les Barbares de Terre.
« Tuez ! »
Les guerriers valides de la race des Barbares de Terre se ruèrent au combat. Comme Long Chen l’avait prévu, ils donnèrent aussitôt tout ce qu’ils avaient, sans se soucier de leurs blessures. Sur leur passage, la chair et le sang jaillirent.
Leurs armes étaient rudimentaires et certaines se brisaient au contact de celles de leurs ennemis. Mais ils continuaient d’attaquer sans ciller, se fiant à leurs seules mains nues.
Leurs corps étaient d’une résistance et d’une puissance exceptionnelles. Ils bloquaient les armes ennemies à mains nues, déchiraient la chair et brisaient les os. Même couverts de blessures, ils se comportaient comme des bêtes sauvages : plus ils étaient blessés, plus ils se déchaînaient.
Long Chen remarqua qu’à mesure qu’ils tuaient leurs ennemis, la terre sous leurs pieds ondulait et leur transmettait une sorte d’énergie. La terre veille sur eux… Bien qu’ils soient des étrangers, celle des neuf cieux les bénit malgré tout. Peut-être ne se soucie-t-elle que de leur caractère, et non de leurs origines…
Une idée lui traversa soudain l’esprit. Si la Race démoniaque originelle était ainsi, et que les Barbares de Terre l’étaient aussi, alors peut-être en existait-il d’autres du même genre. Peut-être que tous les étrangers ne cherchaient pas à tout prix à conquérir les neuf cieux et à tuer tous ceux qui y vivaient. Après tout, si la terre même des neuf cieux était prête à les accepter, pourquoi pas lui ? Peut-être n’était-il vraiment pas nécessaire de massacrer tous les étrangers.
Les Barbares de Terre étaient largement en infériorité numérique. Ils n’étaient que quelques millions à se battre. Mais les élites ennemies avaient été tuées, et le moral des Démons extérieurs s’était effondré. Les Barbares de Terre les massacraient sans rencontrer de résistance. Leur ardeur ne faisait que croître.
Certains Démons extérieurs tentèrent de fuir, mais se heurtèrent à une barrière violette qui les repoussa. Long Chen avait dressé une cage autour de la zone grâce à son pouvoir de Sang violet. Le secteur était bouclé.
Sa récente percée avait renforcé son Sang violet, son Sang Suprême et son sang de dragon. D’un simple geste, il avait dressé cette barrière. Emprisonner ainsi un Souverain céleste à demi-pas restait un peu difficile, mais personne d’un rang inférieur ne pouvait espérer la briser.
À la découverte de la barrière, les Démons extérieurs perdirent tout espoir. Incapables de s’organiser pour opposer une résistance efficace, ils couraient dans tous les sens le long de la barrière, cherchant désespérément une faille. D’autres crurent pouvoir capturer les Barbares de Terre les plus faibles pour s’en servir comme otages, mais ils découvrirent à leurs dépens que les femmes, les enfants et les anciens n’étaient pas moins féroces que les hommes valides sur le champ de bataille.
Soudain, un domaine se forma autour d’un Barbare de Terre d’âge mûr. Son corps musclé, trempé de sang, se mit à dégager une aura qui s’éleva en flèche.
Oh ? Il a touché au seuil du royaume des Souverains célestes ?
Long Chen fut un peu surpris. Cet homme d’âge mûr était en train de percer en plein combat !
Après sa percée, il devint un tigre impossible à arrêter et faucha les Démons extérieurs. Plus étonnant encore, sa percée sembla provoquer une réaction en chaîne. Quelques instants plus tard, un deuxième, puis un troisième… Quand tous les Démons extérieurs furent tués, six Barbares de Terre au total avaient réussi à toucher au seuil du royaume des Souverains célestes.
La vitesse à laquelle ils progressaient stupéfia même Long Chen. « Bon sang, ils sont terrifiants ! »
Une fois la bataille terminée, A’Fu s’approcha de Long Chen et s’inclina profondément.
« Merci infiniment d’avoir veillé sur nous ! Sans vous, nous aurions subi de lourdes pertes. »
C’était lui qui commandait, mais le chaos avait été tel qu’il n’avait pas pu protéger tout le monde. Plusieurs fois, des groupes de Barbares de Terre s’étaient retrouvés encerclés sans qu’il puisse leur porter secours à temps. Pourtant, tous avaient réussi à survivre. Il savait que Long Chen y était pour quelque chose.
À ces mots, les survivants comprirent aussitôt ce qui s’était passé et furent remplis de gratitude envers Long Chen. Ils s’inclinèrent à leur tour, mais Long Chen se contenta de hocher la tête. La race des Barbares de Terre avait un potentiel immense. S’il les formait comme il fallait, ils deviendraient une force redoutable sur le champ de bataille.
Long Chen demanda à A’Fu où ils se trouvaient et comment quitter ce territoire occupé par les Démons extérieurs. À sa grande déception, A’Fu lui répondit avec gêne que la race des Barbares de Terre était restée cachée si longtemps qu’elle ignorait tout de la situation du monde extérieur.
Long Chen en resta sans voix. Apparemment, ils n’avaient d’autre choix que de se faufiler dehors ou de se frayer un chemin à coups de massacre. Tant qu’ils ne tomberaient pas sur un véritable Souverain céleste, cela ne devrait pas poser de problème.
Après avoir nettoyé le champ de bataille, Long Chen distribua les armes qu’il avait trouvées, ainsi que d’autres tirées de l’espace du chaos primordial. Après un bref repos, il disparut avec toute la communauté des Barbares de Terre.