Chapitre 155
La sœur aînée apprentie s’était rebellée, tandis que l’ancien et le deuxième maître avaient disparu. L’École du Nuage Blanc s’était effondrée à cause de la rébellion d’une seule personne. Garen avait décidé de régler le problème une bonne fois pour toutes, maintenant que la menace extérieure avait disparu.
Il devait toutefois d’abord s’occuper du désordre qui régnait en ville.
Il pouvait prendre son temps, puisqu’il avait obtenu le Trône de l’Épée dorée. Sa force allait ainsi augmenter au fil du temps, et il pouvait en profiter pour régler ses affaires intérieures.
Assis sur le canapé, Garen se remémora machinalement les paroles que Shura des dunes crépusculaires avait prononcées au bord de la falaise.
« Invaincu et indomptable. Tant qu’il vivra, personne ne pourra lui tenir tête, qu’il s’agisse du meilleur de cette génération ou de la suivante. » Les paroles de Shura des dunes crépusculaires continuaient de résonner dans son esprit.
« Ce qui me manque… » Garen joignit les mains devant son front et se plongea dans ses pensées.
« Grand frère ? »
La voix de Ying Er lui parvint.
« Qu’est-ce que tu en penses ? »
Ying Er portait une robe noire ornée d’une délicate broche en forme de fleur violette. La robe mettait en valeur sa silhouette en sablier tandis qu’elle tournoyait sur place.
Garen releva la tête.
« Tu es très jolie. » Il rit. « Tu as quel examen demain ? »
« Physique, et je suis très confiante ! » Ying Er sourit fièrement.
« Tu devrais te coucher tôt, puisque tu dois te lever tôt demain. Tu as pris ta douche ? »
« C’est fait ! » Ying Er fredonna en se frappant la poitrine du revers de la main. La délicate broche en forme de fleur violette n’était pas particulièrement voyante, mais elle avait un charme discret. Elle lui allait à merveille.
« Allez, va te coucher tôt. » Garen lui pinça la joue.
« D’accord~~~ » Ying Er regagna sa chambre, un doux sourire aux lèvres.
Garen resta seul sur le canapé à attendre le retour de ses parents, tout en repensant aux paroles de Shura des dunes crépusculaires.
Peu après, le bruit d’un moteur de voiture monta de la rue. Il s’éteignit au bout d’un moment, puis des portières claquèrent.
Quelques minutes plus tard, des clés tintèrent derrière la porte.
Garen se leva et s’avança vers l’entrée tandis que ses parents rentraient.
« Papa, maman. »
« Garen ?! » Tous deux, stupéfaits, n’en revenaient pas.
« Quand es-tu rentré ? » Sa mère s’approcha et lui prit le visage entre les mains. « Je trouve que tu as maigri… »
Père Lombard se sentit quelque peu vexé en voyant les bras de Garen, aussi épais qu’une jambe, et son torse puissant et musclé.
« Ce garçon a grandi d’au moins dix centimètres ! En quoi est-il censé avoir maigri ? Il n’a que des muscles, sur le torse et les bras ! »
« Ah bon ? » Mère Vania se montra sceptique.
« Entrons et parlons à l’intérieur. » Garen referma la porte, prit les bagages des mains de ses parents et les posa dans le salon.
« Comment ça se passe, à l’université ? Tu t’y plais ? Tu as besoin d’argent pour subvenir à tes besoins ? Et tu t’entends bien avec les professeurs ? » Dès qu’elle entra, sa mère le bombarda de questions. Vous lisez sur novelping(.)com, la source officielle.
Comme Garen n’avait jamais mis les pieds à l’université, il n’eut d’autre choix que de leur raconter sa vie d’étudiant sur Terre. Il dut cependant rester vague pour ne pas éveiller leurs soupçons.
Ses parents finirent par le laisser tranquille après qu’il leur eut servi tout un tas de sornettes.
Garen en profita pour s’enquérir de l’état de son maître.
« Maître Fei… » Père Lombard fronça les sourcils. « D’après tous les spécialistes de Yang Liu, la situation est mauvaise. »
« Que s’est-il passé ? » Garen fut stupéfait : même les spécialistes de Yang Liu, dans la Fédération, ne parvenaient donc pas à améliorer son état.
