Chapitre 7 239
« Guerriers des neuf cieux et des dix terres, voici les Démons extérieurs qui ont massacré nos ancêtres. Ils ont versé leur sang et sacrifié leur vie, mais n’ont pas réussi à mettre un terme définitif à cette guerre. Ils sont morts avec des regrets. À présent, leur mission nous a été transmise. Les esprits héroïques de nos ancêtres nous regardent ! Dites-moi, que devons-nous faire ? » La voix de Long Chen résonna distinctement au-dessus de la cacophonie du champ de bataille.
« Tuez ! »
« Tuez ! »
« Tuez ! »
Les rugissements de milliards de personnes ébranlèrent le monde ; d’innombrables fissures ténues apparurent dans le vide. Une intention meurtrière écrasante se déploya sur tout le champ de bataille. Leurs yeux ne reflétaient aucune peur, seulement une soif de sang. Une dette de sang ne se payait que par le sang, et aujourd’hui, ils venaient réclamer leur dû !
L’armée des Démons extérieurs qui s’était séparée du reste n’était pas encore arrivée. Avant même qu’elle ne soit à portée, le rythme des tambours de Miao Yin changea de nouveau. Une scène stupéfiante se déroula alors : le champ de bataille chaotique s’organisa peu à peu ! Les disciples des différentes races commencèrent à se mettre en formation !
« Elle… Elle peut transmettre des ordres au son de ses tambours ! »
Sans bien comprendre ce qui se passait, les gens devinèrent que Miao Yin communiquait grâce à ses tambours. Mais ils ne parvenaient pas à comprendre comment elle pouvait transmettre des ordres différents à chacun.
Au début, la formation était encore un peu désordonnée, mais elle atteignit rapidement un degré de perfection que même des troupes entraînées auraient eu du mal à égaler. Tous en restèrent stupéfaits. Ils n’avaient jamais entendu parler d’une telle capacité terrifiante, encore moins vu quelqu’un la déployer.
Voilà ce qu’était le véritable talent de Miao Yin pour le commandement. Elle l’étudiait et s’y exerçait depuis des années afin de devenir la meilleure commandante possible.
Commander des milliards de soldats à la fois mettait sa force spirituelle à rude épreuve. Heureusement, celle-ci avait toujours été exceptionnelle, et elle était capable de tenir bon. Bien sûr, elle le devait à son entraînement acharné. Elle n’avait jamais relâché ses efforts, pas un seul jour. Elle avait rêvé de cet instant pendant des années et s’était appliquée tout ce temps à faire en sorte que ses rêves finissent par se réaliser.
Les Daos célestes étaient impartiaux. Chaque épreuve traversée ajoutait une pierre aux fondations. Jour après jour, les efforts s’accumulaient jusqu’à ce qu’une occasion se présente enfin. Lorsqu’elle arrivait, il fallait s’en saisir de toutes ses forces. Mais sans puissance suffisante, elle vous glissait entre les doigts tandis que vous ne pouviez que la regarder partir.
Si un expert était devenu un expert, c’était parce qu’il ne restait pas les bras croisés à attendre qu’une occasion se présente. Il s’efforçait sans cesse de progresser et ne laissait passer aucune chance de gagner en puissance. Tout cela pour cet instant décisif.
Le rythme des tambours changea. Les milliards de disciples se répartirent en quatre colonnes, chacune menée par l’un des quatre généraux de Miao Yin.
La formation avait bien changé, mais la manœuvre avait clairement manqué de stabilité. Pour un nombre aussi colossal de soldats, réussir pareil exploit relevait tout de même du prodige. La formation changea encore plusieurs fois. À ce moment-là, Miao Yin avait déjà pris la mesure des mouvements de chacun. Les génies célestes qui s’étaient joints à eux s’étaient eux aussi habitués aux signaux de Miao Yin.
Miao Yin cessa ses essais, car elle savait qu’elle avait atteint ses limites. Avec une armée aussi immense, mieux valait s’en tenir aux formations les plus simples et les plus élémentaires. Toute manœuvre plus complexe ne ferait que semer le chaos, sans que l’effort en vaille la peine.
Elle était folle de joie. Elle avait rêvé d’en commander autant d’innombrables fois, sans s’attendre à ce que cela se produise ainsi.
