Chapitre 1 287
Les rayons des Gardes du Dragon furent libérés à une température stupéfiante, faisant rapidement fondre la glace et la neige alentour sur plusieurs mètres de rayon. Pourtant, lorsqu’ils atteignirent le flanc de Garen, ils furent silencieusement absorbés par ses écailles blanches.
Fffft !!
Tous les Dragonneaux et les spectateurs poussèrent des exclamations de stupeur.
Une immunité de niveau sept !!
Le Garde du Dragon avait immédiatement lancé un sort de niveau sept : Rayon brûlant. Il s’agissait d’un sort de niveau sept, renforcé et dérivé du Rayonnement brûlant de niveau quatre. À l’origine, c’était un sort de niveau quatre, mais sa composition avait été remaniée et intensifiée, ce qui lui permettait de mobiliser les pouvoirs libérés par la Trame. Il s’agissait donc bel et bien d’un rayon ardent de niveau sept !!
Et pourtant, Garen semblait immunisé contre lui ?!
Il était réellement immunisé contre les sorts de niveau sept à son âge ?!?!
C’était vraiment…
Aucun des dragons ne savait plus comment évaluer les talents de Garen.
En particulier l’instructeur qui l’avait recommandé au départ. La bouche grande ouverte, il demeura sans voix, complètement sous le choc. Une seule pensée lui traversa l’esprit : *Oh là là, je vais devenir riche !*…
Les deux Dragons blancs adultes qui avaient été projetés au loin se relevèrent lentement. À la vue de la scène, ils se mirent à transpirer à grosses gouttes, trop effrayés pour avancer.
En voyant la carrure actuelle de Garen et en se rappelant la force terrifiante avec laquelle il les avait frappés, ils comprirent qu’il avait surpassé les Dragons blancs ordinaires et qu’ils ne pouvaient plus le défier.
Peu à peu, le rayon rouge perdit de son éclat. Les écailles de Garen ne portaient que quelques légères traces de brûlure noire ; le reste n’avait pas été touché.
Le Garde du Dragon qui tenait le parchemin d’où le rayon avait jailli avait l’air embarrassé. Il fixait Garen, abasourdi, sans savoir comment réagir, tandis que celui-ci tenait Wylow par le cou. Ce n’était peut-être pas son sort le plus puissant, mais les autres n’étaient pas plus redoutables. Si celui-ci n’avait pas réussi à blesser Garen, les autres ne pourraient pas non plus lui infliger grand-chose.
« Tu es vraiment agaçant. » Garen souleva le petit Wylow devant lui et baissa la tête pour l’observer de plus près.
« Tue-moi si tu l’oses !! » Le visage de Wylow était vert de colère et de peur. Il était furieux d’avoir été si cruellement humilié, et terrifié de découvrir à quel point Garen était féroce.
« Te tuer ? » Les coins de la gueule féroce de Garen se retroussèrent légèrement, dévoilant ses dents blanches et acérées.
Son aura draconique de niveau cinq se déchaîna pleinement. Il était parvenu à compenser en grande partie les effets affaiblissants des auras draconiques sur lui, de sorte que la valeur de ses attributs ne diminuait en moyenne que d’un point.
Malgré tout, son jeune âge préoccupait les membres de la Race draconique alentour : ils le considéraient comme un rival presque impossible à surpasser.
« Bien sûr que je ne vais pas te tuer. » Garen recula les lèvres en souriant. « En revanche, je peux te faire découvrir la douleur. »
Il saisit l’un des bras de Wylow avec son autre griffe, un sourire menaçant aux lèvres.
« Tu… »
Fffft !!
Ahhh !!!
Au milieu du bruit déchirant, Wylow poussa un cri de douleur. Il ne put que fixer bêtement son bras droit, qu’on venait littéralement de lui arracher. Sa chair et ses fibres musculaires étaient déchiquetées, et une grande quantité de sang de dragon blanc jaillit de la plaie.
À cette vue, les dragons alentour sentirent un frisson glacial leur remonter le long de l’échine jusqu’à la tête. Garen avait osé, il avait vraiment osé arracher le bras du petit-fils de l’Ancien ?!
