Chapitre 208
« Hmph ! » Garen cessa enfin de se retenir et abattit le pied droit.
BOUM !
De larges morceaux de béton jaillirent aussitôt dans les airs, fusant dans toutes les directions comme après une explosion.
PAF !
Un éclat de béton atteignit en plein les seins généreux et fermes de Red.
« Ahh~~ » La femme gémit avec sensualité et fit un salto avant d’atterrir lentement un peu plus loin. Elle plaqua la main droite contre sa poitrine et lança à Garen un regard plein de ressentiment.
Le cœur de Garen manqua un battement. Il sentit soudain sa bouche sèche et sa langue pâteuse.
« Et si nous nous arrêtions là ? La voix de Black Orchid retentit au-dessus de lui. Nous, à la Porte du Béhémoth, avons compris quelle était votre force, Maître de l’École. Comme on pouvait s’y attendre de la part du Maître de l’École du Nuage Blanc, celui qui a pu tenir tête à Sylphalan… »
Sans même qu’il s’en aperçoive, Black Orchid s’était glissée derrière lui sans un bruit. Ses bras doux comme le jade blanc effleurèrent délicatement la poitrine de Garen. Une pointe de séduction se lisait sur son visage, et ses lèvres humides et brillantes avaient l’éclat de pêches mûres.
« Qu’est-ce que vous cherchez à faire ? » Garen fit circuler avec précaution son qi de sang dans tout son corps, mais ne remarqua rien d’anormal. Maintenant qu’il avait achevé la Technique de la Statue divine et que sa Vitalité avait atteint son maximum, il devait être totalement immunisé contre les maladies. La plupart des poisons n’avaient eux aussi qu’un effet infime sur lui. À cet instant, son qi de sang était d’une densité stupéfiante, équivalente à l’essence de sang et de chair de plusieurs éléphants comprimée en un seul corps.
En jetant un coup d’œil vers le bord de l’arène, Garen découvrit soudain que le général Lycian avait disparu sans qu’il s’en rende compte. Les soldats alentour battaient eux aussi en retraite.
Les bras doux et fins de Black Orchid lui effleurèrent le visage. Pour une raison ou une autre, Garen n’avait aucune envie de la repousser. Les endroits où sa peau touchait celle de Black Orchid étaient parcourus d’une sensation qui lui engourdissait les os.
Le parfum de Black Orchid lui emplissait les narines, excitant davantage encore son qi de sang, déjà en pleine effervescence.
Les lèvres couleur cerise de Black Orchid frôlèrent l’oreille de Garen. Elle murmura : « Il n’existe qu’un seul remède au monde… capable de venir à bout même d’une Technique de durcissement du corps de niveau suprême… » Elle lui saisit doucement la main et la posa sur sa poitrine opulente.
Frouf !
La robe noire s’envola et les enveloppa tous deux comme un voile sombre.
« Laisse-moi te donner un enfant… » murmura Black Orchid sous le voile noir.
Tout le qi de sang de Garen explosa en un instant, tel de la poudre noire qui s’embrasait. Il ne se retint plus et n’en avait plus la moindre envie. Il ignorait ce que la Porte du Béhémoth manigançait, mais son pouvoir inné lui indiquait que son état actuel n’avait rien de néfaste : au contraire, il était bénéfique. Et cet instinct primitif qui jaillissait du plus profond de lui-même le rendait incapable de résister.
À côté d’eux, Red se releva. Le regard complexe, elle observa l’homme et la femme enlacés derrière le voile noir.
« La femme la plus forte du monde et l’homme le plus doué du monde… Une union pareille… »
Un temps indéterminé s’écoula.
Soudain, un gémissement retentit derrière le voile noir.
Peu après, le voile se mit à tournoyer et à s’élever. Il enveloppa le corps svelte et parfait d’une femme, puis flotta jusqu’au sommet d’un mur.
Avant de partir, Black Orchid se retourna pour jeter un regard à Garen.
« L’homme le plus doué du monde… Un enfant comme celui-ci accomplirait à coup sûr notre rêve ! » Elle sentait la vive douleur qui lui déchirait le bas-ventre et son regard était complexe.
Red atterrit doucement à ses côtés, tout aussi silencieuse. Suivez les derniers chapitres sur novelping(.)com.
« Partons ! » Black Orchid leva sa robe noire, les dissimulant toutes deux. Dès que la robe disparut, elles s’évanouirent sans laisser de trace.
Garen était allongé sur le dos, ses vêtements à nouveau bien en place. Il gardait sur lui des traces du doux parfum de Black Orchid. Cette sensation aqueuse et l’atmosphère qui l’entourait le laissaient encore légèrement hébété.
