Chapitre 16
Je me sentais comme un poisson dans l’eau.
Les tubes accrochés à mon corps parcouraient ma peau et alimentaient mes veines. Ils soignaient mon corps comme ils le faisaient depuis toujours.
Enfin… depuis que je me souvenais de quelque chose.
Cet endroit était ma maison.
Cette petite cage de verre était le seul monde que je connaissais depuis que j’avais ouvert les yeux.
Je ne savais pas ce qu’il y avait dehors.
Je ne savais pas à quoi ressemblait le ciel.
Je ne savais même pas ce que signifiait être libre.
À travers la paroi du tube, je pouvais seulement observer.
Observer les hommes.
Observer les machines.
Observer lui.
Mon père.
Le scientifique qui m’avait créé.
Je le voyais parfois entrer dans la salle dans un état étrange.
Mais ce jour-là, quelque chose était différent.
Il criait à tue-tête sur ses subordonnés.
Ses lèvres bougeaient rapidement, son visage était déformé par la colère… mais aucun son ne me parvenait.
Il venait de les faire sortir de la pièce, mais continuait pourtant à hurler dans le vide.
Le verre et le liquide qui m’entouraient étouffaient le monde extérieur.
Je ne pouvais rien entendre.
Pourtant, je savais reconnaître cette expression.
À chaque fois que mon père rentrait dans cet état…
Ce n’était pas bon.
Je le regardai avancer dans la pièce.
Puis il s’arrêta.
Devant lui, il n’y avait personne.
Personne à qui parler.
Personne à frapper.
Et pourtant, il criait encore.
Encore.
Encore.
Jusqu’à ce que sa voix silencieuse devienne presque terrifiante à regarder.
Soudain, il porta ses mains à sa tête et arracha plusieurs mèches de ses cheveux.
Je ne comprenais pas pourquoi.
Je ne comprenais jamais vraiment les humains.
Mais cette fois, même moi, je pouvais voir quelque chose dans ses yeux.
De la peur.
Ou peut-être du désespoir.
Comme si quelque chose à l’intérieur de lui était en train de mourir.
Comme s’il perdait petit à petit son âme.
Je tournai lentement la tête pour continuer à l’observer.
Mes mouvements étaient limités.
Mon corps était rigide.
Chaque geste me demandait un effort immense.
Je pouvais à peine bouger à l’intérieur du tube.
Alors je restai là.
Immobile.
À regarder mon père se détruire devant moi.
Et pour la première fois depuis que j’avais ouvert les yeux…
une question traversa mon esprit.
Qu’est-ce qui se passe dehors ?
Alors que la question traversait mon esprit comme un murmure, je vis mon père me regarder intensément.
Titubant comme une marionnette, il posa sa main contre la vitre de mon tube.
Cette fois, quelque chose était différent.
J’entendis sa voix.
Pour la première fois depuis que j’avais ouvert les yeux, le monde extérieur pénétra jusqu’à moi.
« Sujet 001. Mon abomination. Tu es le seul survivant. Mes expériences n’ont pas survécu. Ce sont tous devenu des impie. Mais toi. Tu à grandi comme un humain malgré ton mélange de génétique. »
Il me regarda avec admiration et comme un enfant qui mourrait de faim il ne se rendit pas compte que du liquide sortez de sa bouche et pendait jusqu’à son mentons
« Mon chef d’œuvre.. il ne reste que nous deux » s’exprima t-il sans aucun remords.
Les battements de mon cœur s’accélérais, le liquide soignant à l’intérieur du tube devin rouge.
Je ne pouvais pas m’empêcher de faire une grimace de douleur, j’ai voulu crié mais le bruit fut éclipsé par le son d’alerte de la machine.
Es que je vais mourir comme les autres ? Non. Père a besoin de moi, après il me montrera le soleil. Comme il me l’avait promis.
Sans m’en rendre compte l’air autour de moi s’alourdit et un bruit verre qui se brise se fit entendre.
Le tube se fissura et le liquide à l’intérieur se mit à fuiter comme une mini cascade.
La rigidité de mon corp s’envola. Profitant de cela je donnai un coup sur le verre fissuré éclatant ma maison dans le processus .
Je me suis mis à tousser violemment sous le regard choqué de mon père. Alors que le bruit d’alerte pouvait être entendu dans la salle. Le savant fou m’analysa de la tête au pied.
« Très intéressant.. on dirait qu’on accomplira de grandes choses 001 » dit il en se rongeant les ongles de manière hystérique.