« Tu comprendras quand tu le verras demain. » Lombard secoua la tête. « Tu ne peux pas imaginer ça sans le voir de tes propres yeux. Hélas… Maître Fei était vraiment sage… Je ne m’y attendais pas du tout. Au début, nous n’en savions rien, mais nous avons appris depuis que le maître du Dojo du Nuage Blanc était considéré comme un homme très puissant dans cette ville. »
« Bon, n’en parlons plus. Laissons notre fils rendre visite à maître Fei demain, puisqu’il a tout donné pour l’entraîner. » Mère Vania intervint. « Au fait, Garen, tu es proche de la fille de M. Bouvini ? Tu devrais remercier son père de nous avoir aidés. S’il ne nous avait pas tendu la main, ton père et moi n’aurions pas été promus. Nous lui devons tout. »
« Mikaela ? Bouvini ? » Garen comprit. « D’accord, je connais Bouvini. Je l’ai rencontré avant que maître ait des ennuis. J’irai leur rendre visite après avoir vu maître. Ne t’inquiète pas. »
« Très bien. À propos, nous avons déjà rencontré Mikaela, nous aussi. Elle n’est pas très jolie, mais elle a beaucoup d’élégance. Si elle t’intéresse… » Les yeux de Mère Vania brillèrent tandis qu’elle en parlait.
« Euh, laisse tomber », intervint son père. « Mikaela n’a que dix ans. Ce n’est pas un peu tôt ? »
« Qui a dit que c’était trop tôt ? Il suffit de les fiancer sans tarder. Qu’est-ce qui t’inquiète ? Même M. Bouvini nous a fait comprendre ses intentions. Nous ne sommes que des gens ordinaires, ils n’ont rien à gagner avec nous. Et puis, beaucoup d’enfants se marient à douze ans ; ils peuvent aller à l’église dans un an ou deux ! »
Garen commença à suer à grosses gouttes en l’écoutant. Douze ans ! Se marier à cet âge était beaucoup trop jeune, même si c’était la tradition de l’époque. Il n’en croyait pas ses oreilles.
« Prenons notre temps. Je dois rendre visite à M. Bouvini dans quelques jours, et leur fille est trop jeune : il y aurait des complications pour l’accouchement. »
Après que son père et son fils l’eurent quelque peu raisonnée, Vania renonça à l’idée des fiançailles.
Être fiancé à une fillette de dix ans…
Garen en eut la chair de poule à cette idée : il n’était pas pédophile. De plus, la première personne qui lui vint à l’esprit fut Celine. Certes, toutes deux avaient le corps d’une jeune fille, mais Celine serait un meilleur choix : une fois adulte, elle aurait une silhouette superbe.
Après avoir bavardé un peu avec ses parents, il leur remit les cadeaux puis alla prendre une douche. Une fois séché, il enfila ses propres vêtements, qu’il avait emportés.
Comme son corps avait grandi très vite, tous les vêtements de son placard étaient trop petits. Heureusement, il y avait pensé à l’avance et avait acheté quelques tenues en faisant les magasins pour trouver des cadeaux.
Il entra dans sa chambre, éteignit la lumière et s’allongea sur le lit.
Au loin, on entendait faiblement le carillon de l’horloge et le sifflement d’un train qui partait.
C’étaient les nouvelles voies ferrées du quartier.
Garen ferma lentement les yeux et sombra dans un profond sommeil.
Au milieu de la nuit, il se réveilla en sursaut.
Garen cligna plusieurs fois des yeux en se redressant. Dehors, par la fenêtre, il ne vit que l’obscurité. C’était encore le milieu de la nuit.
Il repoussa les couvertures et s’assit au bord du lit pour se frotter le visage. Agité, il sentait les paroles de Shura des dunes crépusculaires envahir sans cesse son esprit…
Il avait instinctivement le sentiment que Shura des dunes crépusculaires n’avait pas prononcé ces paroles à la légère.
S’il avait été en pleine possession de ses moyens, il n’aurait pas poursuivi Shura des dunes crépusculaires, qui était grièvement blessé.
« Poing sacré de l’Oiseau blanc… » marmonna Garen. Après avoir pris une profonde inspiration, il se recoucha. L’énergie du Trône de l’Épée dorée, à l’intérieur de son pyjama, continuait de se déverser dans son esprit.