« La Porte du Béhémoth… » murmura-t-il en se relevant lentement et en regardant dans la direction où Black Orchid était partie. Il baissa les yeux vers les griffures sanglantes qui lui barraient la poitrine. Depuis qu’il avait achevé la Technique de la Statue divine, c’était la première fois que quelqu’un parvenait à lui entamer la peau avec les ongles.
« Dire que ça se passerait dans ces circonstances… » Garen sourit avec amertume.
Il ignorait pourquoi Black Orchid, à la tête de la Porte du Béhémoth, avait agi ainsi. Mais, première femme qu’il avait connue dans ce monde, elle avait un corps pareil à un courant d’eau, souple et doux, pur comme le jade. Son parfum discret, ses courbes parfaites et élancées… Chaque image s’était gravée au plus profond de son esprit.
Garen inspira profondément pour chasser de ses pensées la tentation et le plaisir qui s’y attardaient.
Il avait compris quel remède Black Orchid avait utilisé : une substance capable de contourner une Technique de durcissement du corps de niveau suprême, et qui était même un aphrodisiaque irrésistible.
Il s’agissait de la Poudre de l’Union céleste, venue de l’Est. Cet aphrodisiaque presque disparu aurait dû être épuisé depuis plusieurs siècles. Qui aurait cru que la Porte du Béhémoth en avait retrouvé une dose ?
« Maintenant, les choses se compliquent. » En voyant le sang virginal sur le sol, Garen sentit soudain venir un mal de tête. Au départ, ses rapports avec la Porte du Béhémoth étaient limpides. À cause de Première Sœur aînée, les deux camps nourrissaient une rancune considérable l’un envers l’autre. Et voilà que leur dirigeante suprême lui avait offert sa première nuit. Des relations jusque-là simples venaient de devenir ambiguës et compliquées.
Il était évident que Black Orchid avait tout prévu à l’avance. Elle avait profité de l’intervention pour se rapprocher de lui, puis l’avait drogué pendant qu’ils l’évaluaient en tête à tête. Au bout du compte, elles étaient parvenues à leurs fins.
Impuissant, il se retourna et se dirigea vers la sortie de l’arène. Il ignorait depuis quand le lieutenant-général Lycian se tenait devant la porte, mais l’homme lui sourit d’un air entendu.
« Alors, c’était comment ? C’était quand même la dirigeante la plus forte de la Porte du Béhémoth, tu sais. Une femme aussi forte que belle, avec une peau superbe, des capacités remarquables et un pouvoir considérable. Elle a même pris l’initiative de te droguer et de s’offrir à toi. Et toi, tu soupires comme si le monde s’écroulait, pauvre idiot ? »
« On dirait que je n’ai pas pris assez au sérieux l’entraînement destiné à me rendre résistant aux drogues… Cette fois, ils m’ont eu avec un aphrodisiaque, mais la prochaine fois, ça pourrait être du poison. » Garen secoua la tête. « Et puis, sans votre intervention en coulisses, lieutenant-général Lycian, leurs chances de réussite n’auraient pas été aussi élevées, n’est-ce pas ? Vous ne pensez pas devoir assumer une part de responsabilité ? »
Lycian eut un petit rire embarrassé. « Tu as déjà récolté tous les bénéfices, tu ne peux pas en laisser un peu aux autres ? Quand cette femme, Black Orchid, est venue me trouver pour me parler d’emprunter un peu de semence, j’en suis resté bouche bée. Mais j’ai fini par accepter. Tu sais comment ça se passe, dans le sud de la Confédération : le principal conflit, en ce moment, c’est celui qui vous oppose, toi et la Porte du Béhémoth. Si vous entretenez ce genre de relation, aucun de vous n’aura à craindre que l’autre ne le freine délibérément face à une menace extérieure.
« Et puis, rassure-toi : l’accord que tu avais conclu avec la Porte du Béhémoth tient toujours. Cette femme, Black Orchid, est d’une détermination implacable. Quand elle fait une promesse, elle la tient à coup sûr. » Lycian prit un air sérieux. « Pour ma part, en guise de compensation… Si je te donnais le grade de général de division supérieur, tu l’accepterais ? »
« Bien sûr. Pourquoi pas ? » Garen savait que Lycian représentait les hautes sphères de la Confédération et n’hésita pas. Il comprenait aussi les intentions de la Confédération.
Les hautes sphères avaient déjà découvert que le gouverneur Grant souhaitait l’indépendance. Elles se disaient peut-être que, puisqu’elles ne pouvaient rien y faire pour l’instant, mieux valait confier le pouvoir à une force proche du gouvernement que de laisser un gouverneur peu lié aux hautes sphères faire sécession.