C’était d’une brutalité inouïe !! Complètement inconcevable ! Quel culot !!
« Ça suffit !! »
Un rugissement féroce retentit soudain au loin.
C’était le Troisième Ancien !
Son immense corps blanc glissa rapidement dans les airs, accompagné d’une aura draconique puissante et intrépide, dont il dirigea l’essentiel contre Garen pour l’accabler.
Garen se retourna et, dans le même mouvement, projeta Wylow au loin. Celui-ci roula plusieurs fois sur le sol avant de s’immobiliser, évanoui de douleur. Ce chapitre a été repris de novelping dot com sans autorisation.
Il regarda le Troisième Ancien qui volait vers lui.
« Avez-vous des instructions, Ancien ? » Son expression ne changea pas. En voyant que Garen restait calme malgré tout ce vacarme, les membres de la Race draconique alentour ne purent s’empêcher de l’admirer en secret.
Le Troisième Ancien tenait le Bâton divin, qui émettait une lueur blanche enveloppant Wylow, évanoui sur le côté.
Ce ne fut qu’ensuite qu’il regarda Garen. À la surprise générale, il se contenta de froncer légèrement les sourcils, puis jeta un coup d’œil à Boris, presque estropié par les coups, et aux autres dragons qui entouraient Garen.
Il resta silencieux. À plusieurs reprises, il balaya du regard les dragons autour de lui, jusqu’à ce qu’un Dragon blanc adulte s’approche et lui explique discrètement la situation.
Le Troisième Ancien demeura muet pendant dix longues minutes ; l’atmosphère était oppressante.
Son regard finit par se poser sur Garen. Les coins de sa bouche se retroussèrent et, contre toute attente, le Troisième Ancien esquissa un sourire d’une douceur remarquablement naturelle.
« On dirait que je n’ai pas tout expliqué à temps. Quant à ma promesse, elle tient toujours. Mais, Garen, ne crois-tu pas que tu es allé trop loin ? »
« Ancien, je me suis laissé emporter par la colère et j’ai agi sans réfléchir… » Garen comprit soudain que l’Ancien avait déjà choisi entre lui et Wylow. Il prit aussitôt un air désemparé, teinté d’un soupçon de ressentiment.
Il sentit le regard du Troisième Ancien parcourir son corps sans relâche. Celui-ci était manifestement très satisfait du potentiel dont Garen avait fait preuve ce jour-là.
« C’est vrai, après tout. Wylow n’a jamais rencontré de grandes difficultés depuis son plus jeune âge. Te voir lui montrer ce qu’est vraiment un puissant combattant lui sera bénéfique. Cela influencera peut-être positivement son développement futur. »
L’Ancien hocha distraitement la tête.
« Très bien, cette affaire s’arrête là. Garen, pour ce qui te concerne, je contacterai l’autre partie dès que possible. Tiens-toi prêt à recevoir des nouvelles. Ne t’inquiète pas, tu as de grandes chances ! »
Après avoir parlé, il détailla Garen de la tête aux pieds, comme s’il admirait un trésor exceptionnel. Plus il le regardait, plus il semblait satisfait.
« Merci beaucoup, Ancien ! » répondit aussitôt Garen avec respect.
En assistant à l’échange entre l’Ancien et Garen, les autres dragons eurent l’air d’avoir vu des extraterrestres. Ils ne comprenaient pas ce qui avait bien pu se passer entre eux pour que l’Ancien néglige les graves blessures de son petit-fils préféré et affiche ouvertement sa préférence pour Garen !?
Boris resta en retrait, suspendu dans les airs. Bien qu’il fût celui qui connaissait le mieux le caractère du Troisième Ancien, il en resta complètement stupéfait. Le Troisième Ancien, d’un égoïsme et d’une froideur extrêmes, avait traité Garen avec une telle magnanimité alors même que celui-ci avait mis sa dignité au défi. C’était plus invraisemblable encore que si la Montagne du Dragon blanc s’était transformée sur-le-champ en Montagne du Dragon noir !!