Le fondement de son talent se trouvait dans sa tête. C’était une capacité spéciale que seule une poignée de personnes possédaient. Selon ses estimations, il serait rare de trouver, parmi les milliards d’habitants de la Terre, ne serait-ce qu’une dizaine de personnes dotées de capacités similaires.
D’après ses suppositions, cette capacité spéciale résultait de sa structure spirituelle, de sa constitution physique, de la disposition de ses nerfs, et ainsi de suite. Personne ne possédait les mêmes capacités spéciales, pas plus qu’on ne pouvait trouver dans la nature deux feuilles parfaitement identiques. La moindre petite différence entraînait un écart considérable.
Il ne savait toujours pas si cette capacité spéciale lui permettait de maintenir ce pont spirituel, ou si c’était ce pont qui lui avait conféré ses capacités spéciales.
« Ces questions, c’est comme un chien qui court après sa queue… » songea Garen en reportant son attention sur ses panneaux d’attributs et de compétences.
« Force 2,66. Agilité 1,82. Vitalité 2,45. Intelligence 1,53. Potentiel 1256 %.
Art martial secret.----
Variation du mammouth : Explosif (niveau maximal), durcissement épidermique de grade un (Corps de fer), stabilisation du qi sanguin de grade un (Art martial du Rocher).
Paume de jade rouge : apprise (maîtrise de grade un), renforcement de la brûlure de grade un (Technique cramoisie sombre), amélioration de la vitalité de grade un (Technique cramoisie sombre). »
« J’ai déjà tant de points… » Garen fut stupéfait en se rendant compte que son voyage à l’étranger en avait valu la peine. Le Trône de l’Épée dorée avait tenu ses promesses, et le risque d’entrer dans les ruines antiques en avait valu la chandelle.
Il évalua attentivement le débit du Potentiel provenant du Trône de l’Épée dorée. Même s’il était bien plus faible que la dernière fois, il en gagnerait tout de même un peu chaque semaine, ce qui était bien mieux que rien.
« Douze points… » Garen n’en avait jamais obtenu autant d’un seul coup.
« Est-ce que je devrais augmenter mes attributs ou d’abord pousser mon Art martial secret au maximum ? » Il était indécis.
Avec autant de points, il pouvait soit pousser l’un de ses Arts martiaux secrets à son maximum, soit tout investir dans ses attributs. Même s’il était limité par les capacités de son corps, il devrait pouvoir les augmenter jusqu’à un niveau effarant.
Il se souvint qu’à l’époque où il pratiquait encore l’Art martial secret du Mammouth, il dépensait tous ses points dans ses attributs. Il en avait investi au moins douze et, en plus de renforcer considérablement les effets spéciaux de son art martial secret, cela lui avait donné tout un arsenal de compétences de combat pour faire face à toutes les situations complexes.
S’il investissait tous ses points dans ses attributs sans rien ajouter à son art martial secret*, n’importe quel artiste martial ordinaire doté d’une arme puissante pourrait probablement le mettre à terre.
*L’auteur a probablement inversé les attributs et l’art martial secret.
« Dommage qu’augmenter le niveau des arts martiaux ait ses avantages et ses inconvénients… Si seulement cela pouvait repousser les limites du corps. Je ferais mieux de pousser d’abord mes attributs au maximum. »
Garen se concentra d’abord sur la Force.
Malheureusement, elle avait déjà atteint sa limite et ne bougea pas. Il passa alors à l’Agilité.
Un point d’attribut fut converti en 0,3 point et ajouté à celle-ci. Il en ajouta deux, puis trois…
L’Agilité augmenta régulièrement et s’arrêta à 2,72. Elle avait atteint sa limite.
Ensuite vint la Vitalité.
Elle passa de 2,45 à 2,65, ce qui représentait moins d’un point d’attribut. Garen n’eut d’autre choix que d’ajouter le 0,1 point restant à l’Intelligence.
Il continua d’augmenter son Intelligence.
Elle passa régulièrement de 1,63 à 1,93, puis à 2,23, avant de se stabiliser à 2,53.
Ainsi, tous ses attributs atteignirent la limite de son corps. Il lui restait cinq points : il en avait dépensé sept pour pousser ses attributs au maximum.
Le panneau des attributs s’était également agrandi, comme s’il avait été amélioré.
« Force 2,66, Agilité 2,72, Vitalité 2,65, Intelligence 2,53, Potentiel 556 %.