Chapitre 7 229
« Mais c’était… un cuirassé équipé d’une arme du Dao de Souverain Céleste ! »
Miao Yin porta une main à sa bouche, stupéfaite. Ce cuirassé était à peine moins puissant que le sien et, pour les tuer, son maître avait libéré toute sa puissance. De toute évidence, leurs adversaires savaient qui ils étaient et qu’ils n’auraient qu’une seule chance : ils n’avaient donc rien retenu. Et pourtant, la lance de Long Chen l’avait tout simplement pulvérisé.
Les violentes vagues de qi firent tanguer leur navire volant et le repoussèrent. Elles étaient chargées d’une âcre odeur de sang. Seuls les cieux savaient combien d’experts venaient de périr dans cette explosion.
Une arme du Dao de Souverain Céleste activée par la puissance du Grand Dao est donc si terrifiante !
Même Long Chen, sans parler de Miao Yin et des autres, fut ébranlé par cette puissance. Ce cuirassé possédait bel et bien des capacités particulières. Quand Long Chen avait perçu le danger, il était déjà tout près. N’ayant pas une seconde à perdre, Long Chen n’avait naturellement pas osé se retenir. Le lotus doré à neuf feuilles s’éveilla et libéra la puissance du Grand Dao. Grâce à elle, l’arme du Dao de Souverain Céleste de la Lignée des neuf étoiles avait déployé une puissance terrifiante et détruit le cuirassé sur-le-champ.
Les armes du Dao de Souverain Céleste sont vraiment effrayantes. Je n’ai utilisé qu’une fraction de ma puissance du Grand Dao, et elle est encore à l’état embryonnaire. Si un véritable Souverain Divin s’en servait, à quel point serait-elle puissante, bon sang ?!
Long Chen se remit vite de sa stupeur et songea à une vérité terrifiante.
Ses huit étoiles étaient enfin complètes, et il possédait le lotus doré à neuf feuilles. De plus, il était peut-être le premier de sa génération à atteindre un tel niveau de maîtrise du Grand Dao. Sa confiance en avait été décuplée, au point qu’il avait même eu envie de défier un Souverain Divin. Mais cette attaque lui fit comprendre qu’un gouffre le séparait encore d’un tel adversaire. Sans même parler du reste, la puissance qu’une arme du Dao de Souverain Céleste déployait entre les mains d’un Souverain Divin ne pouvait être compensée par rien.
Soudain, Zi Yan se redressa. « Il y a un survivant ! »
Elle agita la main et le son d’une cithare ondula dans le vide. Une silhouette dépenaillée fut projetée au-dehors. C’était un vieil homme aux cheveux blancs et, dès qu’il apparut, il cracha une gorgée de sang sous l’effet de l’attaque sonore de Zi Yan.
Lorsque le cuirassé avait explosé, le vieil homme s’était dissimulé dans l’espace chaotique et les effluves sanglantes. Il avait commencé à fuir dès que la lance de Long Chen avait frappé. C’était un expert À demi-pas du rang de Souverain Divin, très doué pour repérer les autres comme pour se cacher. Aussi, tandis que Long Chen et les autres étaient encore sous le choc, ils ne l’avaient pas détecté immédiatement. Mais dès qu’il s’était mis à battre en retraite, ses fluctuations avaient été perçues par trois personnes. Zi Yan avait été la plus rapide et l’avait directement forcé à sortir de sa cachette.
Comme il s’était dissimulé, l’essentiel de sa puissance avait été bridée ; l’attaque nonchalante de Zi Yan l’avait donc blessé.
« Doyen Long Chen, écoutez-moi ! Tout cela n’est qu’un malentendu ! La Porte des Nuages clairs est aussi une force humaine… »
Long Chen ne prêta aucune attention aux supplications du vieil homme. Seul un fantôme te croirait, vieux débris !
Le lotus doré brilla, et la lance étoilée s’embrasa de nouveau. Le qi du Grand Dao tournoya autour de sa pointe, braquée sur le vieil homme.
« Doyen Long Chen, vous ne pouvez pas ! La Porte des Nuages clairs appartient à… »
BOUM !
La lance étoilée déchira l’espace. Le vieil homme poussa un rugissement et invoqua un bouclier. Malheureusement pour lui, bien que des runes du Grand Dao fussent gravées à sa surface, ce bouclier n’était tout au plus qu’une arme quasi-Souveraine céleste du Dao. Voilà le sort de ceux qui ne pouvaient se procurer que des matériaux de qualité inférieure. Face à une véritable arme du Dao de Souverain Céleste, il n’était pas plus solide que du papier. La lance le transperça sur-le-champ.
Le bouclier et le vieil homme explosèrent ainsi, se changeant en poussière qui dériva dans le ciel.