Alors qu’elle savourait cet instant, l’armée des Démons extérieurs arriva, et le rythme de ses tambours changea encore. Ironmace prit la tête d’une formation en losange et chargea dans leurs rangs.
Les premières lignes des Démons extérieurs n’opposèrent pas plus de résistance qu’un morceau de tofu. L’armée unifiée des neuf cieux les transperça ; des lambeaux de chair et des gerbes de sang volèrent de toutes parts.
La bataille avait une ampleur terrifiante, et elle était tout aussi sanglante. Seuls les cieux savaient combien de vies s’éteignaient à chaque battement de paupières.
Le vide explosa tandis que des auras terrifiantes se manifestaient. Des dizaines de Démons extérieurs avaient atteint le royaume du Souverain Divin. De toute évidence, ils avaient été poussés à bout cette fois-ci. Leurs pertes ne cessaient de s’alourdir, tandis que l’armée des neuf cieux était tout simplement irrésistible. Le moral des Démons extérieurs était au plus bas. Ils n’avaient d’autre choix que de mobiliser des experts de ce niveau.
Malgré leur sauvagerie, les Démons extérieurs avaient une faiblesse fatale sur le champ de bataille : ils ne suivaient pas les ordres. Une fois déchaînés, ils ne distinguaient même plus leurs alliés de leurs ennemis, encore moins ne pouvaient-ils maintenir une formation. Grâce à cela, la formation des neuf cieux leur infligeait de lourdes pertes. S’ils ne la brisaient pas rapidement, même une victoire finale leur coûterait bien plus qu’elle ne leur rapporterait. Les Démons extérieurs ravalaient donc leur fierté et envoyaient au combat plus de trente de leurs experts les plus chevronnés.
Comme prévu, la pression exercée par plus de trente experts ayant atteint le royaume du Souverain Divin affecta la formation avant même qu’ils ne l’atteignent. Elle ne pouvait plus se déplacer aussi aisément.
De plus, ces vétérans attaquaient sous tous les angles. Il y avait manifestement aussi des meneurs avisés parmi les Démons extérieurs. Ils convergèrent tous au même moment, mais sans se presser d’attaquer. Ils se contentaient d’employer la puissance de leurs domaines pour perturber la formation de Miao Yin. Dès qu’elle commencerait à vaciller, ils lanceraient une attaque dévastatrice.
« Maudits Démons extérieurs, quelle bande de lâches ! »
Les experts des neuf cieux qui assistaient à la scène grincèrent des dents. Ils tournèrent vers leurs chefs un regard plein d’espoir. Malheureusement, ceux-ci ne montraient aucune intention de se joindre au combat. De toute évidence, ils avaient déjà abandonné ces « traîtres » dans leur cœur ; seule comptait pour eux la Manifestation draconique de Chance karmique.
L’aura de la Manifestation draconique fluctua de plus en plus violemment. Dans le même temps, l’immense barrière qui recouvrait le territoire de la Race des Renards d’Argent devenait instable. Personne ne savait ce que faisait cette race à l’intérieur, mais tous savaient que l’occasion de s’emparer de la Chance karmique était imminente.
BOUM !
Soudain, une Manifestation draconique noire jaillit du territoire de la Race des Renards d’Argent et s’entremêla à la Manifestation draconique de Chance karmique.
Les experts des neuf cieux s’écrièrent, stupéfaits : « C’est la puissance du Grand Dao des Démons extérieurs ! Maudite soit-elle, la Race des Renards d’Argent de la Mer du Nord a trahi les siens ! »
La Manifestation draconique noire s’enroula autour de la Manifestation draconique de Chance karmique. Celle-ci était translucide, mais, au contact du dragon noir, elle prit peu à peu une teinte violette.
Deux Manifestations draconiques de Chance karmique, l’une noire et l’autre violette, s’enroulèrent l’une autour de l’autre. Une puissance incroyable déferla autour d’elles, et la barrière fut aussitôt pulvérisée.
Une fois la barrière dissipée, tous purent voir les terres ancestrales de la Race des Renards d’Argent. Un autel noir se dressait en leur centre. Des volutes de brume noire l’enveloppaient, et il dégageait une aura sinistre.
Des cris furieux retentirent. « Maudite soit-elle, la Race des Renards d’Argent offre la Chance karmique des neuf cieux aux Démons extérieurs ! »