Il ne pouvait pourtant pas le nier : la scène s’était déroulée sous ses yeux.
Mais aucun des dragons ne savait que, tout en poussant un soupir de soulagement, Garen restait secrètement sur ses gardes face à l’égoïsme du Troisième Ancien.
La véritable nature des Dragons blancs était l’égoïsme et la froideur, comme le Troisième Ancien l’illustrait à merveille. Si son propre petit-fils n’était qu’un pion qu’il pouvait sacrifier à tout moment, les étrangers ne valaient pas davantage à ses yeux.
Garen s’était déjà préparé à montrer sa puissance au sein du clan. Il lui suffirait de révéler qu’il était un Dragon blanc adulte de classe élite et de tirer parti de son âge et de ses talents pour que Wylow ne pèse plus rien. Dans un clan qui vénérait les puissants, personne n’oserait rien dire s’il tuait Wylow.
Cependant, tout dépendait de l’importance que le Troisième Ancien accordait aux liens familiaux, et cela rendait l’opération légèrement risquée.
Garen n’était donc pas allé jusqu’au bout et s’était contenté d’arracher un bras à Wylow, car un membre brisé pouvait être parfaitement rattaché en peu de temps grâce à l’Art divin. Ses actes semblaient brutaux, mais en réalité, avec l’aide de l’Ancien, les blessures de Wylow ne seraient pas graves.
C’était aussi une manière subtile de mettre le Troisième Ancien à l’épreuve.
Le résultat le déçut pourtant amèrement. Le Troisième Ancien était bel et bien un être impitoyable !
« Cette affaire est donc close. » Le Troisième Ancien fit jaillir une lumière blanche de son bâton et souleva Wylow du sol. Il balaya une dernière fois les environs du regard, puis s’arrêta sur le Garde du Dragon adulte qui se tenait à côté, le parchemin de niveau sept toujours à la main.
« Toi, viens avec moi. »
Le Dragon blanc trembla, puis baissa précipitamment la tête avec respect.
« Oui. »
« Ne me déçois pas… Garen. » Le Troisième Ancien lui jeta un dernier regard, se retourna et s’envola.
Garen les regarda s’éloigner.
Il resta immobile, silencieux, tandis que sa silhouette reprenait sa taille d’origine. Il ne se distinguait plus d’un Jeune dragon ordinaire. Personne n’aurait pu imaginer que cette présence intimidante avait jailli de lui.
Il attendit que les silhouettes du Troisième Ancien et des autres dragons aient complètement disparu, puis se retourna et se dirigea vers Boris.
« Ça va ? » Il tendit la main pour le soutenir.
« Ça va encore… » Boris se débattit pour essayer de se relever seul, mais ne parvint pas à soulever son corps. « Tu n’aurais pas dû t’inquiéter pour moi. Même si le Troisième Ancien souriait, il t’en veut sûrement. Quels que soient les moyens que tu emploies pour réprimer temporairement sa colère, il te fera payer dès que tu commettras la moindre erreur. »
« Si j’ai agi ainsi, c’est que je connaissais les conséquences. Ne t’inquiète pas. » Garen savait très bien ce qu’il faisait. « Je vais d’abord te ramener à ta caverne. »
« Merci. »
« Nous sommes amis depuis le début, tu n’as pas besoin de me remercier. »
Garen ne tint pas compte des regards des autres dragons. Il saisit Boris et battit des deux ailes avant de s’envoler en direction du pic enneigé, au loin.
Ffff…
« Ça fait vraiment mal !! »
Dans une petite caverne étroite, Saszt appliquait soigneusement un onguent sur les blessures de Boris. Leona, qui se tenait près d’eux, était allée chercher les médicaments à la maison et revenait en courant.
La pauvre petite fille regardait Boris avec inquiétude.
Garen était assis à côté et observait Boris, étendu au sol et gémissant.