Est-ce donc là la véritable puissance du Boss ? C’est vraiment terrifiant !
Long Ziwei en resta stupéfait. Il savait son chef puissant, mais ne s’était pas attendu à ce qu’il le soit à ce point.
Comme cette attaque surprise avait été soudaine, Long Chen avait dû révéler une partie de sa véritable puissance. C’était pour cela qu’il avait tué le vieil homme : il ne voulait pas dévoiler ses capacités aussi tôt.
Les disciples de l’académie pensaient eux aussi s’être habitués à la force de Long Chen, mais elle continuait de les terrifier. Les huit porte-étendards avaient d’abord cru que leur récente progression les avait rapprochés du niveau de Long Chen. À présent, ils constataient que l’écart entre eux ne faisait que se creuser.
Quant aux disciples de Miao Yin, ils étaient encore plus abasourdis. Leur maîtresse lui avait prêté allégeance et il leur avait offert un magnifique présent, mais ils n’en éprouvaient pas moins un certain malaise. Cette attaque venait de balayer leurs réticences d’un seul coup !
Long Chen rangea sa lance et observa soigneusement les environs. Ne percevant personne à proximité, il fit poursuivre sa route au navire volant.
« Quel idiot. Il n’était même pas aussi fort que Li Yifu, et il a quand même osé nous attaquer par surprise. Il a tué tout un navire de génies célestes ! » Zi Yan secoua la tête et soupira. Une décision stupide venait de coûter la vie à de nombreux génies célestes. Mais dans une telle situation, l’un des deux camps devait périr. Ils ne pouvaient se permettre aucune clémence.
« La Porte des Nuages clairs appartient à l’Alliance des Cent Sectes. Je dirais qu’elle ne représente pas une grande menace. Comme son nom l’indique, elle est formée d’une centaine de sectes de la race humaine, mais elles ne sont pas vraiment unies. Je ne pensais pas qu’elles seraient assez arrogantes pour oser nous attaquer », ajouta Miao Yin.
Même Miao Yin ne se souciait guère de l’Alliance des Cent Sectes. C’est dire si elle ne méritait pas qu’on s’y attarde. Qui aurait cru qu’une secte pareille oserait provoquer Long Chen ?
Long Chen eut un sourire en coin. « On dirait que tout le monde veut goûter à la chair de la Race des Renards d’Argent de la Mer du Nord ! Mais si ce type a osé m’attaquer, c’est peut-être que l’Alliance des Cent Sectes est désormais sous la coupe de quelqu’un d’autre, qui m’en veut ! »
« La Secte du Dao Pair des Cieux ? » Ce fut la première idée qui vint à l’esprit de tous.
Long Chen secoua la tête. « Je ne crois pas. Je viens d’infliger une cuisante leçon à la Secte du Dao Pair des Cieux. Si Qi Yunao a réussi à ravaler cette humiliation, c’est qu’il prépare quelque chose de bien plus important que ces minables. »
« Qui d’autre cela pourrait-il être ? » demanda Long Ziwei, perplexe.
« Ton patron a des ennemis dans tous les cieux. Le nombre de ceux qui veulent me tuer est à peu près égal au nombre de grains de sable dans les déserts des neuf cieux. Qui sait aux ordres de qui ils sont ? Je n’ai pas envie de chercher. » Long Chen haussa les épaules avec indifférence. Il ignorait qui tirait les ficelles, mais savait que cette personne manquait de jugeote. Quiconque avait un cerveau plus gros qu’un poulet n’aurait pas révélé ses intentions aussi facilement. Dans ce cas, Long Chen ne comptait pas se casser la tête pour eux. Il devait d’abord régler les affaires en cours, puis trouver peut-être le temps de s’occuper de ces gens.
Le navire volant poursuivit sa route. Ils aperçurent de temps à autre d’autres navires volants, mais ceux-ci gardèrent prudemment leurs distances. De toute évidence, ils avaient le même objectif. Ils ne prirent pas l’initiative de saluer Long Chen, sans pour autant chercher à le provoquer. Ils avaient reconnu l’emblème sur le navire volant et savaient à qui il appartenait.
Au fil du temps, ils virent de plus en plus de navires volants et de cuirassés. Quelques heures plus tard, des dizaines d’entre eux volaient à leurs côtés. Tous s’étaient tacitement accordés à garder une distance de sécurité, et personne ne faisait rien d’inhabituel, mais chacun surveillait les autres avec prudence.
Soudain, une voix sinistre retentit depuis l’un des navires volants au loin.
« Ouah, qui aurait cru que la figure numéro un de la nouvelle ère viendrait pêcher dans des eaux aussi troubles ! »