Chapitre 112
« Aucun problème. » Garen hocha la tête. « Avant ça, j’ai besoin que tu m’aides à retrouver ma sœur aînée et mon frère aîné. Je dois aussi m’assurer que la situation à Huaishan est sous contrôle. Il me reste des choses à régler. »
« Bien sûr, je peux t’aider. Je vais parler aux autorités. Tu n’auras plus à te soucier de rien une fois ces rats éliminés. » Su Lin sourit, de bonne humeur.
« Il faut en finir avec la Société Manleyton et Bouvini. Si tu veux, je peux t’envoyer des gens pour s’occuper de la gestion. Et ton oncle, qu’est-ce qu’on en fait ? » poursuivit-il.
« Je m’en occuperai », répondit Garen d’un ton léger. Il était bien plus fort qu’auparavant et, avec l’aide de Su Lin, il pourrait régler tous ces problèmes sans difficulté.
Cependant, Garen n’avait jamais raconté à sa sœur ni à ses parents ce qu’il faisait. Ils pensaient qu’il était parti en voyage avec Maître Fei Baiyun et n’avaient aucune idée de la gravité de la situation.
Su Lin comprit que Garen avait pris sa décision. « Retrouver Rosetta et Farak risque de prendre du temps. Ils ont disparu sans laisser la moindre trace. »
« Ce n’est pas grave, continuez les recherches pendant mon absence. » Garen savait qu’il était impossible de les retrouver en un jour ou deux.
« D’accord. »
Les plats finirent par arriver. On avait servi avec du riz plusieurs plats asiatiques sautés à la poêle. Les saveurs étaient assez ordinaires, mais Garen les apprécia.
Su Lin se montra efficace. Il mena ses troupes spéciales à la Société Manleyton, l’accusa de trafic d’antiquités et arrêta tous ceux qui s’y trouvaient encore. Quelqu’un avait prévenu plusieurs membres de l’élite de la société, qui s’étaient enfuis avant l’arrivée de l’équipe de Su Lin.
Dix jours plus tard.
Dans une forêt profonde, à l’extérieur de Huaishan.
Les derniers hommes de la Société Manleyton étaient encerclés dans un manoir. Des coups de feu retentissaient de toutes parts. Su Lin et Garen se tenaient à l’abri derrière les gardes et observaient de loin le manoir blanc.
« Nos hommes ont du mal à entrer. C’est probablement le dernier bastion de la Société Manleyton, et il y a beaucoup d’hommes d’élite à l’intérieur. Ils défendent plutôt bien leur position. » Su Lin sourit et regarda Garen. « Et si on attendait qu’ils se rendent ? Je ne veux perdre personne dans mon équipe. »
« Je vais m’en charger moi-même, je suppose. » Garen regarda les canons de fusil qui dépassaient des fenêtres et secoua la tête.
Sans attendre la réponse de Su Lin, il se dirigea droit vers le manoir. Son corps ne cessait de gonfler à mesure qu’il avançait ; Su Lin ordonna donc à ses soldats de lui dégager le passage.
« Il cherche à se faire tuer, ou quoi ? Il n’a même pas de gilet pare-balles. C’est qui, ce type ? Un super-héros ? Son corps est en train de gonfler ? » lança d’un ton moqueur un jeune soldat derrière un arbre.
« Ferme-la ! » Un autre soldat, à côté de lui, lui asséna une tape sur la tête. « Tu parles de Maître Garen. C’est l’un des trois Maréchaux divins de la Porte du Poing sacré du Ciel méridional. Il peut se débarrasser de ces voyous sans difficulté. »
« Tss, je ne crois pas qu’il puisse résister aux balles. » Le jeune homme n’était pas convaincu, mais décida de ne pas contredire le chef et baissa la tête.
« Quel idiot. »
Garen n’entendit pas leur conversation. Il continua d’avancer vers le portail du manoir.
« C’est le Maréchal divin Garen ! » cria quelqu’un à l’intérieur du manoir d’une voix tremblante, désespérée et terrifiée.
« Qu’ils viennent ! »
« On ne peut pas rester là à attendre ! » crièrent plusieurs autres.
Soudain, un silence de mort s’abattit sur les lieux.
Les coups de feu cessèrent.
Garen s’arrêta devant le portail de fer blanc, mais ne sentit aucun fusil braqué sur lui. Depuis qu’il était devenu Grand Maître du combat, ses sens s’étaient aiguisés ; il repérait sans peine ceux qui ne dissimulaient pas leur intention de tuer. Pour lui, c’était aussi facile que de distinguer un point lumineux dans l’obscurité. Vous aimez cette histoire ? Lisez la suite sur novеlping.com.
Les soldats de Su Lin cessèrent eux aussi de tirer quand le manoir se tut. Déconcertés, certains tentèrent de regarder à l’intérieur par les fenêtres, mais ne virent rien bouger. On aurait dit que les derniers hommes de la Société Manleyton avaient déjà capitulé.
« Qu’est-ce qui se passe ? Ils se sont rendus ? »
« Aucune idée, ils ne tirent plus. »
« Attendons les ordres. »
Garen resta silencieux devant le portail, son corps continuant de gonfler jusqu’à atteindre un mètre quatre-vingt-dix. Même s’il était encore moins puissant que sous sa forme finale, sa défense était déjà incroyablement élevée.
Le calme régnait.
La lumière du soleil filtrait à travers les feuilles qui tombaient des arbres, et le vent les emportait. Une fois les tirs interrompus, Garen put entendre les oiseaux pépier et les insectes striduler.
Fouu !