« Qu’est-ce que vous comptez faire maintenant ? »
« Faire ? Que veux-tu qu’on fasse ? » Les événements qu’il avait traversés ces derniers temps semblaient avoir beaucoup mûri Boris. « Nous ne pouvons pas quitter cet endroit, car le Troisième Ancien ne nous laissera jamais partir. Nous ne pouvons donc que vivre sur le pic enneigé. Dans ces conditions, nous n’avons pas la moindre chance de nous soustraire à son emprise. »
« Je… Grand-père me manque… » Leona ne put s’empêcher de se remettre à pleurer. Ses yeux étroits et délicats de dragon étaient presque toujours gonflés ces derniers temps. De toute évidence, elle pleurait souvent, chaque jour. Les écailles qui recouvraient son corps, autrefois propres et belles, étaient désormais un peu sales. Il n’y avait manifestement plus personne pour les nettoyer à sa place.
Boum !
Saszt frappa la paroi de la caverne.
« Attendez que je grandisse ! Attendez que je grandisse ! Je vais lui en faire voir de toutes les couleurs, à ce salaud !! » Il serra les dents.
Garen regarda avec impuissance ces trois Dragonneaux.
« À vrai dire, vous ne pouvez ni quitter ce pic enneigé ni échapper à la surveillance de l’Ancien. Si cela continue, grandir ne vous servira à rien. Tant que vous ne quittez pas le pic enneigé pour découvrir le monde, vous ne pourrez jamais progresser ni atteindre le niveau neuf de l’Ancien. »
« Le niveau neuf… Ha ha, les dragons ordinaires comme nous ne pourraient même pas rêver de l’atteindre sans sept ou huit mille ans d’études assidues. Pourtant, rares sont les membres de la Race draconique à vivre sept ou huit mille ans. Ce sont les êtres les plus rares de notre race. » Boris était réaliste et calme. Il jeta un regard à Garen et ajouta : « C’est peut-être possible pour toi, mais nous autres ne sommes pas des prodiges. Si nous ne franchissons pas le niveau sept avant l’âge de cinq cents ans et ne parvenons pas à prolonger notre espérance de vie, nous ne pourrons jamais espérer atteindre le niveau neuf. »
« Il existe peut-être un moyen de nous libérer de l’emprise de l’Ancien, dit Garen à voix basse.
« Quel moyen ?! » Boris fut soudain stupéfait. Son regard resta fixé sur Garen.
Saszt et Leona furent eux aussi surpris. Ils se tournèrent aussitôt vers Garen. Ils étaient complètement désemparés et ne voyaient pas la moindre lueur d’espoir.
« Le Contrat éternel », répondit Garen avec légèreté.
« Tu parles des Contrats éternels conclus avec les princes et les princesses de l’Empire de Deladia ? » réagit aussitôt Boris.
« Une fois que vous aurez obtenu le statut protégé de Contractants royaux, vous ne serez plus seulement des membres du Clan des dragons blancs : vous bénéficierez aussi de la moitié du statut de la famille royale de l’Empire de Deladia. Même le Troisième Ancien n’oserait pas entraver ouvertement votre développement », expliqua brièvement Garen.
« Mais… notre espérance de vie sera réduite de moitié ! » Saszt hésitait un peu.
« Vous pouvez y réfléchir, mais c’est la seule solution. C’est uniquement en vous appuyant sur la puissance de l’Empire de Deladia que vous aurez une chance de disposer d’un espace de croissance normal. » Garen se leva. « Je vais vous laisser. Vous pouvez chercher Safour et les autres, et leur dire de me prévenir s’il se passe quelque chose. Je vais peut-être devoir m’absenter un certain temps ; soyez prudents pendant ce temps-là. »
« Partir ? »
« Oui, il y a un Combat d’invocation… » Garen sentit dans son esprit l’appel de l’Invocateur. Selon le contrat, dès lors que l’autre partie avait versé une rémunération suffisante, il ne pouvait jamais refuser sa demande.
Le cœur de Garen tressaillit tandis qu’il s’envolait hors de la caverne. À l’extérieur, des ondulations translucides et ondoyantes s’étaient soudain étendues dans les airs, on ne savait quand. Le corps élancé de Garen les traversa et il disparut sans laisser de trace.
C’était son premier Combat d’invocation, et il espérait que Kevin ne le décevrait pas.