« Je ferai jouer mon influence auprès du bureau du gouverneur, ne vous en faites pas. Vous ne m’avez pas donné un grade militaire pour que je puisse établir un camp face à ce type ? »
« Tu vois clair dans les choses », dit Lycian en hochant la tête, quelque peu surpris. « On a du mal à croire que tu as à peine plus de vingt ans. »
« Bon, maintenant que tout est réglé, je vais rentrer. J’ai encore des choses à faire. » Cette rencontre avec la Porte du Béhémoth avait paru totalement surréaliste à Garen.
Il observa attentivement le panneau des attributs, en bas de son champ de vision.
À sa grande surprise, sa Vitalité avait encore légèrement augmenté.
Elle était passée de 2,65 à 2,76.
Cette hausse soudaine avait manifestement eu lieu après ce qu’il avait fait avec Black Orchid.
Après avoir quitté la salle, Garen monta dans un véhicule militaire et se rendit aussitôt dans un hôtel de luxe, comme convenu.
Au même moment, Cynthia et Jack, qui l’avaient suivi, arrivèrent eux aussi à l’hôtel. L’histoire vous plaît ? Lisez la suite sur nоvelping.com.
Comme ses sentiments à l’égard de Black Orchid étaient complexes, Garen demanda à tous les deux d’enquêter sur ses antécédents et suspendit provisoirement certaines des opérations qu’il menait contre la Porte du Béhémoth.
Mais, en réalité, les bases de la Porte du Béhémoth dans le Sud avaient déjà été déracinées sous les attaques conjointes de plusieurs forces, parmi lesquelles les Sirènes du Roi des Cauchemars, la Porte du Cercle Céleste, l’Épée des Sables cramoisis et la Porte du Poing sacré du Ciel méridional. Elles avaient perdu près d’une centaine de membres. C’était sans doute leur pire revers depuis des décennies.
Alors, même si Garen leur demandait de suspendre provisoirement les opérations, cela ne servait déjà plus à rien.
Après avoir retrouvé son calme, Garen resta deux jours à l’hôtel. Cynthia obtint également les adresses actuelle du domicile et de l’entreprise de Fenistine.
Garen partit à la recherche de ces adresses.
Dans le quartier de Yang Liu, devant un immeuble de bureaux délabré.
Garen s’approcha lentement de l’entrée de l’immeuble et s’arrêta, les sourcils légèrement froncés tandis qu’il l’observait.
Tout était de travers, tordu, comme une boîte en plastique grise sur le point de tomber en morceaux. Les murs étaient couverts d’insultes griffonnées à la bombe, et un tas d’excréments fumants gisait même près de la porte métallique.
La plupart des passants étaient des paysans vêtus simplement. Certains laissaient entrevoir des tatouages verts au niveau du cou et avaient l’air de voyous.
Miaou~~~
Un chat errant crasseux passa lentement devant les pieds de Garen. La plupart de ses poils noirs étaient tombés ; le reste formait des plaques, comme chez un lépreux.
« Cynthia, tu es sûre que l’entreprise de Fenistine se trouve dans un endroit pareil ? » Garen se retourna vers elle, l’air incrédule.
Sa jolie subordonnée était emmitouflée dans d’épais vêtements de coton, avec un bonnet et des gants. Malgré cela, elle attirait toujours les regards salaces de quelques voyous du coin.
« Je suis sûre que c’est ici. Hier, mademoiselle Fenistine a justement rossé un voyou dans le coin. »
Garen secoua la tête. Il n’aurait jamais cru que la situation de Fenistine fût si mauvaise.
« Peu importe, entrons voir. »
« Oui. »
Ils pénétrèrent dans l’immeuble l’un derrière l’autre. À peine entrés, ils virent un gros homme barbu descendre l’escalier en se dandinant.
L’homme portait une chemise de laine et des lunettes à monture noire. À la vue de Garen et Cynthia, il remonta aussitôt ses lunettes et les dévisagea avec attention.
« Puis-je vous demander qui vous cherchez ? »
« Est-ce bien la maison de ventes aux enchères du Pin Vert ? » demanda Cynthia en s’avançant.
« Oui. Vous venez voir la directrice Fenistine, c’est ça ? Entrez, je vous en prie, elle est à l’étage. » Le gros homme sortit un mouchoir sale pour s’essuyer le front. « En fait, vous aurez beau nous presser, nous ne pouvons pas vous donner plus d’argent. Comme vous le voyez, nous avons même vendu l’immeuble qui abritait le siège de l’entreprise, ainsi qu’une grande partie de nos marchandises… » Il se retourna et les guida vers le haut des escaliers, tout en leur expliquant d’un air accablé la situation désastreuse de la maison de ventes du Pin Vert.
Plus Garen et Cynthia l’écoutaient, moins ils avaient à dire. Le gros homme ne prenait même pas la peine de leur demander ce qu’ils venaient faire ici : manifestement, trop de gens étaient venus réclamer leur dû ces derniers temps, au point qu’il en était devenu insensible.