Chapitre 275
Un mot de passe ?!
Qu’est-ce que c’était ?
Garen s’approcha et ouvrit les autres portes de l’étagère. Elles étaient soit vides, soit contenaient elles aussi cette étrange sphère noire. Toutes émirent la même voix féminine, qui réclamait un mot de passe.
Mais même ainsi, seules quatre des douze portes renfermaient cette sphère noire.
« Un mot de passe ? » Garen fronça les sourcils. Il savait qu’il venait de tomber sur le gros lot.
À l’origine, cette base aurait dû être entièrement détruite. Après que Goth avait explosé, il s’était battu contre le cerveau de la Société Obscuro et avait fait exploser le four cinétique de la base. La gigantesque déflagration qui s’ensuivit avait rasé toute la base. Il n’en était rien resté.
C’est pourquoi Obscuro était entré dans une telle rage et avait envoyé des assassins aux trousses de Goth.
Garen se disait simplement que, puisque ces objets allaient de toute façon être détruits dans l’explosion, autant en profiter lui-même. Celui qui lui semblait être le plus grand gâchis était l’usine de production d’unités. S’il pouvait seulement l’emporter… Mais malheureusement…
La sphère noire devant lui avait l’air mystérieuse ; il s’agissait donc probablement de l’un des objets les plus importants de cette base.
« Mot de passe : Obscuro », tenta Garen.
« Incorrect. Il vous reste deux essais. Une mauvaise réponse entraînera le verrouillage total. » Les voix féminines des quatre sphères répondirent en même temps.
« Mot de passe : Lumière fantôme. »
« Incorrect. Il vous reste un essai. Une mauvaise réponse entraînera le verrouillage total. »
Garen plissa les yeux et scruta les alentours, mais, malheureusement, rien ne pouvait lui servir d’indice.
Le mot de passe de cette sphère noire avait probablement été choisi par les hauts responsables ; son utilisateur devait donc le recevoir de leur part. Il lui fallait ensuite se rendre à la base pour récupérer l’objet, et il fallait réunir les deux pour pouvoir se servir de la sphère noire. Le mot de passe et la sphère elle-même devaient donc être totalement indépendants.
L’esprit de Garen tournait à toute vitesse tandis qu’il cherchait sans relâche quel mot de passe essayer. Il avait tout de suite compris que ce genre d’objet était produit en série ; en outre, les mesures de sécurité et le secret qui l’entouraient étaient particulièrement rigoureux. Il était probablement réservé aux hauts responsables, qui devaient tous connaître un mot de passe commun.
« Je vais tenter ma chance ! » Garen savait que la sphère noire devant lui était sans doute l’objet le plus précieux de l’endroit.
« Mot de passe : Porte de l’Enfer ! » Porte de l’Enfer était le véritable nom du cerveau de la Société Obscuro.
« Incorrect. Erreur de mot de passe, verrouillage en cours. »
Clac !
Un bruit sec retentit.
Le sang de Garen se glaça. Il comprit que tout était fini. Une fois verrouillés, ces objets seraient extrêmement difficiles à débloquer.
Les claquements répétés s’interrompirent alors. Garen remarqua soudain que trois sphères noires seulement s’étaient verrouillées ; la troisième, au centre, n’avait ni bougé ni répondu.
« Mot de passe correct. » Après une pause, une voix féminine glaciale s’éleva de cette sphère noire.
Garen fut aussitôt fou de joie. Il se précipita vers la sphère noire et observa attentivement ses transformations.
Soudain, le centre de la sphère noire se désassembla en une myriade de pièces de puzzle, qui s’écartèrent lentement pour former une ouverture ronde de taille moyenne. Une autre sphère noire apparut à l’intérieur.
Une ouverture se forma également dans la sphère intérieure, dévoilant une nouvelle couche et une autre sphère noire.
La troisième couche de la sphère noire se sépara à son tour, révélant une boule de cristal rouge de la taille d’un poing.
La boule de cristal reposait sur un pilier blanc laiteux, semblable à la coupe d’une flûte à champagne, et brillait d’une faible lueur argentée et rouge.
« Dérivateur Ampera n° 7, à votre disposition. » La voix de la femme résonna de nouveau depuis la sphère noire, informant Garen.
« Un dérivateur ? » Garen fut assez surpris. Il sortit rapidement la boule de cristal et la glissa dans la poche de sa longue robe. Vous aimez cette histoire ? Poursuivez votre lecture sur NovelPing.