De nouvelles feuilles mortes tombèrent des arbres, poussées par le vent. Garen tendit lentement la main vers la poignée du portail.
Boum !
À peine ses doigts eurent-ils touché la poignée que les hommes de la Société Manleyton se remirent à tirer.
Garen s’élança. Des balles fusaient vers lui de toutes parts. Le vacarme des tirs reprit brusquement, et il lui était presque impossible de déterminer d’où ils venaient. Il défonça le portail de fer blanc à coups de poing. Celui-ci vola en morceaux et s’écroula vers l’intérieur.
Quatre ennemis le prirent pour cible et continuèrent de tirer.
Dan !
Garen avançait sous leur feu. Après trois pas, il avait parcouru plus de dix mètres. Juste devant lui, un borgne tenait une mitraillette ; Garen lui asséna un coup au visage.
Crac !
La tête de l’homme explosa et son arme tomba au sol. Garen ne s’arrêta pas. Il repéra les trois autres et les élimina tous, puis chercha de nouvelles cibles. Il était moins rapide que les meilleurs artistes martiaux, mais restait bien plus véloce qu’un homme ordinaire.
Les balles ne lui faisaient aucun mal. C’était comme si elles frappaient une plaque d’acier.
Enfin, Garen trouva le dernier membre de l’élite de la Société Manleyton. L’homme suffoquait, les yeux pleins de larmes. Il vit Garen s’approcher ; l’ombre terrifiante grandissait à vue d’œil.
Un air dément sur le visage, l’homme se mit à rire.
Il tira rapidement de sa poche à la ceinture un objet noir.
« On va mourir ensemble… Hé… ensemble… » L’homme arracha la goupille de la grenade et la garda dans sa main droite. Garen ne perdit pas son calme. Dès qu’il comprit ce que l’homme voulait faire, il lui trancha le poignet droit d’un coup de main.
Pon !
Le bras droit de l’homme se détacha et vola dans un coin, tandis que le sang éclaboussait le sol.
Boum !
La grenade explosa, projetant de la boue partout. Garen sentit l’odeur de la poudre dans l’air.
Garen saisit l’homme à la gorge et le souleva. Le dément sortit un pistolet et tira sans relâche dans la poitrine de Garen.
« Tu t’accroches à des chimères. » Garen lui brisa le cou sans même forcer. Il laissa tomber le corps sans ménagement et s’avança dans la cour.
Des hommes tiraient encore sur lui depuis le deuxième étage ; certains lui lançaient même des grenades.
Pon !
Garen ne bloquait que les grenades qui s’approchaient de lui. Malgré les explosions qui retentissaient partout, celles qui éclataient plus loin ne le menaçaient pas.
Devant le manoir, Garen arracha la serrure de la porte avec ses doigts. Il la poussa ensuite et entra. Les tirs à l’intérieur cessèrent, et les soldats de Su Lin ouvrirent le feu pour tenir l’ennemi en respect.
Plusieurs soldats d’élite de Su Lin suivirent Garen et se séparèrent en deux groupes une fois à l’intérieur. Garen resta près de l’entrée et leva les yeux vers le deuxième étage.
Pon !
Une balle frappa sa paupière et produisit une petite étincelle. Garen avait fermé les yeux à l’instant où il avait vu l’ennemi s’apprêter à tirer. Les soldats autour de lui en restèrent sans voix. Personne n’avait jamais rien vu de pareil.
« Je le veux vivant », déclara Garen d’un ton léger.
« Mais… » La voix du lieutenant tremblait. Ce n’était pas la peur qui le faisait trembler : son corps réagissait instinctivement au danger.
Garen ne le laissa pas finir et pénétra au rez-de-chaussée.
Il aperçut d’abord un grand salon. Tout y était blanc, et plusieurs sculptures religieuses étaient disposées dans la pièce. À gauche, un escalier en colimaçon menait au deuxième étage.
À en juger par les coups de feu qu’il entendait, les soldats entrés avec lui se battaient déjà près de l’escalier.
Garen ne s’arrêta pas et continua de monter.
Avant qu’il n’atteigne le deuxième étage, l’escalier s’effondra dans un nuage de poussière de chaux. Garen retomba au rez-de-chaussée. Il releva la tête et regarda vers le haut.
Il vit plusieurs personnes, dont Cynthia. La capitaine des gardes du corps d’élite de la Société Manleyton était blessée et avait du sang sur le visage.
« C’est fini pour moi… Je suis l’assassin Bichurin… Je ne peux pas mourir comme ça. L’endroit est étroit, il n’y a pas de public. Il n’y a rien ici ! Je n’ai même pas trouvé d’adversaire digne de moi… »
Il ne restait que quatre ennemis pour garder l’escalier et les fenêtres.
Le chef était un homme d’âge mûr qui portait une cicatrice au visage. Il acheva sa phrase et dégaina son cimeterre, prêt à se battre.
Cynthia ne laissa rien paraître. Malgré sa blessure, elle semblait calme et sifflotait même.
« Je suis mort… Le Maréchal divin Garen, de la Porte du Poing sacré du Ciel méridional… Je le savais ! Je savais que je n’aurais pas dû rester avec vous ! Ouah… » Un grand et bel homme pleurait comme un bébé, tremblant de terreur.
« Kaiser, espèce de lâche ! Au lieu de pleurer, trouve donc un moyen de neutraliser ce monstre ! » hurla la dernière femme en noir, une mitraillette à la main.
Des corps jonchaient le deuxième étage. Le sang dégoulinait le long de l’escalier, et son odeur écœurante soulevait le cœur.