Chapitre 1 198
« Meurs ! » L’un des hommes de main à moitié mécanisés finit par craquer et se mit à tirer.
Boum, boum, boum, boum !!!
Le pistolet-mitrailleur léger faisait très peu de bruit, mais ne parvint même pas à toucher l’ombre de Garen.
Comparé à leur temps de réaction et à leur vitesse d’action, Garen se déplaçait comme s’il se téléportait. À une distance aussi courte, il lui suffisait de bondir en avant : avant même qu’ils aient pu cligner des yeux, il avait déjà parcouru plusieurs mètres. Il tenait à la main une épaisse plaque de métal de plus d’un mètre de long. Sans se presser, il se pencha et trancha les deux hommes à la taille.
Leurs armes continuaient de tirer, mais les deux hommes s’effondrèrent en deux morceaux, chacun hurlant encore pendant deux secondes avant que le bruit ne s’éteigne.
Les balles continuaient de ricocher dans toute la pièce, mais Garen se contenta de brandir nonchalamment l’épaisse plaque de métal. Toutes les balles s’y logèrent sans effort.
Il baissa les yeux pour observer l’installation souterraine.
« Pourquoi ces types aiment-ils toujours installer leurs bases sous terre ? » Garen se frotta le menton. « Est-ce que je descends ou pas ? »
Il ne disposait pas de ses puissants pouvoirs surnaturels pour l’instant. S’il descendait et que l’un des types à l’intérieur faisait exploser une grenade ou un engin tout aussi puissant dans l’espoir de l’emporter avec lui, dans cette pièce close, la puissance de l’explosion serait… Tss, tss…
Dans son état actuel, il ne faisait aucun doute qu’il mourrait.
Les armes à feu étaient manifestement bien plus puissantes dans ce monde, et les restrictions pesant sur les pouvoirs surnaturels étaient considérables. De plus, après avoir forcé son passage au niveau supérieur, l’accroissement de ses pouvoirs surnaturels s’était surtout traduit par une amélioration de sa vitesse et de ses réflexes. Une fois renforcé, il pouvait exécuter son Art du Grand Sabre au moins deux fois plus vite qu’avant. Voilà ce qu’était sa véritable puissance.
Avec l’Art du Grand Sabre, lorsqu’il brandissait sa lame, il suivait naturellement le courant d’air qui lui conférait le plus de vitesse et tranchait dans le sens du champ gravitationnel, si bien que ses mouvements étaient presque parfaits.
Mais aucun de ces progrès ne pouvait l’aider à affronter de plein fouet un tir indiscriminé. Face à de telles attaques, il n’y avait que deux solutions : se cacher ou encaisser.
« C’est un peu compliqué… » Garen ne voulait pas se mettre en danger.
Depuis qu’il avait découvert que cet univers était relié aux autres univers du Phare, il voulait simplement passer le temps ici, jusqu’à ce que ses capacités physiques atteignent leur terrible apogée. Il pourrait alors anéantir n’importe quel adversaire sans difficulté.
Il n’avait absolument aucune raison de combattre l’ennemi à mort pour l’instant.
Mais l’ennemi pouvait très bien retenir Kong Xinxue en otage. Pour Garen, c’était un problème.
Cependant, il n’eut pas longtemps à se tourmenter, car l’autre camp se manifesta sans tarder.
Brr…
Au milieu du grondement sourd du séisme, quelque chose semblait avoir radicalement changé dehors.
Garen recula aussitôt hors de la bâtisse métallique et vit une gigantesque plateforme de métal couleur platine, longue de plusieurs centaines de mètres, s’élever lentement de la plage, à l’avant de l’île.
Sur la plateforme se dressait une immense cuve cylindrique en cristal, remplie d’un liquide jaune pâle. Une femme inconsciente flottait à l’intérieur : c’était Kong Xinxue, qui avait disparu.
Deux silhouettes se tenaient devant Kong Xinxue, l’une grande et l’autre petite. La première était le grand robot déjà apparu plus tôt. Sa tête triangulaire portait sur la poitrine le symbole d’un crabe blanc. Deux cimeterres semblables à des faux saillaient de ses bras, lui donnant l’allure d’un éléphant miniature. Son poids était considérable, ce qui indiquait clairement qu’il était spécialisé dans la force.
L’autre silhouette, plus petite, était la femme entièrement nue qui s’était fait passer pour Kong Xinxue. Elle tenait une longue lance effilée, du genre qu’on n’utilisait autrefois qu’à cheval. Cette arme contrastait fortement avec sa silhouette délicate, qui ne mesurait que cent soixante centimètres.