Quoi qu’il en soit, c’était du bon matériel. Son butin en poche, Garen attrapa quelques totems plus petits, encore inactivés, et s’apprêtait à partir.
Wouuu… !!
Soudain, un hurlement strident retentit depuis l’étagère. On aurait dit une alarme.
« Il y a quelqu’un dans la salle des totems ! Hacca, retiens-le !
— Merde ! C’est le gamin que j’ai croisé tout à l’heure ! Les trois ondes sonores n’ont pas réussi à le tuer ! Siva, bloque-le de l’autre côté ! Ne le laisse pas s’échapper ! »
Au loin, dans un couloir, des cris furieux retentirent.
Le sang de Garen se glaça. Il se précipita hors de la porte de pierre et s’élança dans la direction d’où il était venu.
Le crâne rasé qu’il venait de croiser lui avait déjà donné assez de fil à retordre ; sans parler de l’autre homme, qui semblait être de la même trempe.
Garen s’engouffra dans le tunnel sombre devant lui et dévala le couloir à toute allure.
« À en juger par ce que je viens d’entendre, ils peuvent probablement voir les images de la réserve de totems. Je dois partir au plus vite ! »
Dans le tunnel plongé dans l’obscurité totale, le corps entier de Garen se fondit presque en une ombre noire tandis qu’il filait à toute vitesse dans la direction d’où il était venu.
« Par ici !! »
Soudain, une voix grave d’homme l’interpella depuis l’avant.
Garen entendit vaguement des rugissements et des hurlements de bêtes devant lui. Son cœur fit un bond.
Fouu !!
Deux boules de feu rouges jaillirent soudain du couloir qui, un instant plus tôt, était encore plongé dans le noir. Grosses comme des ballons de football, elles tourbillonnaient en laissant derrière elles deux traînées rouge ardent et fonçaient droit sur Garen.
Sur leur passage, elles baignèrent tout le couloir d’une lumière rouge. Des mousses et des herbes se carbonisèrent instantanément en dégageant de la fumée.
Deux claquements retentirent. Garen lança deux pierres de ses mains. Elles traversèrent les boules de feu de part en part et devinrent translucides et rouges, sans freiner le moins du monde leur avancée.
Il bondit, prit appui sur les murs pour gagner de l’élan, puis son corps entier fusa avec un pop. Il passa juste entre les deux boules de feu.
Boum !!
Les deux boules de feu explosèrent presque simultanément, enveloppant Garen d’une chaleur intense. Elles ne formèrent plus qu’une boule de flammes en plein air, avant d’éclater.
Avec un pop, un corps noirci tomba des airs et ne bougea plus.
« Hmph ! » Un reniflement glacial retentit au loin, suivi de bruits de pas précipités qui s’éloignaient.
Une dizaine de secondes après que les pas se furent tus, le corps noirci remua enfin légèrement. Il ouvrit ses yeux bleus et promena un regard méfiant autour de lui.
Garen se redressa lentement. Son corps entier avait brûlé, et il n’y avait pas un seul endroit où la chaleur ne lui causait pas une douleur cuisante. Son sang et son qi bouillonnaient sans cesse ; le coup qu’il venait de recevoir avait presque tout dispersé, et ils ne faisaient que se rassembler à nouveau.
Son visage, son cou et ses bras étaient couverts de cloques, semblables à des grappes de raisins couleur chair, rondes et remplies de pus.
Sa peau, auparavant claire, n’était pas rouge, mais noircie. Les zones les plus gravement touchées, comme son ventre et ses avant-bras, commençaient même à se carboniser et à durcir.
Il serra les dents pour supporter la douleur et reprit discrètement sa route, sans ralentir.
Un poste de garde apparut bientôt devant lui. C’était une alcôve dans le mur, avec un petit lit, quelques grandes caisses et des tonneaux en bois, ainsi que plusieurs bougies à moitié fondues qui brûlaient sur les tonneaux. Ces lampes à bougie étaient fabriquées en plaçant des bougies dans des bouteilles en verre. Leur faible lumière jaune traversait le verre trouble et semblait encore plus terne.
Après avoir dépassé le poste de garde et marché un certain temps, il se retrouva sans trop savoir comment dans un vaste espace vide. Celui-ci était aussi grand qu’un terrain de football, et il entendait vaguement le bruit de l’eau qui s’écoulait.
Baroum !!
Un autre grondement sourd retentit, comme si quelque chose venait d’exploser.
Garen comprit que Goth s’était battu contre le chef des lieux après son explosion.
Il observa les alentours et eut vaguement l’impression de ne plus se trouver dans la base souterraine. C’était manifestement une grotte souterraine.
Jusque-là, il avait suivi le même chemin pour revenir sur ses pas. Pourtant, bien qu’il se fût engagé sur la même voie, il n’avait pas atteint la sortie, mais cette grotte.
Garen longea lentement les parois de la grotte en se dirigeant vers l’autre extrémité. De gros rochers étaient disposés côte à côte sur le sol, et l’eau s’écoulait dans les fissures en produisant un clapotis.
Il avança un moment, sentant ses poumons peiner de plus en plus à respirer. Plus il marchait, plus son sang et son qi circulaient vite, et plus les brûlures de son corps lui faisaient mal.
Il continua de se forcer un moment et finit par être couvert de sueur. La sueur salée ruissela sur sa peau brûlée, le piquant si fort qu’il ne put retenir un gémissement.
« Qui va là ?! »
Soudain, une voix méfiante retentit à l’autre entrée de la grotte, devant lui.
Une silhouette grande et mince sortit de l’entrée, sautant d’un gros rocher à l’autre pour pénétrer dans la grotte.
Son regard balaya les alentours, en alerte.
« Sors de là ! Je t’ai déjà vu. Hé hé, tu croyais que je ne te remarquerais pas, caché derrière les rochers ? » L’homme ricana froidement.
Il attendit un instant, mais rien ne bougea. Alors seulement, il se détendit et se dirigea lentement vers l’entrée de la base souterraine.
Entre-temps, Garen s’était discrètement déplacé jusqu’au mur opposé de la grotte. Il trouva une fissure derrière un gros rocher et s’y assit.
À présent, son corps entier était brûlé et son qi sanguin était en plein désordre. Il devait pratiquement le réajuster et le réactiver depuis le début, après qu’il eut été dispersé. La Technique de la Statue divine possédait de très puissantes capacités de guérison et éliminait sans cesse les toxines de chaleur dans ses organes et à la surface de sa peau.
Malgré cela, il était pratiquement à moitié paralysé et ne pouvait pas bouger. Ses capacités physiques avaient considérablement diminué, et une puissante Lumière des totems le tourmentait ; il ne pouvait donc pas encore guérir.
C’était un type de feu particulier, qui semblait doté de propriétés polluantes. Il contaminait et détruisait entièrement, en un instant, la plupart des cellules de Garen brûlées par la chaleur intense. Cette contamination contenait également des toxines de chaleur, qui s’infiltraient dans ses organes et étaient notoirement difficiles à éliminer. De plus, elle ne cessait de s’aggraver.
Une personne ordinaire aurait probablement rendu son dernier souffle dès l’explosion des flammes, tuée sur le coup par ce pouvoir corrupteur.
« Je dois accélérer ma guérison ! »
Garen jeta un coup d’œil au panneau des attributs au bas de son champ de vision. Il serra les dents et ajouta un point de potentiel à son attribut Vitalité, qui n’avait pas encore complètement récupéré.
Sa Vitalité passa instantanément de 2,5 à 2,76, le niveau le plus élevé que son corps avait atteint dans sa vie précédente.
Au moment même où la valeur changea, un courant glacé se répandit depuis son cerveau dans tout son corps. Ses organes, sa peau, ses os, toutes les parties blessées furent baignés par ce courant.
À cet instant, le froid et la chaleur s’entremêlèrent, provoquant une douleur plusieurs fois plus intense qui fusa dans le cerveau de Garen. Puis des vagues de démangeaisons extrêmes déferlèrent. Chaque parcelle de peau brûlée se mit à le démanger de façon étrange.
Il voulut se gratter, mais se retint. Il ne voulait pas bouger et n’en était pas capable. Tout son corps s’affaissa, son dos fermement appuyé contre la paroi de pierre pour ne pas tomber.
Le pouvoir corrupteur de la Lumière des totems qui avait envahi son corps continuait de croiser le fer avec le courant frais issu de son pouvoir spécial. Ils se mêlaient avec violence à l’intérieur de Garen et le faisaient transpirer à torrents. Sa sueur tombait sur ses brûlures, déclenchant une nouvelle vague de douleur encore plus intense.
La douleur et les démangeaisons s’entremêlèrent. Garen était complètement raide, tandis que les cloques brûlées sur son corps éclataient une à une. Le pus rouge pâle trempa ses vêtements presque carbonisés, dégageant une odeur insupportable.