« Manipulateur de force… » Le robot prit la parole en premier. « Tu émets des forces similaires aux miennes… On dirait que nous sommes pareils. »
« ? »
Garen ne comprit pas ce que racontait le robot.
« Tu veux te battre ? Sinon, rends-la-moi, je suis pressé », lança-t-il avec désinvolture. À part les bombes capables de ravager une vaste zone, rien ne pouvait l’atteindre. Même les explosions précédentes lui avaient fait moins de mal qu’on aurait pu le croire ; il n’avait subi que quelques blessures superficielles. Vous aimez cette histoire ? Poursuivez votre lecture sur novelping(.)com.
« Remets-moi ton Sigil sacré, et je te laisserai partir d’ici entier », déclara le robot d’une voix grave en agitant ses cimeterres.
« Tu me prends pour un idiot ? » Garen resta sans voix. « Épargne-moi ce genre de questions débiles, j’ai l’impression que tu insultes mon intelligence. » Et un Sigil sacré ? Il n’en avait jamais eu, impossible de le lui remettre, même s’il l’avait voulu.
« Sinon, je la tue. » Le robot inclina le corps sur le côté et pointa l’un de ses cimeterres vers Kong Xinxue, derrière lui. « C’est ta grande sœur, n’est-ce pas ? Tu vas laisser mourir quelqu’un de ta famille ? »
Garen n’avait pas imaginé qu’ils iraient jusque-là — ou plutôt, il avait pratiquement oublié qu’il habitait toujours le corps de Kong Xiaofei. À présent, Kong Yuan avait disparu et Kong Xinxue était également tombée aux mains de l’ennemi. À sa place, lui aussi aurait choisi de le menacer directement.
« Vas-y, tue-la. » Garen se frotta le menton et répondit après réflexion. Les menaces étaient ce qu’il craignait le moins ; presque personne n’avait réussi à le menacer au cours de son périple, depuis son départ du Monde des techniques secrètes.
Le robot et la femme ne s’étaient pas attendus à une réponse aussi catégorique de Garen. Ils en restèrent un instant stupéfaits.
Frou !
À cet instant, Garen bougea à une vitesse fulgurante. Il lança sans ménagement la plaque de métal noir qu’il tenait à la main. Celle-ci fendit les airs en tournoyant à toute vitesse et fonça sur les deux silhouettes avec une force terrifiante. Kong Xinxue, derrière eux, se trouvait elle aussi dans la trajectoire.
« Il est fou ! » La même pensée traversa l’esprit du robot et de la femme. Garen semblait vouloir tuer Kong Xinxue lui aussi : rien n’indiquait qu’il se retenait.
Tout se passa beaucoup trop vite. La femme réussit tout de même à bondir de justesse, mais le robot, plus lourd et maladroit par nature, ne put esquiver et dut lever ses lames pour parer.
Bam !!!
La plaque de métal noir, tournoyant comme un shuriken, percuta sans pitié les deux lames du robot dans un fracas strident.
Les vibrations assourdissantes engourdirent la femme à côté de lui. Avant qu’elle ait pu réagir, elle vit quelque chose passer devant ses yeux. Une douleur aiguë lui déchira le cou, puis elle ne sentit plus rien.
La dernière image qu’elle vit fut celle de Garen retirant prestement sa main de son cou.
Comme elle était restée figée un instant, Garen avait pu la tuer avant qu’elle n’active ses véritables pouvoirs. Elle sombra dans les ténèbres, à contrecœur. C’était probablement quelque chose qu’elle et le robot n’avaient jamais envisagé.
De l’autre côté, la plaque de métal noir frappa le robot à grande vitesse. Il écarta les bras et déchira violemment la plaque en deux. Cette démonstration témoignait de sa force considérable, presque égale à celle de Garen.
« Comment as-tu osé tuer Carice ? Comment as-tu osé tuer ma fille ! Je vais t’enterrer avec elle ! » rugit le robot avec fureur en fondant sur Garen, les lames brandies.
De grosses bouffées de vapeur à haute température jaillirent de ses épaules<sup>1</sup> et se répandirent dans l’air, accompagnées d’une odeur âcre et pénétrante. Elles contenaient manifestement un poison spécial.
Garen retint son souffle. Avec ses capacités physiques actuelles, il pouvait combattre dix minutes d’affilée sans respirer. Il n’avait rien à craindre d’une attaque au gaz toxique comme celle-ci.
Ils foncèrent l’un sur l’autre sans chercher à employer de techniques compliquées.
Hah !!!
Garen fléchit la taille et concentra son qi, puis asséna un coup de poing droit au robot !
Le robot l’attaqua lui aussi des deux lames, en y mettant toute sa force.
« Seul un idiot t’affronterait de front ! » Soudain, les lèvres de Garen s’incurvèrent. Il disparut dans un souffle et réapparut juste derrière le robot, avant de lui enfoncer le coude au milieu du dos.
Bam !
Un bruit sourd retentit. Le robot tomba à genoux, mais son dos n’était qu’à peine cabossé. Retrouvez le chapitre complet sur novelping point com.
Garen en fut légèrement exaspéré. Ce métal était sacrément résistant : il avait encaissé son attaque alors que sa Force dépassait les cinq points. Dans le Monde des techniques secrètes, deux ou trois points de Force suffisaient déjà à rendre sa puissance terrifiante : il pouvait traiter une plaque d’acier ordinaire ou une armure de fer comme de vulgaires morceaux de papier et les déchirer sans effort. En plus, il avait sa Technique de durcissement du corps, qui empêchait même les balles de transpercer ses paupières. Il était donc tout naturel qu’il fût presque invincible.
Et maintenant, même s’il ne disposait plus de sa puissante Technique de durcissement, son Art du Grand Sabre restait son arme la plus redoutable et la plus tranchante.
« Inversion du vent. »
Garen leva la main comme une lame et, tandis que le robot se retournait, lui asséna un violent coup à la nuque.
Fsss !
Une douleur légère se répandit depuis sa paume. Garen tressaillit et retira précipitamment la main.
Ils avaient justement échangé leurs positions. Il atterrit près de Kong Xinxue et observa à distance le robot, qui avait été projeté à plus de dix mètres.
Garen leva la main et regarda le tranchant de sa paume, d’où coulait lentement un mince filet de sang. Son expression se fit aussitôt grave.
« Qu’est-ce que c’est ? » Il repensa à l’instant précédent. On aurait dit qu’un objet invisible et tranchant dépassait de la nuque du robot. Sa propre force l’avait fait heurter brutalement le fil acéré ; voilà pourquoi même sa puissante défense avait cédé et qu’il saignait.
C’était comme lorsqu’on déchirait facilement une feuille de papier, mais que son bord, s’il était anormalement coupant, pouvait provoquer une coupure au moindre contact. Le principe était le même.
Plus la surface touchée était petite, plus la pression exercée dessus était forte. La puissance explosive instantanée de Garen était déjà inimaginablement redoutable, et toute cette force s’était concentrée sur cette minuscule arête tranchante. Il aurait été miraculeux qu’il ne se blesse pas.
Bien sûr, l’objet fixé à la nuque du robot semblait lui aussi s’être brisé en morceaux. C’était le résultat de la force que tous deux avaient déployée.
« C’est un gadget de dernière génération, la Lame métallique invisible… » À la surprise de Garen, le robot répondit. « Bon, il est temps de t’expédier. »
« ? » Garen resta interdit. « Qu’est-ce que tu racontes ? »
Le robot eut un rire glacial.
« Le médicament devrait faire effet d’un instant à l’autre », dit-il avec arrogance. « Ta blessure va lentement pourrir et s’ouvrir davantage, tandis que tes tissus musculaires et tes cellules sanguines seront rapidement infectés et envahis. Les bactéries parasites s’infiltreront dans tes organes et tes tissus, te causant une douleur insupportable… »
« Un médicament ? » Garen regarda sa blessure à la paume. « Tu parles de ça ? Elle se referme déjà. »
En voyant que le tranchant de sa paume ne portait même plus la moindre cicatrice, le robot termina sa phrase d’un couinement de canard.
« Impossible ! »
Il fixa la main de Garen, incrédule.
« C’est le tout dernier poison corrosif à haute puissance ! Comment est-ce possible ?! Comment est-ce possible ?! » Il répéta deux fois la même question, signe de sa stupéfaction.
Garen ne prit pas la peine de lui répondre et frappa la cuve contenant Kong Xinxue d’un revers du poing.
Dans un grand éclaboussement, la cuve entière vola en éclats et Garen rattrapa Kong Xinxue dans ses bras.
Garen avait déjà compris que ce robot n’était qu’un chercheur qui ne s’était jamais vraiment battu de ses propres mains et qui avait placé tous ses espoirs dans son poison. Malheureusement pour lui, son poison n’était qu’un jeu d’enfant face à Garen, dont les capacités physiques dépassaient en moyenne les cinq points.
Tenant Kong Xinxue par la taille d’un bras, Garen s’avança vers le robot.
« Crache le morceau : où est Kong Yuan ? »